Liberté d’informer : la CFDT Journalistes soutient Gérard Fumex convoqué devant le tribunal

Liberté d’informer : la CFDT Journalistes soutient Gérard Fumex convoqué devant le tribunal

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Actualisation au 23 mars : Lors de l’audience du mardi 23 mars, le ministère public a requis une amende de 200€ contre Gérard Fumex. Le jugement est mis en délibéré au 27 avril.


Le 12 septembre 2020, notre collègue journaliste Gérard Fumex, créateur et animateur du site librinfo74, était sollicité par des militants écologistes pour un reportage concernant une action de protestation menée par ces derniers sur l’aérodrome d’Annecy.

Gérard Fumex suivait alors le collectif qui franchissait illégalement le grillage qui donne accès au tarmac. Vidéos et interview étaient au programme du journaliste. Prévenus, les gendarmes ont évacué tout le monde et dressé des procés-verbaux. Le journaliste a eu la surprise d’être convoqué devant le tribunal pour le 23 mars. Motif: occupation illégale de l’aérodrome. Il risque une forte amende. La CFDT, via un avocat de son syndicat S3C Isalpin, défendra Gérard Fumex au tribunal.

Il témoigne :

Une quinzaine de militants ont franchit la clôture de l’enceinte. Nous les avons suivi pénétrer sur les pistes où ils ont déployé des banderoles. J’ai pu filmer l’intervention et enregistré des interview. Des véhicules de gendarmes sont arrivés sur les pistes et ont opéré à des contrôles d’identité. À ma grande surprise, bien qu’ayant signalé ma qualité de journaliste, présenté ma carte de presse, et expliqué que je réalisai un reportage, j’ai été placé au même régime que les manifestants en relevant mon identité et en étant invité à déposer en gendarmerie.

Le journaliste avait pourtant présenté sa carte de presse aux forces de l’ordre en leur expliquant qu’il ne faisait que son métier.

La CFDT Journalistes s’étonne d’une telle convocation, sur le même motif que les militants écologistes, et considère qu’il peut s’agir là d’une entrave à l’exercice d’informer. S’agit-il d’une erreur ? Ou bien d’une politique délibérée de mettre devant un tribunal les journalistes qui réalisent ce genre de reportage ?

Un rassemblement de soutien aura lieu le mardi 23 mars à 9h devant le Palais de justice d’Annecy. La CFDT-Journalistes appelle à se joindre à cette mobilisation en soutien à notre confrère et à la liberté d’informer.

Le témoignage de Gérard Fumex
Le 12 septembre 2020, j’ai reçu un communiqué de presse envoyé au média en ligne ”librinfo74.fr”, m’invitant à rencontrer des militants d’XR décidés à mener une action politique.
Au rendez-vous, deux personnes m’ont invité à les suivre . Je me suis retrouvé, avec un autre journaliste, près de l’aéroport d’Annecy situé à Meythet, lieu de l’action. Une quinzaine de militants ont franchit la clôture de l’enceinte. Nous les avons suivi pénétrer sur les pistes où ils ont déployé des banderoles. J’ai pu filmer l’intervention et enregistré des interview. Des véhicules de gendarmes sont arrivés sur les pistes et ont opéré à des contrôles d’identité.
À ma grande surprise, bien qu’ayant signalé ma qualité de journaliste, présenté ma carte de presse, et expliqué que je réalisai un reportage, j’ai été placé au même régime que les manifestants en relevant mon identité et en étant invité à déposer en gendarmerie.
Dans ma déclaration, j’ai à nouveau expliqué les raisons de ma présence en tant que journaliste et que, bien entendu, je ne faisais pas partie de ces manifestants. J’ai publié deux articles dont une vidéo sur le média en ligne ”librinfo74.fr”
Le vendredi 19 février j’ai été invité à retirer chez un huissier de justice une citation à comparaître le 23 mars 2021 devant le tribunal de police d’Annecy ”pour avoir pénétré en compagnie de 15 autres individus sur le site de l’aéroport d’Annecy, côté piste, en escaladant
une clôture et déployé ensuite des banderoles”.
Ce 19 février, mon confrère de la radio ”H20” n’avait pas reçu de convocation.
J’ai découvert que les 15 militants avaient reçu la même citation après avoir été entendu une nouvelle fois à leur domicile, ce qui n’a pas été mon cas. Le plus surprenant est que les éléments de la citation sont, mots pour mots, les même que j’ai reçu. Cela prouve que pour le ministère public, je fais partie des militants responsables de l’action, et qu’en aucun cas il n’a été tenu compte de ma qualité de journaliste.
Aussi, par cette citation à comparaître, le ministère public considère que le droit à l’information est un délit..

 

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