Presse spécialisée : un accord trouvé pour une hausse des salaires

« Face à la crise économique exceptionnelle que subissent tant les salariés (hausse du coût énergétique, carburants, denrées alimentaires…) que les entreprises du secteur (hausse du coût énergétique, d’approvisionnement, environnemental…) les partenaires sociaux du secteur de la presse d’information spécialisée ont estimé essentiel de maintenir le dialogue social. »

C’est ainsi qu’est rédigée l’introduction de l’accord trouvé en presse spécialisée où les partenaires sociaux ont tenu à redonner du souffle au bas de la grille des minima garantis.

Après avoir prévu dans l’accord signé au printemps dernier (que CFDT-Journalistes n’a pas signé) que les journalistes stagiaires 1ere et 2eme année relèvent du même niveau de grille (95), il est désormais prévu de fixer, au 1er janvier 2023, le niveau 95 à 1715 €, afin d’éviter le rattrapage par le SMIC lors de sa prochaine revalorisation.

S’agissant des niveaux 133 et suivants qui, comme l’ensemble de la grille, ont déjà fait l’objet d’une revalorisation entrée en vigueur au 1er mai 2022, il a été décidé de les revaloriser par un montant forfaitaire de 20 € bruts.

S’agissant du barème de pige, il a été convenu de la suppression de la distinction en fonction de la diffusion du titre de presse. Ce barème a donc vocation à s’appliquer à l’ensemble des supports de la presse d’information professionnelle et spécialisée. Le barème du feuillet de 1500 signes (hors prime d’ancienneté, CP et 13e mois est-il précisé) est fixé à 52 € bruts. On se rapproche ainsi du barème en vigueur en presse magazine.

En ce qui concerne les grilles des employés, techniciens, agents de maîtrise et cadres, le niveau 1 est lui aussi réhaussé à 1715 € bruts mensuels. S’agissant des niveaux 6 et suivants, il a été décidé de les revaloriser par un montant forfaitaire de 20 € bruts.

Certes, ces progressions de grilles de minima en presse spécialisée sont loin des demandes des partenaires sociaux, qui auraient souhaité un plus gros effort de la part des employeurs et des revalorisations touchant l’ensemble des indices des grilles.

Côté CFDT, on déplore en effet la « smicardisation » de la profession et poussons une revendication forte : pas de salaire en dessous de 2000 € brut mensuels pour les emplois qualifiés, ce qui inclurait les journalistes débutants du niveau 95.

Mais c’est pour les pigistes que cet accord sera le plus important, puisqu’ils voient le barème des piges, sur 2022, accru de 12,43 % pour les tirages supérieurs à 5000 ex et de 20,37 % pour les tirages inférieurs à 5000 ex. Dans le même temps, les journalistes des indices allant de 133 à 185 auront, eux, bénéficié de hausses de salaire entre +3,81% et 4,82%.

Les actualités

  • Un représentant du RN au Conseil supérieur de l’AFP : une provocation !

    La nomination de Bruno Bilde, député Rassemblement National du Pas de Calais, au Conseil supérieur de l’AFP est un mauvais signal envoyé à l’ensemble des journalistes.  L’ancien directeur du cabinet de Marine Le Pen lors de la récente campagne électorale des élections législatives, représentera l’Assemblée Nationale au sein d’une des plus importantes entreprises française d’information…

  • Une soirée le 9/10 et un premier rapport à venir pour l’OFALP

    Ce 9 octobre, l’Observatoire français de la liberté de la presse organise une soirée à Paris au Théâtre de la Concorde. Un mini concert, huit cartes blanches, deux tables rondes, de l’humour… Objectif : lancer la campagne de crowdfunding de cette association, qui vise à recueillir des fonds pour financer la publication de son premier…

  • Nouveau numéro de Profession journaliste : focus sur le management

    Deux fois par an CFDT-Journalistes édicte un magazine pour faire connaitre ses actions et revendications. Au sommaire du numéro de cet automne, un dossier sur le management dans les médias, une grande interview d’Yvonne Roehrig, déléguée syndicale centrale à France Télévisions, un édito sur les 50 ans de la loi Cressard et un portrait de…

  • Pérennisation du financement de l’audiovisuel public : à l’Assemblée au pas de course

    La pérennisation du financement de l’audiovisuel public, dossier jugé « urgent » par l’exécutif, sera à l’ordre du jour du Sénat le 23 octobre, sur une initiative parlementaire des sénateurs Cédric Vial et de plusieurs collègues de droite et du centre. Le texte devra ensuite être adopté au pas de course à l’Assemblée nationale pour être promulgué…

  • Etats généraux de l’information : l’urgence est aussi sociale !

    Le comité de pilotage des États généraux de l’information (EGI) vient de rendre ses recommandations. Si nous avons parfois contesté l’organisation et le fonctionnement de ces EGI, nos syndicats ont malgré tout choisi d’y contribuer et d’y défendre leurs revendications.    Globalement, si nombre de ces recommandations vont plutôt dans le bon sens, d’autres manquent…