Correspondants locaux de presse :
des travailleurs exploités, un statut dépassé !

Communiqué CNCLP – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes

Les correspondants locaux de presse (CLP) sont les travailleurs invisibles mais essentiels de la presse régionale. Ils fournissent jusqu’à 75 % des contenus des journaux régionaux et sont en

moyenne cinq fois plus nombreux que les journalistes en presse quotidienne et hebdomadaire régionale. Ils sont environ 30 000 en France, presque autant que les journalistes titulaires de la carte de presse.

Le statut des correspondants locaux de presse a été créé par la loi no 87-39 du 27 janvier 1987. Selon ce texte, ils contribuent à « la collecte de toute information de proximité ».

Bien loin de cette simple contribution, la nature des tâches demandées aux correspondants a considérablement évolué. Les groupes de presse exploitent aujourd’hui les CLP en leur demandant de réaliser de plus en plus souvent des enquêtes de terrain, des reportages, des portraits, des vidéos. Autant dire un véritable travail de journalistes localiers. Et cela, à des tarifs bruts estimés à 4,76 € de l’heure, entre 5 € et 15 € brut le feuillet, 2 à 4 € la photo. Il s’agit donc d’une main d’œuvre journalistique reconnue comme essentielle à la démocratie locale, mais sous-payée, sans protection sociale, uberisée avant l’heure. Ce recours aux CLP permet par ailleurs aux entreprises de presse de n’être redevables d’aucune cotisation sociale.

Ignorant les réalités et la justice sociale, le ministère de la Culture, unilatéralement à l’écoute des patrons de la presse régionale, persiste à conserver ce statut indigne en l’état.

La coexistence du statut des correspondants locaux de presse, payés en honoraires en tant quetravailleurs indépendants sans protection sociale et sans droits, et de celui des journalistes n’est plus tenable. Il est temps que ces travailleurs de la presse régionale soient payés à la pige, embauchés en CDD ou en tant que permanents. Chacun doit avoir accès à une

rémunération digne, à des droits sociaux, à la formation et à une représentativité dans les entreprises et au niveau national.

Nous demandons l’établissement de barèmes, le respect des droits d’auteur ainsi que la prise en compte des correspondants locaux de presse dans la répartition des droits voisins. Nous en appelons au ministère de la Culture pour l’ouverture de discussions pour la révision de ce statut inique.

Le 17 mars 2023

Contacts :

collectifs.correspondants.presse@gmail.com

contact@snjcgt.fr

journalistes@f3c.cfdt.fr

page1image40341984 page1image40340320 page1image40350096page1image40342192

Les actualités

  • Management brutal à France Télévisions : le témoignage d’un rédacteur en chef

    La section CFDT de France Télévisions publie ce texte fort, que nous vous partageons. Chapeau à notre confrère qui ose témoigner et défendre une autre vision du management. Lettre ouverte à Mme La Présidente de France TélévisionsTémoignage d’un manager de terrain La CFDT France Télévisions, engagée depuis des années dans la prévention des risques psychosociaux…

  • « Laissez-nous accueillir nos confrères et consœurs palestiniens de Gaza », l’appel de plus de 400 journalistes francophones

    Dans une tribune adressée au Président de la République Emmanuel Macron, publiée lundi 8 septembre notamment par Le Monde, Libération, La Croix, L’Humanité, et soutenue par CFDT-Journalistes, plus de 400 journalistes francophones demandent à la France la levée de la suspension des évacuations des journalistes gazaouis qui le souhaitent et l’accès immédiat de la presse internationale…

  • Schéma national des violences urbaines : les journalistes doivent pouvoir exercer leur mission

    COMMUNIQUE INTERSYNDICAL SNJ / SNJ-CGT / CFDT-Journalistes / SGJ-FO Depuis quelques jours, l’ensemble de la profession dénonce le Schéma national des violences urbaines (SNVU), publié cet été en catimini par le ministère de l’Intérieur et la police nationale. Alors que la liberté de la presse est sacralisée dans la Constitution, le SNVU  enfonce un sérieux…

  • Les journalistes, persona non grata lors de violences urbaines !

    Les journalistes ne seront plus protégés ! Les journalistes ne pourront plus exercer leur métier ! Les journalistes risquent d’être évacués par la force ! Oui, sur le terrain de la contestation populaire, celle qualifiée par les autorités comme « violences urbaines », ils sont devenus indésirables. Le ministère de l’Intérieur vient en effet de dégainer en catimini un nouveau texte applicable dans le cadre des « violences urbaines ». Il s’agit d’un guide destiné aux seuls policier et nommé SNVU (schéma national des violences urbaines),…

  • Des aides à la presse qui n’emploie pas de journalistes, c’est grave !

    Le ministère de la Culture a publié le 2 septembre un décret modifiant une partie des critères de reconnaissance des titres de presse (print et web) par la CPPAP, reconnaissance qui donne droit à des avantages postaux, fiscaux, et à postuler à certaines aides directes à la presse. Alors qu’avait été introduite en 2022 l’obligation…