Forte hausse des tarifs de pige au Figaro !

Cela faisait des années que les tarifs de pige au Figaro n’avaient pas augmenté. Victoire ! La NAO (négociation annuelle obligatoire) 2021 a permis une forte hausse. Comment ? Grâce à une belle collaboration entre le réseau des pigistes et les syndicats, dont la CFDT. Ensemble, on va plus loin !

Avant : 66,98€ brut le feuillet hors CP, 13è mois et ancienneté. C’était tout pile le barème minimum conventionnel pour la presse quotidienne nationale négocié par les partenaires sociaux au plan national. Pas un centime de plus.

A partir du 1er novembre 2022 : 75,66€ le feuillet

A partir du  1er novembre 2023 : 80€ le feuillet

Mais comment ont-ils fait ?

Depuis des années, les syndicats demandaient à la direction une hausse du tarif de piges. Depuis des années, les pigistes le demandaient aussi.

Au printemps, grâce au travail de fédération de l’un d’entre eux (élu SNJ), le réseau des journalistes pigistes collaborant au Figaro s’est structuré : une mailing liste, des échanges, une détermination à avancer. Ils seront 47 à cosigner un courrier à la direction. L’union fait la force.

Mais l’appui des représentants élus du personnel est capital. Un syndicat, deux syndicats, trois syndicats : CFDT (premier syndicat du collège journalistes), SNJ et SNJ-CGT soutiennent officiellement, conseillent des interlocuteurs, défendent bec et ongles ces propositions… La direction écoute.

Trois mesures

Quand la NAO arrive, cet automne, ce travail de plusieurs mois porte ses fruits, avec trois mesures importantes :

  • l’accès au CESU (chèque emploi service universel)  pour les pigistes dits « listés » (les plus réguliers) à hauteur de 750 euros par enfant de moins de 6 ans
  • la revalorisation du tarif du feuillet en 3 étapes
  • le paiement des heures de délégations pour les pigistes élus et mandatés. Certes, c’est normal, car un pigiste est un salarié comme un aitre, mais dans les faits, ce n’est pas toujours appliqué. Alors l’écrire noir sur blanc, c’est important.

Leurs revendications continuent ! Poursuite de la hausse du tarif de piges, meilleure communication en interne vis à vis des pigistes, baisse du seuil d’accès au système des pigistes listés….

Pigistes, syndicats, c’est ensemble qu’on avance !

 

Pigistes, vous avez subi la crise Covid ? Vous n’avez qu’un mois, à partir du 30 septembre, pour demander l’aide sociale de l’Etat

Les pigistes ayant connu des baisses de revenus depuis le début de la crise sanitaire vont avoir droit, sous certaines conditions, à une aide financière exceptionnelle accordée par l’Etat. ATTENTION, il ne faut pas louper le coche ! La plateforme de recensement des demandes n’est ouverte qu’un mois, du 30 septembre 2021 au 31 octobre 2021

Aller sur la plateforme de demande

 

D’où vient cette aide ?

Le 27 août 2020, le Président de la République annonçait la mise en place d’un plan de soutien à la filière presse comprenant un fonds de lutte contre la précarité, doté de 18 M€ par an sur deux ans (soit 36 M€), afin d’accompagner les acteurs les plus fragiles de la profession de journaliste : une aide sociale, une grande commande photo, et une aide à l’insertion professionnelle des étudiants.

Pendant un an de nombreuses réunions de concertations ont lieu entre les organisations syndicales de journalistes, l’association Profession pigiste et le ministère de la culture.

Le décret portant sur les critères d’éligibilité à l’aide est paru le 10 septembre 2021  mais les barèmes de montant de l’aide seront fixés par arrêtés ultérieurement.

Le 20 septembre le ministère de la culture annonçait le montant de l’enveloppe allouée à l’aide sociale : 29,5 M€ sur 2 ans, soit 14,75 M€ en 2021 et 14,75 M€ en 2022.

Cette aide n’est pas forfaitaire mais proportionnelle à la baisse des revenus du pigiste et limitée à ceux ayant le moins de ressources (revenus du foyer inclus). Par ailleurs elle sera partagée seulement entre les pigistes qui en auront fait la demande sur la plateforme dédiée, ouverte seulement pendant le mois d’octobre 2021.

Lire le communiqué du ministère de la culture.

A qui sera attribuée l’aide financière ?

Les critères ci-dessous sont cumulatifs :

  • être journaliste  (au sens du deuxième alinéa de l’article 2 de la loi du 29 juillet 1881)
  • être rémunéré à la pige, c’est-à-dire salarié (présomption de salariat prévue à l’article L. 7112-1 du code du travail) sans référence horaire (en cas de revenus mixtes, seule la baisse des piges sera prise en compte)
  • justifier de cinq bulletins mensuels de pige au cours de l’année 2019
  • avoir perçu en 2019 un montant annuel des revenus bruts de pige supérieur ou égal à 3 000 euros
  • avoir subi une diminution des revenus de pige annuels entre l’année 2019 et l’année 2020 (l’aide qui sera accordée en 2022 prendra elle en compte la baisse entre 2019 et 2021)
  • avoir, au titre des revenus de l’année au titre de laquelle l’aide est versée, un revenu fiscal de référence  (prenant donc en compte les revenus du conjoint/de la conjointe le cas échéant) inférieur à celui des revenus de l’année 2019 et faible (le montant sera fixé par arrêté des ministres chargés de la Communication et des Comptes publics pour chaque année au titre de laquelle l’aide est versée)

Quelles sont les conditions d’exclusion de l’aide ?

  • avoir exercé toute activité lucrative, salariée ou indépendante, à temps complet, c’est-à-dire, pour une activité salariée, au moins  1 607 heures ou à la durée fixée par la convention collective appliquée dans l’entreprise si celle-ci est inférieure à la durée légale, et pour une activité indépendante, un revenu soumis à cotisation sociale dont le montant brut annuel est au moins égal au montant du salaire minimum de croissance en vigueur au 1er janvier de l’année considérée calculé sur la base de 1 607 heures.

OU

  • avoir fait valoir ses droits à la retraite en 2019 ou au cours de l’année au titre de laquelle l’aide est versée (2020 puis 2021 pour l’aide qui sera versée en 2022), avec prise d’effets au cours de l’une de ces années. Le journaliste pigiste dont la retraite a pris effet en 2021 demeure éligible à l’aide versée au titre de l’année 2020.

On récapitule !

Eligibilité = minimum 5 fiches de paie de piges en 2019

⊕ minimum 3000 € brut de piges en 2019

⊕ une baisse de piges entre 2019 et 2020

⊕ une baisse du revenu du foyer entre 2019 et 2020

Toute activité à temps complet et tout départ en retraite demandé préalablement annule l’aide.

En 2022 il faudra remplacer dans cette formule 2020 par 2021.

Quel sera le montant de l’aide ?

Est d’abord calculée une assiette, c’est-à-dire le montant de la baisse des revenus du pigiste en question sur laquelle va être calculée l’aide. L’assiette est la différence entre les revenus de pige annuels nets perçus par le bénéficiaire en 2019 et les revenus de pige annuels nets perçus l’année au titre de laquelle l’aide est versée, diminuée des éventuels revenus de remplacement perçus au titre d’un événement intervenu au cours de l’année concernée (allocations de chômage, indemnités d’activité partielle et d’activité partielle de longue durée, indemnités journalières et allocations versées par les organismes de sécurité sociale ou, pour leur compte, par les employeurs, à l’occasion de la maladie, de la maternité ou de la paternité et de l’accueil de l’enfant, des accidents du travail et des maladies professionnelles).

Puis est calculé un taux, c’est-à-dire le pourcentage appliqué à l’assiette, qui n’est pas unique (seront proportionnellement plus aidés les pigistes les plus précaires). Le taux mentionné est fixé, pour chaque année au titre de laquelle l’aide est versée, par arrêté des ministres chargés de la Communication et des Comptes publics (l’arrêté 2020 n’est pas encore pris). Il est modulé en fonction du revenu fiscal de référence des revenus de l’année au titre de laquelle l’aide est versée et du nombre de parts composant le foyer fiscal du demandeur cette même année.

Cela donnera un pourcentage d’assiette.

Plafonnement : Si le montant de l’aide ainsi calculé est supérieur à la différence entre le revenu fiscal de référence des revenus de l’année 2019 et celui des revenus de l’année au titre de laquelle l’aide est versée, le montant de l’aide versée au bénéficiaire est plafonné à cette différence.

On récapitule !

Aide = Piges 2020 (en net)

— Piges 2019 (en net)

— Revenus de remplacement (ARE, IAP, IJ…)

⊗ le pourcentage correspondant au pigiste en question

Plafond de l’aide = Revenu fiscal de référence 2020 (celui du foyer fiscal, pas seulement du pigiste) — Revenu fiscal de référence 2019 (celui du foyer fiscal, pas seulement du pigiste)

Concrètement, comment obtenir cette aide ?

SE CONNECTER A LA PLATEFORME WEB https://aide-pigistes-covid.fr

ATTENTION ELLE N’EST OUVERTE QUE DU 30 SEPTEMBRE AU 31 OCTOBRE 2021. APRES IL SERA TROP TARD

Il y a dans la rubrique « contacts » la possibilité d’envoyer un courriel sécurisé pour toute question. Un numéro d’assistance téléphonique (02 97 87 25 52) est également disponible de 8h30 à 12h30 et de 13h30 à 18h.

La gestion de cette aide est confiée à un opérateur – Deloitte – chargé

  • De réceptionner les demandes d’aide
  • D’opérer des contrôles en vue de s’assurer de la réalité des éléments déclarés ;
  • En cas d’inéligibilité, d’en notifier le rejet au demandeur. En cas d’éligibilité de la demande, de notifier au demandeur une décision d’attribution précisant le montant d’aide qui lui sera attribuée ;
  • De verser l’aide aux bénéficiaires ;
  • Le cas échéant, de recouvrer les sommes indûment perçues pour le compte de l’Etat ;
  • De traiter les réclamations et recours relevant de sa responsabilité.

ATTENTION : il est inutile de se tourner vers ses employeurs (hormis pour les inciter à faire connaitre cette aide à leurs pigistes bien-sûr). A la différence du chômage partiel, l’aide sociale pigistes n’est pas attribuée par l’employeur mais directement par l’Etat. Cette aide ne doit pas non plus être confondue avec celle versée par Audiens.

Comment préparer sa demande pour être prêt au 30 septembre 2021 ?

Les délais sont courts donc il est bon de préparer les documents à envoyer sur la plateforme de demande, si toutefois vous n’êtes pas parfaitement ordonnés, si vous ne connaissez pas vos mots de passe du site des impôts par cour, par exemple !!!!

Si vous pensez être éligible à l’aide, préparez donc les documents suivants, au format pdf (Mais comment on fait ? Trop simple : « enregistrer sous » > « format PDF »)

  • Pièce d’identité en cours de validité (CNI, passeport, permis de conduire) ;
  • Justificatif de domicile de moins de trois mois ;
  • Relevé d’identité bancaire ;
  • Avis d’imposition de l’année 2019 et de l’année 2020 ;
  • Déclarations des revenus des années 2019 et 2020 ;
  • Au moins 5 bulletins mensuels de pige permettant de justifier un revenu annuel brut de 3 000 euros

 

Quel a été le rôle des organisations syndicales représentatives des journalistes dans la mise en place de cette aide ?

La CFDT-Journalistes, le SNJ, le SNJ-CGT, le SGJ-FO, mais aussi l’association Profession:Pigiste ont été convoqués à une petite  dizaine de réunions avec le ministère de la Culture entre septembre 2020 et juin 2021. Il nous a été demandé notre avis à chaque étape de la construction de l’aide, et nous avons dans la mesure du possible essayé d’y répondre à l’unisson. Nos organisations n’étaient pas toujours d’accord mais nous sommes fiers d’avoir, vu l’enjeu, réussi à nous entendre.

Une des difficultés a été de choisir à qui devait être attribuée cette aide. La population de journalistes rémunérés à la pige n’est en effet pas très bien connue, car tous ne sont pas détenteurs de la carte de presse et tous ne sont pas pigistes la majeure partie de leur temps. Les chiffres fournis par Audiens étaient très instructifs mais s’ils permettaient de savoir la masse de pigistes ayant perdu des piges, ils ne permettaient pas de savoir qui parmi eux ne vivaient que de la pige et qui avait reçu par ailleurs du chômage partiel.

Nous aurions souhaité que tous les pigistes ayant subi une perte de revenus soient aidés, mais bien que l’enveloppe semble élevée (14,75 M€ par an), l’aide accordée par personne est d’autant plus faible que le nombre de personnes est élevé. Ne souhaitant pas saupoudrer l’aide, nous avons fait certains choix. Par exemple prendre en compte les revenus de leur conjoint. Ce dernier point a fait l’objet de vifs débats et d’un douloureux renoncement car il nous semblait incompatible avec la nécessaire indépendance financière des conjoints. Nous avons tranché par souci d’aider les plus fragiles.

Cependant nous avons aussi décidé d’appliquer un plancher (minimum 5 fiches de paie et 3000 euros brut en 2019) et donc que ne soient pas aidés les pigistes ayant gagné moins que cela en 2019. Cela en vue d’aider prioritairement les journalistes à rester dans la profession.

L’aide sociale Covid ne doit pas compenser le chômage partiel non attribué ni les licenciements déguisés  !

Nous rappelons également qu’il s’agit d’une aide sociale et pas de revenus de remplacements (à ne pas confondre avec l’allocation chômage). Cette aide, certes appréciable pour les intéressés, et que nous saluons, ne peut pas remplacer le devoir des employeurs à assurer un maintien de revenus de leurs pigistes réguliers, quelles que soient les circonstances. La crise sanitaire n’enlève rien au fait qu’un pigiste est un salarié et ne plus lui donner de travail correspondant en droit du travail à un licenciement, qui doit être traité comme tel (avec indemnités de licenciement et droit au chômage). Rappelons que le décret d’avril 2020 a déterminé l’éligibilité des pigistes au chômage partiel (il suffit de 4 fiches de paie sur l’année, sans minium de revenus) et que tout employeur ne l’appliquant pas et ne donnant pas par ailleurs de travail à son pigiste procède de fait à un licenciement. Malheureusement un pigiste non officiellement licencié ne peut prétendre au chômage « classique » à Pôle emploi (pas chômage partiel) car Pôle emploi demande que soit cochée la case « fin de contrat », or la pige est un CDI et le CDI est réputé courir tant qu’il n’est pas officiellement rompu. Les organisations syndicales ont à multiples reprises alerté le ministère de la Culture et celui du Travail sur ces manquements.

Réforme de l’assurance chômage : le livre noir de la CFDT

Uniquement suspendue par le Conseil d’Etat, la réforme de l’assurance-chômage, qui aurait dû s’appliquer à partir du 1er juillet, n’est pas abandonnée, et elle reste injuste. La juge des référés ne remet pas en cause le principe de la réforme elle-même. Les recours « au fond » des syndicats contre le décret réformant l’assurance-chômage seront jugés par le Conseil d’État d’ici quelques mois, mais le chef de l’Etat a martelé qu’elle s’appliquerait au 1er octobre. L’inquiétude est grande, notamment chez ceux qui alternent des périodes travaillées et chômées.

Lire la décision du Conseil d’Etat

Parmi les journalistes, ce sont tous les précaires, CDD et pigistes, qui vont en faire les frais. 

La confédération CFDT  a édité un livret intitulé  « Le chômage n’est pas un choix – Le livre noir d’une réforme injuste » qui donne la parole à des personnes victimes du chômage et de la précarité à un moment où la gestion de l’assurance chômage n’est vue par l’État que sous un angle purement budgétaire qui occulte tout le reste.

Télécharger le livre noir CFDT

 

Au sommaire de ce livret :

TÉMOIGNAGES “ Le chômage et la précarité : ce n’est pas un choix de ma part ”

CHIFFRES Qui sont les chômeurs indemnisés ?

INTERVIEW “ Les chômeurs sont des personnes comme vous et moi ”

HISTORIQUE DE LA RÉFORME Voyage au bout de l’absurde

DE L’AUTRE CÔTÉ De l’autre côté du guichet, les agents ont les nerfs à vif

Volteface sur les aides à la presse : le ministère de la Culture entend mieux les patrons que les syndicats

Communiqué intersyndical SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO au sujet du décret en préparation par le ministère de la culture sur la conditionnalité des aides à la presse (suite de la mission Franceschini).

Fin décembre 2020, Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, chargeait Laurence Franceschini, présidente de la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), d’une mission sur l’attribution des aides à la presse. Objectif déclaré : affirmer la nécessaire présence de journalistes professionnels dans les rédactions, ce que les textes réglementaires ne mentionnaient pas jusqu’alors tant cela semblait aller de soi… Certains éditeurs ont démontré ces dernières années que cette évidence n’en était désormais plus une pour eux.

Nous pensions être entendus

Pour les syndicats de journalistes, unanimes sur leur position, il s’agissait de mettre fin à des dérives des employeurs : aides à la presse attribuées à des médias sans journalistes, ou qui recourent à des auto-entrepreneurs et des auteurs en lieu et place des journalistes et en infraction avec le Code du travail, ou qui créent leur propre agence de presse interne pour contourner les acquis sociaux des journalistes de la rédaction, etc.

Au cours des mois de discussions qui s’en sont suivis, les organisations syndicales représentatives des journalistes ont eu l’impression d’être entendues. Le décret qui se préparait imposait l’existence d’une équipe rédactionnelle composée de journalistes et la réalisation du contenu éditorial par des journalistes.

Le noeud de la presse pro et spécialisée

Patatras ! Les dernières propositions du ministère sur le décret à venir ouvrent la porte sans limite aux contenus fournis par des agences de presse, y compris internes, validant ainsi un modèle social moins-disant. La formulation floue du projet de décret n’exclut pas le recours à des contributeurs non salariés. L’existence d’une équipe rédactionnelle composée de journalistes n’est plus une obligation pour la « presse technique et professionnelle » qui peut avoir recours à un « comité éditorial » sans journalistes. Or la presse professionnelle et la presse spécialisée emploient à elles seules 57 % des journalistes de presse écrite détenteurs d’une carte de presse.

Devant notre insistance à maintenir des garde-fous, le ministère de la Culture rétorque qu’il n’a pas pour mission de contrôler les éditeurs ni de s’immiscer dans leur modèle économique. Certes, mais de là à faciliter leurs pratiques illicites, il y a un pas qui pourrait être franchi par le prochain décret.

L’intersyndicale SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO demande au ministère de la Culture de revenir sur ses dernières propositions et de conforter le rôle primordial et irremplaçable des journalistes dans la presse.

Paris, le 28 juillet 2021.

Lire nos précédents articles expliquant notre contribution CFDT à la mission Franceschini sur la conditionnalité des aides à la presse et notre position sur ses premiers arbitrages, qui avaient été rendus en avril. Depuis, nous avons participé à plusieurs réunions de concertation au sujet du décret à paraître.

26 avril 2021 : Fin des aides aveugles à la presse : le ministère de la Culture fait le bon choix, avec l’obligation d’emploi de journalistes, mais attention aux dérogations !

31 mars 2021 : Conditionner les aides à la presse : les propositions de CFDT-Journalistes

Tous derrière les pigistes pour refuser le statut d’autoentrepreneur

Refusons le statut d’autoentrepreneur pour les journalistes !

Cette pratique illégale se banalise dans certains médias, en contradiction avec la loi Cressard qui est très claire : le salariat est le seul mode de rémunération possible pour les journalistes, et donc, chez les multiemployeurs, la pige, la vraie, en salaire. Avec des conséquences graves : faible rémunération, faible protection sociale, faible lien avec la rédaction, aucune sécurité de l’emploi, pas de droits chômage ni chômage partiel, aucun droit syndical, donc aucune voix au chapitre, pas d’accès à la carte de presse ni à la formation…

Aux pigistes à qui l’on annonce que dans telle rédaction « c’est sur facture » nous disons « tenez bon! ». Refusez ces conditions, dénoncez-les, rappelez la loi, saisissez les représentants du personnel, l’inspecteur du travail….

A tous ceux qui ont le pouvoir, dans les rédactions, d’infléchir ces fonctionnements, nous disons « tenez bon ! ». Refusez que l’on traite ainsi les pigistes, refusez que votre entreprise soit hors la loi.

C’est ce message, prioritaire, que nous portons les 24 et 25 juin 2021 à l’occasion de la 10è édition des 48h de la pige. Cet événement, dont la CFDT-Journalistes est partenaire, est organisé par l’association Profession Pigiste.Sur deux jours, en présentiel, à Paris, des dizaines d’ateliers et table-rondes pour glaner des astuces pour bien débuter à la pige, mieux vivre de la pige, savoir comment proposer des sujets, comment défendre ses droits…. et s’engager syndicalement. Plusieurs de nos élus CFDT en entreprise, pigistes, y interviennent, pour témoigner de leurs combats. Nous en sommes fiers !

En savoir plus sur Profession pigiste
Cette association, que CFDT-Journalistes, soutient, fédère, informe et soutient les journalistes rémunérés à la pige, en complémentarité des syndicats. Elle anime un groupe facebook fermé pour échanger au quotidien, organise toute l’année des Apéros pigistes partout en France, les 48h de la pige, alimente un Abécédaire de la pige en ligne (guide pratique pour les aider à défendre leurs droits), édite une charte des bonnes pratiques à destination des rédactions

Victoire CFDT pour les précaires : le Conseil d’Etat retoque la réforme de l’Assurance chômage :

La CFDT et les organisations syndicales qui ont déposé un recours devant le Conseil d’État pour suspendre les nouvelles mesures de détermination de l’allocation d’assurance chômage ont obtenu gain de cause.

C’est une grande satisfaction. La plus haute juridiction administrative a ainsi reconnu que dans le contexte actuel la réforme de l’assurance chômage ne peut entrer en vigueur au 1er juillet. Selon le Conseil d’État « la situation économique est trop incertaine pour une application immédiate des nouvelles règles de calcul de l’allocation »

Cette suspension sonne comme un désaveu pour une réforme mal calibrée.

Décision sur le fond attendue

L’accord conclu entre organisations syndicales et patronales en 2017 demeure donc d’actualité. C’est une bonne nouvelle pour les demandeurs d’emploi les plus exposés à la crise économique provoquée par la pandémie. Les travailleurs les plus précaires ont besoin d’un soutien et d’un accompagnement. Pas d’une sanction.

Dans l’attente de la décision du Conseil d’État sur le fond qui interviendra dans plusieurs mois, la CFDT demeure mobilisée et continuera d’illustrer concrètement les conséquences néfastes de ces mesures pour les travailleurs les plus exposés.