Allocation pour frais d’emploi : avant de voter, consultez les syndicats de journalistes !

C’est tous les ans le même rituel, lors des discussions budgétaires au Parlement : s’en prendre à l’allocation pour frais d’emploi (AFE) des journalistes, façon de promettre des économies en surfant sur l’image dégradée d’une profession déjà sous pression… Et sur ce sujet, l’imagination est foisonnante, du RN à LFI en passant par le camp présidentiel. Autre constante déplorable : ne surtout pas consulter les syndicats de journalistes en amont.

Dernier exemple en date : cet amendement déposé par le député LFI Aurélien Le Coq et adopté, RN compris, lors de l’examen en première lecture du budget pour 2027. Cet amendement limite à 850 euros la baisse d’impôt autorisée par cet abattement fiscal (la possibilité pour les journalistes de retirer 7 650 euros de leurs revenus, à condition de gagner moins de 93 510 euros brut par an).

Le bénéfice attendu de cette mesure est de quelques millions d’euros tout au plus. L’ambition est donc bien symbolique avant tout.

Soyons clairs : les journalistes et leurs représentants  ne sont pas arc-boutés sur des héritages de l’histoire. En l’occurrence, cet avantage fiscal remonte aux années 1930. C’est devenu un élément fort du statut de journaliste professionnel. Il constitue une forme d’aide indirecte à la presse, qui permet de soutenir la rémunération des journalistes. Cela sert d’ailleurs régulièrement d’argument aux patrons de presse et de médias pour faire accepter des salaires modestes.

Le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes réclament une vraie discussion de fond avec les formations politiques, sur cet enjeu des rémunérations. Ces syndicats représentant l’essentiel des journalistes de notre pays alertent sur le contexte très dégradé dans lequel se débat la profession, victime de précarisation et de quasi-blocage des salaires depuis plus de 20 ans.

A Paris, le 19 octobre 2026

Télécharger le communiqué intersyndical

Les actualités

  • Olivier Dubois enfin libéré !

    Après 711 jours de détention, la bonne nouvelle est tombée ce lundi 20 mars en début d’après-midi : notre confrère Olivier Dubois est enfin libre. Pigiste travaillant notamment pour Libération, il était retenu otage d’un groupe jihadiste depuis près de deux ans, après sa capture le 8 avril 2021 à Gao, au Mali. C’était le dernier…

  • Les pigistes du Monde diplomatique doivent avoir voix au chapitre !

    Communiqué CFDT du 20/03/2023 Les journalistes pigistes sont la richesse du Monde diplomatique : chaque mois, ils signent une grande partie des articles du journal, reportages et enquêtes d’une grande qualité.  Néanmoins, alors que Le Monde diplomatique réalise de jolis bénéfices (+2,6 millions d’euros en 2021) et possède des réserves financières conséquentes, les pigistes de ce journal sont faiblement rémunérés au regard du…

  • Correspondants locaux de presse :
    des travailleurs exploités, un statut dépassé !

    Communiqué CNCLP – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes Les correspondants locaux de presse (CLP) sont les travailleurs invisibles mais essentiels de la presse régionale. Ils fournissent jusqu’à 75 % des contenus des journaux régionaux et sont en moyenne cinq fois plus nombreux que les journalistes en presse quotidienne et hebdomadaire régionale. Ils sont environ 30 000 en France, presque…

  • Soutenez la campagne FIJ « Femmes journalistes en zones de conflit : changer le récit, rester en sécurité »

    Qu’elles couvrent des guerres ou des mouvements de protestation, les femmes journalistes travaillant dans les zones de conflit prennent des risques immenses au nom de la liberté d’informer. La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) et son Conseil du genre les mettent en lumière cette année dans le cadre de leur campagne autour de la Journée Internationale…

  • ADHÉRENTS, RDV aux Assises du journalisme les 28-29-30 mars à Tours !

    Comme chaque année, la CFDT-Journalistes sera présente aux Assises du journalisme, qui se tiennent les mardi 28, mercredi 29 et jeudi 30 mars à MAME (un lieu de séminaires) au 49 Boulevard Preuilly à Tours. Elle y tiendra un stand. Ses représentants interviendront dans certaines tables rondes et écouteront les débats, un bon baromètre des préoccupations de la profession…