Revigorantes 48h de la pige : notre récit !

Liberté. Légalité. Solidarité. La devise de la 11è édition des 48h de la pige, les 16 et 17 juin à Nantes, a donné le ton à cet événement national, organisé par l’association Profession : Pigiste, et dont la CFDT-Journalistes était partenaire.

200 pigistes venus de toute la France s’informer sur leurs droits, se ressourcer au contact de ceux qui vivent la même réalité professionnelle, partager leurs grands bonheurs de pouvoir pratiquer le journalisme tel qu’ils l’aiment, mais aussi leurs galères, combats et astuces.

Nous, CFDT-Journalistes, y tenions un stand. Ainsi nous avons pu répondre aux questions de pigistes confrontés à des baisses subites de tarifs, à la difficulté d’obtenir l’indemnisation d’un arrêt de travail, ou encore au paiement en facture ou droits d’auteur. Quelle joie de les sentir déterminés à faire valoir leurs droits, conscients des chemins ouverts par le syndicalisme, et de parler adhésion à la CFDT !

Nos jeux de vacances pour réviser ses droits

Nous avons pu y diffuser notre magazine Profession journaliste, tour d’horizon de nos revendications pour la profession, nos « Jeux de vacances de la pige », une série d’exercices pour réviser ses droits sur un mode ludique, du calcul savant de mathématiques pour savoir dans quel cas obtenir la carte de presse à la vérification de son bulletin de paie, ou encore nos éventails, fort appréciés sous la canicule !

Prendre le pouls des énergies et préoccupations

Quelle chance aussi de pouvoir saisir à leur contact leurs envies de journalisme, écologique, féministe, d’investigation… et de feuilleter quelques-uns de leurs livres, sur le stand dédié aux livres d’enquête écrits par des pigistes.

Les jeunes étaient nombreux, dont certains tout juste sortants de formation, ce qui est bon signe : ils n’attendent plus d’être confrontés aux difficultés mais se préparent à riposter.

Autre bon signe : la présence d’une DRH, celle de Mediapart, venue se former pendant deux jours, ainsi que de la nouvelle chargée des pigistes dans ce média, un poste récemment créé ! Qu’on se le dise !

La pige choisie pour pratiquer un journalisme soumis à moins de pressions

Mais, aussi, tendance notable : ils ne sont pas rares à avoir récemment choisi la pige pour gagner en liberté après une expérience en rédaction jugée harassante, en proie à un management violent, et où certains ont frôlé le burn-out. Ils trouvent ou pensent trouver dans la pige une façon de travailler plus équilibrée, quitte à gagner moins bien leur vie.

Ils sont tous lucides sur la précarité, le manque de reconnaissance, la difficulté à fidéliser les collaborations à la pige. Mais ils savent aussi pouvoir y prendre le temps de travailler correctement, sur des sujets qu’ils jugent importants, ce qui n’a pas de prix pour certains, à l’heure d’une profession de plus en plus sous contrainte. Certains aussi y trouvent un moyen d’entrer dans la profession sur le tard, après un premier métier.

A tous, nous adressons nos chaleureux encouragements !

Soyez fiers de vous et tenez bon !

Le témoignage des combats menés par la CFDT

Lors de la plénière “Des combats syndicaux, des victoires collectives”, notre militante Elise Descamps, secrétaire générale adjointe de la CFDT-Journalistes et pigiste en région, ainsi  que les représentants SNJ-CGT et SNJ-Solidaires, ont raconté comment nous avons, en intersyndicale, obtenu de grandes avancées depuis deux ans : l’abaissement du seuil d’ouverture des droits des pigistes aux arrêts maladie et maternité, le chômage partiel ou encore l’aide sociale Covid pour les pigistes ayant perdu des piges pendant la crise.

 

Lire aussi toutes nos actions menées pendant la crise, et notamment notre tableau récap des droits, notre calculatrice d’indemnité d’activité partielle, nos positions sur la grande commande photo

La voix singulière de la CFDT

Nous avons pu faire entendre notre petite musique : pourquoi nous avons été les seuls à ne pas signer la NAO de la presse spécialisée, pourquoi nous demandons de réaffecter les 10M€ d’aide sociale non attribuée à un plan de lutte contre le travail illégal, et comment parfois, faire partie d’un syndicat non corporatiste fait la différence, quand il s’agit de s’appuyer sur des militants non journalistes pour trouver le contact qui fera la différence dans telle administration.

Nous avons aussi rendu hommage à tous les représentants du personnel et délégués syndicaux en entreprise qui mènent un travail souvent ingrat et encouragé les pigistes à s’engager eux aussi pour affiner la connaissance de leurs problématiques et changer leur condition.

Nous n’avons pas vendu du rêve : le syndicalisme, ce sont des combats longs, fastidieux, qui aboutissent rarement à la victoire totale espérée, et chaque jour nos militants se demandent ce qui est juste et acceptable. Mais nous avons témoigné de notre travail honnête, sérieux, précis et pugnace au quotidien.

Obtenir sa carte de presse

Co-animateur de l’atelier « Obtenir la carte de presse », aux côtés d’un élu SNJ à la CCIJP, notre militant Yoann Labroux-Satabin, élu titulaire à la CCIJP, a expliqué les subtilités des critères d’attribution, afin que les entrants dans la profession ou ceux passant par des creux de la vague optimisent leurs chances de l’obtenir, en ayant toutes les clés en main. Le mot d’ordre : expliquer sa situation !

Exercez-vous avec notre jeux de vacances de maths ! et vérifiez votre réponse

A l’atelier « Podcast : connaître et faire respecter ses droits » nous avons mesuré le chemin restant à parcourir pour que ce secteur respecte les droits des pigistes et de tous les journalistes, souvent pas rémunérés comme tels.

 

Piger depuis l’étranger

A l’atelier « Piger depuis l’étranger », reposant sur les témoignages passionnants de Elodie Auffray (ex correspondante en Tunisie pour Libération, Le Temps, l’Express, Tour Hebdo) et Justine Fontaine (de retour du Chili), nous avons aussi pu apporter notre expertise sur les droits sociaux de ces pigistes dans l’angle mort de la protection sociale, expliquer pourquoi nous demandons une modification du code de la Sécurité sociale pour qu’ils puissent officiellement légalement cotiser en France, ou encore les inciter à demander une fiche de paie pour leurs missions de fixing, notamment pour que cela les aide à obtenir la carte de presse, comme nous le revendiquions lors des élections carte de presse.

Un sujet qui nous tient particulièrement à cœur, et sur lequel nous nous mobilisons depuis des années (relire notre enquête de 2019 notamment).

Nous avons, évidemment, eu une pensée spéciale pour Frédéric Leclerc-Imhoff, pigiste de BFM-TV tué en Ukraine, et Olivier Dubois, pigiste au Mali retenu en otage là-bas depuis 14 mois.

Hier, aujourd’hui, demain, la CFDT-Journalistes plus que jamais aux côtés et du côté des pigistes ! 

MILLE MERCI A PROFESSION PIGISTE D’ETRE CE PRECIEUX FEDERATEUR DES PIGISTES !

Faire de l’éducation aux médias et à l’information une grande cause nationale

Face à la déferlante de fausses informations et dans une adresse au Président de la République, les acteurs de l’éducation aux médias et à l’information, dont CFDT-Journalistes, signataire de l’appel,  tirent la sonnette d’alarme : il est urgent de mettre en place une véritable politique publique dans ce domaine et de donner aux acteurs de terrain les moyens d’agir enfin de manière concrète, coordonnée et efficace.

 

Monsieur le Président,

Le 24 avril, dès les premières minutes de votre réélection, vous avez choisi de traverser la foule entouré d’enfants, envoyant à tous vos concitoyens un message fort : votre nouveau quinquennat sera celui de la jeunesse. Cette jeunesse, vous voulez lui offrir un “monde meilleur” et “mieux la protéger”, dans une société de plus en plus fragmentée.

Mais cette jeunesse, qui devra affronter l’immense défi climatique et redonner un nouveau souffle à notre démocratie vieillissante, se trouve aujourd’hui désarmée face à un flot continu d’informations, de posts et de messages, dont elle peine à évaluer la fiabilité et la pertinence. Tous les jeunes Français ne disposent pas des outils pour se forger une opinion de manière éclairée et saine, ils sont entraînés dans des spirales dangereuses, pouvant mener à l’isolement et à la radicalisation.

Ce fléau touche toute la société : aucune classe sociale, aucune classe d’âge n’est épargnée. Aujourd’hui, un Français sur trois souscrit à une théorie conspirationniste. Les croyances prennent le pas sur la rationalité. Nombreux sont nos concitoyens qui s’éloignent de la médecine et de la science. La confiance dans les médias et les institutions est au plus bas, ce qui met directement en danger notre démocratie.

Nous, journalistes, éducateurs, enseignants, chercheurs, formateurs, vulgarisateurs, agissant sur le terrain, côtoyons tous les jours des publics en désarroi. Et nous sommes extrêmement inquiets.

A l’école, des millions d’élèves quittent leur établissement sans avoir acquis les compétences indispensables à l’exercice de leur citoyenneté à l’ère numérique. Les enseignants ne bénéficient pas tous de la formation adéquate pour éveiller l’esprit critique des élèves. Souvent, l’éducation aux médias et à l’information, inscrite dans les programmes mais sans heures dédiées, relève de seules initiatives individuelles. Le manque de moyens et de ressources qui lui sont alloués est criant.

Hors l’école, malgré l’investissement de certains ministères, le soutien aux acteurs de terrain reste irrégulier et incomplet. Des dizaines d’associations, de lieux de savoir et de culture, d’entreprises et de citoyens engagés se battent pour défendre la qualité de l’information et aiguiser l’esprit critique des Français. Mais cet engagement est réparti de manière inégale sur le territoire, au point que la fracture informationnelle vient aujourd’hui aggraver les fractures sociales et économiques existantes.

M. le Président, la défaillance de l’Etat sur le sujet a un coût : les plateformes, en grande partie responsables du problème, s’engouffrent dans ce créneau, au détriment de l’indépendance et de la pluralité médiatique, sans autre garantie de qualité que leurs propres critères.

Nous, acteurs et artisans de l’éducation aux médias et à l’information au quotidien, formons aujourd’hui une coalition riche, diverse et inclusive. Nous voulons construire ensemble une action coordonnée et réellement efficace sur l’ensemble du territoire.

Monsieur le Président, la situation exige d’élever l’éducation aux médias et à l’information au rang de grande cause nationale.

Pour que cela se traduise concrètement, nous vous demandons de créer sans délai un “fonds éducation aux médias et à l’information”. Ce fonds pourrait être financé par l’Etat et par une fraction de la taxe sur les entreprises numériques. Il permettrait de soutenir les acteurs de terrain, en relation directe avec les pouvoirs publics et les élus, à l’échelle nationale et locale.

La mise en place d’une véritable politique de l’éducation aux médias et à l’information ne pourra se faire qu’à ce prix. Cet investissement constitue une formidable opportunité pour la France. Un immense espoir pour cette jeunesse qui nous tient tant à cœur. Ensemble, nous placerons la France à la pointe de la lutte contre la désinformation et la manipulation en ligne et nous façonnerons une véritable citoyenneté à l’ère numérique, partout et pour tous.

M. le Président, la France a la chance de compter d’innombrables acteurs de terrain mobilisés pour faire de notre pays une nation éclairée et ressoudée. Il faut que la volonté politique soit au rendez-vous. Le défi est immense.

Etes-vous prêt à le relever ?

Si vous souhaitez soutenir cet appel : c’est ici

 

NAO décevante à Bayard : débrayage flash !

Sept minutes de rassemblement pour 7% d’inflation attendue avant la fin de l’été. Ce fut un succès hier, mardi 7 juin, à Bayard Presse, au débrayage flash lancé par l’intersyndicale. Près de 160 salariés sont descendus juste après la pause déjeuner protester contre la dernière proposition de la direction en NAO (négociation annuelle obligatoire, c’est-à-dire les hausse collectives des salaires). Les applaudissements étaient nourris pour encourager les syndicats à ne pas signer si la NAO restait ainsi bloquée.
Dernière proposition de la direction : 50€ pour les salaires jusqu’à 3 000€; 35€ jusqu’à 4 000€. Rien au-delà. Or 7 % d’augmentation (l’inflation attendue) pour un salaire brut de 2 000 €, cela fait 140 € brut d’augmentation. Pour un salaire brut de 3 000€, cela fait 210€.  On est loin du compte. https://wordpress.com/view/cfdtbayard.wordpress.com.
L’autre actu à Bayard, ce sont les élections CSE dont le scrutin ouvre ce jeudi 9 juin. 
La liste des candidats :
Ecoutez des témoignages d’élus sortants sur la playlist Soundcloud de la section : https://soundcloud.com/cfdtbayard/sets/elections-cse-bayard-2022-temoignages-d-elus
https://soundcloud.com/cfdtbayard/fred-thiollier?in=cfdtbayard/sets/elections-cse-bayard-2022-temoignages-d-elus&utm_source=clipboard&utm_medium=text&utm_campaign=social_sharing

EBRA – Droits voisins, droits d’auteur : la CFDT ne laissera pas les journalistes se faire dépouiller !

En diffusant une communication à l’ensemble des journalistes sur une discussion en cours, la DRH du groupe EBRA tente de torpiller la négociation…

Ce mercredi, les journalistes du groupe EBRA ont reçu par mail un texte émanant de la direction EBRA, vantant l’avancée de la négociation sur les droits d’auteur et droits voisins, alors que nous
arrivons à peine à la moitié du temps de la discussion.

750 € de droits d’auteurs, 200 € de droits voisins (en brut) chaque année pour chaque journaliste. De quoi être satisfait, vu comme ça. Las, en connaissance des vrais chiffres, le rendu n’est plus le même…

En prenant la distance nécessaire que ne dévoile pas la directrice des ressources humaines du groupe EBRA, on s’aperçoit que la somme allouée pour les droits voisins est (très) loin de la notion de “redistribution équitable” entre le groupe et ses journalistes de la manne versée annuellement à EBRA par Facebook et Google.

Sans dévoiler les sommes (confidentielles), quand la CFDT préconise une redistribution de l’ordre des 40% pour les journalistes, EBRA dépasse à peine les 15%…

Et puis, si l’on prend encore un peu plus de recul, et puisque la direction générale s’arroge le droit de divulguer les chiffres en cours de négociations sans en informer les partenaires sociaux, soyons transparents.

Lors de la dernière journée de négociation parisienne, alors que les organisations syndicales étaient vent debout contre les sommes dérisoires proposées par EBRA, Valérie Noël a été claire : « Si nous rompons les négociations, moi ça me va, mais qui ira d’entre vous ira dire aux journalistes qu’ils n’auront pas ces 900 € ? »

En dévoilant à tous cette somme, elle tente de torpiller la négociation car maintenant, ce sera la faute à qui si les journalistes ne voient pas arriver ces 900 € sur leur compte en banque ?…

La CFDT ne cèdera pas face à cette tentative d’intimidation.

Non, le compte n’y est pas en ce qui concerne les droits voisins !
Non, le compte n’y est pas non plus au niveau des droits d’auteur, depuis qu’on demande aux journalistes du groupe EBRA de multiplier leurs productions audiovisuelles et numériques !
Et non, la négociation sur le volet financier n’est pas terminée !

Paris, le 2 juin 2022

Journalistes : quand arrive le courrier de l’Urssaf du Limousin… pas d’inquiétude !

 C’est LE truc qui suscite bien des questions des collègues, qui n’y comprennent rien, quand arrive dans la boîte aux lettre le fameux courrier de l’URSSAF du Limousin adressé aux auteurs… Vous l’avez aussi ? Pas de panique… tout est normal !

L’Urssaf assure désormais la collecte de l’ensemble des cotisations et contributions sociales dues par les artistes-auteurs, en lieu et place de la Maison des artistes (MDA) et de l’Agessa. En effet les journalistes sont des auteurs qui peuvent percevoir des droits d’auteurs par leur employeur conformément à un accord d’entreprise (accord Hadopi), ou par la Scam, dans le cadre de la copie privée numérique et de reprographie (en presse écrite) ou pour la réexploitation de leurs œuvres (dans l’audiovisuel). Or toute rémunération obtenue dans le cadre d’un travail fait l’objet de cotisations et de contributions de Sécurité sociale auprès de l’Urssaf Limousin (Urssaf dédiée au régime social des artistes-auteurs).

L’employeur (considéré comme diffuseur) et les divers Organismes de gestion collective (OGC) des droits des auteurs (Scam, Saif) ont l’obligation, par le précompte des cotisations et contributions sociales prélevées sur la rémunération de l’auteur, de déclarer le journaliste en tant qu’auteur à l’Urssaf Limousin. C’est à partir de ces déclarations que l’Urssaf Limousin envoie une demande d’immatriculation, puis, tous les ans, une déclaration sociale de revenus à remplir. C’est une obligation depuis 2019.

Normalement, tant votre employeur que la Scam règlent directement les cotisations (le précompte) à l’URSSAF, vous ne devriez donc n’avoir rien à payer.

La déclaration est cependant impérative. Elle sert à :

  • vérifier que tous vos débiteurs ont bien réglé les cotisations sociales sur vos rémunérations lorsque vous êtes exclusivement précompté (et donc leur demander de régulariser si ce n’est pas le cas)
  • calculer vos appels de cotisations sociales si vous êtes déclaré fiscalement en BNC et que vous avez renoncé au précompte de vos cotisations sociales (dispense de précompte)
  • vous ouvrir des droits à la retraite et aux indemnités journalière de la sécurité sociale en cas de maladie, maternité, invalidité, si toutefois vous atteignez les seuils et que vous ne les atteignez pas au régime des salariés
  • demander un remboursement de certaines cotisations si vous dépassez le plafond de la sécurité sociale (il y a donc de l’argent à la clé !)

Si vous ne vérifiez pas votre déclaration préremplie et si vous ne déclarez aucune activité artistique en tant que bénéfice non commercial (BNC), votre déclaration sera validée automatiquement, sans savoir si elle est correcte ou pas.

Alors n’attendez plus, vous avez jusqu’au 19 juin pour vous connecter à https://www.artistes-auteurs.urssaf.fr !

Consultez notre Mode d’emploi !

Pour en savoir plus sur les droits d’auteur :

Lisez notre page Mode d’emploi avec :

  • un tuto pour vous aider à vérifier votre déclaration préremplie
  • une foire aux questions sur les droits d’auteur des journalistes
  • un tableau récapitulatif des droits d’auteur des journalistes

 

Et consultez le site de l’Urssaf du Limousin !

https://www.urssaf.fr/portail/home/espaces-dedies/artistes-auteurs-diffuseurs-comm/vous-etes-artiste-auteur.html

 

 

Communiqué : Le journaliste Frédéric Leclerc-Imhoff (BFMTV) tué en reportage en Ukraine

Les organisations syndicales de journalistes SNJ – SNJ-CGT – CFDT-journalistes – SGJ-FO ont appris avec douleur la mort de leur confrère Frédéric Leclerc-Imhoff, tué ce lundi 30 mai en Ukraine.

Ils présentent leurs plus sincères condoléances à sa famille et ses amis, et partagent l’immense peine des collègues de Frédéric.

Journaliste reporter d’images, Frédéric Leclerc-Imhoff, âgé de 32 ans, travaillait pour la rédaction de BFMTV en tant que pigiste. Envoyé spécial en Ukraine sous contrat CDD, il effectuait un reportage dans la région de Severodonetsk quand il a été mortellement touché par un éclat d’obus. Il était accompagné par notre confrère Maxime Brandstaetter, qui travaille pour la même rédaction, et par Oksana Leuta, leur fixeuse. Maxime Brandstaetter a été blessé mais ses jours ne sont pas en danger.

Les syndicats SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO exigent que les autorités mettent tout en oeuvre pour éclaircir au plus vite les circonstances précises de ce drame.

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, en février, au moins 8 journalistes ont été tués en reportage. Cette spirale meurtrière contre les professionnels de l’information est insoutenable.

Réunis au 31e congrès mondial de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) à Mascate (Oman) du 31 mai au 3 juin, le SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes et SGJ-FO demandent donc de soutenir le projet de convention internationale des Nations Unies pour la protection des journalistes et des professionnels des médias, présenté par la FIJ, forte de ses 600 000 adhérents dans 150 pays.

Les auteurs des crimes qui visent des reporters de guerre ne peuvent rester
impunis.

Paris, le 30 mai 2022.

Communiqué : Laissez à « La Provence » une chance d’avoir un repreneur qui connaisse son métier !

La section CFDT de La Provence tire la sonnette d’alarme ! Non, nous ne partageons pas l’avis de ceux qui veulent à tout prix être rachetés par le transporteur maritime marseillais CMA CGM !

Les derniers rebondissements, dans le dossier de reprise du quotidien régional qui compte avec l’ensemble de ses filiales, 850 salariés, nous renforcent dans nos craintes, pour l’indépendance éditoriale du titre et la pérennité de notre activité, notamment industrielle.

Depuis six mois la CFDT se bat pour que la seule offre émanant d’un groupe de presse, de surcroît déjà détenteur de 11 % du capital de l’entreprise, ne soit pas écartée.

Depuis six mois tout est fait que pour CMA CGM l’emporte.

Certes, une majorité d’élus du personnel ont émis un avis favorable, quoique teinté de nombreuses réserves, à cette offre. Pas la CFDT ni ses alliés. Ni les salariés eux-mêmes, dont bon nombre regrettent de ne pas avoir été directement consultés sur les deux offres.

La CFDT craint pour l’indépendance éditoriale du journal quand elle voit l’appel des organisations patronales du territoire à soutenir CMA CGM.

La CFDT craint pour la pérennité de l’imprimerie que le transporteur maritime, en l’occurrence totalement inexpérimenté en matière de presse, prévoit d’installer à Marseille, alors que NJJ avait le projet, depuis 2019 déjà, de construire une imprimerie commune à La Provence et Nice Matin, laquelle s’assurerait des volumes conséquents.

La CFDT s’interroge, lorsqu’elle apprend que l’ancien ministre des Transports devait intégrer le management de CMA CGM, s’il n’avait pas été retoqué par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, tant ce pantouflage pose question sur les liens entre le monde politique et cet investisseur potentiel.

La CFDT s’interroge aussi, quand elle voit le «passage en force», de CMA CGM et du liquidateur, aux intérêts conjoints, pour faire agréer l’offre de l’armateur par le conseil d’administration de La Provence.

La CFDT, qui sait être un syndicat offensif dans les filiales de Xavier Niel, notamment de téléphonie, pour défendre les droits des salariés, comprend qu’il engage aujourd’hui des recours contre la décision du conseil d’administration de La Provence d’agréer l’offre de CMA CGM tant les circonstances dans lesquelles cet agrément a été obtenu suscitent de questions auprès des juristes que nous avons consultés.

Si ce dossier dure depuis trop longtemps, la CFDT ne cédera pas au chantage au dépôt de bilan.

Avoir besoin d’un nouvel élan, ce n’est pas forcément se précipiter dans les bras d’un repreneur qui a su convaincre, en annonçant des investissements (réalisés en partie avec l’argent dont La Provence dispose sur ses comptes), en promettant la pérennité des emplois ou en prévoyant de la croissance.

Si la majorité des représentants du personnel a émis un avis favorable sur cette offre tout en émettant de nombreuses réserves étayées par le rapport du cabinet Sécafi, il n’en demeure pas moins que de très nombreux salariés sont intéressés par la perspective d’intégrer un groupe de presse, déjà détenteur d’une stratégie de développement et qui jusqu’ici n’a rien à se reprocher en ce qui concerne le respect des lignes éditoriales de ses titres.

Non, La Provence, qui vient de vendre son siège social, n’est pas au bord du dépôt de bilan.

La CFDT a d’ailleurs demandé à sa direction de continuer à investir, en utilisant la trésorerie constituée par la vente du siège social, notamment dans un nouvel outil informatique. Mais n’a pas été entendue.

Au sein du journal, tous les salariés sont au travail, à leur tâche, nous avons des équipes compétentes qui peuvent faire des choix d’investissement et l’actionnaire minoritaire peut être sollicité pour les soutenir. Il n’y a donc pas urgence, comme veulent le faire croire les défenseurs de l’offre de CMA CGM.

Les défenseurs de l’entreprise, et de ses 850 salariés, dont la CFDT fait partie, eux, veulent que le choix du repreneur se fasse sur des critères de pérennité et d’indépendance de l’activité.

Jusqu’à présent les liquidateurs en charge du dossier ont eu tout loisir d’engager des procédures pour permettre à l’offre de CMA CGM d’être agréée. Maintenant, l’autre repreneur, seul groupe de presse à s’être positionné, doit pouvoir bénéficier des mêmes droits.

Mobilisation le 28 juin pour la défense de l’audiovisuel public

A l’appel de l’intersyndicale CFDT, CGT, FO et SNJ, l’ensemble des salariés de l’audiovisuel public sont invités à cesser le travail à partir du 28 juin 2022 à minuit pour de 24 heures afin de « sauver l’audiovisuel public ».

La suppression de la redevance, « seul mode de financement pérenne garantissant l’indépendance de l’audiovisuel public » selon les syndicats, fait planer sur ce secteur des menaces sérieuses : privatisation de France 2, fusions France 3 / France Bleu, filialisation de La Fabrique, fusions suivies de licenciements sont ainsi parmi les hypothèses sur la table, menaçant la diversité culturelle et le pluralisme dans notre pays.

L’enjeu est considérable et « la perspective du démantèlement au profit d’un secteur privé où règnerait les milliardaires des médias est insupportable (…) Les Citoyens n’ont jamais autant eu besoin d’une information indépendante et pluraliste avec des contenus qui échappent à la mainmise des plateformes mondialisées (…) Supprimer la redevance, ressource affectée, c’est précariser et paupériser l’audiovisuel public en le basculant sur le budget général de l’Etat en simple supplétif du secteur privé. »

Pour la mise en place d’une taxe universelle

Les syndicats revendiquent la mise en place d’une taxe universelle affectée à l’audiovisuel public inspirée du modèle Allemand et dont le rendement serait au moins équivalent au montant actuel de la redevance ; une indexation de cette taxe sur l’inflation assortie d’un plan pluriannuel d’évolution sur cinq ans via un Contrat d’objectifs et de moyens ; des orientations stratégiques permettant au service public de se développer plus amplement encore sur le numérique ; et un financement pour lutter contre les fake news et défendre un journalisme exigeant et indépendant, afin de protéger notre modèle démocratique.

La grève du 28 juin sera accompagnée d’un rassemblement à Paris.

Jusqu’au 15 juillet, pigistes et CDD ayant subi la crise en 2021 doivent demander l’aide sociale !

Le 16 mai a ouvert la plateforme en ligne du ministère de la Culture dédiée à recueillir jusqu’au 15 juillet les dossiers de demande d’aide sociale des pigistes ET journalistes en CDD ayant subi des baisses de revenus entre 2019 (année de référence avant Covid) et 2021 (année Covid). L’année 2020, elle, a déjà été traitée.

FAITES PASSER LE MESSAGE, C’EST IMPORTANT !

Il y a 14,5M€ à distribuer. Pour l’année 2020 il y avait autant mais seuls 3,8M€ ont été attribués non seulement car il y a des critères restrictifs mais aussi car trop peu de pigistes l’ont demandé. Le problème classique de non recours aux droits. La population des pigistes/CDD s’y prête particulièrement car très éclatée, isolée, peu syndiquée, et il n’existe pas de fichier national des pigistes. Au final seuls 935 pigistes ont reçu cette aide. Pourtant, cela valait la peine : 4000 euros d’aide par personne en moyenne puis 3200 pour la séance de rattrapage.

 

Nous vous invitons donc à étudier si vous faites partie des personnes éligibles et à déposer votre dossier. En cas de doute sur votre éligibilité nous vous encourageons à déposer de toute façon votre demande.

Vous n’êtes ni pigiste ni en CDD ? Nous vous invitons à faire connaitre ce dispositif autour de vous !

Les critères sont (entre autres, voir tous les critères en ligne  https://aide-pigistes-covid.fr)

  • Au moins 5 bulletins de paie en 2019, tous employeurs confondus
  • Au moins 3 000€ brut de piges ou de CDD en 2019 (en salaire, pas de facture d’autoentrepreneur ou de droits d’auteur), tous employeurs confondus. Les CDD ne sont pris en compte que s’ils ne constituent pas au cumulé un temps complet annuel (1607 heures).
  • Revenus de piges/CDD ayant baissé entre 2019 et 2020 (avis d’impôt faisant foi), tous employeurs confondus

Le dossier de demande est à compléter ici : https://portail.aide-pigistes-covid.fr/cp/272470-inRO85f4iUJSlkQjJAW8uORvFAF8GP

 

Pour toute demande d’info vous pouvez contacter le pôle pigistes CFDT national : pigistes@f3c.cfdt.fr

 

Pour rappel, cette aide sociale a été obtenue en 2021 suite aux revendications des organisations syndicales de journalistes face aux nombreux cas de journalistes précaires ayant été les premiers à être privés d’emploi quand la crise sanitaire a réduit les paginations, actus, budgets… et que les employeurs n’ont pas suffisamment joué le jeu du chômage partiel.

Lire notre présentation de ce dispositif

 

Pour rappel aussi, la CFDT-Journalistes demande que le solde de l’enveloppe dédiée à l’aide sociale pour l’année 2020, et non consommée (un peu plus de 10M€) soit réaffecté à un plan d’éradication de la précarité dans les médias sur la durée du quinquennat.

Lire notre revendication d’un plan à 10M€

Lire toute notre action menée auprès des précaires pendant la crise sanitaire

Droits voisins : l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, SNJ) des journalistes demande l’ouverture de négociations de branche

L’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, SNJ) des journalistes vient de faire parvenir un courrier aux organisations patronales pour leur demander d’ouvrir des négociations de branche sur les droits voisins. Au-delà des négociations d’entreprises, il nous semble en effet indispensable de fixer un cadre au niveau des branches afin de permettre à l’ensemble des journalistes de percevoir la part « appropriée » et « équitable » qui leur revient.

La directive européenne 2019/790 du 17 avril 2019 et la loi 2019-775 du 24 juillet 2019 créant un droit voisin au profit des agences de presse et des éditeurs de presse précisent en effet qu’une part appropriée des sommes collectées doit être reversée aux journalistes professionnels et autres auteurs.

Cette même loi indiquait aussi que les négociations avec les journalistes devaient être engagées au plus tard six mois après sa promulgation, à savoir en janvier 2020.

Les retards enregistrés ne doivent pas être un obstacle à leur ouverture, bien au contraire. Le texte de loi adopté par le parlement français indique que les éditeurs peuvent confier leurs intérêts à une société de gestion collective. Il s’agit bien évidemment de leur permettre de présenter une capacité de négociation suffisante face aux géants du numérique. Les organisations représentatives des journalistes ont pris acte avec intérêt de l’initiative de nombreux éditeurs de créer un tel OGC avec la création de DVP dont la présidence a été confiée à Jean-Marie Cavada. Tout ceci nous semble très positif. Cependant, le parallélisme des formes aurait dû conduire le législateur à aller jusqu’au bout de cette logique et à confier également à un OGC la gestion de la part appropriée et équitable revenant aux journalistes et autres auteurs qui, toutes choses égales par ailleurs, se trouvent, vis-à-vis des éditeurs dans la même situation inégale que ceux-ci face aux GAFA.

Les organisations syndicales entendent par conséquent demander au parlement d’amender en ce sens la loi de juillet 2019 afin de corriger ce déséquilibre structurel.

En attendant, les dispositions de la loi prévoyant des négociations au niveau de l’entreprise ne permettent pas de répondre aux objections formulées ci-dessus. C’est pourquoi CFDT-Journalistes, SGJ-FO, SNJ-CGT et SNJ demandent l’ouverture de discussions de branches afin de trouver un accord au plan national en fonction des formes de presse permettant de garantir aux journalistes, la part du droit voisin qui leur revient, sera effectivement « appropriée et équitable », même dans les petites publications dépourvues de représentation syndicale, voire d’IRP.

Cela permettra également de ne pas léser les auteurs les plus précaires, tels les journalistes pigistes multi-employeurs ou les correspondants locaux de presse, qui fournissent une part importante des contenus.

Cet accord de branche devra établir le cadre et le mécanisme de la répartition, notamment en validant le principe de la rémunération proportionnelle, seule à répondre à la définition légale, s’agissant de sommes par nature évolutives et dont la loi fait obligation aux géants du numérique d’assurer une information transparente à l’égard des éditeurs, ainsi qu’à ces derniers à l’égard des journalistes et autres auteurs.

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