Le tribunal dit stop au déploiement de l’Intelligence artificielle générative à Gisi et Groupe Moniteur

COMMUNIQUE INTERSYNDICAL SNJ – CFDT – CGT – FO – UNSA des représentants du personnel de GISI et Groupe Moniteur
Le tribunal de Créteil donne raison aux élus des CSE de Groupe Moniteur (Le Moniteur, La Gazette des communes, etc.) et de Gisi (L’Usine Nouvelle, LSA, L’Argus de l’assurance, etc.) qui demandent une information-consultation sur l’IAg. Le tribunal ajoute que son « déploiement dans le secteur de la presse est susceptible d’affecter les conditions de travail de ses salariés »


Le mardi 15 juillet, le tribunal judiciaire de Créteil a donné raison aux Comités sociaux et économiques (CSE) des sociétés Gisi et Groupe Moniteur, toutes deux membres du groupe Infopro Digital. Les élu·e·s, de différentes organisations syndicales (CFDT, FO, SNJ, SNJ-CGT, Unsa), et de façon unanime, réclament depuis plusieurs mois l’ouverture d’une information-consultation sur l’utilisation de l’intelligence artificielle générative (IAg).
Depuis plus d’un an, la direction d’Infopro Digital a mis en place des groupes de travail sur l’IAg avec une très forte opacité, et sans impliquer les représentant·e·s du personnel. Elle a aussi déployé des outils d’IAg sans consulter les CSE. En plus, les salarié·e·s, journalistes, commerciaux·ciales et services généraux, sont incités à utiliser des outils basés sur l’IA sans aucune formation préalable.
Pour justifier son refus d’ouvrir une information-consultation, la direction d’Infopro Digital a affirmé en CSE que, selon elle, l’IAg ne constituait pas une nouvelle technologie (sic!) et qu’elle n’est pas susceptible d’avoir un impact sur l’organisation du travail ni sur l’emploi…
Nous avons eu gain de cause sur toute la ligne. La direction est tenue de désactiver tous les outils d’IAg mis à disposition des salarié·e·s jusqu’à la conclusion de l’information-consultation, avec astreinte de 1 000 euros par jour d’infraction. De plus, la direction devra payer 5 000 euros de dommages et intérêts et 2 000 euros pour les frais de justice à chacun des CSE. Dans sa décision, le tribunal précise : « Il n’est pas sérieusement contestable que l’intelligence artificielle est une technologie nouvelle dont le déploiement dans le secteur de la presse est susceptible d’affecter les conditions de travail de ses salariés ». Voilà qui fera jurisprudence !
Avec l’ouverture prochaine de l’information-consultation, nous mandaterons, dans nos entreprises respectives, un expert pour examiner toutes les répercussions des usages de l’IAg dans nos services et rédactions !
La direction devra entamer, enfin, un dialogue avec les représentant·e·s du personnel sur ce sujet majeur qui va bouleverser tous nos métiers. Nous déplorons qu’il nous ait fallu en passer par la justice pour obtenir l’exercice normal du dialogue social dans l’entreprise.
Mais nous n’en sommes pas surpris·e·s : depuis 10 ans, la direction d’Infopro Digital méprise le dialogue social et rejette les propositions syndicales en négociations annuelles obligatoire, refuse de négocier les redevances perçues via le Centre français de la copie (CFC), ignore une motion de défiance votée par les rédactions ou exclut la juste redistribution des larges bénéfices réalisés. Ces méthodes, délétères pour nos collègues, nos lecteurs et nos clients, doivent cesser. 

Gentilly, Jeudi 24 juillet 2025

Les actualités

  • Déduction des cotisations sociales ? Refusez dès maintenant les plans sur la comète !

    L’abattement de 30% sur certaines cotisations sociales (DFS, à ne pas confondre avec l’abattement fiscal de 7650 €) devait être conditionné, à partir du 1er janvier 2023, à la présentation de justificatifs de frais restant à la charge des journalistes concernés. Mais les employeurs, qui y voyaient un préjudice, ont obtenu que les frais n’aient pas à être justifiés. L’abattement devrait…

  • Nos combats à l’international : rétrospective de l’année 2022

      La solidarité avec les travailleurs et les autres militants syndicaux de par le monde est dans l’ADN de la CFDT. La CFDT-Journalistes aussi est impliquée, comme le montrent nos engagements tout au long de l’année année 2022. Une guerre à couvrir Une année marquée par le début de la guerre en Ukraine et le départ…

  • Opération bracelets de l’espoir pour la libération d’Olivier Dubois : les militants CFDT se mobilisent

    Depuis le 8 décembre 2022, 20è mois de captivité d’Olivier Dubois, la CFDT-Journalistes, en accord avec le comité de soutien #FreeOlivierDubois, diffuse ses rubans verts d’espoir, avec ce message « Je n’oublie pas #FreeOlivierDubois ». Nos adhérents journalistes ont  reçu chez eux une enveloppe avec un ruban, et été invités à en demander d’autres  s’ils le souhaitent. Certaines…

  • Une grève aux Messageries lyonnaise de presse perturbe la distribution des périodiques

    Mal-être au travail, risques psycho-sociaux très prégnants, mauvaise gestion… c’est par un mouvement de grève déclenché par surprise mercredi 14 décembre 2022 sur les trois sites du groue que les salariés, avec leurs élus CFDT, ont décidé de dire « ça suffit ! » Le mouvement a été massivement suivi, les grévistes demandant que les…

  • Un député RN co-rapporteur d’une « mission flash sur l’éducation critique aux médias » : c’est non !

    Dans un communiqué commun, le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes dénoncent le fait que l’Assemblée nationale ait choisi un député du Rassemblement national (RN) au poste de co-rapporteur d’une « mission flash sur l’éducation critique aux médias », alors que le RN est habitué à sélectionner les journalistes qu’il autorise à assister à ses…