Presse magazine : pas d’accord sur les salaires

La F3C CFDT et CFDT-Journalistes ne seront pas signataires de l’accord relatif aux barèmes de salaires minima garantis applicables aux journalistes, ouvriers, employés et cadre proposé par les éditeurs de la presse magazine le 22 novembre dernier, à l’issue de la NAO.

En ce qui concerne la catégorie des employés et ouvriers, il était prévu que les salaires mensuels bruts minima des groupes 1 à 3 devaient être augmentés de 2% au 1er décembre 2022. Rien n’était en revanche prévu pour les salariés des groupes 4 et 5, ou pour les cadres des groupes 6 à 9.

Concernant les journalistes, il était prévu que les salaires mensuels bruts minima pour les coefficients 97 à 138 de la presse hebdomadaire devaient également être augmentés de 2%, de même que le barème des piges.

S’agissant des salaires qui se situent en-dessous du SMIC, ils devaient être actualisés au niveau du SMIC et augmentés de 2%.

Pour la F3C CFDT et CFDT-Journalistes, ces revalorisations sont insuffisantes au regard de l’inflation, qui est établie à 6%, avec un smic au 1er novembre 2022, à 1678,95 €.

Un tassement des grille et une « smicardisation » des métiers

Concernant les journalistes, côté presse périodique, on constate un important tassement de la grille pour les catégories B et C, pour lesquelles cette proposition de grille établissait un salaire brut unique  à 1732,53 € de l’indice 97 (stagiaire du 1er au 24e mois) jusqu’à l’indice 112 (secrétaire de rédaction), incluant les niveaux rédacteur, rédacteur spécialisé, reporter ou encore rédacteur graphiste.

C’était à peine mieux concernant les journalistes de la presse hebdomadaire dans la catégorie 2, avec un salaire brut unique de à 1732,53 € pour les indices de 97 à 110, c’est-à-dire de stagiaire à secrétaire de rédaction adjoint, englobant les rédacteurs et les rédacteurs traducteurs.

Concernant les pigistes, on ne peut que déplorer que les éditeurs refusent de mettre en place un barème unique, que la pige soit « numérique » ou « papier », le travail du journaliste étant pourtant le même.

Tout au long de cette négociation, la CFDT n’a cessé de réclamer un salaire minimum de branche de 2 000 € pour les emplois qualifiés, qu’il s’agisse des journalistes ou des ouvriers et employés, dénonçant au passage une « smicardisation » des minimas de branche que l’on espère déconnectés de la réalité des salaires versés dans les entreprises.

Un accord formation signé

Le dialogue social n’est cependant pas fermé en presse magazine, où à l’unanimité, les organisations syndicales ont décidé de reconduire l’accord formation de branche.

Les discussions restent aussi ouverte concernant la mise en place d’un accord de branche sur le droit voisin, même si cette négociation s’annonce très délicate. Ce mercredi 30 novembre, les éditeurs ont ainsi fait parvenir une proposition d’accord aux syndicats en vue d’une réunion devant se dérouler le lundi 5 décembre prochain…

 

Levée de la censure contre Médiapart:  une victoire pour la liberté d’informer !

Le tribunal judiciaire de Paris a levé, ce mercredi 30 novembre à 15 h, l’ordonnance qui empêchait Mediapart de publier sa nouvelle enquête sur le maire de Saint-Etienne et qui aura été interdite pendant 13 jours.

La justice a donc tranché, annulant ainsi l’ordonnance du tribunal judiciaire de Paris dénoncée comme une « censure » inédite par le site, soutenu par de nombreux journalistes et défenseurs de la liberté d’expression.

Vendredi dernier, l’affaire avait été mise en délibéré lors d’une audience où Médiapart avait reçu de nombreux soutiens, comme ceux de Reporters sans frontières, la Fédération internationale des journalistes, des syndicats de la profession –  dont la CFDT-Journalistes -, la Ligue des droits de l’homme et les associations de la presse judiciaire et des avocats praticiens du droit de la presse.

 Cette décision est une victoire pour la liberté d’informer. 

Dans cette affaire, la CFDT-journalistes était solidaire de Médiapart, victime d’une procédure-bâillon.

Recours contre la censure : les syndicats de journalistes et la FIJ aux côtés de Mediapart

Le 18 novembre dernier, le tribunal judiciaire de Paris avait interdit à Médiapart, « sous astreinte de 10 000 euros par extrait publié », de publier la suite de son enquête sur le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau. Fin août 2022, le site d’information et d’investigation en ligne avait révélé un chantage à la sextape contre le premier adjoint au maire.

Ce dernier, le centriste Gilles Artigues, ancien député, avait été filmé à son insu avec un homme lors d’une soirée intime, à l’hiver 2014, à Paris. À la suite des articles de nos confrères, une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Lyon et est toujours en cours et l’affaire avait provoqué des conséquences en cascade (démissions, licenciements) à Saint-Etienne.

Alors que le journal en ligne s’apprêtait à prolonger ses révélations, le tribunal judiciaire de Paris, saisi par l’avocat du maire, avait censuré les suites de l’enquête de Mediapart, « sans même avertir le site d’information de la demande à son encontre ni a fortiori entendre ses arguments », piétinant les règles qui protègent la presse (loi du 29 juillet 1881) et, plus largement, nos libertés démocratiques fondamentales. Parmi celles-ci, l’accès à une information libre. « De mémoire judiciaire, jamais une interdiction préventive d’une publication de presse (…) n’avait été prononcée par un magistrat », avaient estimé des experts du droit de la presse.

Censure: la CFDT-journalistes solidaire de Médiapart, victime d’une procédure-bâillon

Le tribunal judiciaire de Paris interdit à Médiapart, « sous astreinte de 10 000 euros par extrait publié », de publier la suite de son enquête sur le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau.Fin août 2022, le site d’information et d’investigation en ligne avait révélé un chantage à la sextape contre le premier adjoint au maire

Ce dernier, le centriste Gilles Artigues, ancien député, avait été fil à son insu avec un homme lors d’une soirée intime, à l’hiver 2014, à Paris. À la suite des articles de nos confrères, une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Lyon et est toujours en cours et l’affaire avait provoqué des conséquences en cascade (démissions, licenciements) à Saint-Etienne. 

Alors que le journal en ligne s’apprêtait à prolonger ses révélations, le tribunal judiciaire de Paris, saisi par l’avocat du maire, a censuré les suites de l’enquête de Mediapart« sans même avertir le site d’information de la demande à son encontre ni a fortiori entendre ses arguments », comme l’explique Médiapart aujourd’hui sur son site, piétinant les règles qui protègent la presse (loi du 29 juillet 1881) et, plus largement, nos libertés démocratiques fondamentales. Parmi celles-ci, l’accès à une information libre. Selon l’association des avocats experts du droit de la presse, « de mémoire judiciaire, jamais une interdiction préventive d’une publication de presse (…) n’avait été prononcée par un magistrat ». 

Il s’agit là d’une atteinte intolérable aux droits de l’Homme et du citoyen qui sont des droits constitutionnels. Une atteinte scandaleuse au travail des journalistes qui enquêtent sur des sujets d’utilité publique et qui, en l’occurrence, n’ont même pas eu la possibilité de répliquer aux arguments développés par l’avocat du maire de Saint-Etienne.   

La CFDT-Journalistes condamne l’instrumentalisation de la justice dans cette décision qui s’assimile à une procédure-bâillon. Cette ordonnance est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans la continuité de la loi sur le secret des affaires, qui vise à museler les médias d’investigation. Début octobre, une autre procédure, devant le tribunal de commerce de Nanterre, avait interdit au média Reflets.info de publier la suite de son enquête sur le groupe Altice et son président, Patrick Drahi.

La CFDT-Journalistes exprime son soutien à ses collègues de Médiapart et s’associe à tous les défenseurs des libertés publiques. En France, la censure n’existe plus. Ne la laissons pas revenir insidieusement. La CFDT-Journalistes demande expressément au gouvernement que ce sujet, essentiel, soit évoqué lors des Etats généraux du droit à l’information qui devraient s’ouvrir en décembre.

Inadmissible : un journaliste de La Montagne essuie des propos racistes de la part d’un élu

Alors qu’il était en reportage, Malik Kebour, journaliste à La Montagne, a fait l’objet de réflexions racistes de la part d’un élu local, mercredi 16 novembre 2022, rapporte son journal.

Sur le ton de ce qu’il estime être « une plaisanterie », le maire d’une commune lui a en effet demandé s’il avait bien ses « papiers », avant d’estimer qu’il ressemblait à « un clandestin » :

CFDT-Journalistes assure toute sa sympathie et sa solidarité à ce confrère, et s’indigne de cette agression.

Outre le fait d’être un poison pour la société, le racisme est un délit puni par la loi. En proférant ces propos et en s’en prenant à ce collègue estimé de ses confrères, par ailleurs lauréat du Prix Varenne pour l’un de ses reportages, cet élu trahit le pacte Républicain et déshonore sa fonction.

CFDT-Journalistes espère que des poursuites seront engagées contre l’élu. Aucune agression de journaliste, qu’elle soit physique ou verbale, ne doit rester impunie.

Producteurs, journalistes : c’est une précarité structurelle que nous combattons à Radio France

Le 8 novembre, Noëlle Bréham, productrice de l’émission Les P’tits bateaux sur France Inter, révélait dans Télérama qu’elle était en CDD d’Usage (CDDU), avec donc un statut d’intermittente du spectacle, depuis 40 ans. Refusant d’en signer un énième, car elle demandait un CDI, la collaboration s’arrêtait donc là. Jetant une lumière assez crue sur l’arrière-cuisine de la première radio de France, l’émoi suscité invite à regarder la forêt des situations de précarité, qui est érigée en mécanique structurelle de gestion du personnel à Radio France.   

Mais déjà, il convient de savoir de quoi l’on parle. A Radio France, sont considérés comme journalistes ceux qui concourent aux tranches d’information, en dépendant de rédactions au fonctionnement bien structuré et filière transversale à tout Radio France. Les journalistes sont embauchés en CDI ou CDD et gérés par la DRH centrale, affectés aux rédactions des chaînes nationales ou locales en fonction des postes disponibles. Ils atteignent le CDI après des années de parcours du combattant en CDD de locale en locale, en chaines nationales au gré de potentiels remplacements de titulaires (le bien connu « planning », qui broie des générations de jeunes). Leur précarité est forte, avec son corollaire de climat au travail parfois délétère. Leur surexposition aux violences sexistes et sexuelles, particulièrement documentée par la CFDT, n’en est qu’un exemple.

La plaie du CDD d’Usage

Sur les tranches de magazines, les présentateurs/animateurs que l’on entend à l’antenne, aux manettes de ces émissions, sont dénommés producteurs. Ils travaillent de manière beaucoup plus indépendante, leurs salaires sont négociés de gré à gré, sans règles, parfois  plus élevés que les journalistes, parfois beaucoup moins, en fonction du prestige. Mais toutes et tous vivent l’angoisse chaque année dans l’attente de l’annonce des grilles de la saison suivante : chacun est assis sur un siège éjectable. En effet, ils sont presque tous en CDD d’Usage (des CDD sans prime de précarité et avec possibilité dérogatoire de renouvellement), embauchés par la chaîne sur son budget de fonctionnement. La DRH centrale n’en a pas forcément connaissance… sauf quand il faut négocier le départ. Ils ne sont pas dans les effectifs de Radio France.

Pour la CFDT à Radio France, que ce soit pour les journalistes ou les producteurs/animateurs/adjoints au producteur, un principe commun conduit son action : la défense du CDI, et la négociation de droits accrus pour les précaires. Non, la saisonnalité des programmes n’empêche en rien le CDI. Non, faire tourner dans les locales les jeunes journalistes ne nécessite pas des années de CDD. 

Puisque l’affaire Noëlle Bréham a braqué les projecteurs sur les producteurs et le CDDU, parlons-en. On peut toujours débattre de la nature journalistique de tel ou tel métier. En revanche, la forme normale de contrat dans le code du travail est le CDI. Radio France justifie d’y déroger par la saisonnalité des émissions, objet d’un grand mercato annuel. L’Etat actionnaire y trouve surtout un moyen de réduire l’affichage des effectifs permanents. Car évidemment, rien n’empêche les changements, même en CDI. C’est une question minimale de stabilité dont quiconque a besoin.

Des avancées obtenues pour les précaires

Les militants CFDT de l’entreprise, à l’écoute permanente des salariés, ont ces dernières années obtenu un certain nombre d’intégrations en CDI d’assistants appelés collaborateurs spécialisés. Par ailleurs, en 2017, après des années de Prud’hommes tous gagnés par les producteurs, faute d’obtenir un changement de politique des recrutements, les syndicats négociaient un accord collectif, fixant comme un droit une indemnité de départ en cas de non renouvellement de CDDU après plusieurs années de renouvellements, et ce pour des montants similaires à ceux d’un licenciement. Cela ne règle évidemment en rien l’épée de Damoclès au-dessus de leur tête, et questionne sur cette politique aberrante, préférant mettre la main au porte-monnaie plutôt que de donner une vraie place, durable, à chacun. Mais le filet de sécurité existe désormais.

Nos militants leur ont aussi négocié des droits (en 2021), tout au long de leurs contrats, pour en réduire la précarité :  des barèmes minimum de salaires, une reconnaissance salariale de l’expérience (faute de prime d’ancienneté), des congés payés et jours fériés (légaux, mais qui ne leur étaient auparavant pas accordés !)…

Au vu de la dureté de l’État actionnaire et des faibles marges de négociation avec la direction de Radio France, ces avancées, résultat des efforts sans relâches des militants, ne sont pas à minimiser. 

Une solution : s’engager collectivement

La gestion des carrières choque, à juste titre, pour des animateurs chers au cœur des auditeurs. Elle doit choquer aussi pour tous les autres. La tâche est grande pour dénoncer, analyser, négocier, construire du collectif dans une entreprise qui joue tant des individualismes.

Pour relever ce défi, poursuivre les combats engagés, en initier de nouveaux, nous invitons journalistes, producteurs, assistants, et tous les salariés de Radio France à la rejoindre, aux côtés de ses militants chevronnés. 

Contact : journalistes@f3c.cfdt.fr

 

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Presse spécialisée : un accord trouvé pour une hausse des salaires

« Face à la crise économique exceptionnelle que subissent tant les salariés (hausse du coût énergétique, carburants, denrées alimentaires…) que les entreprises du secteur (hausse du coût énergétique, d’approvisionnement, environnemental…) les partenaires sociaux du secteur de la presse d’information spécialisée ont estimé essentiel de maintenir le dialogue social. »

C’est ainsi qu’est rédigée l’introduction de l’accord trouvé en presse spécialisée où les partenaires sociaux ont tenu à redonner du souffle au bas de la grille des minima garantis.

Après avoir prévu dans l’accord signé au printemps dernier (que CFDT-Journalistes n’a pas signé) que les journalistes stagiaires 1ere et 2eme année relèvent du même niveau de grille (95), il est désormais prévu de fixer, au 1er janvier 2023, le niveau 95 à 1715 €, afin d’éviter le rattrapage par le SMIC lors de sa prochaine revalorisation.

S’agissant des niveaux 133 et suivants qui, comme l’ensemble de la grille, ont déjà fait l’objet d’une revalorisation entrée en vigueur au 1er mai 2022, il a été décidé de les revaloriser par un montant forfaitaire de 20 € bruts.

S’agissant du barème de pige, il a été convenu de la suppression de la distinction en fonction de la diffusion du titre de presse. Ce barème a donc vocation à s’appliquer à l’ensemble des supports de la presse d’information professionnelle et spécialisée. Le barème du feuillet de 1500 signes (hors prime d’ancienneté, CP et 13e mois est-il précisé) est fixé à 52 € bruts. On se rapproche ainsi du barème en vigueur en presse magazine.

En ce qui concerne les grilles des employés, techniciens, agents de maîtrise et cadres, le niveau 1 est lui aussi réhaussé à 1715 € bruts mensuels. S’agissant des niveaux 6 et suivants, il a été décidé de les revaloriser par un montant forfaitaire de 20 € bruts.

Certes, ces progressions de grilles de minima en presse spécialisée sont loin des demandes des partenaires sociaux, qui auraient souhaité un plus gros effort de la part des employeurs et des revalorisations touchant l’ensemble des indices des grilles.

Côté CFDT, on déplore en effet la « smicardisation » de la profession et poussons une revendication forte : pas de salaire en dessous de 2000 € brut mensuels pour les emplois qualifiés, ce qui inclurait les journalistes débutants du niveau 95.

Mais c’est pour les pigistes que cet accord sera le plus important, puisqu’ils voient le barème des piges, sur 2022, accru de 12,43 % pour les tirages supérieurs à 5000 ex et de 20,37 % pour les tirages inférieurs à 5000 ex. Dans le même temps, les journalistes des indices allant de 133 à 185 auront, eux, bénéficié de hausses de salaire entre +3,81% et 4,82%.

Plurimédia : constat de désaccord autour des NAO, mais une prime de partage de la valeur

  • Les NAO 2022 se concluent ce 10 novembre, sans trop de surprise à Plurimedia sur un constat de désaccord : aucune augmentation accordée et ce, pour la 4e année consécutive. Seule l’indemnité de télétravail est validée (par mois, 10€ pour 1 journée télétravaillée par semaine, 20€ pour 2, 30€ pour 3). Elle sera versée à partir de janvier, sans rétroactivité. Toutes les modalités de versement de cette prime ne sont pas encore définies (à suivre…).Une fois n’est pas coutume, il y a cependant une bonne nouvelle ! Par décision de l’entreprise, après demande de la CFDT en NAO et après information du CSE, une prime du partage de la valeur (Prime Macron) sera versée fin décembre avec une prise en compte de la rémunération, selon les modalités suivantes :
  • Pour les salaires compris entre 1 et 2 fois la valeur annuelle du Smic brut (soit entre 20 147€ et 40 295€ de salaire brut annuel) : 1250€ net. Cela représente 44% des salariés, pour un total de 18 personnes
  • Pour les salaires compris entre 2 et 3 la valeur annuelle du Smic brut (soit 40 294€ et 60442€ de salaire brut annuel) : 750€ net. Cela représente 46% des salariés, pour un total de 19 personnes.
  • Aucune prime pour les salaires au-delà de 3 fois la valeur annuelle du Smic. Cela représente 4 personnes.

Cette prime sera proratisée selon le temps de travail.

On déplore le fait qu’une nouvelle année se termine sans augmentation des salaires et on continuera d’insister sur la nécessité d’augmenter les salaires de manière pérenne et régulière, mais on veut croire que cette prime reconnaît le travail et l’investissement de chacun pour le maintien d’un travail de qualité.

Par ailleurs, la prolongation d’un an de l’accord sur le temps de travail (37 heures) a bien été signée ce matin par la CFDT, désormais seul syndicat représentatif de l’entreprise.

> A lire aussi : Agences de presse : pas d’accord sur les salaires

Voix du Nord : un plan social qui s’annonce d’une violence inédite

Dans une communication diffusée mardi 7 novembre 2022, l’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, SNJ-CGT et Filpac-CGT de La Voix du Nord (groupe Rossel), s’inquiète de la préparation d’un « plan social d’une violence inédite ! » :

Ce lundi, après une quatrième réunion de discussions, les grandes lignes du plan social se sont précisées. Il est d’une violence inédite et sans commune mesure avec celui de 2017.

Le seul objectif de la direction est de faire massivement des économies.
C’est une véritable saignée qui se prépare dans les effectifs. Au total, il est question d’une centaine de suppressions de postes, dont 70 chez les journalistes et la moitié des assistantes.

Egalement, sont prévues les fermetures du prémédia, de la centrale de réservation et la suppression d’une grosse partie
des services généraux. Quasiment tous les services de la rédaction sont concernés.

Pour la première fois, ce plan n’exclut pas des départs contraints. A cela s’ajoute une réorganisation complète des locales, en passant de 17 à 13 éditions. Par ailleurs, la direction souhaite externaliser une partie des tâches de la rédaction réalisées en locales au profit dune « agence de presse ». Un véritable point de blocage pour nous. Tout comme la suppression du bureau de Calais dans le cadre d’une mutualisation Nord Littoral/Voix du Nord. Une insulte pour l’équipe en place et tout le travail réalisé.

Enfin, nous a été présenté un projet de remaniement complet de la Métropole, totalement illisible, comprenant la suppression de 21 postes.
Evidemment, nous ne sommes pas d’accord avec la globalité de ce plan. L’heure est venue pour la direction de présenter de nouvelles propositions.

Nous vous tiendrons informés des évolutions.

Journée internationale contre les crimes commis contre les journalistes : Mettons fin à l’impunité !

La CFDT-journalistes s’associe à la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, ce 2 novembre 2022, à l’initiative de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) dont notre syndicat est membre en demandant l’adoption d’une Convention internationale. Nous rappelons également la trop longue liste des victimes françaises depuis plus de 30 ans.

En 20 ans, le nombre de journalistes tués dans le monde est supérieur à 1600, selon l’ONG Reporters sans frontières. En 2021, 48 journalistes et collaborateurs des médias ont perdu la vie dans l’exercice de leur métier. En cette fin d’année 2022, La FIJ a déjà recensé 59 meurtres de professionnels des médias en 2022, soit 12 de plus qu’en 2021.

Neuf meurtres sur dix sans justice

La Fédération internationale pointe notamment des pays tels que l’Afghanistan, la RDC, Haïti, l’Inde, le Mexique, le Kosovo, le Pakistan, la Palestine, les Philippines, la Russie, la Turquie, l’Ukraine et le Yémen, où les niveaux de violence contre les journalistes restent les plus élevés.

Malgré les nombreux protocoles, directives et propositions pour enrayer l’impunité, neuf meurtres de journalistes sur dix restent impunis.

Une convention pour renforcer la protection des journalistes

La FIJ et plus de 60 syndicats de journalistes et de médias, associations, médias et ONG du monde entier, dont la CFDT-Journalistes, appellent les gouvernements à soutenir l’adoption d’une Convention internationale des Nations Unies sur la sécurité et l’indépendance des journalistes et autres professionnel.le.s des médias pour répondre aux faiblesses et les lacunes du droit international humanitaire et des droits humains, ainsi que l’absence de mécanismes d’application efficaces.

La campagne a été officiellement lancée lors de la 51ème session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève le 30 Septembre.

Lire le projet de Convention internationale  

Nous prenons part à la campagne vidéo de la FIJ (notre intervention à 2mn55) :

Frédéric Leclerc-Imhoff tué en Ukraine

En France, ce 2 novembre 2022 est immanquablement marqué la guerre en Ukraine  et le décès de Frédéric Leclerc-Imhoff,mortellement touché au cou par un éclat d’obus. Après l’annonce de sa mort, le parquet national antiterroriste (Pnat) français avait annoncé l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre. Pierre Zakrzewski, qui travaillait pour Fox News, a aussi payé de sa vie le fait de couvrir l’invasion russe de l’Ukraine.

Nous avons choisi de dresser la liste des journalistes français tués (ci-après) depuis trente ans, comme la photographe Camille Lepage, Ghislaine Dupont et Claude Verlon de RFI ou encore le photoreporter Rémi Ochlik.

Les journalistes CFDT-Journalistes dirigent leurs pensées vers ces collègues, dont beaucoup étaient pigistes et précaires. Ils ne doivent pas être oubliés.

Changer la loi en France

Toujours en France, depuis la loi travail de 2016, lors de la révolte des Gilets jaunes en 2018 – 2019 ainsi qu’au quotidien ou lors d’enquêtes de fond, tout récemment, de nombreux journalistes ont été blessés. La CFDT-Journalistes demande un durcissement de la loi pour mieux protéger les confrères et travaille sur une proposition de loi depuis le printemps 2021, qui sera redéposée lors des Etats généraux du droit à l’information en décembre.

Les journalistes français tués depuis 1989 :

– 14 mars 2022 – UKRAINE – Pierre Zakrzewski, 55 ans, journaliste reporter d’images franco-irlandais spécialiste des théâtres de guerre et qui travaillait pour Fox News, est mort le 14 mars 2022 à Horenka, dans l’oblast de Kiev pendant l’invasion russe de l’Ukraine.

30 mai 2022 – UKRAINE –  Frédéric Leclerc-Imhoff, 32 ans, qui travaille pour BFMTV, se trouve dans un camion humanitaire près de Lyssytchansk dans l’est de l’Ukraine lorsqu’il est mortellement touché au cou par un éclat d’obus ayant transpercé le blindage du véhicule.

– 12 mai 2014 – CENTRAFRIQUE – La photographe Camille Lepage, 26 ans, est tuée dans une embuscade dans l’ouest du pays.

– 2 nov 2013 – MALI – Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes français de RFI âgés de 57 et 55 ans, sont tués à Kidal (nord) après avoir été enlevés alors qu’ils effectuaient un reportage.

– 24 fév 2013 – SYRIE – Olivier Voisin, reporter indépendant de 38 ans, meurt des suites de blessures, alors qu’il couvrait les opérations d’une katiba (groupe armé d’opposition) dans la région d’Idlib (nord).

– 17 janv 2013 – SYRIE – Yves Debay, 59 ans, journaliste français d’origine belge fondateur de la revue spécialisée Assaut, est tué par un tireur embusqué à Alep, dans le nord de la Syrie, où il était en reportage.

– 26 mars 2012 – SYRIE – Un journaliste indépendant franco-algérien Nassim Terreri, 32 ans, est tué au cours d’une attaque des forces syriennes à Darkush, à la frontière syro-turque.

– 22 fév 2012 – SYRIE – Le reporter photographe indépendant Rémi Ochlik 29 ans, est tué lors du bombardement d’une maison servant de centre de presse à Homs en même temps que la journaliste américaine Marie Colvin.

– 11 jan 2012 – SYRIE – Gilles Jacquier, 43 ans, grand reporter à France 2, est tué par un obus de mortier, à Homs, dans le centre du pays, lors d’un voyage encadré par les autorités syriennes.

– 17 jan 2011 – TUNISIE – Le photographe franco-allemand, Lucas Dolega, 22 ans, blessé le 14 janvier à Tunis par un tir de grenade lacrymogène par un policier tunisien alors qu’il couvrait les émeutes pour l’agence EPA, décède de ses blessures.

– 21 oct 2003 – COTE D’IVOIRE – Le correspondant de RFI, Jean Hélène, 50 ans, est abattu d’une balle dans la tête par un policier à Abidjan, alors qu’il attendait à proximité du siège de la police nationale la libération de onze opposants.

– 22 déc 2002 – KOWEIT – Patrick Bourrat, 50 ans, envoyé spécial de TF1, meurt au Koweit après avoir été blessé la veille lors de manoeuvres américaines, dans le cadre des préparatifs de guerre contre l’Irak.

– 11 nov 2001 – AFGHANISTAN – Johanne Sutton, 34 ans, de RFI et Pierre Billaud, 31 ans, de RTL, sont tués dans une embuscade des talibans, au nord-est de l’Afghanistan.

– 1er fév 1994 – ALGERIE – Olivier Quémeneur, 33 ans, travaillant pour la chaîne de télévision américaine ABC News, est tué dans un attentat perpétré dans la Casbah d’Alger, considérée comme un fief du Groupe islamique armé (GIA).

– 18 juin 1993 – SOMALIE – Un ingénieur du son de TF1, Jean-Claude Jumel, est tué par balle à Mogadiscio par des francs-tireurs.

– 5 oct 1993 – RUSSIE – Un caméraman de TF1, Yvan Skopan, 34 ans, blessé de plusieurs balles dans des affrontements deux jours plus tôt devant l’immeuble de la télévision russe, meurt à Paris, où il avait été rapatrié.

– 20 sept 1991 – CROATIE – Pierre Blanchet, 46 ans, du Nouvel Observateur, est tué par une mine qui explose sous sa voiture à Petrinja, près de Zagreb. Damien Ruedin, journaliste pour une radio suisse, trouve également la mort dans l’accident.

– 22 déc 1989 – ROUMANIE – Jean-Louis Calderon, 31 ans, grand reporter à Europe 1 puis à La Cinq, est écrasé par un char à Bucarest alors qu’il couvre le soulèvement en Roumanie.

Deux Français toujours disparus

On reste enfin sans nouvelles du caméraman Fred Nérac, 62 ans, et du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, 73 ans, portés disparus depuis 2003 en Irak pour le premier, 2004 en Côte d’Ivoire pour le second.

Un Français toujours otage

Olivier Dubois, 48 ans, était correspondant au Mali pour Le Point et Libération quand il a été enlevé le 8 avril 2021par le groupe djihadiste Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin.

 

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Crédit photo : Famille Leclerc-Imhoff

Agressions de journalistes : La CFDT-journalistes, solidaire des confrères, demande un durcissement de la loi

Des journalistes blessés et pris à partie alors qu’ils font juste leur travail, ça suffit !

La CFDT-journalistes apporte son plein soutien aux journalistes de Ouest-France et de France 3 Bourgogne-Franche-Comté qui ont été agressés ces derniers jours en reportage sur le terrain, et demande un durcissement de la loi pour mieux protéger les journalistes dans une France où les reporters sont de plus en plus la cible de violences, de menaces, de pressions et d’intimidations.

Les faits

Un journaliste de Ouest-France a été roué de coups alors qu’il couvrait, dans la nuit de vendredi 21 au samedi 22 octobre 2022, des faits de tirs de mortiers à Alençon, dans un quartier en proie depuis un an à des violences urbaines sur fond de trafic de stupéfiants. «Il prenait des images et des vidéos lorsque une quinzaine d’individus cagoulés l’ont pris à partie».

Notre confrère, frappé à coups de poing et de pieds alors qu’il était au sol, a reçu des points de suture à la tête et il s’est vu prescrire trois jours d’incapacité totale de travail.

Deux jours plus tôt, le mercredi 19 octobre 2022 au soir, deux journalistes de France 3 Bourgogne-Franche-Comté suivaient une équipe de militants écologistes qui venaient de saboter une opération d’abatage de loup par la préfecture du Doubs, lorsqu’ils ont été pris à partie par « une trentaine d’éleveurs des environ ».

Une tractopelle a déversé du fumier sur le chemin où étaient garés les véhicules des militants écologistes et de l’équipe de France 3. Les images diffusées par la chaîne montrent des hommes en colère s’en prendre à eux, en visant leur matériel, que l’équipe de France 3 tente de protéger. « Vous nous faites chier ! Fais gaffe à ta gueule (…) Foutez le camp de là », éructent les éleveurs.

Le journaliste reporter d’images qui tenait la caméra s’est vu prescrire dix jours d’interruption temporaire totale (ITT).

Il faut réviser la loi

Sur la base de la loi actuelle, les agresseurs des journalistes de Ouest-France et de France 3 ne seront pas jugés de la même manière car la loi est mal faite.

Si un journaliste n’est pas grièvement blessé (avec une ITT inférieure ou égale à 8 jours), comme c’est le cas du journaliste de Ouest-France, son agresseur ne risque qu’une amende courante de 750 € ; a contrario, les agresseurs du JRI de France 3 (10 jours d’ITT) relèvent, eux, immédiatement du délit avec à la clé une peine pouvant atteindre trois ans de prison et 45000€ d’amende.

La CFDT-journalistes demande que les journalistes soient ajoutés à la liste des professions entrant dans la qualification du délit de violences volontaires aggravées.

La CFDT-Journalistes travaille depuis un an et demi avec le député Belkhir Belhaddad à faire entrer les journalistes dans cette liste par le biais d’une évolution législative. Il a déposé une proposition de loi en décembre 2021 et s’apprête à redéposer sa proposition à l’occasion des États généraux de la presse, qui débutent en novembre.

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