24h pour voter CFDT à la CCIJP !

Vous faites partie des deux tiers des journalistes titulaires de la carte de presse n’ayant pas encore voté aux élections CCIJP ? Pas le temps ? Pas envie ? Pas compris ? Pas d’enjeu ? Ou juste oublié ? Allez, il reste 24h pour éviter que les nouveaux commissaires soient élus avec un taux de participation vraiment bas.

Pourquoi votre vote compte

Même si vous avez voté au 1er tour, il ne compte pas puisque le quorum n’a pas été atteint. Le 2è tour est  le seul qui compte pour la détermination des élus. Gagner ou ne pas gagner un second siège à la commission de 1ere instance, pour la CFDT, peut se jouer à quelques voix.  Il faut donc absolument REVOTER ET FAIRE VOTER LES ABSTENTIONNISTES DU 1ER TOUR ! 

Simple comme 3 clics

Pour voter c’est par là > https://www.e-votez.net/ccijp

Pour récupérer son code de vote il suffit de cliquer sur « Vous n’avez pas vos codes? »

Mais où j’ai mis l’enveloppe ?

Vous avez reçu l’enveloppe de la CCIJP contenant les professions de foi des syndicats et vous ne la retrouvez plus ? Pas de panique elles sont toutes sut le site de vote et côté CFDT, tout est là :
– Notre profession de foi du 1er tour (c’est la même liste mais pas le même contenu, car on avait beaucoup de choses à dire !) : Télécharger la profession de foi CFDT

C’est qui les candidats ?

Une élection, ce sont des étiquettes syndicales, des idées, des bilans, des engagements, mais aussi des gens ! Nous sommes très fiers de notre liste, avec 55 candidats qui vivent les valeurs CFDT au quotidien et pour nombre d’entre eux portent des combats dans leurs entreprises.
Découvrez les vidéos de nos candidats :

 

Pour davantage de pluralisme

Un graphe parle de lui-même : celui des sièges actuels des élus à la CCIJP : 90% sous la même étiquette. Est-ce notre conception du pluralisme ?

Mais pourquoi la CFDT ?

  • 1er syndicat du privé, tous métiers confondus.
  • Syndicat réformiste, force de propositions.
  • Un syndicat non corporatiste, défendant tous les salariés. Le journaliste travaille rarement seul et isolé du reste de la société.
  • Présents dans toutes les instances paritaires concernant la profession (Afdas, commission arbitrale, Audiens, écoles de journalisme…)
    et toutes les négociations avec les ministères.
  • Syndicat qui progresse le plus dans la profession : choisi par un quart des journalistes aux élections en entreprise.

Oui, la profession est en pleine tempête. Oui, la CFDT dénonce et combat tout ce qui entrave nos conditions d’exercice. Mais tout ne va pas mal et nous voulons continuer à y croire. La CFDT propose, construit, de manière intercartégorielle (pas que pour les journalistes) pour que nous ayons tous un cadre de travail propice. Pour que les nuages s’éloignent, il faut se prendre en main.

Qu’est-ce qui changera à la CCIJP si la CFDT y pèse ?

Nous prenons trois engagements : 

Plus de transparence et de pédagogie > Trop de journalistes renoncent à demander la carte, pensant ne pas y avoir droit, faute de connaître toutes les règles de prise en compte des revenus. Trop de journalistes n’osent pas faire appel des décisions. Il existe pourtant une commission supérieure, devant laquelle il est possible d’expliquer la réalité de sa situation. Nous plaiderons pour davantage de transparence sur les arbitrages qui président aux décisions, afin d’éviter la sensation d’injustice. Nos élus, au national et en région, rendront compte de leurs positions, en respectant la confi- dentialité. Ils expliqueront clairement les raisons du refus. Et ils travailleront à ce que les bénéfices de la carte de presse — notamment la prime d’ancienneté — soient mieux connus de tous, et surtout de ceux qui débutent leur carrière.

Plus d’équité entre mensualisés et pigistes > Les pigistes ne doivent plus être pénalisés par certains de leurs revenus qu’ils perçoivent pourtant comme jour- nalistes. Éducation aux médias, cours en écoles de jour- nalisme, bourses, livres d’enquête approfondissant des articles déjà parus, droits de reproduction, doivent être pris en compte dans le calcul presse, avec des garde-fous (ne pas faire que cela). Pour les correspondants à l’étranger, le « fixing » doit être comptabilisé quand il est rémunéré en salaire (et ainsi encourager à refuser le paiement de la main à la main). Bien-sûr nous resterons fermes contre le paiement en facture ou droits d’auteurs quand ils sont le fait de médias. Une souplesse doit être accordée sur la proportion des activités annexes (non liées à l’activité journalistique) pour les plus précaires, qu’ils soient rédac- teurs ou photographes. Enfin, l’administratif doit être simplifié. Nous plaiderons pour que les pigistes n’aient plus à envoyer les certificats d’employeurs pour les dossiers de renouvellement.

Plus de responsabilisation des employeurs > La CCIJP est injustement vue par certains « recalés » comme une gardienne des privilèges, et une chambre d’enregistrement des mauvaises pratiques des em- ployeurs. Or, elle ne fait qu’appliquer les critères déter- minés par la loi. Mais elle devrait aller plus loin dans la lutte contre la dérégulation. Nous plaiderons pour qu’elle envoie des courriers de rappel de la loi aux employeurs recourant aux auto-entrepreneurs, auteurs, correspon- dants locaux de presse, en nous basant sur la loi Cressard et la convention collective, pour lesquelles un journaliste professionnel est forcément un salarié, cela avec copie systématique aux Direccte et à la CPPAP, par exemple. 

Mais que fait la CFDT toute l’année pour les journalistes ?

Catégoriel, pas corpo > Les militants CFDT en entreprise de presse
soutiennent tous les salariés. C’est capital tant nous sommes interdépendants. Mais la CFDT a en plus son instance experte sur
les questions de journalistes. Celle-ci réagit à l’actualité du secteur, siège dans les instances paritaires qui concernent la profession, au Conseil de déontologie, participe à toutes les négo- ciations avec notre ministère de tutelle (la Culture), aux activités des fédérations européenne et internationale des journalistes, anime un pôle pigistes, des groupes de travail femmes, climat… Lire toutes nos actus : https://cfdt-journalistes.fr/lactualite

Dans les entreprises > Nos élus et représentants CFDT sont actifs sur les sujets des conditions de travail, des rémunérations, de la forma- tion, de l’égalité professionnelle et des accords télétra- vail, par exemple.

Nos mobilisations du moment :

  • Les nouveaux critères d’attribution des aides publiques à la presse pour sanctuariser la place de la rédaction et véritablement interdire le recours aux freelances non salariés.
  • La conception et l’attribution de l’aide sociale d’État aux pigistes ayant subi la crise : nous avons fait des propositions concrètes pour qu’elle soit la plus juste et la plus connue possible.
  • La création d’un certificat de qualification profession- nelle pour les journalistes intervenants en éducation aux médias : une compétence qui ne s’improvise pas et nécessite une reconnaissance.
  • La mise en place des droits voisins : la répartition doit être juste entre éditeurs et auteurs et se négocier au niveau des branches et pas des entreprises.
  • La loi sur les lanceurs d’alerte, actuellement au Parle- ment, capitale pour mieux les protéger : ce sont nos sources.
  • Le soutien aux journalistes afghans arrivés en France avec la Maison des journalistes : chacun de nous peut les aider.
  • Notre intérêt pour les propositions de l’économiste Julia Cagé et du juriste Benoit Huet pour une loi visant la démocratisation et l’indépendance des médias, avec notamment au moins une moitié de salariés dans les conseils d’administration.
Notre chaine YouTube où on peut retrouver toutes les vidéos de campagne : https://www.youtube.com/channel/UCAKqWPOCow5DWpzG78cCXwg——

Licenciement – Des indemnités supplémentaires pour les journalistes avec la Commission arbitrale !

Avez-vous en tête que l’indemnité de licenciement des journalistes (minimum un mois de salaire par année d’ancienneté) plafonne à 15 mois (15ème année d’ancienneté) ? (L. 7112-3 du code du travail)

Quand le journaliste a plus de 15 ans d’ancienneté dans l’entreprise dont il est licencié mais aussi en cas de mise en jeu de la clause de conscience ou de la clause de cession, il peut demander des indemnités supplémentaires, correspondant aux années au-delà. Pour cela, il doit saisir une commission paritaire d’arbitres désignés par les organisations professionnelles d’employeurs et de salariés : la Commission arbitrale des journalistes (Article L7112-4).

Savez-vous aussi que, à la différence du droit commun, le journaliste ayant commis une faute grave (absences injustifiées, refus d’effectuer une tâche de travail prévue dans le contrat, violation des règles d’honneur professionnel, violences…) ou des fautes répétées peut tenter d’obtenir quand-même une indemnité de licenciement (quelle que soit son ancienneté dans l’entreprise) ? Là encore, c’est la Commission arbitrale qui peut en décider. 

 

La CFDT défend ses consoeurs et confrères à la Commission arbitrale des journalistes. Elle les aide à préparer leur mémoire en défense et siège lors des audiences, pour obtenir les meilleures indemnités possibles en fonction de leur situation personnelle.

ATTENTION la CAJ n’est compétente que pour le montant des indemnités de licenciement, pas pour gérer les litiges sur les licenciements. Elle ne remplace pas les Prud’hommes. C’est pourquoi le licenciement doit déjà préalablement avoir été soldé.

En savoir plus sur la saisine avec la CFDT

10 février 2022, inscrivez-vous à un temps d’information Commission arbitrale pour les militants CFDT !

Pour informer ses militants sur le fonctionnement de la CAJ et former ceux qui souhaitent s’y engager, une matinée de formation est organisée par la CFDT-Journalistes le jeudi 10 février 2022 de 9h à 12h30 à Paris. Tous les journalistes adhérents CFDT peuvent s’y inscrire pour le 15 janvier 2022 au plus tard à arbitrale@cfdt-journalistes.fr

Concrètement, comment marche la CAJ ?

Quel est le statut de la CAJ ?
La commission arbitrale, créée par la loi de 1935 instituant un statut pour les journalistes, est une juridiction relevant de la Cour de Cassation, dérogatoire au droit commun. La décision de la commission arbitrale est obligatoire et ne peut être frappée d’appel (Article D7112-3).
Quand saisir la CAJ ?
Après avoir  touché les indemnités pour les 15 premières années, et dans tous les cas une fois le licenciement acté. La CAJ n’est pas là pour régler les litiges sur les licenciements en eux-mêmes mais seulement pour fixer le mondant des indemnités. Il faut ensuite s’armer de patience : les délais de procédure jusqu’à l’audience sont, en général, assez longs.
Comment saisir la CAJ ?
Le salarié doit faire appel à l’organisation syndicale représentative de son choix (CFDT-Journalistes, SNJ-CGT ou SNJ-Solidaires) qui instruit le dossier, propose la désignation d’un magistrat et choisit ses représentants à la commission. La saisine peut aussi être faite à l’initiative de l’employeur.
Qui arbitre ?
La CAJ est présidée par un fonctionnaire ou par un magistrat en activité ou retraité.  Elle comprend, pour chaque audience, deux arbitres désignés par les organisations professionnelles d’employeurs et deux arbitres désignés par les organisations syndicales de salariés.
Comment l’indemnité est-elle calculée ?
Il s’agit d’une négociation débutant bien avant l’audience. Le journaliste doit adresser un mémoire en demande, présentant les raisons de la rupture du contrat de travail et sa demande d’indemnité chiffrée de façon très précise. Celui-ci sera transmis à la partie adverse, aux arbitres et au président. L’employeur fera parvenir  un mémoire en défense, apportant une réponse motivée à la demande chiffrée du journaliste, au plus tard huit jours ouvrés avant la date d’audience pour permettre aux arbitres et au président d’en prendre connaissance et à la partie adverse d’y répondre le cas échéant.

En savoir plus sur le fonctionnement de la CAJ

La clause de cession, 1er motif de saisine !

Les chiffres ci-après sont ceux de l’année 2020.

258 saisines (toutes organisations syndicales confondues)
142 audiences (chiffre en dessous de la moyenne annuelle, à cause du Covid. En 2019 : 183)
1er motif de saisine : la clause de cession (48 %)
2ème motif de saisine : le licenciement économique (22 %)
3ème motif de saisine : le licenciement pour inaptitude (9 %)
4ème motif de saisine : le congé de mobilité (8 %)
5ème motif de saisine : le licenciement pour faute (4 %)
6ème motif de saisine : le licenciement pour motif personnel (3 %)
Délai moyen d’instruction : 11,8 mois. Délai qui risque de s’allonger à cause des retards accumulés par le Covid.

 

 

 

 

2è tour élections CCIJP – Bernadette Chamonaz : « Pourquoi je suis candidate CFDT »

Une carrière de journalisme rigoureux à France Inter, une voix reconnaissable entre 1000, et des valeurs. Bernadette Chamonaz, candidate CFDT à la CCIJP, explique en quoi la carte de presse nous oblige, et pourquoi elle a choisi la CFDT, qu’elle voit agir pour les jeunes et tous les acteurs de l’info à Radio France.

 

Téléchargez notre profession de foi du 2 è tour

Téléchargez nos affichettes de campagne 

Virgin/RFM (Lagardère) : du PGE au PSE !

A six mois de l’élection présidentielle, qui peut répondre à cette question : un groupe qui a bénéficié de 465 M€ de PGE (prêt garanti par l’Etat) peut-il licencier 34 salariés appartenant à des entreprises qui lui ont fait remonter 3,6 M€ de dividendes et dont la société mère affichait, fin 2020, une trésorerie nette de plus d’un demi-milliard d’euros sur un compte à Monaco ? 

Communiqué intersyndical CFDT-CGT :

Lagardère : du PGE au PSE !

Vendredi 17 novembre, le comité de groupe du groupe Lagardère se réunira dans les locaux d’Hachette Livre, à Vanves. La situation des deux radios RFM et Virgin Radio, où un PSE est soumis à information-consultation, figurera au premier rang des sujets évoqués. 34 postes d’animateurs et de journalistes sont menacés.

En janvier 2021, le groupe d’Arnaud Lagardère a bénéficié d’un PGE à hauteur de 465 M€. En pleine crise sanitaire, il a également profité des mesures de financement de chômage partiel. A la même époque, Lagardère Active Broadcast (LAB), société mère d’Europe 1 et des deux radios musicales, domiciliée à Monaco, disposait d’une trésorerie nette de plus d’un demi-milliard d’euros !

A elles seules, en 2020, RFM et Virgin Radio ont fait remonter 3,6 M€ de dividendes à Monaco, en dépit d’une crise économique d’une ampleur inédite.

Arnaud Lagardère souhaite aujourd’hui se débarrasser de 34 salariés, payés moins de 2000 euros nets par mois. La présence à l’antenne d’animateurs et de journalistes de proximité est pourtant essentielle à l’activité des territoires comme en témoignent les nombreuses lettres de soutien d’élus que nous recevons.

Animateurs et journalistes sont les relais quotidiens des acteurs culturels, économiques, politiques, sociaux, sportifs, associati… Comme l’ont souligné nos collègues du groupe NRJ dans un chaleureux communiqué de soutien : l’information de proximité est un bien public que doit protéger le CSA au regard des engagements signés par le groupe Lagardère en échange de l’exploitation gratuite de fréquences locales.

Tant sur le plan économique, que règlementaire, rien ne justifie ces 30 fermetures de stations. Les salariés n’ont pas à payer les erreurs stratégiques répétées de ce groupe. Nous connaissons d’ailleurs la dernière en date : la direction des deux radios musicales a choisi de ne pas candidater à l’attribution des fréquences locales en DAB, cette radio numérique terrestre présentée par le CSA comme l’avenir de notre média. Dans certaines villes où le DAB est déjà accessible, le programme national d’RFM et de Virgin Radio vient donc concurrencer les antennes locales de ses deux radios diffusées seulement en FM !!!

CGT et CFDT exigent le retrait pur et simple de ce PSE de trop !

Laurent Lemaire délégué syndical CFDT 06.03.34.79.21

Jean-Charles Fontlupt délégué syndical CGT : 06.62.63.31.93

Finis les comportements sexistes au travail : tolérance zéro à Radio France

Chaque 8 du mois la CFDT-Journalistes promeut un combat à mener pour  la place des femmes dans les médias. Ce 8 novembre, la bataille contre les violences sexistes et sexuelles à Radio France. Son délégué syndical Renaud Dalmar, particulièrement engagé pour qu’elles cessent, nous en explique le contexte et les leviers. 

 

Depuis quelques jours, des affiches colorées fleurissent sur les murs de la Maison de la Radio et de la Musique, à Paris, et dans les stations locales du réseau France Bleu. « Elle est énervée, elle doit avoir ses règles », « on n’est pas des pédés », ces slogans provocateurs illustrent une campagne interne contre le harcèlement sexuel et les comportements discriminatoires au sein de la société nationale de radiodiffusion.

La direction de Radio France veut susciter une prise de conscience et montrer que les temps ont changé. Plusieurs salariés de Radio France ont d’ailleurs été récemment suspendus, voire remerciés, après des années de comportement inapproprié, notamment à Bayonne, à France Bleu Pays Basque.

La direction encourage à parler

« Lors des deux dernières années, 16 sanctions disciplinaires ont été prises, dont cinq licenciements », précise un communiqué posté le 15 octobre 2021 sur le site intranet de Radio France.  « Que vous soyez victime ou témoin, n’hésitez plus à parler : toute personne qui signale ou témoigne est protégée, quel que soit son statut. Tout fait remonté donne lieu à une action. Des sanctions sont appliquées ».

La diffusion en mars 2021 sur Canal+ du documentaire de Marie Portolano, « Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste », sur le sexisme dans plusieurs rédactions sportives, a donné un coup d’accélérateur à une évolution initiée en 2018 déjà avec la nomination d’un référent harcèlement sexuel, une responsabilité assurée actuellement par le délégué central CFDT Renaud Dalmar.

Des comportements enracinés

Devant le CSE central il y a un an, Renaud Dalmar évoquait des « comportements enracinés, peu contestés par le reste des salariés ». Des salariés, cadres ou non, témoins ou victimes, qui choisissent de rester silencieux par crainte des conséquences pour leur carrière ou pur leurs conditions de travail.

« A ce jour de nombreuses affaires ne peuvent être traitées car les victimes ne veulent absolument pas témoigner même anonymement, car ce témoignage risquerait de compromettre leur chance d’intégration », souligne le référent.

« C’est de l’humour ! »

Renaud Dalmar dénonçait aussi devant les élus du CSE central «une réelle pression caractérisée ». Les précaires, les nouveaux venus doivent se fabriquer une carapace. « Certains CDD, surtout des jeunes femmes, se sont vu répondre qu’elles ne seraient pas « capables de poursuivre dans cette voie si elles n’étaient pas capables d’apprécier cet humour ». Une sorte de « troisième degré », ne pas le comprendre révélerait une sorte de «déphasage avec le milieu professionnel ».

Renaud Dalmar constate « une défaillance managériale ». Cependant le délégué central CFDT reconnait que « l’encadrement est très démuni pour répondre à une partie des situations exposées. Il manque parfois de soutien. Il peut aussi se retrouver confronté à un fonctionnement très ancien et installé, contre lequel il est très difficile de lutter seul ».

La passivité complice

Il dénonce ce qu’il appelle la « passivité complice », c’est à dire « le fait de rire à une blague sexiste ou à connotation sexuelle. Il est dès lors très compliqué de dénoncer la situation. Dans l’une des stations pour lesquelles j’ai lancé une alerte, tel était le cas au quotidien : l’encadrement avait fait preuve de passivité complice, or nous pourrions dire aujourd’hui que la dégradation de la situation engageait sa responsabilité ».

La juriste et collaboratrice de la défenseure des droits, Sophie Latraverse, a été chargée de conduire une enquête sur les dérives signalées à Radio France. Son rapport, publié en septembre 2021, confirme les inquiétudes des élus. Cette juriste indépendante a pu s’appuyer sur 80 entretiens. Elle a aussi eu accès aux enquêtes menées ces deux dernières années en interne par les services RH.

Un dispositif d’alerte pour repérer les dérives sexistes

Pour lutter contre ces dérives, Radio France a développé plusieurs outils, comme des « conférences théâtralisées » qui proposent aux équipes de se glisser dans la peau d’une victime ou d’un collègue témoin de harcèlement sexiste. La société propose aussi une formation en ligne sur cette thématique, que chacun peut suivre en moins d’une demi-journée.

Un dispositif d’alerte interne en ligne a également été mis en place, ainsi qu’une messagerie dédiée aux alertes. Enfin, à la demande des syndicats, la direction de Radio France s’est engagée à communiquer davantage sur les enquêtes en cours et sur les sanctions infligées aux salariés qui ne respectent pas leurs collègues.

 

Lire le communiqué CFDT Radio France du 6 octobre 2021 : Violences sexistes et sexuelles au travail : nous sommes sur la même longueur d’ondes Madame la présidente

 

 

 

 

Télécharger l’outil de la Fédération Communication conseil culture CFDT pour évaluer sa propre exposition aux  violences sexistes et sexuelles au travail 

 

 

 

 

Lire tous nos articles publiés le 8 de chaque mois, afin de faire vivre toute l’année les droits des femmes, et pas seulement le 8 mars.

Forte hausse des tarifs de pige au Figaro !

Cela faisait des années que les tarifs de pige au Figaro n’avaient pas augmenté. Victoire ! La NAO (négociation annuelle obligatoire) 2021 a permis une forte hausse. Comment ? Grâce à une belle collaboration entre le réseau des pigistes et les syndicats, dont la CFDT. Ensemble, on va plus loin !

Avant : 66,98€ brut le feuillet hors CP, 13è mois et ancienneté. C’était tout pile le barème minimum conventionnel pour la presse quotidienne nationale négocié par les partenaires sociaux au plan national. Pas un centime de plus.

A partir du 1er novembre 2022 : 75,66€ le feuillet

A partir du  1er novembre 2023 : 80€ le feuillet

Mais comment ont-ils fait ?

Depuis des années, les syndicats demandaient à la direction une hausse du tarif de piges. Depuis des années, les pigistes le demandaient aussi.

Au printemps, grâce au travail de fédération de l’un d’entre eux (élu SNJ), le réseau des journalistes pigistes collaborant au Figaro s’est structuré : une mailing liste, des échanges, une détermination à avancer. Ils seront 47 à cosigner un courrier à la direction. L’union fait la force.

Mais l’appui des représentants élus du personnel est capital. Un syndicat, deux syndicats, trois syndicats : CFDT (premier syndicat du collège journalistes), SNJ et SNJ-CGT soutiennent officiellement, conseillent des interlocuteurs, défendent bec et ongles ces propositions… La direction écoute.

Trois mesures

Quand la NAO arrive, cet automne, ce travail de plusieurs mois porte ses fruits, avec trois mesures importantes :

  • l’accès au CESU (chèque emploi service universel)  pour les pigistes dits « listés » (les plus réguliers) à hauteur de 750 euros par enfant de moins de 6 ans
  • la revalorisation du tarif du feuillet en 3 étapes
  • le paiement des heures de délégations pour les pigistes élus et mandatés. Certes, c’est normal, car un pigiste est un salarié comme un aitre, mais dans les faits, ce n’est pas toujours appliqué. Alors l’écrire noir sur blanc, c’est important.

Leurs revendications continuent ! Poursuite de la hausse du tarif de piges, meilleure communication en interne vis à vis des pigistes, baisse du seuil d’accès au système des pigistes listés….

Pigistes, syndicats, c’est ensemble qu’on avance !

 

L’exploitant agricole ayant agressé des journalistes d’Envoyé Spécial devant le tribunal de police

ACTUALISATION : le procès a été reporté au 20/12

 

Un exploitant agricole des Bouches du Rhône ayant agressé des journalistes de France2 lors de leur reportage pour Envoyé Spécial en septembre 2020 comparait ce 18 octobre devant le tribunal de police de Tarascon. La journaliste fixeuse nous livre son témoignage anonyme.

La CFDT-Journalistes apporte son soutien à ses consoeurs et confrère, condamne les violences commises contre les journalistes et déplore le sentiment d’impunité induit par les faibles peines encourues.

 

Septembre 2020. Une équipe de France 2 – une journaliste rédactrice, un JRI, et une fixeuse pigiste – tourne un reportage pour Envoyé Spécial sur les conditions de travail et d’hébergement désastreuses des travailleurs agricoles étrangers dans les Bouches du Rhône. Ils veulent interroger un agriculteur, Didier Cornille, plus gros saladiculteur d’Europe et principal client et fournisseur de logements pour Terra Fecundis, la plus grosse entreprise d’intérim espagnole qui a été lourdement condamnée en première instance en mai dernier à Marseille. Sauf qu’il ne l’entend pas de de cette oreille. Il leur fonce dessus avec son pick up, insulte l’équipe de journalistes et frappe le cameraman.

On peut en voir certaines images dans le reportage diffusé le 7 janvier 2021 entre la 8’57 et la 9’45. Un papier est également sorti au printemps dans Arrêt sur Images.

Les deux journalistes de France2, Laura Aguirre de Carcer et Thomas Guéry, porteront plainte pour coups et blessures. Pas la journaliste fixeuse pigiste.

Après des mois d’allers-venues juridiques, un premier classement sans suite et sans motif, un déclassement de la plainte, il y a finalement une audience publique ce lundi 18 octobre 2021 à 14 heures devant le tribunal de police de Tarascon, dans les Bouches du Rhône. L’exploitant poursuivi risque seulement une faible amende dans cette affaire.

La fixeuse, victime, bien que non plaignante, a accepté de nous livrer son témoignage :

« Je travaille depuis cinq ans sur le sujet en tant que journaliste indépendante pour différents médias. Dans cette région, les ouvriers agricoles étrangers vivent une violence quotidienne. Si je le précise en préambule c’est que je suis consciente que la violence que nous avons vécue ce jour-là et qui se rappelle à nous encore aujourd’hui sous les signes de syndrômes post-traumatiques, n’est qu’un symptôme de la violence systémique et systématique auxquelles font face les travailleuses et travailleurs et qui est le fondement du fonctionnement de ce système agricole. 

Le jour de l’agression je n’ai pas été touchée physiquement mais pourtant j’ai connu des épisodes d’insomnie, de peurs et d’angoisses injustifiées et d’épuisement dans les semaines qui ont suivi. Cinq mois plus tard, j’ai fait un burn out qui a nécessité deux mois d’arrêt de travail.Aujourd’hui, c’est encore difficile. Si je n’ai pas porté plainte, c’est d’abord car, quand la gendarmerie nous a reçus tous les trois, elle a estimé que ce n’était pas la peine, n’ayant pas été physiquement touchée. Et puis j’ai aussi renoncé parce que je suis originaire de la région et que j’y travaille et me sens menacée, et d’autant moins protégée par mon « statut » de journaliste multiemployeurs.

Ce lundi, je serai dans la salle d’audience. J’ai écrit un témoignage que l’avocat de mes collègues produira. 

J’ai eu la chance d’être aidée financièrement, pour être accompagnée par un psychologue, par Media Freedom Rapid Response. Mais j’estime qu’une juste réparation doit aussi passer par une sanction à la hauteur du traumatisme. Avec des peines encourues aussi faibles, quand la personne n’a pas d’incapacité de travail de plus de huit jours, l’impunité demeure pour ce type de personnes ».

 

La CFDT-Journalistes, solidaire des trois journalistes violentés en septembre 2020, condamne ces manoeuvres d’intimidation et ces atteintes à la liberté de la presse. Elle estime par ailleurs que l’arsenal des sanctions n’est pas, dans l’état actuel de la loi, en mesure de faire face à l’agressivité montante vis-à-vis des journalistes, et qui donne rarement lieu à des ITT de plus de 8 jours, d’autant que les journalistes ne prennent souvent pas la mesure immédiatement de leur besoin vital de s’arrêter après de tels événements.

Pourquoi de si faibles peines encourues ?

Article 5-624-1 du code pénal : Hors les cas prévus par les articles 222-13 et 222-14, les violences volontaires n’ayant entraîné aucune incapacité totale de travail sont punies de l’amende prévue pour les contraventions de la 4e classe. Soit au plus 750 euros. Dans l’état actuel de la loi une ITT (Incapacité Temporaire Totale, à ne pas confondre avec l’arrêt de travail) est impérative pour amener des peines encourues plus lourdes. Lire le tableau des peines encourues.

 

Lire aussi : 

Au CNMJ, les nouveaux risques du métier en débats

Emoi après l’agression de Christian Lantenois

Stop aux agressions de journalistes lors des manifestations

Et très récemment, cette attaque contre le véhicule de deux pigistes d’M6 :

Projet de PSE chez Virgin Radio et RFM : 30 postes de journalistes menacés

Jeudi 07 octobre, la Direction de Virgin Radio et de RFM, appartenant au groupe Lagardère, a annoncé un projet de Plan de sauvegarde de l’emploi portant sur la fermeture de 30 de ses 71 stations en régions (26 Virgin Radio et 4 RFM). En l’état ce PSE provoquerait la suppression de 34 postes : 30 journalistes et 4 animateurs. Les élus CFDT contestent le bien fondé de ce projet. Ne laissons pas brader la place des journalistes dans les radios musicales !

Pour justifier son projet, la direction des deux radios évoque une baisse globale de l’écoute des radios, spécifiquement des radios musicales concurrencées par les plateformes de streaming.

Absence de stratégie de reconquête

Cet argumentaire qui part d’un constat en partie réel ne résiste pas à l’analyse. Comme Europe 1, ces deux radios pâtissent avant tout de la gestion totalement incohérente du groupe Lagardère : changement de dirigeants et de politiques incessants, gel des investissements humains et matériels, absence de stratégies de reconquête.

Il est également intéressant de noter que les justifications de la direction portent sur un contexte national dégradé pour les deux radios musicales mais que seules les stations régionales sont concernées par ce PSE.

40% des effectifs de journalistes

Une fois l’examen de ce plan achevé, la direction du groupe Lagardère le transmettra au CSA. C’est la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) qui validera ou non le PSE mais les autorisations ou non du CSA de fermer des stations seront déterminantes.

La suppression de 30 postes de journalistes correspondrait à une réduction de près de 40 % des effectifs de journalistes travaillant dans les stations régionales.      

Quelques éléments de contexte

Le Groupe Lagardère est aujourd’hui constitué de deux branches et de deux pôles.

Les branches : Hachette Livre SA (édition) et Travel Retail (gestion des ventes au détail dans les gares et les aéroports)

Les pôles : Lagardère Live Entertainment (gestion de salles de spectacle, production de concerts) et le Pôle News (Paris Match, Le Journal du Dimanche, Europe 1, Virgin Radio et RFM)

Environ 226 salariés travaillent pour Virgin Radio et RFM dont 135 en régions. Parmi eux 77 journalistes (60 Virgin Radio et 17 RFM).

Lire le communiqué intersyndical CFDT-CGT

Actualisation au 21/10/21 : Les stations concernées par le PSE sont :

Virgin Radio RFM
Chalon sur Saône
Mâcon
Besançon
Belfort
Morlaix
Quimper
Lorient
Vannes
Saint-Brieuc
Chartres
Bourges
Colmar
Bar-le-Duc
Metz
Forbach
Bonnières-sur-Seine
Avranches
Le Havre
Cherbourg
Agen
Dax
Agen
Figeac
Auch Auch
Saint Nazaire
Angers
Le Mans
Avignon Avignon-Cavaillon

Laurent Berger : « Les journalistes sont un des vecteurs de la démocratie. »

Alors que débute mercredi 13 octobre le 1er tour des élections des représentants des journalistes à la Commission de la la Carte, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, s’exprime sur le rôle des journalistes dans notre société, la place de la lecture de la presse dans son parcours, et le sens d’un engagement syndical dans la profession.

 

Les journalistes, un des vecteurs de la démocratie

« Les journalistes sont importants, parce qu’ils sont un des vecteurs de la démocratie. La démocratie c’est quelque chose d’extrêmement important pour la CFDT, c’est d’ailleurs dans notre sigle. Nous avons besoin de journalistes qui soient formés, qui aient des règles éthiques et qui en même temps soient libres et qui puissent exercer leur métier dans de bonnes conditions. »

Se forger un esprit critique

« Quand on vient du milieu d’où je viens, une partie de son éducation et notamment de son apprentissage du monde passe par la presse. Pour moi, elle est passée par un quotidien régional, Ouest-France, que je lisais tous les jours et qui ouvrait sur les réalités de ma commune mais qui ouvrait aussi sur l’Europe et sur le monde parce qu’il y avait une information de qualité. Je crois qu’il faut redonner la possibilité à chacun et à chacune d’avoir accès à une information de qualité parce que c’est comme ça aussi qu’on grandit, qu’on se forme, qu’on se forge un esprit critique et puis finalement qu’on décide de s’engager dans la société. » 

Besoin de dialogue social dans cette profession

« Le métier de journaliste aujourd’hui est très précarisé. Il est starisé d’un côté de la chaîne et de l’autre côté il est quand même très précarisé avec beaucoup de pigistes et beaucoup de journalistes qui sont inquiets quant à leur devenir et qui sont inquiets aussi sur les conditions d’exercice de leur métier de plus en plus compliqué. On a besoin de dialogue social dans cette profession, où on reconnaisse les évolutions du métier et en même temps les besoins de sécurité pour les journalistes. »

Donner davantage de poids à la CFDT

« L’élection de la carte c’est la possibilité de donner davantage de poids pour la CDFT qui va se battre pour la qualité de l’information qui va se battre pour le statut des journalistes et pour leur sécurisation et qui va se battre pour notre démocratie d’une certaine manière, pour une presse libre et indépendante. »

« Dès le 13 Octobre pour les élections à la carte de presse choisissez la CFDT, votez pour les candidates et les candidats de la CFDT. 

Faites-leur confiance ! » 

Le 8 du mois : quelle place des femmes parmi les photographes et photographies de presse ?

Chaque 8 du mois, afin de ne pas s’en préoccuper que le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, CFDT-Journalistes attire l’attention sur la place des femmes dans les médias, côté auteurs, hiérarchie, et contenus. Aujourd’hui, 8 octobre 2021, focus sur les photographes de presse et la photographie de presse.
Arrêt sur images a consacré récemment une émission sur les photos de portraits dans la presse. Y était invitée Marie Docher, photographe et membre du collectif féministe « La Part des femmes ».

Le travail d’un collectif de femmes

Le collectif La part des femmes  revendique une meilleure reconnaissance des femmes photographes. Depuis sa  lettre ouverte dans les colonnes de Libération adressée au directeur des Rencontres d’Arles, ce collectif a obtenu que ce festival de photographie de presse atteigne une quasi-parité des photographes exposés. Le collectif a ensuite mené un travail d’analyse de 1000 portraits de der de Libération et de Télérama. Résultat : dans Libé, 75 % des 139 photographes sont des hommes ; 85 % des 108 portraits de der ont été confiés à des hommes, 15 % à des femmes.  A Télérama 81% des photographes de L’invité sont des hommes, 93 % des portraits sont faits par des hommes. Par ailleurs la majorité des personnes portraitisées sont « des hommes ternes sans singularité », explique Marie Docher, ce qui s’explique notamment par le fait que ce sont souvent des hommes de pouvoir. Les femmes, elles, seraient davantage issues du monde culturel, et souvent dans des positions allongées, voire sexualisées.

A regarder avec le plus grand intérêt sur Arrêt sur images.

En 2020 le rapport de la députée Céline Calvez sur la place des femmes dans les médias en période de crise a aussi compté les photos de une de sept quotidiens nationaux, et le résultat est édifiant.

Extrait du rapport de Céline Calvez

Des débats et des bourses

Mais quels sont les obstacles pour les femmes photojournalistes dans la profession ? La société Canon, qui attribue chaque année une bourse de 8000 euros à une femme photojournaliste afin de l’aider à financer son projet,  organisait un débat sur les obstacles que rencontrent les femmes dans la profession.

En 2018, la SAIF (Société des auteurs des arts visuels et de l’image Fixe) organisait également à Visa pour l’Image une conférence sur « Les femmes photojournalistes, entre stéréotypes et préjugés, quelle réalité, quelle égalité ? »

Depuis deux ans le ministère de la Culture et Visa pour l’Image décernent deux bourses à des femmes photojournalistes en reconnaissance de leur contribution au photojournalisme. Chaque bourse est dotée de 5 000 euros.

Chacun peut agir

Chacun de nous peut agir, notamment en s’interrogeant sur sa propre pratique, comme le font des militants CFDT et le collectif « Ouvrons la Voix » du quotidien régional La Voix du Nord. Ils ont obtenu que la direction de la rédaction et la rédaction en chef s’engagent à valoriser la place des femmes dans les contenus du journal comme dans ses organisations et pratiquent  régulièrement l’exercice du « tamis ». Il est suggéré aux journalistes de relire leurs articles et leurs photos en se posant des questions systématiques sur la façon dont ils/elles ont choisi, présenté, cité, montré des interlocuteurs féminins ou masculins. Avec un tamis texte et un tamis image. Et le journal est régulièrement feuilleté collectivement sous ce prisme.

Tamis image de la Voix du Nord

 

Est-ce que je peux mettre une femme à la place d’un homme sans dénaturer l’information ?

C’est le type même de photos « générales » sans interlocuteur particulier, photos d’illustration encore trop souvent majoritairement « masculines ».

Nous distinguons ainsi les interlocuteurs « acteurs » (ceux qui ne sont pas interchangeables mais sont imposés par le sujet : comme le ou la maire d’une commune, le directeur/la directrice d’association, le ou la gérant(e) d’entreprise…). Des « témoins », ceux qu’on choisit d’interroger pour avoir leur avis (micro-trottoir le plus souvent).

Est-ce que je véhicule une image stéréotypée/sexiste des femmes à travers cette photo/ vidéo/ illustration ?

Exemple type : les photos au télétravail. Les hommes sont bien installés à un bureau ou sur la table de la salle à manger avec plein de dossiers autour de lui. Les femmes sont installées dans le salon, dans la cuisine en train de préparer le repas en même temps ou, si elle est à son bureau, il y a des jouets pour montrer qu’elle est mère de famille aussi. Ce qui n’est jamais fait pour un homme.

Est-ce que je représenterais un homme de la même façon ?

Est-ce que la photo est posée ? Et comment l’est-elle le cas échéant ?

Est-ce que ça a un sens que ce soit une femme/ un homme sur cette photo ?

Dans le choix de la photo a-t-on privilégié un homme ou une femme à bon escient.

Cette femme est-elle choisie/ écartée sur des critères physiques ?

Lors de reportages avec plusieurs interlocuteurs, lesquels ont été retenus pour les photos alors que dans le texte, c’est parfois un ou une autre qui témoigne le plus.

Journalistes, le changement de regard sur le sexisme doit commencer chez chacun d’entre nous. Nous devons toutes et tous apprendre à débusquer les stéréotypes de genre pour ne plus en être les relais.