LFI : Oui à l’(auto)critique de la profession, non à son exclusion !

    Dimanche 22 février, lors d’une réunion dans le 19ème arrondissement parisien en vue des élections municipales, Sophia Chikirou, tête de liste de LFI dans la capitale, s’en prend aux journalistes de télévision et de radio : « Vous n’êtes pas journalistes, vous n’avez rien de journalistes, rendez la carte. Vous êtes des petits agents. C’est ce que Simone Veil appelait les nazis à petits pieds ».

    Lundi 23 février, Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, organise une conférence de presse afin de, après la mort à Lyon de Quentin Deranque, un jeune militant nationaliste, clarifier les liens entre son mouvement et la Jeune Garde dont certains membres sont présumés responsables de cet homicide. Cette conférence de presse est réservée à des « médias numériques alternatifs ». France Inter, France Info, l’AFP, Le Monde, Libération, La Croix, l’Humanité, Le Parisien, Le Nouvel Obs, La Tribune Dimanche, L’Express, TF1, France Télévisions en sont écartés. La raison : « En se rendant dans bien des médias traditionnels, on a l’impression de participer à des séances de l’Inquisition », explique-t-on à LFI. 

         La CFDT-Journalistes dénonce ce tri sélectif et cette mise à l’écart d’une grande partie de la profession. Il s’agit pour elle d’une véritable entrave à la liberté de la presse que, jusqu’à présent, seule l’extrême droite se permettait. Diviser les journalistes entre prétendument bons et mauvais revient à procéder comme Trump. Pour la CFDT-Journalistes, c’est inacceptable

        Certes, notre profession est en droit de s’interroger sur certains traitements médiatiques après les événements survenus à Lyon, dont quelques couvertures étonnamment à charge et, sur les plateaux de télé ou de radio, des mots prêtant parfois à confusion. Mais la CFDT-Journalistes ne peut accepter qu’un responsable politique, quel que soit son bord, choisisse les journalistes autorisés à couvrir un événement d’intérêt public. C’est directement remettre en cause le droit à l’information des citoyens.

     Quant à Madame Sophia Chikirou, en qualifiant les journalistes de « nazis aux petits pieds », elle dépasse plus que les bornes. La CFDT-Journalistes s’insurge contre ce type de dérives sémantiques et demande instamment au personnel politique que la violence des mots n’occulte pas le nécessaire débat démocratique, ce qui n’occulte pas une nécessaire réflexion, par notre profession, du traitement médiatique des événements politiques en cette période électorale.

Paris, le 26 février 2026

Les actualités

  • Journée internationale contre les crimes commis contre les journalistes : Mettons fin à l’impunité !

    La CFDT-journalistes s’associe à la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, ce 2 novembre 2022, à l’initiative de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) dont notre syndicat est membre en demandant l’adoption d’une Convention internationale. Nous rappelons également la trop longue liste des victimes françaises depuis plus de…

  • Agences de presse : pas d’accord sur les salaires

    C’est non à l’unanimité ! Les organisations professionnelles étaient invitées à négocier les salaires conventionnels des journalistes des agences de presse dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire, mais aucun accord n’a été trouvé avec les éditeurs, qui proposaient de revaloriser de seulement 2%, au 1er septembre 2022, le salaire mensuel brut minimum des journalistes…

  • Agressions de journalistes : La CFDT-journalistes, solidaire des confrères, demande un durcissement de la loi

    Des journalistes blessés et pris à partie alors qu’ils font juste leur travail, ça suffit ! La CFDT-journalistes apporte son plein soutien aux journalistes de Ouest-France et de France 3 Bourgogne-Franche-Comté qui ont été agressés ces derniers jours en reportage sur le terrain, et demande un durcissement de la loi pour mieux protéger les journalistes…

  • Education aux médias : de nouvelles formations certifiées pour les journalistes

    L’idée est partie de la CFDT : proposer des formations à l’éducation aux médias et à l’information certifiées par la Cpnef de l’audiovisuel, en collaboration avec la Cpnef de la presse et la CPNEJ (journalistes). Et après un long travail pour monter les formations et lancer les appels d’offres, huit organismes répartis sur tout le territoire…

  • Groupe Ebra : des titres et des journalistes !

    Les délégués d’Ebra ont assisté, stupéfaits, à une « grand messe » de leur direction sur les « marques » et l’avenir du groupe… Et sans surprise, on s’aperçoit que l’analyse qu’ils proposent de cette réunion pourrait s’appliquer à la lettre à nombreux autres titres de la PQR-PQD et PHR… C’est une petite musique de fond qui se répète,…