Tunisie : liberté pour Mourad Zeghidi

Communiqué intersyndical SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO

Victime d’un acharnement judiciaire et symbole malgré lui de la dérive autoritaire du pouvoir tunisien, le journaliste franco-tunisien Mourad Zeghidi, incarcéré depuis bientôt deux ans, doit retrouver la liberté. Âgé de 53 ans, notre confrère avait été arrêté à son domicile à Tunis le 11 mai 2024, au même moment que deux autres chroniqueurs d’une émission de la radio IFM.

Ex-journaliste au service des sports de Canal+ (2000 – 2014), Mourad Zeghidi avait été placé sous mandat de dépôt, sur la base du décret 54, pour « diffusion de fausses informations dans le but de diffamer autrui ou de porter atteinte à sa réputation ». Le 22 mai suivant, il était condamné à un an de prison ferme, pour une publication Facebook exprimant son soutien à son collègue journaliste emprisonné Mohamed Boughalleb, ainsi que pour neuf extraits vidéo contenant des analyses politiques, publiés dans le cadre de son activité journalistique.

Le 30 juillet 2024, en appel, sa peine avait été réduite à huit mois de prison ferme, mais alors qu’il devait être libéré le 7 janvier 2025, un juge d’instruction avait émis de nouveaux mandats de dépôt à son encontre dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent. Aux yeux de l’autorité judiciaire tunisienne, le journaliste relevait dès lors de la loi antiterroriste, pour des faits reprochés concernant tout au plus des factures impayées. Toutes ses demandes de libération étaient rejetées, et les audiences sur le fond systématiquement reportées.

Audience le 14 avril

Le 22 janvier 2026, alors que ses proches espéraient une libération, Mourad Zeghidi était condamné à trois ans et demi de prison, dont trois ans pour blanchiment d’argent et six mois pour des infractions fiscales. Ses défenseurs ont fait appel.

Alors que l’audience d’appel a été fixée au mardi 14 avril, les syndicats de journalistes français SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et FO, membres de la Fédération internationale des journalistes, exhortent le gouvernement français à interpeller son homologue tunisien sur la situation de détention arbitraire qui constitue une atteinte grave à la liberté de la presse et aux droits humains fondamentaux. Mourad Zeghidi est emprisonné pour avoir exercé son métier de journaliste.

Informer ne peut pas être considéré comme un délit. Jamais. Nulle part.

Paris le 13 avril

Les actualités

  • RDV les 29-30 juin à Marseille pour les 48h de la pige !

    Comme chaque année, la CFDT-Journalistes sera présente aux 48h de la pige, qui se tiennent les jeudi 29 et vendredi 30 juin à Marseille, à l’EJCAM (Ecole de journalisme de Marseille, 21, rue Virgile Marron). Elle y tiendra un stand. Ses représentants interviendront dans certaines tables rondes et écouteront les débats.  Souhaitant que ce temps…

  • Affichez la charte de déontologie de Munich !

    La CFDT-Journalistes a édité une belle affiche (en format A2) de la charte de déontologie de Munich. Vous pouvez nous en demander des exemplaires en nous écrivant à journalistes@f3c.cfdt.fr ! Oui, être journaliste nous donne des droits et des devoirs. Notre carte de presse nous oblige. Nous nous inscrivons dans une longue histoire de conquête…

  • Journalistes, syndiquez-vous !

    Vous avez été en contact avec des militants CFDT dans votre entreprise ? Ou avez découvert la CFDT via des reportages, dans des secteurs bien différents de ceux des médias, mais avez vu l’esprit qui préside à notre action ? Vous avez constaté la combattivité de la CFDT menée par Laurent Berger, notamment dans l’opposition…

  • Nouveau numéro de Profession journaliste : découvrez les actions et revendications CFDT !

    Au sommaire de notre nouveau Profession journaliste : page 3S’investir et voter pour continuer d’exister pages 4-5Réforme des retraites : les journalistes CFDT dans la rue ! pages 6-8Écoles de journalisme : le défi d’une meilleure insertion professionnelle page 9L’éducation aux médias, ça s’apprend ! page 10Déduction forfaitaire spécifique page 11Droits voisins : les choses…

  • Presse hebdomadaire régionale : les patrons interpellés par les représentants syndicaux

    En marge de la première réunion de NAO de la branche PHR, vendredi 12 mai 2023 à Paris, dans une déclaration liminaire, les organisations syndicales ont interpellé les patrons, pour les placer devant leurs responsabilités tant devant la réforme des retraites, que les problèmes de pouvoir d’achat des salariés de la branche. Voici ce texte…