Municipales : « Ne laissons pas l’extrême droite décider de l’avenir de nos territoires », par Marylise Léon et Sophie Binet

Tribune diffusée par La Tribune

Le danger de l’extrême droite n’a jamais été aussi présent. Son projet ne se cache plus : remettre en cause les équilibres démocratiques, fragiliser les droits fondamentaux et imposer une vision autoritaire de la société.

Partout où elle gouverne, le même bilan : justice sous contrôle, presse muselée, syndicats et associations entravés, droits sociaux laminés, droits des femmes attaqués, urgence climatique niée. Ce n’est pas de la politique, c’est un système qui détruit méthodiquement ce que des générations ont construit. Les élections municipales à venir constituent un tournant décisif.

La mairie, c’est la première porte de la république. C’est là que se joue concrètement l’égalité : le logement accessible ou hors de prix, les transports qui fonctionnent ou pas, l’école qui reste ouverte, la crèche, les lieux culturels de proximité, le bon fonctionnement de la démocratie locale, le service public qui résiste… Confier cette première porte à l’extrême droite, c’est laisser entrer ceux qui veulent refermer la république sur elle-même. C’est accepter que l’égalité, la solidarité et le vivre-ensemble reculent dans nos propres rues.

L’extrême droite ne sort pas de nulle part. Elle se nourrit du déclassement, des territoires abandonnés, du travail qui ne paie plus, des services publics qui ferment. Elle grandit aussi lorsque le débat public se laisse enfermer dans ses thèmes, lorsque la stigmatisation, souvent traversée par le racisme, l’emporte sur la recherche de solutions.

Mais rien n’est joué. Les mobilisations de ces derniers mois l’ont démontré : ce pays refuse le pire. Des millions de personnes restent attachées à la démocratie, à la justice sociale, aux libertés. Cette force existe. Elle attend des perspectives concrètes, pas des discours creux.

Faire barrage à l’extrême droite ne peut se limiter à des déclarations de principe. Cela exige des réponses concrètes aux urgences qui fracturent le pays : redonner du sens au travail, agir pour les salaires, les minimas sociaux et le pouvoir d’achat, protéger les plus précaires, investir dans les services publics, lutter contre les inégalités territoriales, accompagner les transitions industrielles et écologiques, renforcer la démocratie locale et sociale.

Les forces républicaines ont la responsabilité de présenter des projets clairs et crédibles, en prise avec les réalités vécues par les habitantes et les habitants. C’est par la cohérence des choix, la lisibilité des positions et la capacité à répondre aux urgences sociales et territoriales que l’extrême droite peut être durablement contenue.

Les élections municipales se jouent aussi dans la clarté des choix, en particulier au second tour. Face à l’extrême droite, l’ambiguïté n’est pas une option. Les électrices et les électeurs ont besoin de repères lisibles, de positions assumées et de refus explicites de toute complaisance avec les partis d’extrême droite. La responsabilité républicaine impose de ne laisser aucun doute sur le fait que l’extrême droite ne peut être un partenaire, ni direct ni indirect, de la gestion de nos communes. Dans chaque territoire, nous alerterons, mobiliserons et interpellerons les candidates et candidats aux élections municipales. Nous leur demanderons comment ils entendent défendre concrètement la démocratie, la cohésion sociale et l’égalité des droits, et quelle part ils prendront dans la lutte contre l’extrême droite.

L’EXTRÊME DROITE AVANCE LÀ OÙ L’ON RENONCE À LA JUSTICE SOCIALE, AUX SERVICES PUBLICS ET À LA DÉMOCRATIE. LUI FAIRE BARRAGE NE SE DÉCRÈTE PAS. CELA SE CONSTRUIT. MAINTENANT.

Les actualités

  • Non à la suppression du magazine 60 Millions de consommateurs

    Ci après, un communiqué de la CFDT 60 Millions de Consommateurs. Nous demandons au Premier ministre Sébastien Lecornu de renoncer à inscrire la fermeture de l’Institut national de la consommation et de 60 Millions de consommateurs dans son projet de budget. Nous lui demandons plutôt de soutenir l’effort de transformation de l’INC actuellement effectué par…

  • Propos tenus par Raphaël Enthoven au sujet des journalistes à Gaza : nous contestons devant le parquet général le classement de notre plainte

    Mi-août dernier, suite à une frappe israélienne ayant tué volontairement six journalistes palestiniens devant l’hôpital Al-Shifa à Gaza-city, le philosophe français Raphaël Enthoven repostait sur ses réseaux sociaux une vidéo mensongère visant une trentaine de journalistes palestiniens assassinés, qualifiés de terroristes et affirmait qu’il n’y avait « aucun journaliste à Gaza, uniquement des tueurs, des combattants ou des preneurs…

  • Jean-Luc Mélenchon : stop au dénigrement sans fin des journalistes !

    La CFDT-Journalistes s’indigne de la façon dont Jean-Luc Mélenchon a traité Jérémy André, notre confrère du Point, co-auteur avec le journaliste Hadrien Brachet d’une enquête fouillée et circonstanciée intitulée « Mélenchon et la Chine, enquête sur des Liaisons dangereuses de la France insoumise », (n°2773, 18 Septembre 2025). Ils se sont attiré les foudres du chef des Insoumis.  Qualifié…

  • Gaza : requête en conseil d’Etat de plusieurs associations contre le gel des évacuations vers la France

    Depuis cet été, CFDT-Journalistes se mobilise pour tenter de contribuer à l’accueil de journalistes gazaouis menacés à tout moment de mort là-bas. Le 25 juillet nous écrivons à Emmanuel Macron et Jean-Noël Barrot pour demander notamment que la France fasse tout son possible pour cet accueil. Mais quelques jours plus tard, les évacuations étaient gelées.…

  • France Télévisions : face aux attaques de l’extrême droite, les revendications CFDT

    Communiqué de la section CFDT de France Télévisions face aux récentes attaques des médias de la bollosphère et du RN contre l’audiovisuel public : La haine du service audiovisuel public, c’est celle du débat, de la contradiction, de l’enquête et de la démocratie La guerre est déclarée. Contre les gabegies de l’audiovisuel public, son partisanisme…