Soutien au mouvement de contestation des CLP de Midi Libre

Communiqué commun CNCLP – CFDT-Journalistes :

Mobilisé depuis 2021 sur le sort réservé en France aux correspondants de la presse quotidienne et hebdomadaire régionale d’information, le Collectif national des correspondants locaux de presse (CNCLP) rejoint par la CFDT-Journalistes, suit avec la plus grande attention le mouvement de contestation formé par les correspondants de Midi Libre (groupe La Dépêche du Midi) à la suite de la décision de leur direction de baisser, sans concertation,  leurs honoraires au 1er février 2025, parfois jusqu’à 33 % pour certains types d’articles.  

Le CNCLP et la CFDT-Journalistes les soutiennent dans leurs revendications, et exigent dans un premier temps, le rétablissement le plus rapide possible des tarifs de correspondance. Une fois de plus, il est intolérable que les correspondants locaux de presse (CLP), déjà extrêmement précaires, servent de variable d’ajustement à des titres comme Midi Libre, pour réaliser des économies, et ce quelque soit le contexte économique.

D’autre part, le CNCLP et la CFDT-Journalistes saluent les témoignages de solidarité des élus du Gard adressés aux correspondants locaux. Ces derniers sont des éléments essentiels à la démocratie et la vie locale, qui plus est dans les zones rurales reculées du Gard, de l’Hérault, de la Lozère et d’ailleurs. Les CLP connaissent leurs territoires et certains de leurs sujets ont parfois un écho national.

Correspondant local de presse, un statut inique

Il s’agit donc d’une main d’œuvre reconnue comme essentielle, mais sous-payée, sans protection sociale, ubérisée avant l’heure et spoliée de ses droits d’auteur. Le statut de correspondant local de presse a été créé par la loi n° 87-39 du 27 janvier 1987. Selon ce texte, le correspondant contribue à « la collecte de toute information de proximité ». Bien loin de cette simple contribution, la nature des tâches demandées aux 30 000 correspondants locaux du pays a considérablement évolué. Les groupes de presse exploitent aujourd’hui les CLP en leur demandant de réaliser de plus en plus souvent des enquêtes de terrain, des reportages, des portraits, des vidéos. Autant dire un véritable travail de journaliste localier. 

Il est d’autant plus indécent de s’en prendre aux maigres honoraires des correspondants que le recours au statut de CLP permet (par ailleurs) aux entreprises de presse de n’être redevable d’aucune cotisation sociale. L’existence du statut de correspondant local de presse, payé en honoraires en tant que travailleur indépendant, sans protection sociale, n’est plus tenable. Il est temps que ces travailleurs de la presse régionale soient payés à la pige, embauchés en CDD ou en tant que permanents. Chacun doit avoir accès à une rémunération digne, à des droits sociaux, à la formation et à une représentativité dans les entreprises et au niveau national.

Les membres du CNCLP et la CFDT-Journalistes revendiquent l’établissement de barèmes raisonnables, spécifiques à cette catégorie de travailleurs, le respect des droits d’auteurs, ainsi que la prise en compte de ces travailleurs et travailleuses dans la répartition des droits voisins.

Le CNCLP et la CFDT-Journalistes,  le 24 février 2025

Contact : collectif.correspondants.presse@gmail.com, contact@cfdt-journalistes.fr

Adhérer au CNCLP : Hello Asso, Page Facebook :Facebook Collectif National des Correspondants Locaux de Presse

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