Une proposition de loi sécurité globale contre la liberté de la presse

La proposition de loi dite de « sécurité globale », déposée par la majorité gouvernementale, entend interdire la diffusion, par tous moyens, de l’image d’un policier, d’un gendarme ou d’un militaire en opération, dans le but de porter atteinte à leur intégrité physique ou psychique.

Ce texte est une réponse clientéliste du ministère de l’intérieur à la plupart des syndicats de police.

La protection des forces de l’ordre, nécessité indéniable dans une société démocratique, est déjà assurée dans le code pénal et la loi de 1881 qui sanctionnent le cyberharcèlement, la provocation à la commission d’un crime ou d’un délit et les menaces de commettre un délit ou un crime. Seuls les moyens de mise en œuvre de ces infractions doivent être renforcés pour protéger les forces de l’ordre.

Le nouveau délit instauré par cette proposition de loi a pour objectif réel de restreindre le droit des journalistes et la liberté de la presse de manière disproportionnée par rapport à la réalité de la menace non étayée par les promoteurs de ce texte. Il permettrait d’interpeller tout journaliste qui filme en direct une opération de police, de le placer en garde à vue et de l’envoyer devant un tribunal en saisissant son matériel professionnel. Seul le tribunal sera à même de déterminer si l’intention malveillante est établie. Le mal serait déjà fait.

Ce texte vise également à empêcher la révélation d’affaires de violences policières illégitimes souvent dissimulées par la hiérarchie des fonctionnaires en cause, comme ce fut le cas dans les affaires de Geneviève Legay et de Cédric Chouviat.

Nous syndicats et associations de défense des journalistes et des droits de l’Homme appelons à une suppression pure et simple de cet article et, si ce n’est pas le cas, nous nous y opposerons avec la plus grande fermeté pour protéger la liberté de la presse.

Nous appelons le ministère de l’Intérieur et le groupe parlementaire de La République en Marche à ouvrir enfin une concertation avec les représentants des journalistes.

Premiers signataires : LDH – SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – Fédération internationale des journalistes – Fédération européenne des journalistes – SGJ-FO

Les actualités

  • Minima conventionnels de salaires des journalistes entrés en vigueur au 1er septembre : Agences et Spiil

    Le 1er septembre 2025 sont entrés en vigueur les revalorisations des barèmes des salaires minimum dans le secteur des agences de presse ainsi que le barème nouvellement créé dans la presse indépendante (surtout pure players) avec le Spiil. Le résumé en quelques slides ! Relire notre communiqué au moment de la signature de l’accord avec…

  • ÇA PRESSE ! Albert Ritzenthaler : « La CFDT est légitime sur les sujets environnementaux »

    Depuis peu en retraite, Albert Ritzenthaler, était auparavant secrétaire confédéral CFDT. Il revient sur son expérience de président du groupe CFDT au CESE. En tant que membre de la commission Environnement, il a notamment rendu des avis sur les politiques de transition, dont, le 9 juillet, la résolution «Transition écologique : la société civile organisée…

  • Gaza : encore six journalistes tués par l’armée israélienne

    Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes, le SGJ-FO et Reporters solidaires sont scandalisés par la mort de six journalistes supplémentaires, le 25 août dans la bande Gaza, qui travaillaient notamment pour les chaînes de télévision Al Jazeera et NBC News et les agences de presse Reuters et AP. Hossam Al-Masri, Mohammed Salama, Maryam Abu Deqa,…

  • Radio France : grève le 25 août !

    Communiqué intersyndical CFDT, CGT, FO, SNJ, Sud, Unsa Grève illimitée à partir de ce lundi 25 août 2025 Echec de la négociation Toutes et tous en grève dès lundi Les Organisations Syndicales ont passé la journée de vendredi à tenter de négocier avec la direction. Une négociation de dernière minute, alors que le préavis est…

  • LFI refuse d’accréditer un journaliste

            En refusant d’accréditer un journaliste du Monde aux AMFIS, son université d’été, l’empêchant ainsi de couvrir cet événement politique, la direction de La France Insoumise met à mal la liberté de la presse et l’accès à l’information. Elle rejoint ainsi, hélas, des pratiques qui, jusque-là, étaient l’apanage de mouvements autoritaires d’extrême droite tels que…