L’agression de Christian Lantenois ne doit pas être récupérée !

L’agression de Christian Lantenois ne doit pas être récupérée !

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Le 27 février le photojournaliste du quotidien régional L’Union l’Ardennais était violemment frappé dans un quartier où il effectuait un reportage. Un « fait divers » qui a soulevé une immense vague d’indignation, et c’est à saluer. Mais alors que pointe le risque de la récupération, rappelons qu’il s’agit avant tout d’un drame humain. Et que la sécurité et la liberté d’exercice des journalistes n’est pas à prendre à la légère.
La section CFDT de l’Union-l’Ardennais s’exprime dans un communiqué, dont nous publions ici des extraits : 
« Que ce qui est arrivé à Christian soit médiatisé en France et à l’international est tout à fait normal : c’est un journaliste qui a été sauvagement agressé à cause du métier qu’il exerce. Expliquer au grand public comment travaillent les photographes et les rédacteurs dans ce contexte n’est pas dérangeant, bien au contraire. Si ce fait divers dramatique pouvait faire avancer la cause des journalistes et améliorer leurs conditions de travail, ce serait un progrès incontestable.

Il n’existe pas une seule façon d’exprimer son empathie ou sa solidarité vis-à-vis de Christian. Nous ne prétendons pas juger telle ou telle attitude. Simplement nous faire l’écho d’un malaise, qui grandit au fil des jours. »

« Soutenir Christian et sa famille, c’est ce que nous souhaitons tous et toutes. Toutefois, ne tombons pas dans le piège de la récupération. Certains représentants politiques s’y adonnent sans vergogne. Il serait particulièrement indécent que notre entreprise en fasse autant. »

#Jesuisjournaliste et #Jenesuispasdupe

« On nous reproche parfois de ne parler que des choses qui fâchent. La semaine dernière, pourtant, nous avons apprécié l’initiative de la rédaction en chef et de la direction, qui ont proposé aux rédactions de s’exprimer à cœur ouvert. Ces échanges ont libéré la parole et permis à certains managers de découvrir des situations pas ou peu connues. Pressions des interlocuteurs, agressions diverses et variées, matraquage sur les réseaux sociaux ou dans des réunions publiques : non, il n’est pas tous les jours facile ni agréable d’être journaliste.

Ce temps d’échanges terminé, que s’est-il passé ? Comme le réclamaient les rédactions depuis plusieurs années, certaines voitures ont été « défloquées » afin de permettre aux journalistes de se rendre en reportage dans un véhicule banalisé. Et quoi d’autre ? Plusieurs chefs d’édition, qui avaient exprimé leur réserve par rapport au traitement de l’agression dans nos colonnes, ont été recadrés. Le temps de la liberté de parole serait-il déjà révolu ? »

« Une visite informelle »

« On peut se poser la question de l’enthousiasme déplacé à accueillir un ministre non seulement mis en cause dans des affaires de viols, mais qui porte aussi une loi sécurité dont certaines mesures entravent directement notre liberté d’informer. On n’oublie pas nos confrères et consœurs agressé(e)s par les représentants des forces de l’ordre lors de manifestations qu’ils et elles couvraient, sans grande émotion ni de la part de Beauvau ni de l’Elysée d’ailleurs. On espère que notre direction aura évoqué ces situations délicates pour l’exercice des métiers de photographe et de rédacteur lors du tête-à-tête avec Gérald Darmanin.  »

Reims, le 8 mars 2021

Lire le communiqué en intégralité

Contact : cfdt.lunion.lardennais@gmail.com

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