Nous condamnons l’expulsion par la Russie de Benjamin Quénelle, correspondant du Monde à Moscou

Correspondant à Moscou de divers médias français depuis plus de 20 ans, Benjamin Quénelle se savait placé sous une épée de Damoclès depuis plusieurs années, le régime russe menaçant les correspondants étrangers d’expulsion à tout moment. Le couperet est tombé le 16 octobre 2024 avec la suspension de son accréditation de presse, confirmée la semaine dernière, le 30 janvier 2025, avec son annulation, l’empêchant d’exercer son métier de correspondant en Russie. Nous lui adressons tout notre soutien et condamnons fermement cette atteinte à la liberté de la presse !

Communiqué de la Fédération internationale des journalistes et de la Fédération européenne des journalistes, auxquelles CFDT-Journalistes est affiliée :

Russie : la FIJ et la FEJ condamnent l’expulsion du correspondant du Monde

La Fédération internationale et la Fédération européenne des journalistes (FIJ-FEJ) ont exprimé jeudi leur soutien à Benjamin Quénelle, correspondant à Moscou du quotidien français Le Monde, dont l’accréditation vient d’être révoquée par les autorités russes. Les fédérations exhortent les autorités russes à reconsidérer et annuler leur décision.

Après la suspension de son accréditation de presse le 16 octobre 2024, Benjamin Quénelle a été officiellement notifié de son annulation le 30 janvier 2025, l’empêchant ainsi d’exercer son métier de correspondant en Russie.

Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué, dans ses échanges avec la diplomatie française, que cette révocation d’accréditation était une mesure de rétorsion en réponse au refus de la France de délivrer des visas de presse à des journalistes présumés du quotidien Komsomolskaya Pravda.

Le directeur du Monde, Jérôme Fenoglio, a condamné une « expulsion déguisée » d’un journaliste ayant passé plus de vingt ans en Russie sans interruption. La Société des journalistes du Monde a dénoncé une « décision inique » visant à révoquer l’accréditation de leur confrère.

« Une fois de plus, comme dans le cas d’Evan Gershkovich », ont réagi la FIJ et la FEJ, « les autorités politiques prennent la presse en otage, imposant des mesures de représailles à un journaliste qui ne faisait que son travail et n’avait rien à se reprocher. Les vagues de révocations d’accréditations, après la désignation de médias comme organisations terroristes ou agents de l’étranger, illustrent la politique massive de censure menée par les autorités russes. »


En 2022, nous avions interrogé Benjamin Quénelle sur son activité de correspondant en Russie dans le contexte contraint de la guerre en Ukraine.

A relire en intégralité :

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