Allocation pour frais d’emploi : avant de voter, consultez les syndicats de journalistes !

C’est tous les ans le même rituel, lors des discussions budgétaires au Parlement : s’en prendre à l’allocation pour frais d’emploi (AFE) des journalistes, façon de promettre des économies en surfant sur l’image dégradée d’une profession déjà sous pression… Et sur ce sujet, l’imagination est foisonnante, du RN à LFI en passant par le camp présidentiel. Autre constante déplorable : ne surtout pas consulter les syndicats de journalistes en amont.

Dernier exemple en date : cet amendement déposé par le député LFI Aurélien Le Coq et adopté, RN compris, lors de l’examen en première lecture du budget pour 2027. Cet amendement limite à 850 euros la baisse d’impôt autorisée par cet abattement fiscal (la possibilité pour les journalistes de retirer 7 650 euros de leurs revenus, à condition de gagner moins de 93 510 euros brut par an).

Le bénéfice attendu de cette mesure est de quelques millions d’euros tout au plus. L’ambition est donc bien symbolique avant tout.

Soyons clairs : les journalistes et leurs représentants  ne sont pas arc-boutés sur des héritages de l’histoire. En l’occurrence, cet avantage fiscal remonte aux années 1930. C’est devenu un élément fort du statut de journaliste professionnel. Il constitue une forme d’aide indirecte à la presse, qui permet de soutenir la rémunération des journalistes. Cela sert d’ailleurs régulièrement d’argument aux patrons de presse et de médias pour faire accepter des salaires modestes.

Le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes réclament une vraie discussion de fond avec les formations politiques, sur cet enjeu des rémunérations. Ces syndicats représentant l’essentiel des journalistes de notre pays alertent sur le contexte très dégradé dans lequel se débat la profession, victime de précarisation et de quasi-blocage des salaires depuis plus de 20 ans.

A Paris, le 19 octobre 2026

Télécharger le communiqué intersyndical

Les actualités

  • Censure: la CFDT-journalistes solidaire de Médiapart, victime d’une procédure-bâillon

    Le tribunal judiciaire de Paris interdit à Médiapart, « sous astreinte de 10 000 euros par extrait publié », de publier la suite de son enquête sur le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau.Fin août 2022, le site d’information et d’investigation en ligne avait révélé un chantage à la sextape contre le premier adjoint au maire.  Ce dernier, le centriste Gilles Artigues, ancien député, avait été filmé à son…

  • Inadmissible : un journaliste de La Montagne essuie des propos racistes de la part d’un élu

    Alors qu’il était en reportage, Malik Kebour, journaliste à La Montagne, a fait l’objet de réflexions racistes de la part d’un élu local, mercredi 16 novembre 2022, rapporte son journal. Sur le ton de ce qu’il estime être « une plaisanterie », le maire d’une commune lui a en effet demandé s’il avait bien ses…

  • Producteurs, journalistes : c’est une précarité structurelle que nous combattons à Radio France

    Le 8 novembre, Noëlle Bréham, productrice de l’émission Les P’tits bateaux sur France Inter, révélait dans Télérama qu’elle était en CDD d’Usage (CDDU), avec donc un statut d’intermittente du spectacle, depuis 40 ans. Refusant d’en signer un énième, car elle demandait un CDI, la collaboration s’arrêtait donc là. Jetant une lumière assez crue sur l’arrière-cuisine de…

  • Presse spécialisée : un accord trouvé pour une hausse des salaires

    « Face à la crise économique exceptionnelle que subissent tant les salariés (hausse du coût énergétique, carburants, denrées alimentaires…) que les entreprises du secteur (hausse du coût énergétique, d’approvisionnement, environnemental…) les partenaires sociaux du secteur de la presse d’information spécialisée ont estimé essentiel de maintenir le dialogue social. » C’est ainsi qu’est rédigée l’introduction de l’accord…

  • Plurimédia : constat de désaccord autour des NAO, mais une prime de partage de la valeur

    Les NAO 2022 se concluent ce 10 novembre, sans trop de surprise à Plurimedia sur un constat de désaccord : aucune augmentation accordée et ce, pour la 4e année consécutive. Seule l’indemnité de télétravail est validée (par mois, 10€ pour 1 journée télétravaillée par semaine, 20€ pour 2, 30€ pour 3). Elle sera versée à…