Schéma national des violences urbaines : les journalistes doivent pouvoir exercer leur mission

COMMUNIQUE INTERSYNDICAL SNJ / SNJ-CGT / CFDT-Journalistes / SGJ-FO

Depuis quelques jours, l’ensemble de la profession dénonce le Schéma national des violences urbaines (SNVU), publié cet été en catimini par le ministère de l’Intérieur et la police nationale.

Alors que la liberté de la presse est sacralisée dans la Constitution, le SNVU  enfonce un sérieux coin contre l’exercice de la profession de journaliste et la liberté d’informer et d’être informé. Une phrase saute aux yeux en page 4 : « La prise en compte du statut des journalistes telle que consacrée par le schéma national du maintien de l’ordre, ne trouve pas à s’appliquer dans un contexte de violences urbaines »
En somme, les journalistes c’est : circulez, il n’y a rien à voir ! 
Très vite, des organisations syndicales représentatives de la profession et la Ligue des Droits de l’Homme ont mandaté les cabinets Spinosi et Coudray, qui ont déposé jeudi une requête en urgence devant le Conseil d’Etat.

A quelques jours de mobilisations annoncées en France les 10 et 18 septembre, la volonté manifeste d’écarter les journalistes d’opérations de violences urbaines est vécue comme une provocation par l’ensemble de la profession. Le ministère de l’Intérieur et la police nationale effectuent un rétropédalage en parlant d’une « maladresse ». Les services communication nous jurent, main sur le coeur, de ne pas avoir été au courant de ce document. Mais comment est-ce possible ?

Le groupe de contact doit se réunir en urgence mardi prochain. 
Ce groupe de contact, qui est l’une des préconisations du rapport Delarue, décortique les entraves à la liberté d’informer et d’être informé, en réunissant des responsables communication du ministère de l’Intérieur, de la préfecture de police de Paris, de la gendarmerie, de la police nationale, l’administration du ministère de la Culture, RSF, des organisations patronales et les organisations syndicales représentatives de journalistes.  

L’intersyndicale SNJ – SNJ-CGT- CFDT-Journalistes et SGJ-FO répondra à l’invitation du groupe de contact du 9 septembre et tient à faire savoir qu’elle ne lèvera aucune de ses requêtes devant la justice tant qu’elle n’aura pas l’assurance que les journalistes pourront exercer leur mission d’informer lors de tout événement, éventuelles violences urbaines comprises.

L’intersyndicale tient à faire savoir au ministère de l’Intérieur et à la police nationale qu’il y a un problème de fond comme de forme. L’intersyndicale insiste auprès du ministère de l’Intérieur et de la police nationale pour qu’ils publient un écrit officiel qui rappelle le rôle indispensable des journalistes dans une démocratie digne de ce nom.

Tout journaliste doit pouvoir relater les faits, rien que les faits, lors de violences urbaines ou d’occupations illicites (aéroports, gares, etc.). Des règles ont été fixées pour l’identification des journalistes dans les manifestations : la carte de presse CCIJP (la Commission de la carte), la carte de presse internationale de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) ou une attestation signée par l’employeur (un journal, une agence de presse, une entreprise de production, etc.) permettent aux forces de l’ordre de savoir qui est journaliste sur le terrain. Elles ne doivent pas être remises en cause.

A quelques jours de mobilisations importantes, il est plus que nécessaire de réaffirmer le rôle d’observateurs des journalistes pour documenter les éventuels dérapages, d’où qu’ils viennent. Sans compter que la qualification d’un événement en violences urbaines peut être sujet à interprétation.
 

Paris

Lundi 8 septembre 2025


Lire aussi :

  • le communiqué de la CCIJP : https://ccijp.fr/nouveau-schema-national-des-violences-urbaines-une-menace-sur-la-liberte-dexercice-et-la-securite-des-journalistes-qui-preoccupe-la-ccijp/
  • le communiqué CFDT-Journalistes : https://cfdt-journalistes.fr/2025/09/05/les-journalistes-persona-non-grata-lors-de-violences-urbaines/

Les actualités

  • Libérez le journaliste Christophe Gleizes, détenu depuis 200 jours

    200 jours déjà. Ce jeudi 15 janvier, cela fait 200 jours que Christophe Gleizes est détenu arbitrairement dans une prison de Tizi Ouzou, en Algérie. 200 jours de trop. Notre confrère, journaliste sportif (notamment pour So Foot et Society), a été arrêté en mai 2024 alors qu’il effectuait un reportage sur l’équipe de la Jeunesse sportive de Kabylie, avant…

  • Le master journalisme de Metz, 16ème cursus reconnu !

    Le master de journalisme de l’Université de Lorraine, situé à Metz, vient d’être « reconnu » par la Commission paritaire nationale de l’emploi des journalistes (CPNEJ). Sa reconnaissance porte à seize le nombre de cursus répondant aux critères de la CPNEJ. C’est une bonne nouvelle, et nous leur adressons toutes nos félicitations !  La reconnaissance des formations en…

  • PHR : de nouvelles grilles de classification et de salaire pour les journalistes

    Fruit d’une longue et parfois difficile négociation, de nouvelles grilles de classification et de salaire vont entrer en vigueur pour les journalistes de la presse hebdomadaire régionale (PHR) le 1er février 2026. Pourquoi une nouvelle grille et de nouvelles classifications ? L’actuel barème des minima présentait un fort tassement de la grille, et les tâches…

  • IA générative et reprises de contenus : stop au plagiat !  

    La CFDT-Journalistes a été alertée sur la mise en place, par Paris Normandie, d’un dispositif de curation et de reprises massives de contenus produits par d’autres médias ou institutions, en dehors de sa zone de couverture, reposant sur l’utilisation de l’IA générative. De nombreux articles issus notamment du réseau actu.fr seraient concernés par ces pratiques,…

  • Rachat de Challenges par LVMH : la CFDT saisit l’Autorité de la concurrence avec RSF, SNJ et SNJ-CGT, pour faire respecter le pluralisme

    Alors que la finalisation de la vente du magazine Challenges, aujourd’hui détenu par l’industriel français Claude Perdriel, au groupe de luxe LVMH – déjà actionnaire de plusieurs titres économiques – est annoncée pour la fin du mois de décembre 2025, Reporters sans frontières (RSF), le Syndicat national des journalistes (SNJ), le SNME-CFDT et le SNJ-CGT saisissent…

Enable Notifications OK No thanks