Aix-en-Provence : l’étudiante voilée a le droit d’accéder au tribunal !

Communiqué intersyndical SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes

Atteinte à la liberté de la presse et à la laïcité au palais de justice d’Aix-en-Provence

Ce mercredi 18 décembre, nous avons appris avec stupeur qu’une étudiante en journalisme s’était vu refuser illégalement l’accès à une cour d’assises par un policier, en raison de son voile. 

Le 25 novembre dernier, cette étudiante du master de l’Ecole de journalisme et de communication d’Aix-Marseille (EJCAM) participait à un module pédagogique avec ses camarades de promotion au palais de justice d’Aix-en-Provence. Alors qu’elle s’apprêtait à assister à une audience publique de la cour d’assises, un agent des forces de l’ordre lui a refusé l’entrée, prétendant que le port du voile y était interdit, ce qui est illégal, comme l’ont dénoncé l’Association des journalistes antiracistes et racisé·e·s (AJAR), Prenons la Une, Femmes journalistes de sport, Presse papiers et Youpress, dans un communiqué commun publié ce 18 décembre. 

Choquée, Hanae s’est rendue à la cour d’appel, où d’autres élèves avaient choisi d’aller et où elle n’a pas rencontré le même problème de filtrage à l’entrée.

La direction de l’Ejcam et ses enseignants ont évidemment soutenu leur étudiante. La directrice de l’école a écrit à la présidente du tribunal, au procureur et au préfet. La présidente de la cour d’assises a assuré qu’une formation contre les discriminations sera proposée à tout le personnel du tribunal.

Hanae souhaite d’ailleurs que cette affaire ne soit pas individualisée et qu’elle « serve à tout le monde », dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, notamment professionnelles.

Les syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT et CFDT Journalistes dénoncent cette discrimination islamophobe, contraire à la loi sur la laïcité et cette atteinte à la liberté de la presse au sein d’une institution judiciaire. Nous espérons vivement que la formation promise sur la lutte contre les discriminations au sein du tribunal sera bien assurée.

Paris, le 19 décembre 2024

Les actualités

  • Images de Sainte-Soline : des journalistes en ligne de mire

    « Violences policières » Les forces de l’ordre n’aiment pas ce terme. Le ministre de l’Intérieur non plus. Et la CFDT-Journalistes non plus, qui se défie souvent des outrances langagières, qui fusent ici et là.  Et pourtant l’évidence, elle, saute aux yeux ! Dans ces images de Sainte-Soline, des soldats de la loi ciblent sciemment les…

  • Fortes inquiétudes à Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche en passe d’être rachetés par LVMH

    Communiqué des Sociétés des journalistes de Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche, et des élus CSE (dont CFDT) des Éditions Croque Futur (groupe détenant ces trois titres). Paris, le 29 octobre 2025Les salariés du groupe Éditions Croque Futur, qui détient les titres Challenges, Sciences et Avenir et La Recherche, tiennent à exprimer leur inquiétude pour l’avenir de leurs titres. Le groupe…

  • Secret des sources : la justice donne raison à Ariane Lavrilleux

    La CFDT-Journalistes salue le non-lieu pour Ariane Lavrilleux poursuivie après avoir révélé dans Disclose en novembre 2021 le rôle de l’armée française dans des crimes menés en Egypte sur fond de vente d’armes. Des centaines de civils égyptiens y ont laissé leur vie. Au-delà du soulagement et de la réhabilitation de notre consœur injustement inquiétée…

  • L’ESJ-Paris, creuset de futurs journalistes conservateurs. Y intervenir, c’est normaliser l’extrême droite !

    Près d’un an après son rachat par de riches investisseurs pour la plupart très conservateurs, l’école de journalisme ESJ-Paris confirme son virage idéologique. Y interviennent des journalistes de la bollosphère mais aussi de médias grand public pourtant non estampillés idéologiquement, ce que CFDT-Journalistes déplore. Collaborer à l’ESJ-Paris, c’est contribuer à normaliser son projet délétère ! Le…

  • Antoni Lallican : tragique mort en Ukraine de notre confrère, le photojournalisme endeuillé

    Il est le 17ème journaliste tué en Ukraine depuis l’invasion par la Russie en 2022, et il est le 1er à avoir été éliminé par une attaque de drones tueurs FPV dans le Donbass, où il couvrait le conflit au plus près du front. CFDT-Journalistes déplore cet énième décès de confrère sur un théâtre de guerre.  Notre…