Défense de l’information : après la manifestation historique du 18 juin, le combat continue ! 

Communiqué intersyndical SNJ, SNJ-CGT, Filpac-CGT, CFDT-Journalistes, SGJ-FO, SNPEP-FO

Le jeudi 18 juin, nous étions plus de 1000 salariés des médias dans la rue au cœur de Paris, sans compter les rassemblements à Toulouse, Montpellier et Clermont-Ferrand.

Une manifestation historique et une affluence inédite, preuve de la situation catastrophique dans laquelle se trouve le monde des médias. 

Au coeur du cortège, nous avons refusé de laisser : 

  • Bolloré enterrer Prisma (presse magazine)
  • le Crédit mutuel amputer Ebra (presse régionale)
  • le milliardaire Bernard Arnault s’emparer du magazine Challenges, et l’affaiblir, tout en contrôlant l’essentiel de la presse économique
  • Infopro Digital et Profession Santé remplacer des journalistes par des agents d’IA (presse spécialisée)
  • l’Etat étrangler l’AFP (Agence France presse), France TV et Radio France (audiovisuel public)
  • les pigistes se faire virer sans indemnités

Syndicats, associations, collectifs et clubs de la presse, nous étions, tous et toutes, mobilisés, car nous n’en pouvons plus des suppressions d’emplois qui dégradent l’information, des économies qui matraquent les conditions de travail, des pressions qui torpillent l’indépendance des journalistes, des menaces sur nos statuts, de l’intelligence artificielle utilisée pour détruire des métiers et menacer la démocratie…

Nous avons scandé notre attachement à des médias dont la fonction première doit être d’informer, d’éclairer le citoyen. Et cela vaut autant pour les médias associatifs, publics, privés, indépendants, propriétés de milliardaires ou de groupes bancaires.

Les représentants syndicaux SNJ, SNJ-CGT, Filpac-CGT, CFDT-Journalistes, SGJ-FO, SNPEP-FO, ont porté leurs revendications au ministère de la Culture où la ministre, Catherine Pégard, avait laissé son fauteuil à son directeur de cabinet adjoint. Avec un conseiller IA et une représentante de la direction générale des médias et des industries culturelles, ils ont écouté poliment les représentants des salariés des médias, mais sans apporter de réponse satisfaisante.

Ce jour-là, la ministre, elle, recevait le matin, le président du Crédit mutuel actionnaire du groupe Ebra, Daniel Baal. Tout un symbole ! 

Alors que l’avenir de la presse en France est menacé de déserts informationnels, de polarisation et de désinformation au profit de la propagande, d’extrême-droite entre autres, la ministre de la Culture ne peut pas se cantonner à échanger avec les patrons de presse. Elle doit aussi écouter les journalistes et les travailleurs des médias. 

Depuis le 18 juin, de nouveaux plans d’économies et de licenciements ont été annoncés : 150 emplois en péril dans les locales de BFM, 61 postes visés par un plan social aux Echos et au Parisien, 400 dans les titres de presse quotidienne régionale du groupe Ebra…

Nous apportons tout notre soutien et notre force à celles et ceux qui sont actuellement en lutte dans leurs entreprises.

La mobilisation du 18 juin n’est qu’un début. 

Nous exigeons d’être reçus par la ministre de la Culture, ainsi que par les représentants des éditeurs de presse, écrite comme audiovisuelle, pour que cesse ce massacre. 

Enfin, trois ans après qu’il ait lancé, le 13 juillet 2023, des Etats généraux de l’information, dont les conclusions ont été enterrées, nous demandons à être reçus par le Président de la République.

Les actualités

  • Agressions de journalistes : La CFDT-journalistes, solidaire des confrères, demande un durcissement de la loi

    Des journalistes blessés et pris à partie alors qu’ils font juste leur travail, ça suffit ! La CFDT-journalistes apporte son plein soutien aux journalistes de Ouest-France et de France 3 Bourgogne-Franche-Comté qui ont été agressés ces derniers jours en reportage sur le terrain, et demande un durcissement de la loi pour mieux protéger les journalistes…

  • Education aux médias : de nouvelles formations certifiées pour les journalistes

    L’idée est partie de la CFDT : proposer des formations à l’éducation aux médias et à l’information certifiées par la Cpnef de l’audiovisuel, en collaboration avec la Cpnef de la presse et la CPNEJ (journalistes). Et après un long travail pour monter les formations et lancer les appels d’offres, huit organismes répartis sur tout le territoire…

  • Groupe Ebra : des titres et des journalistes !

    Les délégués d’Ebra ont assisté, stupéfaits, à une « grand messe » de leur direction sur les « marques » et l’avenir du groupe… Et sans surprise, on s’aperçoit que l’analyse qu’ils proposent de cette réunion pourrait s’appliquer à la lettre à nombreux autres titres de la PQR-PQD et PHR… C’est une petite musique de fond qui se répète,…

  • SONDAGE CFDT : Correspondants à l’étranger, quelles difficultés d’accès à la carte de presse ?

    Difficulté à être payé en salaire, faibles revenus, employeurs français pas si nombreux que ça, ou méconnaissance des règles d’attribution par la CCIJP… La CFDT est consciente des obstacles rencontrés par les correspondants à l’étranger de médias français pour obtenir  la carte de presse française. Pourtant cette carte leur est aussi nécessaire que pour les journalistes en…

  • Justice : un média en ligne frappé par une procédure bâillon du groupe Altice et Patrick Drahi

    Les craintes des journalistes quant à la transposition de la directive européenne sur le secret des affaires étaient fondées et c’est avec stupeur que CFDT Journalistes a pris connaissance d’un jugement en référé du Tribunal de commerce de Nanterre du 6 octobre 2022, qui interdit purement et simplement au pure-player Reflets.info (société Rebuild.sh) de publier…