Le groupe EBRA confond règlement intérieur et charte déontologique

Partagez sur vos réseaux

Règlement intérieur copié-collé du monde bancaire, mention des clients et non lecteurs, notions de déontologie qui devraient faire l’objet d’un texte distinct, demande aux journalistes de déclarer leurs activités extérieures… pour la CFDT, le règlement intérieur du groupe EBRA ne passe pas !

 

Dans les différents CSE du groupe Ebra (L’Alsace, Le Bien Public, Le Dauphiné Libéré, Les Dernières Nouvelles d’Alsace, L’Est Républicain, Le Journal de Saône-et-Loire, Le Progrès, le Républicain Lorrain et Vosges matin) les directions ont présenté un règlement intérieur qui est un copier-coller d’un texte issu du monde bancaire (Le Crédit Mutuel est propriétaire du groupe).

Un exemple parmi tant d’autres : on y parle de clients et jamais de lecteurs. Mais plus inquiétant encore est le contenu d’une annexe relative aux devoirs des journalistes, appelée « code de déontologie », où sont affirmées de curieuses recommandations et cités des extraits de la « Déclaration des devoirs et des droits des journalistes de Munich » souvent sortis de leur contexte et incomplets. Un exemple parmi d’autres : les notions de “ liberté d’information du journaliste”,  de “devoir de défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique” ne sont pas abordées.

Pour cette raison, les élus CFDT n’ont pas donné d’avis favorable à ce texte.

Un règlement intérieur doit rester un règlement intérieur

La CFDT Journalistes rappelle qu’un règlement intérieur a seulement pour objet de préciser la réglementation en matière d’hygiène et de sécurité ; de déterminer les règles générales relatives à la discipline ainsi que la nature et l’échelle des sanctions applicables, de rappeler les dispositions relatives à l’interdiction du harcèlement sexuel et de toute pratique de harcèlement moral, etc.

Concernant la déontologie des journalistes, la CFDT demande tout simplement que soit respectée la « Déclaration des devoirs et des droits des journalistes de Munich” (1971) en l’intégrant à chaque charte de déontologie… si celle-ci n’est pas encore mise en place dans les entreprises du groupe (loi Bloche de 2016).

Atteinte à la vie privée

Autre point inquiétant, il est noté dans le règlement que : “Dans le cas où une activité lucrative ou non, extérieure à son activité de journaliste dans l’entreprise, est susceptible de porter atteinte à sa crédibilité et à son indépendance, le journaliste est tenu d’alerter sa rédaction en chef pour que celle-ci puisse mettre en place avec lui les mesures adéquates pour préserver son intégrité professionnelle et sa liberté individuelle.”

Qu’entend la direction d’EBRA par une activité qui “est susceptible de porter atteinte à la crédibilité ou l’indépendance” : faire partie d’une association, d’un syndicat, d’une fédération de sport, etc. Sont-ce des activités entrant sous le coup de cette obligation ?

La formulation est tellement générale qu’à sa lecture, on peut penser que toute activité publique, associative, politique, ou autre du journaliste devrait être connue de l’employeur, ce qui constituerait une atteinte à la vie privée !

Lire le tract intégral de la CFDT EBRA

Une réflexion sur « Le groupe EBRA confond règlement intérieur et charte déontologique »

  1. Ça progresse… Mais cette position omet d’exiger, tout simplement, le respect de la loi Bloche : une charte déontologique négociée au sein de chaque entreprise. La déclaration de Munich ne suffit pas, même si c’est la référence habituelle du SNJ. En outre, c’est à la déclaration de Tunis qu’il faudrait plutôt faire référence, car c’est la dernière en date à avoir été approuvée par la CFDT (et par la FIJ).

    (Accessoirement, « pour toutes ces raisons » serait mieux venu que « Pour toutes ses raisons ». Quant au « respect » dû aux banquiers, bof…)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *