Le Courrier Messin : et le droit du travail dans tout ça ?

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A Metz, la presse locale a récemment rapporté une polémique autour du nouveau bimensuel Le Courrier Messin, de la société Indola Presse, fortement soutenu financièrement par la municipalité, via l’achat d’espaces publicitaires, ce qui interroge sur l’indépendance du titre en question.

La CFDT-Journalistes et le S3C-CFDT Lorraine s’étonnent qu’un journal reçoive de confortables subsides publiques alors qu’il ne respecte pas le code du travail.

Au Courrier Messin comme à Bonnes Terres ou l’Estrade, les autres publications d’Indola Presse, les auteurs des articles sont payés en facture – ils sont autoentrepreneurs – ce qui est rigoureusement interdit en France pour l’emploi de journalistes et empêche tout accès de leur part à la carte de presse et aux dispositions de la convention collective des journalistes, notamment en terme de formation et de prévoyance.

Les tarifs pratiqués ne permettent pas non plus aux intéressés de financer eux-mêmes ces frais et de prétendre vivre dignement de ce métier : la rétribution au feuillet pratiquée par Indola Presse est inférieur au plus bas des barèmes conventionnels minimum appliqués en France.

Le droit des journalistes bafoué

Lancer un titre de presse aujourd’hui ne peut pas se faire en bafouant le droit. Indola est répertoriée en tant qu’entreprise d’Édition de revues et périodiques et en tant qu’entreprise de presse elle est donc tenue de rémunérer ses journalistes en salaire. Certes, tous ses contributeurs ne répondent pas nécessairement à la définition du journaliste professionnel, mais dès lors qu’ils reçoivent plus de la moitié de leurs revenus de travaux journalistiques réalisés pour une entreprise de presse, ils doivent l’être.

Rappelons aussi que le statut d’autoentrepreneur n’est pas adapté aux collaborations régulières et aux relations de travail instituant de fait un lien de subordination. Indola Presse doit choisir : il s’agit soit de presse soit de communication. Mais dans ce dernier cas, alors, ne trompons pas les lecteurs et les citoyens, et ne parlons pas de presse et encore moins de presse indépendante.

Alors que le ministère de la Culture est actuellement en train de réformer le régime économique des aides à la presse, en vue de renforcer la place des journalistes et que la crise de confiance des citoyens dans les médias invite à tout faire pour que la confusion des genres ne soit pas de mise, la CFDT-Journalistes et le S3C-CFDT Lorraine appellent :

  • la société Indola Presse à mettre ses pratiques sociales en accord avec la loi ;
  • les annonceurs collectivités locales à introduire des clauses de  Responsabilité Sociale et Environnementale dans leurs choix ;
  • les services de l’État à jouer leur rôle de contrôle pour faire respecter la Loi
    – les journalistes à refuser toute rémunération qui ne leur permettrait pas d’accéder à la reconnaissance de leur professio ;
  • les lecteurs à prendre conscience que journaliste est un métier, qui doit être protégé.

Le 31/01/2022
Contacts : journalistes@f3c.cfdt.fr et lorraine@f3c.cfdt.fr

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