Revigorantes 48h de la pige : notre récit !

Liberté. Légalité. Solidarité. La devise de la 11è édition des 48h de la pige, les 16 et 17 juin à Nantes, a donné le ton à cet événement national, organisé par l’association Profession : Pigiste, et dont la CFDT-Journalistes était partenaire.

200 pigistes venus de toute la France s’informer sur leurs droits, se ressourcer au contact de ceux qui vivent la même réalité professionnelle, partager leurs grands bonheurs de pouvoir pratiquer le journalisme tel qu’ils l’aiment, mais aussi leurs galères, combats et astuces.

Nous, CFDT-Journalistes, y tenions un stand. Ainsi nous avons pu répondre aux questions de pigistes confrontés à des baisses subites de tarifs, à la difficulté d’obtenir l’indemnisation d’un arrêt de travail, ou encore au paiement en facture ou droits d’auteur. Quelle joie de les sentir déterminés à faire valoir leurs droits, conscients des chemins ouverts par le syndicalisme, et de parler adhésion à la CFDT !

Nos jeux de vacances pour réviser ses droits

Nous avons pu y diffuser notre magazine Profession journaliste, tour d’horizon de nos revendications pour la profession, nos « Jeux de vacances de la pige », une série d’exercices pour réviser ses droits sur un mode ludique, du calcul savant de mathématiques pour savoir dans quel cas obtenir la carte de presse à la vérification de son bulletin de paie, ou encore nos éventails, fort appréciés sous la canicule !

Prendre le pouls des énergies et préoccupations

Quelle chance aussi de pouvoir saisir à leur contact leurs envies de journalisme, écologique, féministe, d’investigation… et de feuilleter quelques-uns de leurs livres, sur le stand dédié aux livres d’enquête écrits par des pigistes.

Les jeunes étaient nombreux, dont certains tout juste sortants de formation, ce qui est bon signe : ils n’attendent plus d’être confrontés aux difficultés mais se préparent à riposter.

Autre bon signe : la présence d’une DRH, celle de Mediapart, venue se former pendant deux jours, ainsi que de la nouvelle chargée des pigistes dans ce média, un poste récemment créé ! Qu’on se le dise !

La pige choisie pour pratiquer un journalisme soumis à moins de pressions

Mais, aussi, tendance notable : ils ne sont pas rares à avoir récemment choisi la pige pour gagner en liberté après une expérience en rédaction jugée harassante, en proie à un management violent, et où certains ont frôlé le burn-out. Ils trouvent ou pensent trouver dans la pige une façon de travailler plus équilibrée, quitte à gagner moins bien leur vie.

Ils sont tous lucides sur la précarité, le manque de reconnaissance, la difficulté à fidéliser les collaborations à la pige. Mais ils savent aussi pouvoir y prendre le temps de travailler correctement, sur des sujets qu’ils jugent importants, ce qui n’a pas de prix pour certains, à l’heure d’une profession de plus en plus sous contrainte. Certains aussi y trouvent un moyen d’entrer dans la profession sur le tard, après un premier métier.

A tous, nous adressons nos chaleureux encouragements !

Soyez fiers de vous et tenez bon !

Le témoignage des combats menés par la CFDT

Lors de la plénière “Des combats syndicaux, des victoires collectives”, notre militante Elise Descamps, secrétaire générale adjointe de la CFDT-Journalistes et pigiste en région, ainsi  que les représentants SNJ-CGT et SNJ-Solidaires, ont raconté comment nous avons, en intersyndicale, obtenu de grandes avancées depuis deux ans : l’abaissement du seuil d’ouverture des droits des pigistes aux arrêts maladie et maternité, le chômage partiel ou encore l’aide sociale Covid pour les pigistes ayant perdu des piges pendant la crise.

 

Lire aussi toutes nos actions menées pendant la crise, et notamment notre tableau récap des droits, notre calculatrice d’indemnité d’activité partielle, nos positions sur la grande commande photo

La voix singulière de la CFDT

Nous avons pu faire entendre notre petite musique : pourquoi nous avons été les seuls à ne pas signer la NAO de la presse spécialisée, pourquoi nous demandons de réaffecter les 10M€ d’aide sociale non attribuée à un plan de lutte contre le travail illégal, et comment parfois, faire partie d’un syndicat non corporatiste fait la différence, quand il s’agit de s’appuyer sur des militants non journalistes pour trouver le contact qui fera la différence dans telle administration.

Nous avons aussi rendu hommage à tous les représentants du personnel et délégués syndicaux en entreprise qui mènent un travail souvent ingrat et encouragé les pigistes à s’engager eux aussi pour affiner la connaissance de leurs problématiques et changer leur condition.

Nous n’avons pas vendu du rêve : le syndicalisme, ce sont des combats longs, fastidieux, qui aboutissent rarement à la victoire totale espérée, et chaque jour nos militants se demandent ce qui est juste et acceptable. Mais nous avons témoigné de notre travail honnête, sérieux, précis et pugnace au quotidien.

Obtenir sa carte de presse

Co-animateur de l’atelier « Obtenir la carte de presse », aux côtés d’un élu SNJ à la CCIJP, notre militant Yoann Labroux-Satabin, élu titulaire à la CCIJP, a expliqué les subtilités des critères d’attribution, afin que les entrants dans la profession ou ceux passant par des creux de la vague optimisent leurs chances de l’obtenir, en ayant toutes les clés en main. Le mot d’ordre : expliquer sa situation !

Exercez-vous avec notre jeux de vacances de maths ! et vérifiez votre réponse

A l’atelier « Podcast : connaître et faire respecter ses droits » nous avons mesuré le chemin restant à parcourir pour que ce secteur respecte les droits des pigistes et de tous les journalistes, souvent pas rémunérés comme tels.

 

Piger depuis l’étranger

A l’atelier « Piger depuis l’étranger », reposant sur les témoignages passionnants de Elodie Auffray (ex correspondante en Tunisie pour Libération, Le Temps, l’Express, Tour Hebdo) et Justine Fontaine (de retour du Chili), nous avons aussi pu apporter notre expertise sur les droits sociaux de ces pigistes dans l’angle mort de la protection sociale, expliquer pourquoi nous demandons une modification du code de la Sécurité sociale pour qu’ils puissent officiellement légalement cotiser en France, ou encore les inciter à demander une fiche de paie pour leurs missions de fixing, notamment pour que cela les aide à obtenir la carte de presse, comme nous le revendiquions lors des élections carte de presse.

Un sujet qui nous tient particulièrement à cœur, et sur lequel nous nous mobilisons depuis des années (relire notre enquête de 2019 notamment).

Nous avons, évidemment, eu une pensée spéciale pour Frédéric Leclerc-Imhoff, pigiste de BFM-TV tué en Ukraine, et Olivier Dubois, pigiste au Mali retenu en otage là-bas depuis 14 mois.

Hier, aujourd’hui, demain, la CFDT-Journalistes plus que jamais aux côtés et du côté des pigistes ! 

MILLE MERCI A PROFESSION PIGISTE D’ETRE CE PRECIEUX FEDERATEUR DES PIGISTES !

NAO décevante à Bayard : débrayage flash !

Sept minutes de rassemblement pour 7% d’inflation attendue avant la fin de l’été. Ce fut un succès hier, mardi 7 juin, à Bayard Presse, au débrayage flash lancé par l’intersyndicale. Près de 160 salariés sont descendus juste après la pause déjeuner protester contre la dernière proposition de la direction en NAO (négociation annuelle obligatoire, c’est-à-dire les hausse collectives des salaires). Les applaudissements étaient nourris pour encourager les syndicats à ne pas signer si la NAO restait ainsi bloquée.
Dernière proposition de la direction : 50€ pour les salaires jusqu’à 3 000€; 35€ jusqu’à 4 000€. Rien au-delà. Or 7 % d’augmentation (l’inflation attendue) pour un salaire brut de 2 000 €, cela fait 140 € brut d’augmentation. Pour un salaire brut de 3 000€, cela fait 210€.  On est loin du compte. https://wordpress.com/view/cfdtbayard.wordpress.com.
L’autre actu à Bayard, ce sont les élections CSE dont le scrutin ouvre ce jeudi 9 juin. 
La liste des candidats :
Ecoutez des témoignages d’élus sortants sur la playlist Soundcloud de la section : https://soundcloud.com/cfdtbayard/sets/elections-cse-bayard-2022-temoignages-d-elus
https://soundcloud.com/cfdtbayard/fred-thiollier?in=cfdtbayard/sets/elections-cse-bayard-2022-temoignages-d-elus&utm_source=clipboard&utm_medium=text&utm_campaign=social_sharing

Jusqu’au 15 juillet, pigistes et CDD ayant subi la crise en 2021 doivent demander l’aide sociale !

Le 16 mai a ouvert la plateforme en ligne du ministère de la Culture dédiée à recueillir jusqu’au 15 juillet les dossiers de demande d’aide sociale des pigistes ET journalistes en CDD ayant subi des baisses de revenus entre 2019 (année de référence avant Covid) et 2021 (année Covid). L’année 2020, elle, a déjà été traitée.

FAITES PASSER LE MESSAGE, C’EST IMPORTANT !

Il y a 14,5M€ à distribuer. Pour l’année 2020 il y avait autant mais seuls 3,8M€ ont été attribués non seulement car il y a des critères restrictifs mais aussi car trop peu de pigistes l’ont demandé. Le problème classique de non recours aux droits. La population des pigistes/CDD s’y prête particulièrement car très éclatée, isolée, peu syndiquée, et il n’existe pas de fichier national des pigistes. Au final seuls 935 pigistes ont reçu cette aide. Pourtant, cela valait la peine : 4000 euros d’aide par personne en moyenne puis 3200 pour la séance de rattrapage.

 

Nous vous invitons donc à étudier si vous faites partie des personnes éligibles et à déposer votre dossier. En cas de doute sur votre éligibilité nous vous encourageons à déposer de toute façon votre demande.

Vous n’êtes ni pigiste ni en CDD ? Nous vous invitons à faire connaitre ce dispositif autour de vous !

Les critères sont (entre autres, voir tous les critères en ligne  https://aide-pigistes-covid.fr)

  • Au moins 5 bulletins de paie en 2019, tous employeurs confondus
  • Au moins 3 000€ brut de piges ou de CDD en 2019 (en salaire, pas de facture d’autoentrepreneur ou de droits d’auteur), tous employeurs confondus. Les CDD ne sont pris en compte que s’ils ne constituent pas au cumulé un temps complet annuel (1607 heures).
  • Revenus de piges/CDD ayant baissé entre 2019 et 2020 (avis d’impôt faisant foi), tous employeurs confondus

Le dossier de demande est à compléter ici : https://portail.aide-pigistes-covid.fr/cp/272470-inRO85f4iUJSlkQjJAW8uORvFAF8GP

 

Pour toute demande d’info vous pouvez contacter le pôle pigistes CFDT national : pigistes@f3c.cfdt.fr

 

Pour rappel, cette aide sociale a été obtenue en 2021 suite aux revendications des organisations syndicales de journalistes face aux nombreux cas de journalistes précaires ayant été les premiers à être privés d’emploi quand la crise sanitaire a réduit les paginations, actus, budgets… et que les employeurs n’ont pas suffisamment joué le jeu du chômage partiel.

Lire notre présentation de ce dispositif

 

Pour rappel aussi, la CFDT-Journalistes demande que le solde de l’enveloppe dédiée à l’aide sociale pour l’année 2020, et non consommée (un peu plus de 10M€) soit réaffecté à un plan d’éradication de la précarité dans les médias sur la durée du quinquennat.

Lire notre revendication d’un plan à 10M€

Lire toute notre action menée auprès des précaires pendant la crise sanitaire

REPLAY des Assises – Précarité, reconnaissance, sécurité… : écoutez nos positions !

Revivez les Assises du journalismes, qui ont eu lieu du 9 au 13 mai à Tours, sous les lunettes CFDT 😉 !

 

Le 12 mai la CFDT-Journalistes intervenait lors de la table-ronde « les organisations professionnelles interpellent les politiques », pile entre les présidentielles et les législatives.

Un plan de lutte contre la précarité

Entrer à la CPPAP

Alourdir les peines pour violence volontaires

Revaloriser les salaires

Un statut pour les corres à l’étranger

 

La CFDT partenaire des 48h de la pige les 16 et 17 juin à Nantes

Depuis 2011, l’association Profession : Pigiste permet aux journalistes pigistes de toute la France de se retrouver, d’échanger et de partager leurs expériences lors d’une événement de deux jours dans une ville de France : les 48h de la pige. Cette année rendez-vous  les jeudi 16 et vendredi 17 juin à Nantes pour la 11e édition ! 

Le programme, la liste des intervenants et les infos pratiques sont ici !

Programme et inscriptions 48h 2022

Soutien financier aux adhérents CFDT

La CFDT-Journalistes

  • soutient financierement Profession Pigiste pour l’organisation des 48h
  • sera présente sur un stand
  • intervient lors d’une table ronde sur les combats syndicaux le vendredi matin
  • encourage les adhérents pigistes à s’y rendre, car c’est instructif, et sympa !
Nous participons à hauteur de 100 euros par personne et dans la limite de 10 participants pour la participation aux frais de train/hotel/repas/inscription (elle est payante), sur justificatifs (remboursement après l’événement).
Il faut écrire à pigistes@cfdt.fr en indiquant son numéro d’adhérent (ou en faisant une demande d’adhésion) et joignant le justif d’inscription aux 48h.
Dead line de la demande pour les 48h : 1er juin
A bientôt !

Le programme

Ce programme est soumis à d’éventuelles modifications.

JEUDI 16 JUIN

9h : accueil, café et inscriptions aux ateliers
10h : ouverture des 48H de la Pige 2022, par les co-présidentes de
Profession : Pigiste, Julie Lallouët-Geffroy et Sylvie Fagnart
10h30 : visite guidée et découverte de l’écosystème du Médiacampus

11h-12h30 : ateliers

Atelier 1 – Bien débuter à la pige
Connaître ses droits et les faire valoir sans se griller dans les rédactions, s’organiser pour éviter le burn out (prise de notes, carnet d’adresses, tableaux de suivi de piges et de paies), rompre l’isolement, etc. L’atelier super pratique, animé par Emilie Gillet.

Atelier 3 – Eviter le burn-out
Travailler sans s’épuiser, prendre en compte son bien être mental (ambiances de travail toxiques, pressions, isolement) comme sa santé physique, avec Olivier Coldefy, psychologue clinicien chez Thalys.

Atelier 5 – Comment écrire sans discriminer ?
Par manque de temps, de signes, de connaissances, ou par amour du bon jeu de mots, nous utilisons parfois des expressions maladroites quand elles ne sont pas carrément discriminantes. Au programme de cet atelier, des réflexions et des conseils pour éviter les clichés et représenter toute la société dans nos articles, animé par Hélaine Lefrançois.

Atelier 7 – Echanges d’expériences : nos ratés et nos bons coups
Les plus belles réussites, les “super coups” mais aussi les gros fails et les fois où “c’est pas passé loin”… un moment d’échange et de détente spécial “oh moi il m’est arrivé un truc dingue”, animé par Sylvie Fagnart.

Atelier 2 – Piger depuis l’étranger
Le fond et la forme : contacter les rédactions, les fidéliser et gérer plusieurs employeurs, mais aussi maîtriser la logistique : paye, assurance, assurance maladie, remboursement des frais, etc., avec Ariane Lavrilleux, ex correspondante en Egypte pour Europe 1, RTS, Radio Canada, Le Point, Mediapart, Jeune Afrique, et Justine Fontaine de retour du Chili.

Atelier 4 – Bourses, prix, concours : comment postuler et pourquoi ?
Monter un projet qui coche les critères de sélection et faire financer son reportage ou sa série de podcasts, un chemin semé d’embûches ( et de paperasse). Intervenant à venir.

Atelier 6 – Exploiter la data pour l’enquête avec les outils avancés de Google
Au delà de la recherche de premier niveau, Google a développé des outils adaptés pour les enquêtes au long cours et l’investigation, avec Emmanuel Bouvet, formateur aux outils numériques de Ouest Médialab et la Google News Initiative.

Atelier 8 – Protéger ses données et ses sources
Pour faire gaffe aux cookies, échanger de façon la plus sécurisée possible avec les rédacs et les sources ( Signal, Télégram, etc), savoir aussi éteindre son téléphone quand il le faut, animé par Antoine Champagne.

12h30-14h : déjeuner

14h-15h30 : ateliers

Atelier 9 – Podcast : connaître et faire respecter ses droits
Il y a les idées et la réalisation. Il y a aussi tout un secteur en train de se structurer où il faut réussir à se faire une place, animé par deux podcasteuses confirmées, Sarah-Lou Lepers et Adélie Pojzman-Pontay.

Atelier 11 – Sortir son écriture de ses zones de confort
Pour réveiller sa créativité en écriture, avec Pascal Perrat, auteur du best seller “Libérer son écriture et enrichir son style”, qui forme des générations d’élèves journalistes et bien d’autres grâce à ses atelier d’écriture créative

Atelier 13 – Mieux collaborer entre photographes et rédacteurs
Jamais l’image n’a été si importante qu’aujourd’hui. Pourtant, les photographes se trouvent régulièrement face à des difficultés à faire valoir leur travail. Deux générations de photographes pour parler de leur pratique, leurs débuts, du terrain et de l’avenir. Cet atelier, animé par Valentina Camu et Teresa Suarez, sera également l’occasion de rencontres entre photographes et rédacteurs et rédactrices, désireux de construire des collaborations.

Atelier 15 – Travailler sur des sujets traumatiques : échange d’expériences
Il n’y a pas que les zones de guerre et de conflit. Certains sujets sont lourds à porter : procès d’attentats terroristes ou de criminels, enquêtes sur les exilés et sur des situations de violences, etc. Enquêter en tentant de se préserver, un échange d’expériences animé par Sylvie Fagnart.

Atelier 10 – Les bases de l’administratif
Se repérer dans le jungle des organismes sociaux, mutuelle, prévoyance, Pôle emploi, CPF, etc. avec Marianne Chollet de Audiens, animé par Grégoire Souchay.

Atelier 12 – Décliner les angles pour revendre un même sujet
Comment vendre plusieurs fois une même enquête, en diversifiant les angles et donc les titres auxquels les proposer? Comment décliner entre presse écrite, radio, télé et web, à partir du même sujet ?  Un atelier animé par Eric Delon.

Atelier 14 – Se lancer dans l’éducation aux médias et à l’information
De plus en plus de journalistes sont sollicités pour animer des ateliers d’éducation aux médias et à l’information. Quelle posture adopter, en tant que journaliste intervenant? Comment créer ses outils? Un atelier tourné vers la pratique, animé par Martin Pierre.

Atelier 16 – Une plainte pour diffamation : comment faire face ?
Même si la rédaction est de facto aux côtés du journaliste, se retrouver devant la 17e chambre -celle des délits de presse- n’est jamais aisé. Autant essayer de l’éviter au moment de l’écriture, et, éventuellement, se préparer à faire face, un atelier animé par Clément Pouré.

15h30-16h : pause

16h-17h30 – Session plénière : “Liberté, légalité, solidarité” : vive la pige choisie !
Quels que soient leur implantation géographique, leurs sujets, leur expérience, ils et elles ont en commun d’aimer la vie de pigiste et ne reviendraient pour rien au monde en rédaction. Julie Lallouët-Geffroy, Thierry Butzbach, Thibault Dumas et Pauline Verduzier partageront leurs points de vue, dans une table ronde animée par Sonia Reyne.

18h : Visite culturelle de l’île de Nantes ou visite guidé de l’écosystème du Médiacampus.
19h : apéritif dînatoire au Médiacampus.


VENDREDI 17 JUIN

9h : accueil et café

9h30-11h – Table ronde : “Des combats syndicaux, des victoires collectives”
Les syndicats de journalistes font avancer nos droits. Au sujet du chômage partiel, les aides sociales, les indemnités journalières, les aides à la presse et l’auto entreprenariat, Baptiste Cessieux (SNJ-CGT), Elise Descamps (CFDT) et Myriam Guillemaud-Silenko (SNJ) échangeront, au cours d’une table ronde animée par Clément Pouré.

11h30-13h – 8 ateliers Rencontres/Tremplins de la Pige
Avec des rédacteurs et rédactrices en chef de PQR (Ouest-France), presse jeunesse (Milan presse), presse professionnelle agricole, médias d’investigation (Mediapart), de radio (France Culture), de presse scientifique(Epsiloon), et d’autres encore…

13h-14h30 : déjeuner

14h30-16h : ateliers

Atelier 1 – Se lancer dans l’écriture d’un livre
Comment faire un premier livre, seul ou à plusieurs, à chaud ou après une longue enquête, chez quel éditeur, savoir négocier ses droits et décrypter son contrat  … avec Salomé Viaud, éditrice au Seuil.

Atelier 3 – Enseigner le journalisme
A quels étudiants, dans quelles écoles, avec quelle légitimité, quelles interactions avec les autres enseignants, avec quel projet, quels exercices ? L’atelier, animé par Stéphane Rabut, permettra d’échanger sur nos pratiques, nos interrogations, nos projets lorsqu’on enseigne le journalisme.

Atelier 5 – Se procurer des documents administratifs : dans la jungle de la CADA
Dans les enquêtes sur les marchés publics, ou sur les personnalités politiques, se procurer des documents – garantis en accès libre – relève généralement du parcours du combattant, mais on y arrive. Un atelier animé par Stéphanie Fontaine.

Atelier 7 – Continuer à se former, avec l’AFDAS
Faire un bilan de sa situation professionnelle, faire reconnaître ses compétences et développer sa carrière, avec Laurent Gomez, chef de projet Appui-conseil carrières à la direction du développement et du réseau de l’Afdas.

Atelier 2 – Demander sa carte de presse (et la conserver !)
Après le bonheur de l’avoir “décrochée”, il faut encore la conserver ! Rester dans les “51%” quand on a une autre activité, et naviguer entre les entreprises qui ne connaissent pas la loi Cressard, celles qui tentent de payer en factures ou en DA. Déjouer les pièges et rester dans les clous, avec Catherine Lozac’h (présidente de la CCIJP) et Gilles Viellard.

Atelier 4 – En zone de tensions
L’Ukraine a suscité des vocations, mais travailler en zone de conflit ou de tension ne s’improvise pas. Se préparer, s’entraîner, se former aux premiers secours, avoir un équipement, s’assurer du soutien d’une rédac, trouver un fixeur, etc … avec Jacques Duplessy.

Atelier 6 – “La cause” et les conséquences
Travailler pour un média engagé signifie-t-il se voir collée définitivement une étiquette militante dans le dos ? Où est la ligne jaune ? Et d’ailleurs y en a-t-il une ?  Animé par Elsa Sabado.

Atelier 8 – Produire son podcast
L’intérêt pour les balado-diffusions ne se dément pas. Valider son idée, la valoriser, explorer les voies de financement : l’Onde porteuse, centre de formation en productions radiophoniques, animera cet atelier tourné vers les questions pratiques.

Barèmes de pige en presse spécialisée : ça ne décolle pas !

Les négociations des barèmes minimum salariaux des journalistes de presse spécialisées ont abouti à une maigre revalorisation des tarifs de pige. La jugeant largement insuffisante, la CFDT-Journalistes (F3C-CFDT) est le seul des syndicats représentatifs à ne pas avoir signé.

Les employeurs ont en effet refusé d’accéder à notre revendication d’un tarif au feuillet à 60 € brut (hors CP, 13e mois, ancienneté). Le prix reste en dessous de l’acceptable : 47,50 € bruts (au lieu de 43,20) pour une diffusion dans un titre de presse à 5000 exemplaires et moins ; 50 € bruts (au lieu de 46,25) pour une diffusion dans un titre de presse à plus de 5000 exemplaires et plus (hors ancienneté, CP et 13emois).

Pour gagner le SMIC, un pigiste d’un « petit » titre devrait produire 2400 signes par jour, tous les jours ouvrés d’un mois. Pour gagner 2500 € brut par mois, l’objectif à atteindre monte à 3600 signes par jour. Cela sans comptabiliser tout le travail de veille journalistique et administratif qui incombe au salarié journaliste non permanent (et qui ne fait l’objet d’aucune rémunération). A ce tarif, les pigistes travaillant à temps complet en presse spécialisée et à qui on applique les minima sont en réalité souvent sous le Smic.

Pour la CFDT Journalistes, utiliser la pige – travail sans référence horaire – pour contourner le SMIC horaire, n’est pas acceptable. Les pigistes sont des contributeurs essentiels aux titres de presse spécialisée. Ils sont plus de 1500 à collaborer avec celles-ci d’après les données Audiens, et nombre de titres présentent des contenus en très grande partie réalisés par eux.

Pour les mensualisés, les hausses de salaire ne font aussi que rattraper le SMIC (lire à ce sujet notre communiqué )

Conclusion : c’est bien insuffisant au regard du retard déjà enregistré sur la grille de la presse spécialisée… et de l’inflation (l’Insee annonce une augmentation de 4,8% des prix à la consommation d’avril 2021 à avril 2022). La CFDT Journalistes ne souhaite plus marchander et chicaner avec des employeurs qui maintiennent des niveaux de salaires aussi bas.

Nous prenons date pour la revoyure de rentrée en espérant un vrai coup de pouce pour l’ensemble des personnels de la presse spécialisée.

RAPPEL – Toutes les formes de presse n’ont pas de barème de piges, mais lorsque ces barèmes existent, ils entrent dans le champ des négociations et doivent eux aussi être revalorisés. La F3C CFDT réclame de longue date la mise en place de barèmes minimum dans la presse en ligne, qui n’en a pas encore. Les barèmes de pige peuvent heureusement être plus favorables en entreprise que les barèmes conventionnels et faire partie des NAO (négociations annuelles obligatoires) menées par les représentants syndicaux. Attention, tout tarif de pige doit être annoncé par l’employeur en brut, hors congés payés (+10%) et éventuellement 13e mois (+8,3 %, dès la 3è pige pour un même employeur) et ancienneté (+5 % après 5 ans de carte de presse, etc.). Tout paiement non salarié (en facture, en droits d’auteur, en honoraires de CLP) est illégal, de même que le CDDU.

Tarifs minimum au feuillet (presse écrite) :

PQN : 66,98 €
Presse magazine : 53,99 €
Agence de presse écrite : 52 €

Retrouvez tous les barèmes de pige ici :

https://cfdt-pigistes.fr/les-baremes- conventionnels-de-piges/

Pigistes, formez-vous !

Les pigistes ont trois possibilités pour se former :

  • le plan de développement des compétences de leurs employeurs (plus facile à obtenir quand la collaboration est très régulière)
  • le Compte personnel de formation (CPF) : il s’agit de formations visant une certification. Le CPF peut aussi servir à suivre un bilan de compétences. Tout commence par la création d’un compte sur moncompteformation.gouv.fr. Un salarié à temps plein acquiert 500 € par an (crédités sur le CPF au mois de mars de l’année suivante). La loi prévoit un calcul particulier pour tous les salariés (dont les pigistes) dont la rémunération ne dépend pas d’un horaire de travail. En clair, pour acquérir 500 €/an, il faut avoir gagné au moins 2 080 fois le montant horaire brut du SMIC (10,15 € en 2020) soit 21 112 €.
  • un fonds dédié aux pigistes au sein de l’AFDAS : réservé aux pigistes de la presse écrite, des agences de presse et de la presse en ligne, sous réserve d’avoir la carte de presse. Le montant maximum des formations financées s’élève à 4 000 €/an, et la demande doit concerner une des quatre filières prioritaires (journalisme, conception et réalisation numérique, image/lumière, ou tout domaine d’expertise dans le cadre du métier de journaliste (par exemple, un module de finances pour un.e journaliste économique). Les autres demandes sont étudiées au cas par cas.

Par ailleurs, depuis octobre 2021, les journalistes pigistes de presse écrite, agences de presse et presse en ligne qui souhaitent faire un bilan de leur situation profes- sionnelle peuvent bénéficier d’un « Appui-conseil carrières ». Cette prestation gratuite et personnalisée a été élaborée par les partenaires sociaux.

Pour entrer en contact avec un conseiller :Tél. 01 44 78 34 58/ e-mail : accpigistes@afdas.com

A NOTER – UNE ALLOCATION POUR COMPENSER LES JOURNÉES NON TRAVAILLÉES

Si votre formation est prise en charge par l’Afdas ou se fait
sur le plan de formation de l’entreprise, vous avez droit à une allocation de 10 €/heure pour les formations d’une durée supérieure à 14 heures (c’est-à- dire plus de 2 jours).

A partir de 3 jours, l’allocation de 10 €/heure démarre dès le 1er jour de formation.

« Notre priorité actuellement est de faire connaître aux pigistes leurs droits à la formation car la contribution conventionnelle est loin d’être utilisée en totalité. Il y a de l’argent, donc j’encourage tous les pigistes éligibles à se questionner sur leurs besoins et leurs envies », exhorte Violette Queuniet, représentante de la CFDT à la commission pigistes de l’AFDAS.

On a tous quelque chose à apprendre.

Vous savez déjà tout de l’écriture magazine ou du référencement web ? Vous montez sur votre smartphone les yeux fermés ? Vous pouvez encore ajouter des cordes à votre arc ! Et si vous avez peu de temps à consacrer à la formation, l’offre est cependant vaste entre 1 et 5 jours.

Vous pouvez consulter les sites des organismes de formation mais aussi celui de l’Afdas. Sur https://formations.afdas.com/@@training_search sélectionnez par exemple « offre de formation journalistes rémunérés à la pige ». De

« Protéger sa présence en ligne et ses sources » à apprendre à travailler les données avec « Excel et data mining pour les journalistes » en passant par l’usage des outils collaboratifs (comme Trello) qui pourront aussi vous servir dans votre vie associative ou votre collectif professionnel, il est certain que vous ne savez pas encore tout ! Vous pouvez même chercher à gagner plus ou libérer votre charge mentale avec «Mieux gérer son temps et ses priorités » ou encore simplement corriger quelques lacunes en anglais pour devenir un intervieweur hors pair par delà les frontières.

NOUVEAU ! Parmi les formations jugées prioritaires par l’AFDAS il y a celles sur la sécurité des journalistes. Ne pas hésiter, surtout pour eux qui envisagent de couvrir des conflits, des manifs, ou évoluent en terrains hostiles.

Carte de presse : conseils aux pigistes

Depuis les dernières élections à la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP), en décembre 2021, les représentants CFDT à la CCIJP sont :

Yoann Labroux-Satabin, journaliste pigiste, élu CSE à La Vie (Malesherbes Publications), membre du comité de groupe Le Monde, occupe le siège de titulaire au sein du collège journalistes de la commission de première instance. Il a aussi été élu secrétaire général de la Commission pour l’exercice 2022.

Frédérique Thiollier, journaliste secrétaire de rédaction, déléguée syndicale et secrétaire du CSE de Bayard Presse, occupe le siège de suppléante au sein de la même commission. Ils sont donc désormais vos interlocuteurs.

Yoann explique quel est leur rôle :

« En tant que commissaires, nous étudions toutes les premières demandes de carte, soumises à un double « visa » (patronal et journaliste) mais aussi les demandes de renouvellement qui nécessitent un examen approfondi. Pour ce dernier type de demande, tout avis réservé ou défavorable d’un commissaire renvoie automatiquement le dossier en commission plénière : un jeudi sur deux, l’ensemble des élus se réunissent pour débattre de ces cas « particuliers. » Interrogation sur les missions exercées, impact des revenus « hors presse », mode de rémunération… Le paritarisme et l’intersyndicale (parmi les titulaires, 5 élus SNJ, 2 élus SNJ-CGT, 1 élu CFDT) permettent de croiser les approches. La Commission nouvellement composée a l’avantage de compter sur plusieurs pigistes, au fait des situations particulières rencontrées par ces professionnels. »

LA CRISE SANITAIRE IMPACTE LES CALCULS

Certains journalistes ont perdu des revenus avec la crise. Comme la carte est attribuée en partie sur des critères de ressources, les élus CCIJP ont décidé depuis 2020 d’assouplir temporairement leurs conditions. Il faut normalement présenter plus de 50% de revenus issus de la presse (et en salaire) et que cette part dépasse 627 €. Depuis deux ans, si la moyenne est comprise entre 500 € et 627 €, le dossier est examiné avec attention. Si la moyenne est inférieure à 500€, l’activité exercée sur les derniers mois est regardée de près si elle est plus favorable au demandeur.

Pour les chômeurs indemnisés, une tolérance est également appliquée pour les titulaires de la carte demandeur d’emploi, jusqu’à la 3e année. Les élus CFDT ont également à cœur de maintenir parmi les cartés les journalistes les plus précaires qui continuent malgré tout à exercer la profession.

Par ailleurs l’aide sociale pigistes mise en place par le ministère de la Culture suite au Covid-19 est prise en compte par la CCIJP. Pour celles et ceux qui en auraient bénéficié et qui ont de faibles revenus presse, n’oubliez pas de la déclarer lors de l’envoi de votre dossier !

Pour contacter nos élus : ccijp@cfdt-journalistes.fr

LGBT : un combat aussi dans les médias !

Le 17 mai est la journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie pour commémorer la décision de l’OMS le 17 mai 1990 de ne plus considérer l’homosexualité comme une maladie mentale. Les progrès à obtenir sont encore nombreux.

La CFDT-Journalistes invite tous les journalistes et éditeurs à oeuvrer pour que le rejet de la différence disparaisse dans leurs entreprises.

La Confédération CFDT porte un combat résolu sur ces questions, et de nombreuses sections syndicales en entreprise s’impliquent très concrètement comme le décrivait CFDT-Magazine dans son numéro spécial d’octobre 2021 

 

Il existe une association portant des revendications dans la sphère des journalistes en particulier : l’AJL (Association des journalistes lesbiennes, gays, bi-e-s, trans et intersexes). La CFDT-Journalistes en est membre et soutient ses actions.

L’objectif de l’AJL est multiple :

  • améliorer le traitement par les médias des questions LGBTI, et/ou liées à l’identité de genre et l’orientation sexuelle, au genre, aux discriminations subies par les LGBTI liées au sexe et au genre
  • opérer une veille sur le traitement de ces sujets par les rédactions
  • les aider à traiter ces questions par des actions de sensibilisation, pédagogiques, et des interventions médiatiques
  • contribuer à la visibilité des personnes LGBTI dans l’espace public
  • aider les journalistes qui rencontreraient des discriminations liées leur identité de genre, leur orientation sexuelle, leur genre, au sein ou hors de leur rédaction.
Lire le KIT A L’USAGE DES REDACTIONS de l’AJL

 

Journalistes subissant des discriminations, ne restez pas seuls !

Dans nos rédactions, dans nos contenus, prenons soin de toutes nos différences !

Projet de PSE à Virgin radio et RFM : la contribution CFDT à l’étude d’impact de l’ARCOM

En octobre 2021, la direction de Virgin Radio et RFM (groupe Lagardère) annonçait projeter un PSE portant sur la fermeture de 30 de ses 71 stations en régions (26 Virgin Radio et 4 RFM), entrainant la suppression de 34 postes dont 32 de journalistes. Les élus CFDT se sont immédiatement mobilisés et actionné de nombreux leviers pour s’opposer à ce projet. 

« L’accord initial conclu entre le CSA (qui donne des fréquences) et le groupe Lagardère prévoyait que ces radios devaient programmer des informations de proximité. Ce qui serait moins le cas avec cette contraction des postes et des sites« , rappelle Laurent Lemaire, le délégué syndical CFDT.

Pour rappel, les sociétés Virgin Radio Régions et RFM Régions, contrôlées par le groupe Lagardère Active Broadcast (LAB), titulaires d’autorisations d’émettre en catégorie C pour l’exploitation de la plupart des services locaux affiliés à Virgin Radio et RFM, ont saisi l’Arcom (successeur de cette instance de régulation après sa fusion avec l’Hadopi) de demandes visant à procéder à une réorganisation de leurs implantations territoriales.

« Eu égard à la possibilité qu’un agrément de l’Autorité puisse modifier de façon importante les marchés en cause, l’Arcom a décidé, le 13 avril 2022, de publier une étude d’impact qui vise, dans le cadre de l’instruction des demandes formulées, à mesurer l’impact potentiel des différentes réorganisations territoriales envisagées au regard des critères de la loi du 30 septembre 1986.« , indique l’Arcom.

L’Arcom a remis fin avril son étude d’impact.

Lire l’étude d’impact de l’ARCOM

Jusqu’au 16 mai les « tiers intéressés » pouvaient déposer des contributions sur une adresse mail dédiée.

La CFDT-Journalistes, le SNME-CFDT (Syndicat national des médias et de l’écrit) et la F3C-CFT (Fédération communication conseil culture) ont envoyé leur contribution et la publient ci-après. 

Contribution CFDT-Journalistes, SNME-CFDT et F3C-CFDT

 Le 13 mai 2022

Jeudi 07 octobre 2021, la Direction de Virgin Radio et de RFM, appartenant au groupe Lagardère, a annoncé un projet de Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) portant sur la fermeture de 30 de ses 71 stations en régions (26 Virgin Radio et 4 RFM). En l’état ce PSE provoquerait la suppression de 34 postes : 30 journalistes et 4 animateurs.

 

Un projet en contradiction avec la jurisprudence et l’esprit de la loi.

 

Le groupe Lagardère souhaite conserver l’usage des fréquences allouées par l’Etat, mais uniquement pour y diffuser un programme régional, sans interventions locales, si ce n’est publicitaires. Ce nouveau plan de restructuration, le troisième en dix ans pour ces deux radios, nous semble contrevenir à la décision de la 8ème chambre de la Cour Administrative d’Appel de Paris, en date du 5 avril (référence 17PA00658) et du 24 mai 2018 (référence 16PA01757). Pour des demandes quasi-similaires, concernant parfois les mêmes stations, l’opérateur Lagardère s’était vu opposer une fin de non- recevoir, par le CSA puis la CAA, avant d’être débouté par le Conseil d’Etat.

 

Par ailleurs, ce projet s’il venait à se concrétiser remettrait en cause la philosophie du décret du 09 novembre de 1994 qui permet la commercialisation locale en contrepartie de la production de programmes d’intérêts locaux. Comme il est rappelé par l’ARCOM dans son étude d’impact (pages 53-54) : « … on relèvera que, contrairement à la plupart des radios concurrentes sur les différents marchés publicitaires locaux, les stations locales de Virgin Radio et RFM continueraient de percevoir des recettes issues de la diffusion de messages publicitaires locaux sans pour autant supporter les coûts liés à la production d’un programme dédié exclusivement à la zone (cf. infra). Une telle pratique n’est toutefois pas contraire, par principe, aux dispositions du décret du 9 novembre 1994 définissant les obligations relatives à l’accès à la publicité locale (cf. partie II.1.c.). Il n’en demeure pas moins que l’économie générale du décret consiste à subordonner la capacité à commercialiser des espaces publicitaires locaux à l’existence de contreparties en termes de contenu (diffuser un programme d’intérêt local) et de moyens (produit localement par des équipes du service de radio) dont il serait dommageable au pluralisme qu’ils ne comprennent pas d’information spécifique. »

 

Un projet qui épargne les véritables responsables.

 

Pour justifier son projet, la Direction des deux radios évoque une baisse globale de l’écoute des radios, spécifiquement des radios musicales concurrencées par les plateformes de streaming.

Il est vrai que l’audience globale de la radio tend à baisser depuis plusieurs années. Mais si tous les groupes sont concernés, ils ne le sont pas tous dans les mêmes proportions. Pour le groupe Lagardère, cette tendance baissière de l’audience radiophonique s’inscrit dans un contexte d’activités médiatiques déjà très dégradées. Quel autre groupe a, en l’espace de vingt ans, perdu un milliard d’euros dans une filiale « Sports », vendu sa participation à CANAL +, cédé ses chaines de télévision, bradé la quasi-totalité de ses titres de presse et se retrouve aujourd’hui sur le point d’être absorbé par l’un de ses concurrents ?

 

Pour évoquer spécifiquement l’activité radiophonique, au tournant des années 2010, Europe 1, France Inter et RTL, faisaient pratiquement jeu égal dans les sondages. Douze ans plus tard, l’audience de la première s’est effondrée de plus de 50 %, quand les deux autres ont conservé leur position de leader. Qui faut-il incriminer cette fois ? Twitter ? Médiapart ? Le Figaro.fr ?

Les autres opérateurs, et notamment le groupe NRJ, ne semblent pas connaitre les mêmes difficultés avec leurs radios musicales : pas de demandes récurrentes de fermetures de stations locales, positionnement offensif sur le DAB+, développement de produits numériques pour permettre une commercialisation dynamique sur les supports digitaux. Là encore, RFM et Virgin Radio se retrouvent avant tout victimes de la gouvernance erratique de leur propriétaire, accumulant les erreurs stratégiques (abandon du nom Europe 2 pour Virgin Radio, commercialisation catastrophique des deux radios musicales en région par Lagardère Métropole jusqu’à la liquidation de cette régie interne) et les changements incessants de dirigeants. Les plateformes de streaming ne sont pour rien dans l’appauvrissement des moyens humains et techniques de Virgin Radio et d’RFM décidé par le groupe Lagardère qui n’envisage ces deux radios que comme des contributrices aux dividendes versés à ses actionnaires et pas comme des entreprises à développer.

 

Un projet dangereux pour l’information de proximité.        

 

Nous voyons dans cette volonté de repli, une nouvelle erreur stratégique : dans un contexte de plus en plus mondialisé, la proximité ne doit pas être perçue comme une entrave mais au contraire comme un formidable facteur de développement. Journalistes et animateurs locaux sont des acteurs de développement des territoires. Or les organes d’information ne sont pas si abondants en région, qu’il faille encore vouloir en réduire le nombre. Les crises météorologiques de plus en plus fréquentes soulignent régulièrement l’importance des radios de proximité : elles sont les premières à réagir en cas d’alerte grave et souvent les dernières à pouvoir matériellement informer les citoyens quand les autres médias sont tributaires de l’état des réseaux électriques ou de délais d’impression : sur piles, sur batteries, dans une voiture, les radios continuent de relayer de façon quasi-instantanée, et contrairement à internet sans risquer de les déformer, les messages des autorités.

 

Hors de ces périodes de crise, ces stations locales ont d’autres arguments à faire valoir : elles sont un relais essentiel des activités d’une ville ou d’une agglomération : pourquoi se battre pour développer des savoirs faire, dès lors que l’on décide de se priver des acteurs qui œuvrent en faveur du « faire savoir » ? Associations, élus locaux, administrations, artistes ou commerçants trouvent au quotidien sur ces antennes des interlocuteurs pour traiter leurs actualités. Qu’en sera-t-il demain ?

Dans un univers où l’on s’inquiète à juste titre des approximations, voire des contre-vérités, véhiculées par certains réseaux ou relais médiatiques, n’est-il pas dangereux d’éloigner les journalistes des territoires qu’ils sont censés couvrir ? A moins, bien sûr, d’entériner le pillage en règle des sites web de la PQR.

 

Dans ses lettres de demande envoyées au CSA, la Direction des deux radios évoque, dans chaque zone où des postes seraient supprimés, l’instauration d’une information « locale régionalisée ». Une promesse innovante sans doute, ambitieuse c’est certain, mais surtout impossible à honorer dans les conditions définies par le PSE ! Auditionnés par le CSE central, les rédacteurs en chef des deux radios, les plus qualifiés pour s’exprimer pertinemment sur le sujet, se sont exprimés sans ambiguïté. Celui d’RFM a qualifié le projet de « cote mal taillée » et évoqué « une dégradation du service proposé actuellement ». Son homologue de Virgin Radio, a quant à elle levé toute ambiguïté : « C’est le flash de Brest qui sera diffusé à Quimper, Lorient, Vannes et Morlaix ». On ne peut mieux résumer le futur de l’information locale sur ces deux radios. D’autant que dans les livres 1 et 2 du projet de PSE, remis aux élus du CSE Central, la Direction explique que, dans chacune des zones concernées, le journaliste restant en poste assurerait ces flashs « sans évolution de sa charge de travail ». Là encore, pour poursuivre avec l’exemple breton, comment le journaliste de Virgin Radio Brest pourra-t-il recueillir, sélectionner, contextualiser et enfin hiérarchiser les informations émanant de cinq agglomérations « sans évolution de sa charge de travail » ? Cette évolution du programme d’intérêt local, si elle était validée, loin d’être un remède, représenterait une nouvelle menace pour l’audience et donc la viabilité de ces stations locales. En effet, les auditeurs seraient non seulement privés d’informations véritablement locales, mais ils devraient écouter celles concernant une autre ville parfois de leur région, parfois d’une autre région. Fort d’une telle stratégie, on peut sans se tromper prédire que dans deux ans, le groupe Lagardère reviendra vers l’Arcom pour demander de nouveaux aménagements de ses conventions.

 

Un projet qui travestit la réalité économique.

 

Sur le plan économique, la pseudo fragilité financière des sociétés des régions Virgin Radio et RFM est uniquement due au fait que le chiffre d’affaires de la publicité nationale, qui représente 90 % des revenus des deux radios, est concentré sur les sociétés « têtes de réseaux ». Les sociétés des régions supportent l’intégralité des coûts de diffusion des programmes d’une journée. En revanche, elles ne reçoivent aucun pourcentage du chiffre d’affaires de la publicité nationale. Leurs déficits sont donc structurels et non conjoncturels. Ils correspondent à une présentation factice de la situation économique de ces deux radios. De ce point de vue, le CSA précédemment, l’ARCOM aujourd’hui, ont toujours reconnu pour les radios de catégorie C « l’adossement » des sociétés des régions à leurs têtes de réseaux parisiennes. Sinon, cela reviendrait à expliquer qu’une autorité de régulation, le CSA, a confié en toute connaissance de cause la gestion de fréquences locales à des sociétés déficitaires, puisque le « déficit » de ses sociétés est organisé depuis de nombreuses années.

 

Par ailleurs, il semble important de rappeler qu’en 2020, malgré un environnement économique mondial dégradé par la crise sanitaire, Virgin Radio et RFM sont parvenues à faire remonter au groupe Lagardère 3,5 millions d’euros de dividendes. Les années précédentes, l’apport s’appréciait plutôt aux alentours de 5 millions d’euros. Dans ses échanges avec les élus du CSE central, la Direction des deux radios a indiqué que les licenciements des 34 salariés permettraient d’économiser environ 1,5 million d’euros. Si l’on additionne la performance 2020 et le bénéfice du PSE, on retrouve donc le montant habituel de contribution des deux radios musicales au groupe Lagardère. La motivation de ce PSE n’est donc pas de répondre à une problématique d’entreprise mais uniquement de maintenir les dividendes des actionnaires du groupe. Par ailleurs, comme il est bien stipulé dans l’étude d’impact de l’ARCOM, ces deux radios dépendent d’une société mère, Lagardère Active Broadcast, basée à Monaco, dont la trésorerie nette affichait, en 2019, 571 millions d’euros et en 2020, 622 millions d’euros !

 

Un projet à repousser.

 

Si l’ARCOM validait tout ou partie des demandes du groupe Lagardère, cela reviendrait à remettre en cause l’existence même de la Catégorie C. Comment imaginer que les autres groupes radiophoniques maintiendraient des postes de journalistes, voire d’animateurs, si l’on permettait à l’un des opérateurs de commercialiser sans remplir les obligations qu’il a lui-même acceptées par convention ? Le risque de contagion est grand. Dans ce domaine, comme dans d’autres, l’instauration de gestes barrières s’impose.

 

 

Le SNME-CFDT, la F3C-CFDT et la CFDT-Journalistes estiment que le projet de PSE est à la fois injustifié d’un point de vue comptable, ne respecte pas la loi et constituerait un précédent susceptible d’entrainer des dommages irréversibles au sein du paysage radiophonique. Ce ne sont pas seulement des emplois qu’il faut sauver, mais un modèle dont la France peut s’enorgueillir.

 

Télécharger la contribution CFDT

 

Revoir la vidéo réalisée en octobre 2021 : 

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