Faire de l’éducation aux médias et à l’information une grande cause nationale

Face à la déferlante de fausses informations et dans une adresse au Président de la République, les acteurs de l’éducation aux médias et à l’information, dont CFDT-Journalistes, signataire de l’appel,  tirent la sonnette d’alarme : il est urgent de mettre en place une véritable politique publique dans ce domaine et de donner aux acteurs de terrain les moyens d’agir enfin de manière concrète, coordonnée et efficace.

 

Monsieur le Président,

Le 24 avril, dès les premières minutes de votre réélection, vous avez choisi de traverser la foule entouré d’enfants, envoyant à tous vos concitoyens un message fort : votre nouveau quinquennat sera celui de la jeunesse. Cette jeunesse, vous voulez lui offrir un “monde meilleur” et “mieux la protéger”, dans une société de plus en plus fragmentée.

Mais cette jeunesse, qui devra affronter l’immense défi climatique et redonner un nouveau souffle à notre démocratie vieillissante, se trouve aujourd’hui désarmée face à un flot continu d’informations, de posts et de messages, dont elle peine à évaluer la fiabilité et la pertinence. Tous les jeunes Français ne disposent pas des outils pour se forger une opinion de manière éclairée et saine, ils sont entraînés dans des spirales dangereuses, pouvant mener à l’isolement et à la radicalisation.

Ce fléau touche toute la société : aucune classe sociale, aucune classe d’âge n’est épargnée. Aujourd’hui, un Français sur trois souscrit à une théorie conspirationniste. Les croyances prennent le pas sur la rationalité. Nombreux sont nos concitoyens qui s’éloignent de la médecine et de la science. La confiance dans les médias et les institutions est au plus bas, ce qui met directement en danger notre démocratie.

Nous, journalistes, éducateurs, enseignants, chercheurs, formateurs, vulgarisateurs, agissant sur le terrain, côtoyons tous les jours des publics en désarroi. Et nous sommes extrêmement inquiets.

A l’école, des millions d’élèves quittent leur établissement sans avoir acquis les compétences indispensables à l’exercice de leur citoyenneté à l’ère numérique. Les enseignants ne bénéficient pas tous de la formation adéquate pour éveiller l’esprit critique des élèves. Souvent, l’éducation aux médias et à l’information, inscrite dans les programmes mais sans heures dédiées, relève de seules initiatives individuelles. Le manque de moyens et de ressources qui lui sont alloués est criant.

Hors l’école, malgré l’investissement de certains ministères, le soutien aux acteurs de terrain reste irrégulier et incomplet. Des dizaines d’associations, de lieux de savoir et de culture, d’entreprises et de citoyens engagés se battent pour défendre la qualité de l’information et aiguiser l’esprit critique des Français. Mais cet engagement est réparti de manière inégale sur le territoire, au point que la fracture informationnelle vient aujourd’hui aggraver les fractures sociales et économiques existantes.

M. le Président, la défaillance de l’Etat sur le sujet a un coût : les plateformes, en grande partie responsables du problème, s’engouffrent dans ce créneau, au détriment de l’indépendance et de la pluralité médiatique, sans autre garantie de qualité que leurs propres critères.

Nous, acteurs et artisans de l’éducation aux médias et à l’information au quotidien, formons aujourd’hui une coalition riche, diverse et inclusive. Nous voulons construire ensemble une action coordonnée et réellement efficace sur l’ensemble du territoire.

Monsieur le Président, la situation exige d’élever l’éducation aux médias et à l’information au rang de grande cause nationale.

Pour que cela se traduise concrètement, nous vous demandons de créer sans délai un “fonds éducation aux médias et à l’information”. Ce fonds pourrait être financé par l’Etat et par une fraction de la taxe sur les entreprises numériques. Il permettrait de soutenir les acteurs de terrain, en relation directe avec les pouvoirs publics et les élus, à l’échelle nationale et locale.

La mise en place d’une véritable politique de l’éducation aux médias et à l’information ne pourra se faire qu’à ce prix. Cet investissement constitue une formidable opportunité pour la France. Un immense espoir pour cette jeunesse qui nous tient tant à cœur. Ensemble, nous placerons la France à la pointe de la lutte contre la désinformation et la manipulation en ligne et nous façonnerons une véritable citoyenneté à l’ère numérique, partout et pour tous.

M. le Président, la France a la chance de compter d’innombrables acteurs de terrain mobilisés pour faire de notre pays une nation éclairée et ressoudée. Il faut que la volonté politique soit au rendez-vous. Le défi est immense.

Etes-vous prêt à le relever ?

Si vous souhaitez soutenir cet appel : c’est ici

 

Communiqué : Le journaliste Frédéric Leclerc-Imhoff (BFMTV) tué en reportage en Ukraine

Les organisations syndicales de journalistes SNJ – SNJ-CGT – CFDT-journalistes – SGJ-FO ont appris avec douleur la mort de leur confrère Frédéric Leclerc-Imhoff, tué ce lundi 30 mai en Ukraine.

Ils présentent leurs plus sincères condoléances à sa famille et ses amis, et partagent l’immense peine des collègues de Frédéric.

Journaliste reporter d’images, Frédéric Leclerc-Imhoff, âgé de 32 ans, travaillait pour la rédaction de BFMTV en tant que pigiste. Envoyé spécial en Ukraine sous contrat CDD, il effectuait un reportage dans la région de Severodonetsk quand il a été mortellement touché par un éclat d’obus. Il était accompagné par notre confrère Maxime Brandstaetter, qui travaille pour la même rédaction, et par Oksana Leuta, leur fixeuse. Maxime Brandstaetter a été blessé mais ses jours ne sont pas en danger.

Les syndicats SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO exigent que les autorités mettent tout en oeuvre pour éclaircir au plus vite les circonstances précises de ce drame.

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, en février, au moins 8 journalistes ont été tués en reportage. Cette spirale meurtrière contre les professionnels de l’information est insoutenable.

Réunis au 31e congrès mondial de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) à Mascate (Oman) du 31 mai au 3 juin, le SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes et SGJ-FO demandent donc de soutenir le projet de convention internationale des Nations Unies pour la protection des journalistes et des professionnels des médias, présenté par la FIJ, forte de ses 600 000 adhérents dans 150 pays.

Les auteurs des crimes qui visent des reporters de guerre ne peuvent rester
impunis.

Paris, le 30 mai 2022.

Communiqué : Laissez à « La Provence » une chance d’avoir un repreneur qui connaisse son métier !

La section CFDT de La Provence tire la sonnette d’alarme ! Non, nous ne partageons pas l’avis de ceux qui veulent à tout prix être rachetés par le transporteur maritime marseillais CMA CGM !

Les derniers rebondissements, dans le dossier de reprise du quotidien régional qui compte avec l’ensemble de ses filiales, 850 salariés, nous renforcent dans nos craintes, pour l’indépendance éditoriale du titre et la pérennité de notre activité, notamment industrielle.

Depuis six mois la CFDT se bat pour que la seule offre émanant d’un groupe de presse, de surcroît déjà détenteur de 11 % du capital de l’entreprise, ne soit pas écartée.

Depuis six mois tout est fait que pour CMA CGM l’emporte.

Certes, une majorité d’élus du personnel ont émis un avis favorable, quoique teinté de nombreuses réserves, à cette offre. Pas la CFDT ni ses alliés. Ni les salariés eux-mêmes, dont bon nombre regrettent de ne pas avoir été directement consultés sur les deux offres.

La CFDT craint pour l’indépendance éditoriale du journal quand elle voit l’appel des organisations patronales du territoire à soutenir CMA CGM.

La CFDT craint pour la pérennité de l’imprimerie que le transporteur maritime, en l’occurrence totalement inexpérimenté en matière de presse, prévoit d’installer à Marseille, alors que NJJ avait le projet, depuis 2019 déjà, de construire une imprimerie commune à La Provence et Nice Matin, laquelle s’assurerait des volumes conséquents.

La CFDT s’interroge, lorsqu’elle apprend que l’ancien ministre des Transports devait intégrer le management de CMA CGM, s’il n’avait pas été retoqué par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, tant ce pantouflage pose question sur les liens entre le monde politique et cet investisseur potentiel.

La CFDT s’interroge aussi, quand elle voit le «passage en force», de CMA CGM et du liquidateur, aux intérêts conjoints, pour faire agréer l’offre de l’armateur par le conseil d’administration de La Provence.

La CFDT, qui sait être un syndicat offensif dans les filiales de Xavier Niel, notamment de téléphonie, pour défendre les droits des salariés, comprend qu’il engage aujourd’hui des recours contre la décision du conseil d’administration de La Provence d’agréer l’offre de CMA CGM tant les circonstances dans lesquelles cet agrément a été obtenu suscitent de questions auprès des juristes que nous avons consultés.

Si ce dossier dure depuis trop longtemps, la CFDT ne cédera pas au chantage au dépôt de bilan.

Avoir besoin d’un nouvel élan, ce n’est pas forcément se précipiter dans les bras d’un repreneur qui a su convaincre, en annonçant des investissements (réalisés en partie avec l’argent dont La Provence dispose sur ses comptes), en promettant la pérennité des emplois ou en prévoyant de la croissance.

Si la majorité des représentants du personnel a émis un avis favorable sur cette offre tout en émettant de nombreuses réserves étayées par le rapport du cabinet Sécafi, il n’en demeure pas moins que de très nombreux salariés sont intéressés par la perspective d’intégrer un groupe de presse, déjà détenteur d’une stratégie de développement et qui jusqu’ici n’a rien à se reprocher en ce qui concerne le respect des lignes éditoriales de ses titres.

Non, La Provence, qui vient de vendre son siège social, n’est pas au bord du dépôt de bilan.

La CFDT a d’ailleurs demandé à sa direction de continuer à investir, en utilisant la trésorerie constituée par la vente du siège social, notamment dans un nouvel outil informatique. Mais n’a pas été entendue.

Au sein du journal, tous les salariés sont au travail, à leur tâche, nous avons des équipes compétentes qui peuvent faire des choix d’investissement et l’actionnaire minoritaire peut être sollicité pour les soutenir. Il n’y a donc pas urgence, comme veulent le faire croire les défenseurs de l’offre de CMA CGM.

Les défenseurs de l’entreprise, et de ses 850 salariés, dont la CFDT fait partie, eux, veulent que le choix du repreneur se fasse sur des critères de pérennité et d’indépendance de l’activité.

Jusqu’à présent les liquidateurs en charge du dossier ont eu tout loisir d’engager des procédures pour permettre à l’offre de CMA CGM d’être agréée. Maintenant, l’autre repreneur, seul groupe de presse à s’être positionné, doit pouvoir bénéficier des mêmes droits.

Inaction de l’Arcom face à Bolloré : RSF saisit le Conseil d’Etat

Pour dénoncer « l’inaction de l’Arcom face aux manquements de CNews à ses obligations », Reporters sans frontières – association dont la CFDT-Journalistes est adhérente – annonce saisir le Conseil d’État.

Avec cette saisine, RSF souhaite que le Conseil d’État saisisse le Conseil constitutionnel pour une QPC (Question préalable de constitutionnalité) sur la conformité de la loi de 1986 sur l’audiovisuel à la Constitution… Explications.

« Les pratiques de l’homme d’affaires Vincent Bolloré dans le secteur des médias créent un précédent dangereux pour la démocratie, par sa conception d’un journalisme aux ordres et d’une télévision d’opinion », estime RSF qui constate « le refus de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle (Arcom) d’agir contre les manquements de CNews ». Et de développer : « Dès novembre 2021, RSF avait formellement demandé au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) – devenu l’Arcom en janvier 2022 – de mettre en demeure CNews de respecter ses obligations légales. Dans un courrier du 5 avril 2022, l’Arcom reste silencieuse sur des éléments majeurs de la demande, en particulier sur l’ingérence de l’actionnaire de CNews, et tend même à justifier son inaction en renvoyant à la loi de 1986. L’Arcom ne donne pas de contenu véritable aux obligations d’indépendance, de pluralisme et d’honnêteté de l’information dont elle est garante. Elle n’a pas développé de critères précis à ces dispositions prévues dans les conventions avec les chaînes de télévision et ne se donne pas les moyens de le faire. Ces principes ressemblent à des incantations voire à des vœux pieux. »

Un manque de pluralisme mesuré

Pourtant, pour le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, « l’Arcom a un rôle éminent à jouer pour la préservation de la liberté de communication, y compris face aux demandes incessantes de censure de tel ou tel (…) Mais la loi lui impose aussi de garantir l’indépendance, le pluralisme et l’honnêteté de l’information, conditions nécessaires du droit à l’information. »

RSF reproche notamment à la chaîne de Bolloré un manque de pluralisme et s’appuie notamment pour le démontrer sur une étude de François Jost, sémiologue et professeur émérite en sciences de l’information et de la communication à l’université Sorbonne-Nouvelle dont il ressort que l’information stricto sensu n’occupe que 13 % du temps d’antenne et qu’en plateau, « alors que les invités de gauche représentent 10 % et ceux de LREM 4 %, les invités de droite et d’extrême-droite représentent plus des 3/4 des présences (78 %). »

Avec sa QPC, RSF entend aussi faire valoir qu’il convient de revoir le cadre légal pour imposer et permettre à l’Arcom d’exercer la plénitude de son rôle. Et de conclure : « La révision en profondeur de la loi de 1986 est l’une des 10 propositions soumises par RSF aux candidats à l’élection présidentielle de 2022. Seul un cadre légal rénové permettra en effet de garantir effectivement le droit du public à une information libre, pluraliste et indépendante. »

Appel STOP BOLLORE : Pour une information libre !

Débat Macron – Le Pen : CFDT-Journalistes demande donc aux candidats de respecter l’indépendance de la presse et le pluralisme

Anne-Sophie Lapix, animatrice du 20h sur France 2, finalement écartée du débat télévisé de l’entre-deux tours. Une question de choix direz-vous ? Certes.  Mais ce choix-là doit revenir aux rédactions, pas aux candidats, jamais. 
 
Les journalistes ne sont pas des patates qu’on prend ou pas sur un étal parce qu’ils sont trop fermes, noirs, violets, fondants ou à peau dure. 
Les candidats ne font pas leur marché. C’est ça le marché justement dans une démocratie. Etre interviewé par des professionnels, de divers bords, mais qui savent garder leur honnêteté intellectuelle, leur pertinence, leur impertinence aussi. Etre bousculé oui peut-être aussi parfois : c’est ça un débat.  
 
Gommer et dégommer toute pensée a priori dérangeante c’est moralement nier le débat public, démocratique. C’est en faire pour rester dans la métaphore : de la purée. Prémâchée, lisse, insipide. Indigeste. 
 
CFDT-Journalistes condamne fermement les pressions exercées par les états-majors des candidats du second tour de l’élection présidentielle en vue de l’animation du traditionnel débat d’entre-deux tours prévu le 20 avril.

Une ingérence qui menace l’indépendance du service public

Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a reconnu et toute honte bue justifié cette pression directe lundi 11 avril sur le plateau de CNews : « Marine Le Pen ne souhaite pas qu’Anne-Sophie Lapix anime le débat ».   
 
De l’autre côté ça ne vaut guère mieux.  L’entourage d’Emmanuel Macron avait, quant à lui, déjà évoqué le nom de la journaliste pour justifier la non-participation du candidat à certaines émissions de France 2. 
 
Cette ingérence qui menace l’indépendance du service public et le bon déroulement du débat démocratique est d’autant plus inacceptable qu’elle intervient dans un contexte général d’entraves répétées, quasi systémiques, du travail journalistique par les candidats. Marine Le Pen a ainsi assumé ne pas considérer les équipes de Quotidien (TMC) comme des journalistes. Elle a refusé de les accréditer (alors que ces mêmes équipes sont détentrices de la carte de presse). Avant le premier tour, les équipes d’Emmanuel Macron ont, elles, tout simplement interdit l’accès à l’unique meeting du candidat aux journalistes du média écologiste indépendant Reporterre.  
 
Ces choix montrent bien le peu de considération qu’ont les politiques pour les journalistes. Ne seraient-ils à leurs yeux que de simples porte-micro ?  
Ces choix, oui, ne font que décrédibiliser une profession déjà mise à mal et qui connait, depuis les gilets jaunes ou le mouvement des antivax, une réelle crise de confiance.  
 
  • CFDT-Journalistes demande donc aux candidats de respecter l’indépendance de la presse et le pluralisme.  
  • CFDT-Journalistes demande aux rédactions, de France Télévisions en l’occurrence, de défendre ses choix et ses salariés.  
Il en va de l’image du service public.  

RT France : un organe de propagande sous l’habillage d’une chaîne d’infos

La décision de la commission européenne de faire cesser la diffusion de toutes les antennes de Russia Today en Europe, dont celle de RT France (ainsi que les canaux de diffusion de l’agence multimedia Sputnik France), suscite le débat au sein même de la profession.

Dans une interview à Arrêt sur images, la F3C CFDT a pris une position claire à ce sujet : « En tant que syndicat, on est attentifs à la capacité du bon exercice du métier, qu’il s’agisse bien du métier de journaliste et pas de celui de la diffusion de dossiers de presse d’État. À partir du moment où le respect d’un cadre de travail à la fois légal et éthique n’est pas visible, ça ne nous dérange pas que dans la situation actuelle, ce média ne puisse pas être vu et entendu par ses téléspectateurs ».

Si CFDT-Journalistes et la F3C CFDT peuvent être solidaires des salariés qui risquent de perdre leur emploi, il convient de ne pas oublier ce qu’est RT France : un organe de propagande logiquement lié au pouvoir politique russe qui se présente sous l’habillage d’une chaîne d’infos ; en clair, une entreprise de médias piloté par un état non démocratique qui mène une guerre d’invasion sur le territoire d’un pays voisin et démocratique.

La F3C CFDT et CFDT Journalistes dénoncent cet outil d’influence internationale mis en place pour servir la cause de Vladimir Poutine et sa volonté de déstabilisation des démocraties occidentales.

Dans les instances où ils siègent, les représentants de la CFDT feront cependant tout pour défendre les droits sociaux des salariés de RT France.

La F3C CFDT et CFDT-Journalistes  appellent à participer aux rassemblements du 5 mars et rejoint l’appel à la marche parisienne en soutien à l’Ukraine qui partira de la place de la République à 15h. Dans les régions rapprochez-vous de vos URI ou syndicats.

Un soutien sans réserve à Ophélie Meunier (M6), menacée après un reportage

C’est un soutien sans réserve qu’apportent CFDT-Journalistes et la section CFDT de M6 à Ophélie Meunier, notre consoeur présentatrice de M6, placée sous protection policière après avoir reçu des menaces, suite à la diffusion d’un reportage de Zone Interdite sur l’emprise des islamistes sur Roubaix (Nord).

Egalement menacé de mort, Amine Elbahi, lanceur d’alerte qui dans le reportage explique avoir alerté la préfecture du Nord fin 2020 sur le cas d’une association de la ville diffusant des « cours coraniques » sous couvert de soutien scolaire, a lui aussi dû être placé sous protection policière.

Les sociétés des journalistes de M6, RTL et BFM TV, ainsi que les rédactions de plusieurs médias (dont Le Figaro et L’Express) ont affiché leur soutien à la journaliste de M6, de même que l’avocat Richard Malka (qui appelle l’ensemble des médias à la soutenir). Plusieurs candidats à la présidentielle lui ont également apporté leur soutien.

Côté syndical, sur Twitter, le SNJ et le SNJ-CGT ont également apporté leur soutien à Ophélie Meunier.

Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a enfin indiqué avoir « donné instruction qu’à chaque fois qu’un journaliste fait l’objet de menaces caractérisées, il bénéficie d’une protection policière ». Une annonce dont ne peuvent que se féliciter CFDT-Journalistes et la section CFDT de M6.

Rappelons que les violences contre les journalistes sont en hausse constante. La CFDT-Journalistes  soutient d’ailleurs un projet de loi visant à davantage les réprimer. 

Agressions de journalistes : il est temps de renforcer la loi

(photo : Ophélie Meunier – DR)

Concentration des médias : une nouvelle loi est nécessaire

Position de CFDT-Journalistes, de la fédération F3C et du Syndicat national des Médias et de l’Ecrit CFDT à l’occasion de la Mission conjointe de l’Inspection générale des affaires culturelles et de l’Inspection générale des finances sur les règles anti-concentration dans le secteur de la presse et de l’audiovisuel. 

 La fusion TF1 et M6 (qui avait auparavant avalé la radio RTL); le démantèlement des grands groupes de presse français; la concentration entre les mains d’un seul actionnaire de radios grand public comme Europe 1, RFM, et Virgin Radio; tout cela nous interpelle et pose la question des limites à la concentration de la presse.

Si l’on peut comprendre que les groupes de presse écrite et audiovisuelle ont besoin d’avoir une assise suffisante pour exister dans le nouveau paysage médiatique français, ce qui implique une certaine concentration, on constate qu’ils s’étendent désormais dans tous les domaines : presse écrite, audiovisuelle, web et édition. Ce qui induit, pour certains, une énorme capacité de diffusion, mais aussi un appauvrissement des contenus par les échanges et reprises d’un titre à l’autre des mêmes contenus éditoriaux. Cela a des conséquences sur l’emploi dans ces secteurs.

La constitution capitalistique de tels groupes de presse entraîne aussi un rétrécissement progressif du pluralisme de l’information, alors que les médias continuent d’avoir une place prépondérante dans le fonctionnement de notre démocratie.

C’est pour cela qu’il convient de légiférer à nouveau sur ce sujet pour prendre en compte, au-delà du seul champ de l’information ou de la presse « IPG », l’ensemble du spectre de la communication.

Autonomie, transparence, éducation aux médias

Pour la F3C CFDT, CFDT-Journalistes et le SNME-CFDT, une nouvelle loi devrait prendre en considération :

  • Le renforcement de l’autonomie des rédactions et le contrôle plus strict du respect du statut des journalistes, ce qui induit notamment la lutte contre la précarisation dans les rédactions.
  • Davantage de transparence dans l’octroi des aides à la presse en réservant des sièges aux syndicats de salariés représentatifs dans la gouvernance de la CPPAP ; et renvoyer à la négociation paritaire et conventionnelle la répartition des aides.
  • Le renforcement de la représentation des salariés par les organisations syndicales représentatives dans les conseils d’administration des entreprises.

Pour nous, trois points sont importants :

  • Il faut permettre l’équilibre des opinions dans tous les domaines : presse écrite, audiovisuelle et édition.
  • Il faut prendre en compte, notamment dans l’audiovisuel, l’ensemble de l’éditorial : l’information, la culture, le divertissement.
  • Il faut renforcer l’éducation aux médias.

Concrètement, nous plaidons pour la création d’une grande instance de régulation indépendante, légitime et crédible avec, par exemple, la fusion de l’ARCOM et de l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) dans laquelle siègeraient des représentants de la société civile, des représentants des salariés, des éditeurs, qui puisse regarder les contenus et soit garante de la pluralité de l’information, de la liberté d’accès à la culture quel que soit le support : papier, radio-tv, web. Il ne s’agirait pas de contrôler l’éditorial de chaque média, mais bien de veiller, en ayant une vue d’ensemble, au respect du pluralisme de la production à la diffusion.

En ce qui concerne le renforcement de l’autonomie des rédactions, la charte déontologique de Munich (1971) reconnue par la Fédération internationale des journalistes, donne une piste de réflexion en disposant que « L’équipe rédactionnelle doit être obligatoirement informée de toute décision importante de nature à affecter la vie de l’entreprise. Elle doit être au moins consultée, avant décision définitive, sur toute mesure intéressant la composition de la rédaction : embauche, licenciement, mutation et promotion de journaliste. »

Garantir l’indépendance de l’information et son pluralisme dans un contexte de fusions – concentration des organes de presse, pourrait enfin passer par la mise en place de nouveaux seuils, cela pour éviter la mainmise sur les médias, en limitant la participation des grands groupes au capital des médias.

Fait à Paris, le 18 janvier 2021

 

Agressions de journalistes : il est temps de renforcer la loi

CFDT-journalistes soutient une proposition de loi déposée par le député Belkhir Belhaddad visant à renforcer la protection des journalistes.

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Samedi 15 janvier 2022 à Paris, une équipe de l’AFP qui couvrait une manifestation d’opposants au passe vaccinal a été violemment prise à partie par une foule haineuse.

Ces confrères rejoignent la trop longue liste des journalistes agressés lors de manifestations, mais aussi lors de reportages en contexte à priori plus « tranquille », du micro-trottoir sur un marché à une enquête / magazine en milieu rural en passant par un meeting politique. Ce phénomène est inacceptable et doit cesser.

Protéger les journalistes

Depuis le printemps 2021, CFDT-Journalistes travaille avec le député de Moselle, Belkhir Belhaddad (LREM) à l’élaboration d’une proposition de loi visant à mieux protéger les journalistes.

Actuellement, si un journaliste n’est pas grièvement blessé (si ce sont des violences volontaires avec une ITT inférieure ou égale à 8 jours) son agresseur ne risque qu’une amende courante (tribunal d’instance, pas tribunal judiciaire, 750€ maximum). Cela peut conduire à banaliser cette violence.

Le code pénal prévoit à l’article 222-12 des peines alourdies quand les violences sont commises sur un certain nombre de personnes : magistrat, avocat, gendarme, policier, agent de sécurité privé, pompier, gardien d’immeuble, enseignant, agent d’un exploitant de réseau de transport public de voyageurs, toute personne chargée d’une mission de service public, professionnel de santé, mais aussi prostituée, etc. L’agression devient alors immédiatement un délit quelle que soit la gravité des blessures et la plus petite peine encourue (celle sans ITT ou avec ITT<8 jours) passe alors à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende.  Les journalistes ne font pour l’heure pas partie de cette liste. Les faire entrer dans le cadre de ces professions « protégées » serait un alignement logique sur ce que la loi prévoit pour d’autres personnes reconnues comme ayant un rôle public dans notre société.

Le texte déposé à l’Assemblée nationale

Le texte a été déposé le 21 décembre à l’Assemblée nationale. Il est soutenu par la majorité et nous souhaitons vivement qu’il soit examiné d’ici la fin de la mandature. Alors que les tensions sont fortes en France, que s’approchent des échéances électorales importantes et que l’Europe nous presse d’agir, CFDT Journalistes appelle l’ensemble des parlementaires à s’en saisir et voter en sa faveur.

Parce que les journalistes ne sont pas des punching-balls, parce que la presse est un vecteur important de la démocratie, ensemble, protégeons les journalistes.

A Paris, le 17 janvier 2022

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Emmanuel Macron : « Comme je suis optimiste pour la France, je suis optimiste pour la presse »

C’est en comité restreint que se sont déroulés les vœux aux associations, organisations et syndicats de presse, mardi 11 janvier 2022 au Palais de l’Elysée à Paris.

Le Président de la République, Emmanuel Macron, y a plaidé en faveur d’une presse libre, forte et indépendante, mais aussi d’une presse de qualité, qui prenne le temps de vérifier et recouper les informations pour lutter contre les « infox », répondre au complotisme et à enfermement algorithmique. Il venait de recevoir le rapport « Les Lumières à l’ère numérique » de la commission Bronner.

Selon la tradition, c’est le président de l’Association de la Presse Présidentielle qui a d’abord présenté ses vœux au Président de la République n’hésitant pas, dans son discours, à le titiller quelque peu sur des thématiques comme le « secret des sources » parfois mis à mal, le « secret d’Etat » trop souvent utilisé pour justifier un manque de transparence, déplorant aussi que dans notre République, des médias puissent être poursuivis pour « violation du secret des affaires » ou que le modèle économique des entreprises de presse soient trop fragile face aux GAFAM.

Mais en premier lieu, il a bien sûr été évoqué la situation d’Olivier Dubois, journaliste pigiste retenu en otage au Mali pour lequel le Président de la République a affirmé « le soutien de la Nation », expliquant, sans donner de détails, que les services de l’Etat sont « pleinement mobilisés » pour obtenir sa libération.

« Distinguer le vrai du faux »

Dans le contexte sanitaire et politique actuel, « jamais le besoin d’une presse forte et indépendante n’a été aussi justifié » a estimé le Président de la République, évoquant une presse qui sait « distinguer le vrai du faux » et « raconter le monde de manière éclairée » : dans le contexte pandémique, Emmanuel Macron estime ainsi que « sans le travail de la presse, la vague des fausses informations aurait été plus puissante et plus dangereuse ».

Le Chef de l’Etat a aussi évoqué l’engagement du pays pour la défense des droits de l’Homme dans le monde, citant entre autres l’initiative Marianne pilotée depuis l’Elysée et rappelant que sur 400 Afghans protégés par la France, un tiers sont des journalistes ; il a aussi rappelé le « combat pour toutes les libertés, y compris celles de la caricature et de la satyre (…) qui sont au cœur de l’Histoire de France et de la liberté de la presse ». L’occasion de préciser que la Maison du Dessin de presse, dont le projet était porté par Georges Wolinski avant son assassinat dans les locaux de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, verra prochainement le jour à Paris, dans le 6e arrondissement.

Estimant encore que « la presse est un bien commun qui relève de l’exigence démocratique et citoyenne », Emmanuel Macron a rappelé que depuis 2020, ce sont 483 millions d’euros qui ont été versés au soutien de la filière presse.

Et d’espérer, avant de souhaiter une bonne année à chacun, que 2022 sera une année de combat pour la réhabilitation de l’information documentée avant de conclure : « Comme je suis optimiste pour la France, je suis optimiste pour la presse ».


Les propositions de CFDT-Journalistes pour des actions concrètes

En marge de cette cérémoinie, CFDT-Journalistes a remis à la ministre de la Culture et de la Communication, Roselyne Bachelot, ainsi qu’au cabinet d’Emmanuel Macron une note revendicative sur les « actions concrètes possibles à court terme pour améliorer concrètement le travail des journalistes »:

LUTTER CONTRE LA PRECARITE ECONOMIQUE ET SOCIALE

  • Donner des moyens pour lutter contre le travail illégal dans la profession (journalistes rémunérés en autoentrepreneurs ou droits d’auteur au lieu du salariat, cf loi Cressard) et les contrats précaires non autorisés (CDD à répétition, CDDU) : Nommer des inspecteurs du travail dédiés à ces salariés et ces fraudes, créer une cellule interministérielle Culture+Travail, rappeler la loi aux éditeurs.
  • Accorder une dérogation aux règles internationales de sécurité sociale pour permettre à environ 500 correspondants à l’étranger de médias français, vivant à l’étranger, de bénéficier de la sécurité sociale française et de sortir de l’angoisse de la maladie, l’accident, la grossesse, la vieillesse après une carrière au service de l’info des Français.

AFFIRMER LE ROLE DEMOCRATIQUE DES JOURNALISTES

  • Dire stop à la montée de la violence envers les journalistes en soutenant la priorisation de la loi portée par le député LREM de Moselle Belkhir Belhaddad, ajoutant les journalistes dans la liste des victimes de violences volontaires amenant des circonstances aggravantes.
  • Tout entreprendre pour la libération d’Olivier Dubois, otage au Mali.

SOUTENIR UNE INFORMATION DE QUALITE

  • Soutenir le projet de loi protégeant les lanceurs d’alerte (cf PPL Wasermann) et lutter contre son détricotage en cours au Sénat sous la pression des lobbies : les lanceurs d’alerte sont des informateurs précieux pour les journalistes et doivent être protégés.
  • Faire entrer les syndicats de salariés dans le paritarisme de la CPPAP pour que l’attribution des aides à la presse prenne en compte la connaissance de l’intérieur des salariés.

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