Groupe Ebra : des titres et des journalistes !

Les délégués d’Ebra ont assisté, stupéfaits, à une « grand messe » de leur direction sur les « marques » et l’avenir du groupe… Et sans surprise, on s’aperçoit que l’analyse qu’ils proposent de cette réunion pourrait s’appliquer à la lettre à nombreux autres titres de la PQR-PQD et PHR…

C’est une petite musique de fond qui se répète, et se répète telle une rengaine, depuis que le groupe   EBRA s’est installé. C’est devenu un son et lumière lors du webinaire du groupe organisé le 6 octobre 2022 : l’avènement des marques du groupe EBRA !

Le plus ancien des journaux du groupe EBRA est né en 1859, certains sont parus pour la première fois avant la Première Guerre mondiale, les plus jeunes au tournant du XXIe siècle. Et durant tout ce temps, ces titres ont existé par le travail des préparateurs et des conducteurs de rotatives, des techniciens d’entretien général, des correcteurs… et des journalistes, qu’ils soient rédacteurs, reporters, secrétaires de rédaction ou photographes.

Et puis le mastodonte Crédit Mutuel est arrivé. Et le groupe EBRA est né. Exit les titres, oubliés les journalistes, décrié le papier. “Digital first” est devenu le leitmotiv d’un groupe affirmant : “Des marques propriétaires puissantes et une audience unique dans la presse quotidienne régionale” (à lire sur le site ebra.fr).

Certes, le numérique facilite, mais il n’implique pas l’oubli des fondamentaux…

Depuis EBRA, les titres sont des marques, les journalistes rédacteurs sont “producteurs de contenus (print ou web)”, les photographes “producteurs d’images”, les secrétaires de rédaction “éditeurs (print ou web)”. Même le plus radical des anciens propriétaires d’une partie des titres composant EBRA, Robert Hersant (qui caressait pourtant le rêve de faire un journal sans journalistes…) ne s’est jamais affranchi de ces notions de titres et de journalistes !

Dans le vocabulaire EBRA, il n’y a plus de journalistes, pas plus qu’il n’y a de titres.

Lors du dernier grand raout du 6 octobre, on n’a pas mentionné une seule fois ce qui fait l’essence de nos métiers : la ligne rédactionnelle, le contenu, l’angle, la recherche de l’information au bénéfice du citoyen et de la démocratie.

Chez EBRA, on n’est plus un titre mais une marque. On n’écrit plus, on produit. On ne met plus en page, on édite. On ne propose plus aux lecteurs des informations vérifiées et des articles rédigés et hiérarchisés grâce à un savoir-faire reconnu, on vend un objet de papier et un divertissement en ligne.

Aujourd’hui, une double question se pose aux délégués syndicaux CFDT EBRA quant à l’avenir des journaux du groupe, mais aussi des salariés qui les alimentent :

  • A quel moment les titres deviendront-ils des “pure players” commerciaux ?
  • Et ce faisant, à quelle date les salariés enquêtant, écrivant et illustrant pour ces “marques” sortiront-ils de la Convention collective des journalistes ?…

Paris, le 14 octobre 2022

Le « tri » des journalistes à la cour d’assises du Bas-Rhin provoque la colère de l’Association de la presse judiciaire

Dans un communiqué du 3 octobre 2022, l’Association de la presse judiciaire dit sa « stupéfaction » après la décision du président de la cour d’assises du Bas-Rhin de « faire le tri » entre les journalistes : « Prononçant un huis-clos partiel, le président a accédé à la demande des avocats des parties civiles qui réclamaient la présence d’un seul journaliste, qu’ils avaient eux-mêmes choisi.  Au-delà de la représentation que se font ces auxiliaires de justice et ce magistrat de la liberté de la presse et de l’exercice de la démocratie dans nos salles d’audience, il convient de souligner la totale illégalité d’un tel procédé qui contrevient au principe de publicité de la justice contenu à l’article 6-1 de la convention européenne des droits de l’Homme, ainsi qu’aux articles 306 à 306-8 du code de procédure pénale français. »

L’APJ a exigé que la situation rentre immédiatement dans l’ordre, estimant que le huis clos, s’il veut en être un, doit concerner tous les journalistes présents ou aucun d’entre eux.

CFDT Journalistes soutient cette position de l’APJ et s’inquiète à son tour de cette pratique. En tous lieux et toutes circonstances, les journalistes doivent pouvoir exercer leur travail sans entrave et n’ont pas à être « choisis ».

Pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique : CFDT journalistes signataire de la charte

La CFDT-Journalistes est signature de la Charte pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique portée par de nombreux confrères, médias et associations professionnelles.

Pour CFDT-Journaliste, cette signature était évidente. Membre de la Fédération F3C à la pointe des préoccupations écologiques à travers notamment son dispositif des Sentinelles Vertes, dont l’objectif est de créer dans les entreprises un réseau d’experts sur les questions de développement durable, notre union fédérale estime que l’écologie est un sujet qui mérite un traitement particulier et rigoureux, pour la meilleure information du public.

A lire aussi : Les “sentinelles” vertes de la F3C

La charte impose à ses signataires à traiter le climat, le vivant et la justice sociale de manière transversale ; faire œuvre de pédagogie ; s’interroger sur le lexique et les images utilisées ou encore élargir le traitement des enjeux. Elle évoque aussi la formation des journalistes et insiste sur la nécessaire indépendance des rédactions. Tout en invitant chacun à s’interroger sur ses pratiques afin de proposer un « journalisme bas carbone ».

Faire de l’éducation aux médias et à l’information une grande cause nationale

Face à la déferlante de fausses informations et dans une adresse au Président de la République, les acteurs de l’éducation aux médias et à l’information, dont CFDT-Journalistes, signataire de l’appel,  tirent la sonnette d’alarme : il est urgent de mettre en place une véritable politique publique dans ce domaine et de donner aux acteurs de terrain les moyens d’agir enfin de manière concrète, coordonnée et efficace.

 

Monsieur le Président,

Le 24 avril, dès les premières minutes de votre réélection, vous avez choisi de traverser la foule entouré d’enfants, envoyant à tous vos concitoyens un message fort : votre nouveau quinquennat sera celui de la jeunesse. Cette jeunesse, vous voulez lui offrir un “monde meilleur” et “mieux la protéger”, dans une société de plus en plus fragmentée.

Mais cette jeunesse, qui devra affronter l’immense défi climatique et redonner un nouveau souffle à notre démocratie vieillissante, se trouve aujourd’hui désarmée face à un flot continu d’informations, de posts et de messages, dont elle peine à évaluer la fiabilité et la pertinence. Tous les jeunes Français ne disposent pas des outils pour se forger une opinion de manière éclairée et saine, ils sont entraînés dans des spirales dangereuses, pouvant mener à l’isolement et à la radicalisation.

Ce fléau touche toute la société : aucune classe sociale, aucune classe d’âge n’est épargnée. Aujourd’hui, un Français sur trois souscrit à une théorie conspirationniste. Les croyances prennent le pas sur la rationalité. Nombreux sont nos concitoyens qui s’éloignent de la médecine et de la science. La confiance dans les médias et les institutions est au plus bas, ce qui met directement en danger notre démocratie.

Nous, journalistes, éducateurs, enseignants, chercheurs, formateurs, vulgarisateurs, agissant sur le terrain, côtoyons tous les jours des publics en désarroi. Et nous sommes extrêmement inquiets.

A l’école, des millions d’élèves quittent leur établissement sans avoir acquis les compétences indispensables à l’exercice de leur citoyenneté à l’ère numérique. Les enseignants ne bénéficient pas tous de la formation adéquate pour éveiller l’esprit critique des élèves. Souvent, l’éducation aux médias et à l’information, inscrite dans les programmes mais sans heures dédiées, relève de seules initiatives individuelles. Le manque de moyens et de ressources qui lui sont alloués est criant.

Hors l’école, malgré l’investissement de certains ministères, le soutien aux acteurs de terrain reste irrégulier et incomplet. Des dizaines d’associations, de lieux de savoir et de culture, d’entreprises et de citoyens engagés se battent pour défendre la qualité de l’information et aiguiser l’esprit critique des Français. Mais cet engagement est réparti de manière inégale sur le territoire, au point que la fracture informationnelle vient aujourd’hui aggraver les fractures sociales et économiques existantes.

M. le Président, la défaillance de l’Etat sur le sujet a un coût : les plateformes, en grande partie responsables du problème, s’engouffrent dans ce créneau, au détriment de l’indépendance et de la pluralité médiatique, sans autre garantie de qualité que leurs propres critères.

Nous, acteurs et artisans de l’éducation aux médias et à l’information au quotidien, formons aujourd’hui une coalition riche, diverse et inclusive. Nous voulons construire ensemble une action coordonnée et réellement efficace sur l’ensemble du territoire.

Monsieur le Président, la situation exige d’élever l’éducation aux médias et à l’information au rang de grande cause nationale.

Pour que cela se traduise concrètement, nous vous demandons de créer sans délai un “fonds éducation aux médias et à l’information”. Ce fonds pourrait être financé par l’Etat et par une fraction de la taxe sur les entreprises numériques. Il permettrait de soutenir les acteurs de terrain, en relation directe avec les pouvoirs publics et les élus, à l’échelle nationale et locale.

La mise en place d’une véritable politique de l’éducation aux médias et à l’information ne pourra se faire qu’à ce prix. Cet investissement constitue une formidable opportunité pour la France. Un immense espoir pour cette jeunesse qui nous tient tant à cœur. Ensemble, nous placerons la France à la pointe de la lutte contre la désinformation et la manipulation en ligne et nous façonnerons une véritable citoyenneté à l’ère numérique, partout et pour tous.

M. le Président, la France a la chance de compter d’innombrables acteurs de terrain mobilisés pour faire de notre pays une nation éclairée et ressoudée. Il faut que la volonté politique soit au rendez-vous. Le défi est immense.

Etes-vous prêt à le relever ?

Si vous souhaitez soutenir cet appel : c’est ici

 

Mobilisation le 28 juin pour la défense de l’audiovisuel public

A l’appel de l’intersyndicale CFDT, CGT, FO et SNJ, l’ensemble des salariés de l’audiovisuel public sont invités à cesser le travail à partir du 28 juin 2022 à minuit pour de 24 heures afin de « sauver l’audiovisuel public ».

La suppression de la redevance, « seul mode de financement pérenne garantissant l’indépendance de l’audiovisuel public » selon les syndicats, fait planer sur ce secteur des menaces sérieuses : privatisation de France 2, fusions France 3 / France Bleu, filialisation de La Fabrique, fusions suivies de licenciements sont ainsi parmi les hypothèses sur la table, menaçant la diversité culturelle et le pluralisme dans notre pays.

L’enjeu est considérable et « la perspective du démantèlement au profit d’un secteur privé où règnerait les milliardaires des médias est insupportable (…) Les Citoyens n’ont jamais autant eu besoin d’une information indépendante et pluraliste avec des contenus qui échappent à la mainmise des plateformes mondialisées (…) Supprimer la redevance, ressource affectée, c’est précariser et paupériser l’audiovisuel public en le basculant sur le budget général de l’Etat en simple supplétif du secteur privé. »

Pour la mise en place d’une taxe universelle

Les syndicats revendiquent la mise en place d’une taxe universelle affectée à l’audiovisuel public inspirée du modèle Allemand et dont le rendement serait au moins équivalent au montant actuel de la redevance ; une indexation de cette taxe sur l’inflation assortie d’un plan pluriannuel d’évolution sur cinq ans via un Contrat d’objectifs et de moyens ; des orientations stratégiques permettant au service public de se développer plus amplement encore sur le numérique ; et un financement pour lutter contre les fake news et défendre un journalisme exigeant et indépendant, afin de protéger notre modèle démocratique.

La grève du 28 juin sera accompagnée d’un rassemblement à Paris.

Inaction de l’Arcom face à Bolloré : RSF saisit le Conseil d’Etat

Pour dénoncer « l’inaction de l’Arcom face aux manquements de CNews à ses obligations », Reporters sans frontières – association dont la CFDT-Journalistes est adhérente – annonce saisir le Conseil d’État.

Avec cette saisine, RSF souhaite que le Conseil d’État saisisse le Conseil constitutionnel pour une QPC (Question préalable de constitutionnalité) sur la conformité de la loi de 1986 sur l’audiovisuel à la Constitution… Explications.

« Les pratiques de l’homme d’affaires Vincent Bolloré dans le secteur des médias créent un précédent dangereux pour la démocratie, par sa conception d’un journalisme aux ordres et d’une télévision d’opinion », estime RSF qui constate « le refus de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle (Arcom) d’agir contre les manquements de CNews ». Et de développer : « Dès novembre 2021, RSF avait formellement demandé au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) – devenu l’Arcom en janvier 2022 – de mettre en demeure CNews de respecter ses obligations légales. Dans un courrier du 5 avril 2022, l’Arcom reste silencieuse sur des éléments majeurs de la demande, en particulier sur l’ingérence de l’actionnaire de CNews, et tend même à justifier son inaction en renvoyant à la loi de 1986. L’Arcom ne donne pas de contenu véritable aux obligations d’indépendance, de pluralisme et d’honnêteté de l’information dont elle est garante. Elle n’a pas développé de critères précis à ces dispositions prévues dans les conventions avec les chaînes de télévision et ne se donne pas les moyens de le faire. Ces principes ressemblent à des incantations voire à des vœux pieux. »

Un manque de pluralisme mesuré

Pourtant, pour le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, « l’Arcom a un rôle éminent à jouer pour la préservation de la liberté de communication, y compris face aux demandes incessantes de censure de tel ou tel (…) Mais la loi lui impose aussi de garantir l’indépendance, le pluralisme et l’honnêteté de l’information, conditions nécessaires du droit à l’information. »

RSF reproche notamment à la chaîne de Bolloré un manque de pluralisme et s’appuie notamment pour le démontrer sur une étude de François Jost, sémiologue et professeur émérite en sciences de l’information et de la communication à l’université Sorbonne-Nouvelle dont il ressort que l’information stricto sensu n’occupe que 13 % du temps d’antenne et qu’en plateau, « alors que les invités de gauche représentent 10 % et ceux de LREM 4 %, les invités de droite et d’extrême-droite représentent plus des 3/4 des présences (78 %). »

Avec sa QPC, RSF entend aussi faire valoir qu’il convient de revoir le cadre légal pour imposer et permettre à l’Arcom d’exercer la plénitude de son rôle. Et de conclure : « La révision en profondeur de la loi de 1986 est l’une des 10 propositions soumises par RSF aux candidats à l’élection présidentielle de 2022. Seul un cadre légal rénové permettra en effet de garantir effectivement le droit du public à une information libre, pluraliste et indépendante. »

Appel STOP BOLLORE : Pour une information libre !

Débat Macron – Le Pen : CFDT-Journalistes demande donc aux candidats de respecter l’indépendance de la presse et le pluralisme

Anne-Sophie Lapix, animatrice du 20h sur France 2, finalement écartée du débat télévisé de l’entre-deux tours. Une question de choix direz-vous ? Certes.  Mais ce choix-là doit revenir aux rédactions, pas aux candidats, jamais. 
 
Les journalistes ne sont pas des patates qu’on prend ou pas sur un étal parce qu’ils sont trop fermes, noirs, violets, fondants ou à peau dure. 
Les candidats ne font pas leur marché. C’est ça le marché justement dans une démocratie. Etre interviewé par des professionnels, de divers bords, mais qui savent garder leur honnêteté intellectuelle, leur pertinence, leur impertinence aussi. Etre bousculé oui peut-être aussi parfois : c’est ça un débat.  
 
Gommer et dégommer toute pensée a priori dérangeante c’est moralement nier le débat public, démocratique. C’est en faire pour rester dans la métaphore : de la purée. Prémâchée, lisse, insipide. Indigeste. 
 
CFDT-Journalistes condamne fermement les pressions exercées par les états-majors des candidats du second tour de l’élection présidentielle en vue de l’animation du traditionnel débat d’entre-deux tours prévu le 20 avril.

Une ingérence qui menace l’indépendance du service public

Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a reconnu et toute honte bue justifié cette pression directe lundi 11 avril sur le plateau de CNews : « Marine Le Pen ne souhaite pas qu’Anne-Sophie Lapix anime le débat ».   
 
De l’autre côté ça ne vaut guère mieux.  L’entourage d’Emmanuel Macron avait, quant à lui, déjà évoqué le nom de la journaliste pour justifier la non-participation du candidat à certaines émissions de France 2. 
 
Cette ingérence qui menace l’indépendance du service public et le bon déroulement du débat démocratique est d’autant plus inacceptable qu’elle intervient dans un contexte général d’entraves répétées, quasi systémiques, du travail journalistique par les candidats. Marine Le Pen a ainsi assumé ne pas considérer les équipes de Quotidien (TMC) comme des journalistes. Elle a refusé de les accréditer (alors que ces mêmes équipes sont détentrices de la carte de presse). Avant le premier tour, les équipes d’Emmanuel Macron ont, elles, tout simplement interdit l’accès à l’unique meeting du candidat aux journalistes du média écologiste indépendant Reporterre.  
 
Ces choix montrent bien le peu de considération qu’ont les politiques pour les journalistes. Ne seraient-ils à leurs yeux que de simples porte-micro ?  
Ces choix, oui, ne font que décrédibiliser une profession déjà mise à mal et qui connait, depuis les gilets jaunes ou le mouvement des antivax, une réelle crise de confiance.  
 
  • CFDT-Journalistes demande donc aux candidats de respecter l’indépendance de la presse et le pluralisme.  
  • CFDT-Journalistes demande aux rédactions, de France Télévisions en l’occurrence, de défendre ses choix et ses salariés.  
Il en va de l’image du service public.  

RT France : un organe de propagande sous l’habillage d’une chaîne d’infos

La décision de la commission européenne de faire cesser la diffusion de toutes les antennes de Russia Today en Europe, dont celle de RT France (ainsi que les canaux de diffusion de l’agence multimedia Sputnik France), suscite le débat au sein même de la profession.

Dans une interview à Arrêt sur images, la F3C CFDT a pris une position claire à ce sujet : « En tant que syndicat, on est attentifs à la capacité du bon exercice du métier, qu’il s’agisse bien du métier de journaliste et pas de celui de la diffusion de dossiers de presse d’État. À partir du moment où le respect d’un cadre de travail à la fois légal et éthique n’est pas visible, ça ne nous dérange pas que dans la situation actuelle, ce média ne puisse pas être vu et entendu par ses téléspectateurs ».

Si CFDT-Journalistes et la F3C CFDT peuvent être solidaires des salariés qui risquent de perdre leur emploi, il convient de ne pas oublier ce qu’est RT France : un organe de propagande logiquement lié au pouvoir politique russe qui se présente sous l’habillage d’une chaîne d’infos ; en clair, une entreprise de médias piloté par un état non démocratique qui mène une guerre d’invasion sur le territoire d’un pays voisin et démocratique.

La F3C CFDT et CFDT Journalistes dénoncent cet outil d’influence internationale mis en place pour servir la cause de Vladimir Poutine et sa volonté de déstabilisation des démocraties occidentales.

Dans les instances où ils siègent, les représentants de la CFDT feront cependant tout pour défendre les droits sociaux des salariés de RT France.

La F3C CFDT et CFDT-Journalistes  appellent à participer aux rassemblements du 5 mars et rejoint l’appel à la marche parisienne en soutien à l’Ukraine qui partira de la place de la République à 15h. Dans les régions rapprochez-vous de vos URI ou syndicats.

Concentration des médias : une nouvelle loi est nécessaire

Position de CFDT-Journalistes, de la fédération F3C et du Syndicat national des Médias et de l’Ecrit CFDT à l’occasion de la Mission conjointe de l’Inspection générale des affaires culturelles et de l’Inspection générale des finances sur les règles anti-concentration dans le secteur de la presse et de l’audiovisuel. 

 La fusion TF1 et M6 (qui avait auparavant avalé la radio RTL); le démantèlement des grands groupes de presse français; la concentration entre les mains d’un seul actionnaire de radios grand public comme Europe 1, RFM, et Virgin Radio; tout cela nous interpelle et pose la question des limites à la concentration de la presse.

Si l’on peut comprendre que les groupes de presse écrite et audiovisuelle ont besoin d’avoir une assise suffisante pour exister dans le nouveau paysage médiatique français, ce qui implique une certaine concentration, on constate qu’ils s’étendent désormais dans tous les domaines : presse écrite, audiovisuelle, web et édition. Ce qui induit, pour certains, une énorme capacité de diffusion, mais aussi un appauvrissement des contenus par les échanges et reprises d’un titre à l’autre des mêmes contenus éditoriaux. Cela a des conséquences sur l’emploi dans ces secteurs.

La constitution capitalistique de tels groupes de presse entraîne aussi un rétrécissement progressif du pluralisme de l’information, alors que les médias continuent d’avoir une place prépondérante dans le fonctionnement de notre démocratie.

C’est pour cela qu’il convient de légiférer à nouveau sur ce sujet pour prendre en compte, au-delà du seul champ de l’information ou de la presse « IPG », l’ensemble du spectre de la communication.

Autonomie, transparence, éducation aux médias

Pour la F3C CFDT, CFDT-Journalistes et le SNME-CFDT, une nouvelle loi devrait prendre en considération :

  • Le renforcement de l’autonomie des rédactions et le contrôle plus strict du respect du statut des journalistes, ce qui induit notamment la lutte contre la précarisation dans les rédactions.
  • Davantage de transparence dans l’octroi des aides à la presse en réservant des sièges aux syndicats de salariés représentatifs dans la gouvernance de la CPPAP ; et renvoyer à la négociation paritaire et conventionnelle la répartition des aides.
  • Le renforcement de la représentation des salariés par les organisations syndicales représentatives dans les conseils d’administration des entreprises.

Pour nous, trois points sont importants :

  • Il faut permettre l’équilibre des opinions dans tous les domaines : presse écrite, audiovisuelle et édition.
  • Il faut prendre en compte, notamment dans l’audiovisuel, l’ensemble de l’éditorial : l’information, la culture, le divertissement.
  • Il faut renforcer l’éducation aux médias.

Concrètement, nous plaidons pour la création d’une grande instance de régulation indépendante, légitime et crédible avec, par exemple, la fusion de l’ARCOM et de l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) dans laquelle siègeraient des représentants de la société civile, des représentants des salariés, des éditeurs, qui puisse regarder les contenus et soit garante de la pluralité de l’information, de la liberté d’accès à la culture quel que soit le support : papier, radio-tv, web. Il ne s’agirait pas de contrôler l’éditorial de chaque média, mais bien de veiller, en ayant une vue d’ensemble, au respect du pluralisme de la production à la diffusion.

En ce qui concerne le renforcement de l’autonomie des rédactions, la charte déontologique de Munich (1971) reconnue par la Fédération internationale des journalistes, donne une piste de réflexion en disposant que « L’équipe rédactionnelle doit être obligatoirement informée de toute décision importante de nature à affecter la vie de l’entreprise. Elle doit être au moins consultée, avant décision définitive, sur toute mesure intéressant la composition de la rédaction : embauche, licenciement, mutation et promotion de journaliste. »

Garantir l’indépendance de l’information et son pluralisme dans un contexte de fusions – concentration des organes de presse, pourrait enfin passer par la mise en place de nouveaux seuils, cela pour éviter la mainmise sur les médias, en limitant la participation des grands groupes au capital des médias.

Fait à Paris, le 18 janvier 2021

 

Campagne présidentielle : la violence n’a pas le droit de cité

Dans un communiqué, Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT, rappelle que « la violence n’a pas le droit de cité » et fait part de sa solidarité avec les militants de SOS Racisme et les journalistes de Quotidien et de Médiapart qui ont été frappés :

« La campagne présidentielle s’engage sur de bien mauvaises bases. La violence, quelle que soit sa nature, ne peut être tolérée dans un débat démocratique. Les images de ce week-end nous le rappellent tristement.

Les candidats et les candidates à la fonction de Président ou de Présidente de la République doivent tous respecter deux droits fondateurs de notre démocratie : la liberté d’expression et la liberté de la presse.

Il est inadmissible que des journalistes soient empêchés d’exercer leur mission d’information, qu’ils soient violentés ou exfiltrés d’un meeting, que des militants soient roués de coups lors d’un rassemblement.

La CFDT exprime toute sa solidarité avec les militants de SOS Racisme et les journalistes de Quotidien et de Médiapart qui ont été frappés dimanche lors du meeting d’Éric Zemmour.

La CFDT a toujours défendu le respect dans le dialogue et la confrontation des idées. Elle rejette toute forme de violence et de contraintes. Encore plus lors d’une campagne politique à l’issue de laquelle les Français désigneront celle ou celui qui sera le garant de la démocratie. »

A Paris, le 6 décembre 2021

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