Secret des sources : la justice donne raison à Ariane Lavrilleux

La CFDT-Journalistes salue le non-lieu pour Ariane Lavrilleux poursuivie après avoir révélé dans Disclose en novembre 2021 le rôle de l’armée française dans des crimes menés en Egypte sur fond de vente d’armes. Des centaines de civils égyptiens y ont laissé leur vie.

Au-delà du soulagement et de la réhabilitation de notre consœur injustement inquiétée – elle encourait une peine de cinq ans de prison et 75 000 € d’amende pour « appropriation et divulgation d’un secret de la défense nationale » – c’est une reconnaissance de la protection du secret des sources, « pierre angulaire de la liberté de la presse », rappelle la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et élément capital pour que, nous, journalistes puissions mener nos enquêtes. Et assurer notre mission d’information du public, y compris sur des affaires d’Etat.

La CFDT-Journalistes s’est placée tout au long de ce combat judiciaire aux côtés d’Ariane Lavrilleux, dénonçant les 39 heures de garde à vue et les filatures qu’elle a subies, la perquisition de son domicile par des policiers de la DGSI, les convocations par une magistrate spécialisée dans la lutte antiterroriste, autant d’éléments inadmissibles dans un état de droit. Notre fédération a aussi accompagné Ariane dans ses saisines du Défenseur des Droits et du Contrôleur des lieux de privation de liberté. Et nous avons pu compter sur le soutien de Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, et de son homologue CGT Sophie Binet, qui ont envoyé  une lettre ouverte à tous les parlementaires réclamant une meilleure protection des sources des journalistes.

Nous le redisons haut et fort : pouvoir enquêter, garder la confiance de nos sources, des lanceurs d’alerte, nécessite de les protéger et d’être protégés. Il en va de la place de l’information dans notre démocratie.

Paris, le 24 octobre 2025

Les actualités

  • Premiers secours en santé mentale : on peut se former !

    Le savez-vous ? La santé mentale est une préoccupation universelle qui touche aussi bien les particuliers, les salariés d’entreprises, les professionnels de santé, les bénévoles d’associations ou les retraités. La formation aux Premiers secours en santé mentale apporte des connaissances sur la santé mentale, réduit les comportements stigmatisants, augmente la confiance en sa propre capacité à…

  • Santé mentale : les numéros utiles

    Le 3114, numéro national de prévention du suicide. Si vous êtes en détresse et/ou avez des pensées suicidaires, ou si vous voulez aider une personne en souffrance, vous pouvez contacter le numéro national de prévention du suicide, le 3114. Il est accessible 24h/24 et 7j/7, gratuitement, dans toute la France. SOS Amitié pour les personnes de tout âge…

  • Santé mentale des journalistes : Libérer la parole #4 – Le témoignage de Guillaume, bipolaire

    Troubles bipolaires : « C’est un combat permanent » Guillaume Bouvy, 36 ans, a appris à exercer comme journaliste en composant avec son trouble bipolaire. Non sans difficultés, et avec le constat amer d’un monde du travail, dans notre secteur, encore très loin de s’adapter aux maladies psychiatriques. « J’ai été diagnostiqué bipolaire en 2008. J’en ai marre de…

  • Santé mentale des journalistes : Libérer la parole #3 – Le témoignage de Pierre, victime de trouble de stress post-traumatique

    « J’aurais préféré me casser une jambe ou avoir un accident » Pierre*, 52 ans, est photographe pour un média national. Il y une vingtaine d’années, il a couvert une suite d’événements tragiques, qui ont entraîné un trouble de stress post-traumatique (TSPT).  Le parcours de Pierre débute au sein de l’armée, à la fin des années 1990.…

  • Santé mentale des journalistes : Libérer la parole #2 – Le témoignage de Marie-Paule sur la dépression

    « Vivre une dépression seul, c’est l’échec assuré ! » Marie-Paule* a traversé une dépression provoquée par le harcèlement subi dans le cadre du travail. Elle a réussi à surmonter cette épreuve grâce à ses proches, et au syndicat, où elle se sent reconnue. « Cela a commencé il y a dix ans. Cela faisait…