L’INC liquidé, 60 Millions doit continuer à exister !

Communiqué du 30 mars 2026

L’Institut national de la consommation a cessé d’exister 60 Millions de consommateurs survivra-t-il ? Sauvons-le !

Le décret en conseil d’État appliquant la liquidation de l’Institut national de la consommation (INC) est paru au Journal officiel du 29 mars 2026 (n°2026-215 du 28 mars 2026)

Le gouvernement a décidé de stopper la majeure partie des missions de l’INC, la production de l’emblématique émission Consomag sur France Télévision, les campagnes d’éducation à la consommation et de communication, les aides dispensées en faveur des associations de consommateurs et le site inc-conso.fr

Dans l’espoir de vendre le titre au secteur privé, le gouvernement demande cependant aux équipes de l’INC qu’elles poursuivent la publication de 60 millions de consommateurs jusqu’à son éventuelle cession. 

Trois mois pour trouver un repreneur

Le liquidateur aura trois mois renouvelables pour trouver un projet de reprise. La liquidation pourrait durer, quant à elle, neuf mois.

Ce décret n’indique à aucun moment les critères — et comment ils ont été établis — qui présideront au choix d’un repreneur, les conditions juridiques, financières et sociales de la cession. Aucune indication non plus quant à la méthode pour déterminer le choix final d’un repreneur.  

La loi faisant obligation à la « puissance publique » de recueillir l’avis du comité social et économique de l’établissement sur le projet de décret de liquidation, celui-ci avait demandé un certain nombre de précisions dont celles-ci :

Que chaque potentiel candidat à la reprise présente avec son dossier de candidature un mémo sur ses intentions lors du rachat.

Nous suggérions également qu’un comité de « sages » soit créé, et qu’il donne un avis consultatif aux ministres après audition du liquidateur et des candidats à la reprise. 

Pas un mot des salariés !

60 Millions de consommateurs doit poursuivre son existence avec des garanties sur son indépendance, son développement et sa ligne éditoriale que personne n’a remise en question.

Le décret ne dit pas un mot des salariés… Ils continuent à travailler… ou pas, c’est selon !

Les salariés de l’INC ne doivent plus être traités avec désinvolture comme c’est le cas jusqu’à maintenant.

À aucun moment, notre ministre de tutelle, Serge Papin, n’a jugé bon de nous contacter depuis sa nomination ! Nous ne connaissons rien de ses intentions, de sa méthode, s’il en a une ! Nous n’avons entendu beaucoup de contre-vérités de sa part, notamment lorsqu’il a été interrogé sur « 60 millions » au Parlement ou dans les médias. 

Le gouvernement a exécuté l’INC avec un calibre 49.3, contre l’avis des députés ; va-t-il continuer à traiter de la même façon la soixantaine de salariés de l’INC et son magazine ?

Va-t-il confier aux hauts fonctionnaires de Bercy, de la DGCCRF et DGFIP, le soin d’achever définitivement l’INC et « 60 » par un arrêt total des activités et le licenciement de l’ensemble du personnel ?

Risque psycho-social

Le syndicat national des médias et de l’écrit CFDT défendra avec énergie l’intérêt et les droits des salariés, journalistes et non-journalistes, dont le préjudice est considérable.

Nous demandons d’ores et déjà que le sort des salariés qui ne sont pas directement rattachés à l’activité presse soit considéré en vue d’un reclassement dans les services de l’État.

Nous alertons sur le risque psychosocial élevé que représente le fait de continuer à travailler sans durée déterminée dans un établissement dont les missions ont cessé.

Le SNME CFDT défendra aussi vigoureusement la dignité et le sort de 60 Millions de consommateurs. 

Les consommateurs veulent des sources d’information fiables, expertes et indépendantes. « 60 » est un indéniable exemple de média de confiance. C’est un bien public, sur lequel les citoyens et leurs représentants au Parlement ont un droit de regard.

Il ne doit pas être livré au vautour le plus offrant ou à devenir un organe de propagande commercial ou politique.

Nous appelons au sauvetage de 60 millions de consommateurs, dans l’intérêt général.

Contact : Lionel Maugain, délégué SNME CFDT 06 99 90 44 24

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