Lanceurs d’alerte : une entente trouvée entre députés et sénateurs pour le renforcement de la loi

Lundi 31 janvier 2022, une commission mixte paritaire s’est  accordée sur la proposition de loi relative à la protection des lanceurs d’alerte dont Sylvain Waserman (MoDem), député du Bas-Rhin et vice-président de l’Assemblée nationale, est l’auteur et le rapporteur.

Alors que les inquiétudes étaient grandes face aux amendements proposés par les sénateurs, les négociations ont permis de d’enrichir le texte de dispositions nouvelles et de conserver toutes les avancées majeures votées à l’unanimité à l’Assemblée nationale en novembre.

Concrètement six points de blocage ont été levés :

  • Les facilitateurs pourront être des personnes morales (à but non lucratif) sans condition, comme l’avait voté l’Assemblée nationale.
  • Sur la divulgation publique immédiate, c’est-à-dire sans passer par un canal interne ou externe : un compromis a été trouvé en conservant les critères de divulgation de la loi Sapin II – en cas de danger grave et imminent – et en allant plus loin encore dans le cadre professionnel (danger imminent ou manifeste pour l’intérêt général).
  • Sur la provision définitivement acquise pour que le lanceur d’alerte puisse financer sa défense, celle-ci est bien maintenue comme dans la version de l’Assemblée nationale.
  • L’irresponsabilité pénale des lanceurs d’alerte est renforcée, ainsi n’est pas pénalement responsable le lanceur d’alerte qui soustrait, détourne ou recèle les documents ou tout autre support contenant les informations dont il a eu connaissance de manière licite et qu’il signale ou divulgue dans les conditions de la loi.
  • Les communes et leurs établissements publics pourront confier à leur centre de gestion le recueil et le traitement des signalements internes.
  • Enfin, pour les entreprises, la procédure de recueil et de traitement des signalements pourra être géré au sein d’un groupe.

« La France aura la législation la plus performante d’Europe en matière de protection des lanceurs d’alerte. Nous avons construit un nouveau pilier de notre système démocratique», Sylvain Waserman (MoDem), député du Bas-Rhin et Vice-président de l’Assemblée nationale

Rappelons que cette loi est une proposition parlementaire, issue de travaux à l’Assemblée nationale et au Conseil de l’Europe. Elle a pour objectif de protéger les lanceurs d’alerte plus largement que la directive européenne transposée.

«En somme, cette loi est d’abord une avancée démocratique réelle et aussi un message à tous ceux qui doutent de l’utilité du Parlement », fait valoir Sylvain Waserman qui, dans son communiqué, tient  «à saluer l’engagement de la Maison des lanceurs d’alerte, de Transparency international et de toutes les associations et syndicats de salariés et d’employeurs qui y ont contribué (…)» avant de se féliciter «de l’union sacrée qui s’est créée autour de ce texte pour que la France soit le fer de lance de la protection des lanceurs d’alerte. »

Protection des lanceurs d’alerte et liberté de la presse: un couple indissociable

 

Les actualités

  • Education aux médias : de nouvelles formations certifiées pour les journalistes

    L’idée est partie de la CFDT : proposer des formations à l’éducation aux médias et à l’information certifiées par la Cpnef de l’audiovisuel, en collaboration avec la Cpnef de la presse et la CPNEJ (journalistes). Et après un long travail pour monter les formations et lancer les appels d’offres, huit organismes répartis sur tout le territoire…

  • Groupe Ebra : des titres et des journalistes !

    Les délégués d’Ebra ont assisté, stupéfaits, à une « grand messe » de leur direction sur les « marques » et l’avenir du groupe… Et sans surprise, on s’aperçoit que l’analyse qu’ils proposent de cette réunion pourrait s’appliquer à la lettre à nombreux autres titres de la PQR-PQD et PHR… C’est une petite musique de fond qui se répète,…

  • SONDAGE CFDT : Correspondants à l’étranger, quelles difficultés d’accès à la carte de presse ?

    Difficulté à être payé en salaire, faibles revenus, employeurs français pas si nombreux que ça, ou méconnaissance des règles d’attribution par la CCIJP… La CFDT est consciente des obstacles rencontrés par les correspondants à l’étranger de médias français pour obtenir  la carte de presse française. Pourtant cette carte leur est aussi nécessaire que pour les journalistes en…

  • Justice : un média en ligne frappé par une procédure bâillon du groupe Altice et Patrick Drahi

    Les craintes des journalistes quant à la transposition de la directive européenne sur le secret des affaires étaient fondées et c’est avec stupeur que CFDT Journalistes a pris connaissance d’un jugement en référé du Tribunal de commerce de Nanterre du 6 octobre 2022, qui interdit purement et simplement au pure-player Reflets.info (société Rebuild.sh) de publier…

  • Le 8 octobre, les journalistes mobilisés pour soutenir Julian Assange

    CFDT Journalistes, membre de la Fédération internationale des journalistes, appelle les journalistes et défenseurs des libertés à rejoindre les manifestations organisées ce samedi 8 octobre pour la libération et l’accueil en France de Julian Assange. Cela fait maintenant 12 ans que le lanceur d’alerte Australien subit le courroux de Washington pour avoir a publié des…