Minimas des journalistes de PQN : un accord (presque) historique après 6 ans de silence

Après six longues années de silence, les partenaires sociaux se sont enfin retrouvés autour de la table pour discuter des minimas de branche des journalistes de la presse quotidienne nationale (PQN). Une reprise attendue du dialogue social qui marque un tournant pour cette branche emblématique de la presse écrite.

Un dialogue renoué

Depuis 2018, plus aucune réunion n’avait eu lieu au sein de l’Alliance de la presse concernant la grille des salaires des journalistes de la PQN. L’absence de CPPNI pour la convention collective nationale des journalistes (IDCC 1480) aurait pu être un argument pour justifier ce vide… Il a donc fallu attendre l’été 2025 pour voir se tenir trois réunions, signes encourageants d’un dialogue relancé.

Des revendications syndicales fortes, des avancées timides

Pour les syndicats, le temps perdu devait être rattrapé. Côté CFDT, les revendications étaient de porter le salaire minimum du premier échelon (niveau 110, journaliste stagiaire 1re année) à 2 000 € et revaloriser l’ensemble de la grille jusqu’au niveau 326 (rédacteur en chef), soit une hausse générale de près de 10 %.

Face à cela, la proposition patronale était jugée décevante, plafonnant à une revalorisation de seulement… 0,50 %. Finalement, un compromis a été trouvé, applicable au 1er juillet 2025 :

  • Le niveau minimum pour les stagiaires est relevé à 1 900 €
  • Une augmentation de 1 % est appliquée de la position 1.2 à 4.3 sur la grille de 2018.
  • Une nouvelle revalorisation automatique de 0,5 % est également prévue au 1er juillet 2026 (hors barème de piges).

Des chiffres qui peuvent sembler faibles, mais le cœur des discussions était ailleurs.

Dans la PQN, les salaires à l’embauche sont généralement bien supérieurs aux minimas conventionnels. Toutefois, certains titres de presse d’opinion, en grande difficulté financière, peinent à suivre le rythme. L’accord a donc cherché à concilier justice sociale et réalité économique, pour ne pas fragiliser davantage ces entreprises.

Un effort notable pour les pigistes

La vraie avancée concerne les journalistes pigistes, souvent les plus précaires de la profession. Leur rémunération au feuillet sera revalorisée de 4,10 % pour arriver à 69.38 €.

À l’initiative de CFDT-Journalistes, l’accord rappelle également quelques règles essentielles souvent négligées par certains employeurs :

  • le montant du tarif minimum de la pige est exprimé hors 13e mois, congés payés et prime d’ancienneté ;
  • la prime d’ancienneté doit apparaître de façon distincte sur le bulletin de paie ;
  • tout travail commandé et accepté par l’éditeur d’un titre de presse, quel qu’en soit le support, est rémunéré, même s’il n’est pas publié à la fin du mois de livraison de la pige.

Une signature sous conditions, avec espoir pour l’avenir

C’est avec ces garanties que la F3C CFDT a décidé de signer l’accord. Un accord certes modeste, mais qui pose les bases d’un dialogue renouvelé. Le souhait exprimé est clair : ne pas attendre six ans pour reprendre les négociations, mais se retrouver dès 2026 autour de la table.

Voir ici les nouvelles grilles de salaires :

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