Logiciel espion Pegasus : face aux ingérences, redoublons de vigilance !

La CFDT-Journalistes, membre de la Fédération international des journalistes, partage son communiqué :

Le logiciel espion Pegasus a ciblé plus de 180 journalistes, selon un rapport mondial

Bruxelles, 19 Juillet 2021 – Un rapport publié le 18 juillet par Forbidden Stories, une plateforme collaborative de journalistes, révèle qu’au moins 180 journalistes dans le monde ont été espionnés à l’aide du logiciel Pegasus développé par la société israélienne de cybersurveillance NSO et vendu à un certain nombre de clients, dont des États.  La Fédération internationale des journalistes (FIJ) condamne fermement toute tentative d’ingérence dans les communications privées des journalistes, encourage les journalistes à faire preuve d’une vigilance accrue pour protéger leurs données et appelle les gouvernements à inscrire dans leur législation nationale l’inviolabilité des communications des journalistes.

Parmi les personnes qui ont été la cible de ces opérations d’espionnage mondial figurent aussi des défenseurs des droits de l’Homme, des opposants politiques, des avocats, des diplomates et des chefs d’État, révèle le projet Forbidden stories.

La liste des 180 journalistes visés comprend notamment des reporters de plateformes médiatiques mondiales, ainsi que des journalistes indépendants qui semblent avoir été ciblés par des régimes déterminés à découvrir leurs sources, à saper leurs recherches et, dans certains cas, à mettre fin à leurs reportages.

Les révélations concernant l’utilisation du logiciel Pegasus de NSO pour espionner les journalistes montrent la profonde vulnérabilité de la liberté des médias et illustrent une grave violation du droit du public de savoir.

Tim Dawson, président du groupe d’experts de la FIJ sur la surveillance, a déclaré : « Le logiciel Pegasus est utilisé comme un algorithme pour saper la démocratie. Les contacts confidentiels constituent la base du bon journalisme – celui qui dénonce le gaspillage, l’incompétence et la corruption. La confidentialité des communications des journalistes, que ce soit par courriel, messagerie ou téléphone, devrait être sacro-sainte. Permettre aux tyrans, aux despotes et aux ennemis de la liberté d’accéder à des outils tels que Pegasus est l’équivalent au XXIe siècle de la destruction des rotatives et de la prise d’assaut des chaînes de télévision« .

Le secrétaire général de la FIJ, Anthony Bellanger, a déclaré : « Nous saluons le travail incroyable de plus de 80 journalistes à travers le monde qui ont pu faire la lumière sur les tentatives irrégulières d’interférence avec les communications privées des journalistes. Le devoir des journalistes de protéger leurs sources est le fondement de notre métier dont dépendent les sociétés démocratiques. Le fait qu’une telle fuite soit possible souligne toutefois les dangers inhérents à des logiciels aussi puissants. Si les organisations de médias peuvent obtenir une série d’informations aussi importante et détaillée, il est évident que ceux dont les intentions sont moins honorables le peuvent aussi. Sans une réglementation solide, l’accès d’acteurs malhonnêtes à nos informations les plus intimes est inévitable. »

La FIJ lance une série de recommandations :

– Les journalistes doivent redoubler d’efforts pour sauvegarder leurs propres données. Ils doivent notamment utiliser plusieurs téléphones, y compris des « brûleurs » qui sont moins susceptibles d’être piratés par Pegasus, et adopter un « tradecraft » pour s’assurer que leurs téléphones n’ont pas le potentiel de trahir leurs moindres faits et gestes.

– Les gouvernements doivent inscrire dans leur législation nationale l’inviolabilité des communications des journalistes, tant de manière abstraite que dans le cadre de lois et de réglementations spécifiques, telles que celles relatives à la surveillance intérieure. Toute dilution de ces protections doit être combattue.

– La communauté internationale doit mettre en place un régime réglementaire permettant l’inspection et la réglementation de toutes les organisations fournissant des produits susceptibles de porter atteinte à ces libertés fondamentales.

Les actualités

  • Les syndicats de journalistes n’iront pas aux vœux de Rachida Dati

    Communiqué intersyndical SNJ- SNJ-CGT – CFDT-Journalistes Voilà un télescopage de calendrier pour le moins malencontreux. Le 29 janvier à Paris se tiendront à la fois les vœux institutionnels de la ministre de la Culture au Palais de la Porte dorée et une soirée de mobilisation, au Bataclan, en faveur de la libération du journaliste Christophe…

  • Liquidation de l’INC, éditeur de 60 millions de consommateurs. Une attaque sans précédent contre l’information et la protection des consommateurs

    Communiqué du 27 janvier 2026 Le gouvernement confirme la liquidation de l’Institut national de la consommation, éditeur de 60 millions de consommateurs Une attaque sans précédent contre l’information et la protection des consommateurs C’est avec effroi que les salariés de l’Institut national de la consommation (INC) ont constaté le maintien de l’article 71 de la loi de finances 2026…

  • Commission d’enquête sur l’audiovisuel public : fake news et propagande 

                                                                                                                                       Monter en épingle quelques faits isolés et parfois anciens pour les instrumentaliser à des fins politiques quitte à les déformer ou à ne les rapporter que partiellement ou avec l’approximation la plus désinvolte (jusqu’à travestir les termes de la Constitution française) : voilà le bilan désolant que tire le SNME CFDT de son audition par la…

  • La désinformation climatique, très accentuée à l’extrême droite

    Quota Climat était invité à la journée organisée par CFDT-Journalistes sur le rôle du journalisme face à l’extrême-droite, le 17 janvier dernier à Paris. L’association qui étudie le traitement de la crise écologique dans les médias a recensé tous les contenus liés à l’environnement diffusés sur l’audiovisuel depuis janvier 2025. Sa méthode utilise l’intelligence artificielle…

  • Libérez le journaliste Christophe Gleizes, détenu depuis 200 jours

    200 jours déjà. Ce jeudi 15 janvier, cela fait 200 jours que Christophe Gleizes est détenu arbitrairement dans une prison de Tizi Ouzou, en Algérie. 200 jours de trop. Notre confrère, journaliste sportif (notamment pour So Foot et Society), a été arrêté en mai 2024 alors qu’il effectuait un reportage sur l’équipe de la Jeunesse sportive de Kabylie, avant…