Flottille vers Gaza : la France doit tout faire pour garantir les droits et la sécurité des journalistes

En lien avec leurs fédérations internationale (FIJ) et europénne (FEJ), les organisations syndicales représentatives de journalistes en France (SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO) expriment leur indignation après l’interception, dans les eaux internationales par les forces armées israéliennes, des bateaux de la Global Sumud Flotilla.

Des centaines de participants à cette initiative citoyenne et humanitaire visant à briser le blocus imposé de la bande de Gaza ont été arrêtés par la force dans des conditions et avec des moyens qui restent à examiner. Parmi eux, plusieurs dizaines de journalistes internationaux, dont un journaliste français, Emilien Urbach, envoyé spécial de L’Humanité au sein de la Flottille.

Son journal et ses collègues n’ont plus aucune nouvelle de lui depuis jeudi 2 octobre à 3 heures du matin. D’après des éléments parcellaires collectés par L’Humanité, il pourrait se trouver, comme tous les autres participants, retenu au port d’Ashdod, avant un transfert vers une prison dans le Néguev.

Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO condamnent non seulement le caractère illégal de cet arraisonnement dans les eaux internationales, mais aussi une violation flagrante des lois et conventions protégeant la sécurité des journalistes dans les zones de conflit et consacrant la liberté de la presse. Et nous tenons les autorités israéliennes responsables de l’intégrité, la santé et les droits de tous les journalistes aujourd’hui détenus. Ils ne ne font que leur métier. Pour les journalistes sur les bateaux, cette flottille représentait une occasion concrète de tenter d’enrayer la spirale à l’oeuvre depuis près de deux ans : élimination méthodique des journalistes gazaouis – plus de 240 ont été assassinés et, pour beaucoup d’entre eux,  ciblés,  par l’armée israélienne -, et black-out orchestré à travers l’interdiction totale pour la presse internationale de pénétrer dans la bande de Gaza.

Nous demandons à l’Etat français de prendre la mesure de cette nouvelle et grave violation du droit international par le gouvernement israélien. Le président de la République, le Premier ministre et les membres du gouvernement démissionnaire ne peuvent pas plus longtemps renvoyer les participants présents sur les bateaux solidaires et humanitaires à leur responsabilité individuelle. 

La France doit s’engager et obtenir la libération immédiate de tous les citoyens présents sur les bateaux humanitaires, journalistes et autres. Plus globalement, la France doit agir concrètement pour l’ouverture de la bande de Gaza pour que la presse internationale puisse venir en appui, voire en relais, de nos collègues palestiniens.

Ce sont aussi notre solidarité, notre humanité, notre liberté d’informer qui ont été kidnappées en mer, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Paris

Vendredi 3 octobre 2025

Les actualités

  • Un représentant du RN au Conseil supérieur de l’AFP : une provocation !

    La nomination de Bruno Bilde, député Rassemblement National du Pas de Calais, au Conseil supérieur de l’AFP est un mauvais signal envoyé à l’ensemble des journalistes.  L’ancien directeur du cabinet de Marine Le Pen lors de la récente campagne électorale des élections législatives, représentera l’Assemblée Nationale au sein d’une des plus importantes entreprises française d’information…

  • Une soirée le 9/10 et un premier rapport à venir pour l’OFALP

    Ce 9 octobre, l’Observatoire français de la liberté de la presse organise une soirée à Paris au Théâtre de la Concorde. Un mini concert, huit cartes blanches, deux tables rondes, de l’humour… Objectif : lancer la campagne de crowdfunding de cette association, qui vise à recueillir des fonds pour financer la publication de son premier…

  • Nouveau numéro de Profession journaliste : focus sur le management

    Deux fois par an CFDT-Journalistes édicte un magazine pour faire connaitre ses actions et revendications. Au sommaire du numéro de cet automne, un dossier sur le management dans les médias, une grande interview d’Yvonne Roehrig, déléguée syndicale centrale à France Télévisions, un édito sur les 50 ans de la loi Cressard et un portrait de…

  • Pérennisation du financement de l’audiovisuel public : à l’Assemblée au pas de course

    La pérennisation du financement de l’audiovisuel public, dossier jugé « urgent » par l’exécutif, sera à l’ordre du jour du Sénat le 23 octobre, sur une initiative parlementaire des sénateurs Cédric Vial et de plusieurs collègues de droite et du centre. Le texte devra ensuite être adopté au pas de course à l’Assemblée nationale pour être promulgué…

  • Etats généraux de l’information : l’urgence est aussi sociale !

    Le comité de pilotage des États généraux de l’information (EGI) vient de rendre ses recommandations. Si nous avons parfois contesté l’organisation et le fonctionnement de ces EGI, nos syndicats ont malgré tout choisi d’y contribuer et d’y défendre leurs revendications.    Globalement, si nombre de ces recommandations vont plutôt dans le bon sens, d’autres manquent…