8 mars : Plus et mieux parler des travailleuses essentielles

Ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, la CFDT organise un rassemblement place du Panthéon à Paris de 11h30 à 16h pour mettre en lumière les travailleuses essentielles. Femmes de ménage, aides à domicile, assistantes maternelles, travailleuses de l’hôtellerie, caissières, touchent des salaires trop faibles, subissent des conditions de travail difficiles avec des conséquences sur leur santé, n’ont pas de perspectives d’évolution… La crise sanitaire les a – un peu – médiatisées mais il y a encore beaucoup à faire pour leur accorder, dans nos médias, une place et une image à la hauteur de leur rôle essentiel dans notre société.

Comment ? Focus sur une de ces professions : auxiliaire de vie.

 

Le regard d’une auxiliaire de vie

Sylvie Denis

Auxiliaire de vie sociale auprès de personnes en situation de handicap et personnes âgées, déléguée syndicale CFDT chez Familles rurales SAP (services à la personne) du Loiret

« J’en ai assez que les journaux nous montrent toujours en train de passer la serpillière ! Oui, on peut le faire, mais notre rôle est d’aider dans tous les actes de la vie quotidienne, y compris l’aide aux courses, l’aide à la toilette (du plus simple au lavabo jusqu’à la toilette complète au lit), la stimulation par les jeux… Ces aspects ne sont jamais montrés. Je pense que cela traduit une méconnaissance de notre métier.

Dans le choix des mots, certains ont aussi leur importance. Plutôt que « ménage », mieux vaut dire « entretien du logement ». C’est plus professionnel. Car le ménage, c’est ce que chacun fait chez soi.

J’aimerais aussi que soit davantage montrée la relation humaine, notre capacité à nous adapter à chacun, à observer, pour adapter nos actions, mais aussi la nécessité de bien connaitre chaque personne, si elle est sujette aux fausses routes, aux allergies. C’est une vraie profession. Et c’est en donnant plus de détails que les lecteurs peuvent s’en rendre compte. »

 

Le regard d’un journaliste

Vincent Jarousseau 

Photojournaliste et documentariste, il travaille depuis plus de deux ans et demi sur un projet documentaire autour du care qui va être publié sous la forme d’une BD photographique en septembre prochain, intitulé « Les femmes du lien ».  

« Selon moi, les journalistes ont une responsabilité pour parler d’elles des auxiliaires de vie de manière plus professionnelle. Mes conseils :

  • Trop souvent, les articles consacrés aux métiers du care souffrent d’une approche trop technique et générale, sans chercher à valoriser les compétences développées par les travailleuses du lien. Aussi, proposer des récits autour de ces femmes, c’est accepter le principes de passer du temps avec elles, d’observer les différentes facettes de leurs métiers.
  • Leur donner la parole, et pas juste parler d’elles . Ce n’est pas si difficile : elles sont généralement très ouvertes à témoigner.
  • Prendre garde au choix des photos. Elles ont un sens. Certes il arrive aux aides à domicile de passer le balai, mais leur métier est bien plus varié. L’idéal est d’ailleurs de pouvoir publier plusieurs photos, pour montrer les portés, les déplacements : une auxiliaire de vie passe du temps dans sa voiture par exemple.
  • Préparer le reportage photo pour s’assurer que la personne âgée chez qui on ira sera d’accord pour être photographiée également : cela change beaucoup de pouvoir capter les regards, ne pas invisibiliser la personne. Cela a un impact sur le sens de la photo.
  • Montrer et raconter davantage l’aspect métier et tous ses aspects : il demande une grande technicité notamment humaine, et ce n’est pas donné à tout le monde. Les auxiliaires de vie sont des personnes clés dans l’entourage de la personne âgée en handicapée.
  • Eviter le cliché misérabiliste : certes, c’est un métier difficile et mal payé, mais beaucoup d’entre elles disent le faire par choix et s’y épanouissent

Donner des chiffres : 97% des auxiliaires de vie sont des femmes. Le taux d’accidents du travail et de maladies professionnelles est le double de celui des métiers du bâtiment. En moyenne, une aide à domicile doit attendre 13 ans pour atteindre le SMIC mensuel. Cela ne se sait pas. Cela invite à se questionner sur les raisons de cette hyper féminisation, sur la division du travail dans notre société… »

Les actualités

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    La nomination de Bruno Bilde, député Rassemblement National du Pas de Calais, au Conseil supérieur de l’AFP est un mauvais signal envoyé à l’ensemble des journalistes.  L’ancien directeur du cabinet de Marine Le Pen lors de la récente campagne électorale des élections législatives, représentera l’Assemblée Nationale au sein d’une des plus importantes entreprises française d’information…

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    Ce 9 octobre, l’Observatoire français de la liberté de la presse organise une soirée à Paris au Théâtre de la Concorde. Un mini concert, huit cartes blanches, deux tables rondes, de l’humour… Objectif : lancer la campagne de crowdfunding de cette association, qui vise à recueillir des fonds pour financer la publication de son premier…

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    Deux fois par an CFDT-Journalistes édicte un magazine pour faire connaitre ses actions et revendications. Au sommaire du numéro de cet automne, un dossier sur le management dans les médias, une grande interview d’Yvonne Roehrig, déléguée syndicale centrale à France Télévisions, un édito sur les 50 ans de la loi Cressard et un portrait de…

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    La pérennisation du financement de l’audiovisuel public, dossier jugé « urgent » par l’exécutif, sera à l’ordre du jour du Sénat le 23 octobre, sur une initiative parlementaire des sénateurs Cédric Vial et de plusieurs collègues de droite et du centre. Le texte devra ensuite être adopté au pas de course à l’Assemblée nationale pour être promulgué…

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    Le comité de pilotage des États généraux de l’information (EGI) vient de rendre ses recommandations. Si nous avons parfois contesté l’organisation et le fonctionnement de ces EGI, nos syndicats ont malgré tout choisi d’y contribuer et d’y défendre leurs revendications.    Globalement, si nombre de ces recommandations vont plutôt dans le bon sens, d’autres manquent…