Liquidation de l’INC, éditeur de 60 millions de consommateurs. Une attaque sans précédent contre l’information et la protection des consommateurs

Communiqué du 27 janvier 2026

Le gouvernement confirme la liquidation de l’Institut national de la consommation, éditeur de 60 millions de consommateurs

Une attaque sans précédent contre l’information et la protection des consommateurs

C’est avec effroi que les salariés de l’Institut national de la consommation (INC) ont constaté le maintien de l’article 71 de la loi de finances 2026 sur lequel le Premier ministre Sébastien Lecornu a engagé la responsabilité de son gouvernement vendredi 23 janvier.

Cet article liquide l’INC, établissement public industriel et commercial qui emploie 52 salariés ETP et une dizaine de pigistes réguliers.

Sauf motion de censure peu probable, l’INC va donc disparaître entraînant le licenciement de ses salariés et la fin de ses missions de recherche, d’éducation, d’information des citoyens et d’aide aux associations de consommateurs.

Cette décision a été prise malgré plusieurs votes unanimes de députés hostiles à la liquidation de l’INC en commission des finances et des affaires économiques à l’Assemblée nationale. Elle persiste malgré une mobilisation exceptionnelle de la société civile dans une pétition soutenue par 120 000 citoyens. Dans une tribune publiée par le quotidien Le Mondele mois dernier, une centaine de scientifiques, ingénieurs, journalistes, universitaires, juristes et élus appelaient le gouvernement à ne pas sacrifier 60 millions de consommateurs, média de service public dont la mission, inscrite dans le Code de la consommation, est de publier des essais, des enquêtes et des études dans l’intérêt général des consommateurs.

Profitant de l’instabilité politique actuelle, les administrations de Bercy ont donc eu le scalp de l’INC et de 60 millions de consommateurs qu’elles cherchaient à démanteler depuis très longtemps.

Après avoir diminué année après année les subventions de l’établissement public, bloqué tous les investissements et les moyens des transformations numériques de l’INC et de 60 millions, intimé la cessation de campagnes de recrutement d’abonnés. Bercy a donc eu beau jeu d’euthanasier l’INC et 60 millions en lui reprochant de ne pas avoir fait ce qu’il l’empêchait justement de faire… plutôt que de s’engager dans le plan de transformation convenu avec l’ex-ministre de la Consommation, Olivia Grégoire, en 2024.

Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a donc gagné ! Elle qui affirmait au Sénat que les missions de l’INC étaient « échues ». Sébastien Lecornu vient de lui donner raison…

Il n’y a donc plus d’arnaques en France, plus de crises sanitaires, plus de clauses abusives, plus de produits dangereux, plus de toxiques, aucune nécessité de former et d’aider les bénévoles, élus et salariés, des associations de consommateurs. Il est totalement inutile de continuer de dispenser les conseils de Consomag et de 60 millions à la télé et sur les réseaux sociaux.

À la poubelle, tout ça. Dehors les ingénieurs, les juristes, les journalistes, les salariés qui permettent chaque jour de faire ce travail de « veille sanitaire ».

Nul besoin de vulgarisation scientifique et technique, de vérification des faits, d’expertise. Place aux influenceurs, à l’intelligence artificielle et à la post-vérité.

Nous prenons acte de ce coup de force si peu démocratique, basé de surcroît sur plusieurs fake news diffusées par le gouvernement. Des chiffres fantaisistes n’ont cessé d’être diffusés ces dernières semaines afin de prouver le coût exorbitant de l’INC pour la nation. Un nombre de salariés pléthorique, bien loin de la réalité, des relances du titre incessantes en pure perte, relances qui n’ont jamais existé…

Le coût de la liquidation lui-même, 8 millions d’euros, a été sous-évalué par Bercy. Il est en réalité de 11 millions d’euros et sera prélevé en partie sur les subventions aux associations de consommateurs qui auront, pour certaines, du mal à s’en remettre. 11 millions d’euros d’argent public pour sacrifier une institution ne touchant que 1,8 million de subvention… Cherchez les économies !

Le gouvernement prévoit maintenant de vendre le titre ou ce qu’il en restera à un acteur privé, faisant mine de croire que des foules d’acquéreurs se précipiteront pour reprendre tel quel un magazine sans publicité et faisant œuvre de service public !

Les salariés, mais aussi les citoyens et leurs représentants, ont le droit d’être informés sur les modalités de cette privatisation d’un bien commun qui a informé en toute indépendance les Français durant 55 ans. 

La CFDT négociera au mieux les intérêts des salariés mais tentera aussi de peser pour que ce titre si respecté ne perde pas toute dignité en étant bazardé par Bercy à des vautours. 

Contact presse : Lionel Maugain, délégué du Syndicat national de l’écrit à l’INC/60 millions de consommateurs 06 99 90 44 24

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