PHR : une nouvelle grille en trompe l’œil qui cache un vrai recul pour les salariés !

Alors que s’ouvre une négociation pour la mise en place d’une nouvelle grille de salaires pour les journalistes de la presse hebdomadaire régionale (PHR), la CFDT n’est pas signataire de l’accord sur les salaires et fonctions des ouvriers et employés de la PHR qui est entré en vigueur au 1er décembre 2024, signé par la CGT, majoritaire, et FO.

Même si celle-ci affiche une belle progression des rémunérations pour les salariés de ces catégories, en réponse à un tassement de l’ancienne grille que nous ne pouvions que déplorer, la CFDT estime que ces avantages sont un trompe-l’œil et que l’instauration de cette nouvelle grille, qui acte la disparition du SMPG, est un vrai recul pour les salariés.

Ce SMPG (pour salaire minimum professionnel garanti), mis en place dans la foulée de l’accord sur la réduction du temps de travail du 13 juin 1999, garantissait aux salariés de la PHR une rémunération au moins égale à 105 % du SMIC ; dispositif que les patrons, à plusieurs reprises déjà, avaient tenté de remettre en cause.

Avec la suppression du SMPG, on peut faire le pari que d’ici 2 ou 3 ans, le bas de grille sera rattrapé par le SMIC et les salariés de la branche perdront leur petit avantage, même s’il est prévu dans l’accord entrant en vigueur une revoyure automatique à chaque revalorisation du SMIC, « afin d’examiner l’ensemble du barème » avec pour but « d’éviter de possibles tassements entre les différents groupes de cette grille. » Ce qui n’engage à rien.

Par ailleurs, si l’effort est notable pour les employés positionnés sur le milieu de grille, dans la réalité, les salariés au-dessus des indices pourraient ne pas voir leur salaire augmenter par le jeu d’une reprise de cette augmentation sur leur complément personnel, aucun dispositif n’ayant été prévu pour parer à cette éventualité.

Enfin, la CFDT, qui est très attachée à l’idée du collectif de travail unique dans les entreprises, n’a pas apprécié la façon de procéder des employeurs, qui a consisté à mettre la pression sur les organisations syndicales pour obtenir la signature de cette nouvelle grille des employés et ouvriers avant d’ouvrir la négociation concernant les journalistes, rompant ainsi la tradition qui voulait que dans cette branche, on ait une seule table de négociation pour discuter des dispositifs à appliquer aux journalistes et aux employés, ce qui permettait une certaine équité entre les catégories.

Au final, la CFDT prend acte que cette nouvelle grille, au moment de sa mise en place, apporte un meilleur salaire aux employés et ouvriers de la PHR, mais ne se fait guère d’illusion sur cette « générosité à durée déterminée » des patrons de la branche.

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