Le congrès de la CFDT a eu lieu à Bordeaux du 22 au 26 juin en pleine période caniculaire. De nombreux enjeux étaient au cœur des débats des 3000 congressistes et 900 syndicats. La résolution revendicative générale, dont le fil rouge est la défense de la démocratie, a été très largement votée.
Son chapitre “Donner aux travailleurs et aux travailleuses les moyens d’agir pour une transition écologique juste au travail” (pages 21 et 22 de la résolution) revendique:
- que les changements soient conçus et mis en œuvre avec et par les travailleurs, en mobilisant notamment le dialogue professionnel,
- la mise en place d’une négociation obligatoire d’un accord de transition écologique dans toutes les entreprises et administrations,
- que les accords de Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) et les accords sur le Gestion des emplois et des parcours professionnels et sur la mixité des métiers (GEPPMM) intègrent les transformations liées à la transition écologique
- le renforcement des plans de formation, ciblés sur les métiers qui accélèrent la transition écologique
- que les élu·es des CSE et comités sociaux des fonctions publiques puissent évaluer les conséquences environnementales des projets de transformation sur lesquels ils sont consultés, y compris lorsqu’un PSE est engagé.
- que les fonds d’épargne salariale proposés soient socialement et environnementalement responsables, notamment ceux labellisés par le Comité intersyndical de l’épargne salariale (CIES).
- l’obligation du reporting de durabilité dans toutes les entreprises de plus de 500 salariés, en y associant les administrateurs et administratrices salariés et représentants du personnel
- l’extension du devoir de vigilance à un plus grand nombre d’entreprises, pour les responsabiliser sur leurs impacts environnementaux et sociaux dans toute leur chaine de valeur, en associant les représentants du personnel.
- dans l’ensemble des marchés publics, s’assurer que les procédures d’attribution intègrent des clauses sociales et environnementales
- face aux aléas météorologiques et à la dégradation environnementale du cadre de vie, que soient mis en place de nouveaux droits, tels qu’une absence autorisée ou encore une adaptation des horaires, inscrits dans le Code du travail et dans le Code de la fonction publique pour aider les travailleurs à faire face à ces difficultés.
D’autres chapitres abordent l’environnement. Par exemple au sujet de l’IA, “Nous demandons aux entreprises et administrations qui utilisent des outils intégrant de l’IA et/ou des systèmes d’IA de s’engager dans une démarche de choix de sobriété numérique visant à limiter la consommation d’énergie et d’eau et de rendre compte publiquement de l’empreinte environnementale numérique de leur SIA selon des critères de transparence obligatoires, d’appliquer des normes de durabilité et de veiller à ce que l’adoption des SIA ne compromette pas ou n’annule pas les politiques climatiques existantes.” Celui sur la reconnaissance de la pénibilité : “La reconnaissance de la pénibilité devra intégrer les effets du changement climatique sur les conditions de travail, notamment pour les métiers exposés aux fortes chaleurs et aux risques environnementaux”
Parmi les 12 débats soumis au vote, la création d’une sixième branche de la sécurité sociale “Conditions de vie et transition écologique” a été débattue et acceptée à 56,37%. « C’est une branche vigie qui doit veiller à ce que l’ensemble des autres branches traitent de la question du risque climatique », a expliqué la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon. Elle n’entraînerait donc pas de nouveaux financements, ni de nouvelles prestations, s’assurerait que l’impact du changement climatique est bien pris en compte à la juste hauteur en termes d’organisation, par exemple de soins, de remboursement des conséquences des coups de chaleur, etc.
Le dossier politique sur la transition écologique juste au sein de la CFDT a été confié à Jérôme Morin, nouvellement élu à la commission exécutive, et ancien secrétaire général de la Fédération Conseil Communication Culture.
Lire aussi le rapport d’activité de l’action confédérale “Au travail pour le climat”

