Conseil de déontologie : un espace de dialogue unique, soutenu par la CFDT-journalistes

Le 30 mars 2021 se réunira l’assemblée générale du CDJM (Conseil de déontologie journalistique et de médiation). La CFDT-Journalistes, qui a joué un rôle de premier plan dans la création de cette instance en 2019, y est représentée par deux titulaires et deux suppléants. Mais quiconque peut y adhérer, ce que nous vous encourageons à faire ! Vous n’êtes pas sûrs de maîtriser ce qu’est le CDJM ? On vous explique tout. 

 

Il y a près de vingt ans que l’union syndicale des journalistes CFDT, devenue CFDT Journalistes, défend l’idée d’une instance déontologique permettant de rétablir la confiance du public envers les médias. De tels « conseils de presse » existent dans une centaine de pays, dont dix-neuf en Europe.

En France, le « Conseil de Déontologie journalistique et de Médiation » (CDJM) a enfin vu le jour en décembre 2019, sous la forme d’une association loi 1901 fondée sur le principe d’une indépendance totale vis-à-vis des pouvoirs publics et d’un « tripartisme » réunissant à égalité journalistes, éditeurs (patronat) et représentants du public.

320 saisines en un an

Durant sa première année de vie – malgré les complications dues à la crise sanitaire –, 320 saisines, dont 243 ont été estimées recevables, ont été adressées par le public au CDJM, qui a publié 25 avis analysant les règles déontologiques applicables à chacun des cas soulevés. Cette affluence souligne l’attente de la société, malgré  l’hostilité première d’un certain nombre de grands médias et de sociétés de journalistes, qui ont dénoncé la menace de voir s’instaurer un « ordre professionnel » ou un « tribunal de la pensée ».

Ces craintes semblent se réduire au fur et à mesure que le CDJM, dont l’ensemble des travaux est public (cdjm.org), confirme son indépendance et sa neutralité. Le récent rejet par la justice d’un « procès baillon » intenté au CDJM par l’hebdomadaire « Valeurs actuelles » et un syndicat patronal renforce la crédibilité des travaux du Conseil.

Dans l’intérêt de la profession et du public

Pour les journalistes CFDT, cette démarche représente une avancée importante dans l’intérêt à la fois de la profession et du public. Le respect de l’éthique et de la déontologie constitue à l’évidence une exigence fondamentale de la pratique journalistique. Cette exigence est aujourd’hui renforcée d’une part par la crise de confiance du public envers les médias, et d’autre part par la mutation technologique et capitalistique des médias.

Tous supports confondus, les journalistes sont de plus en plus l’objet de fortes pressions techniques, commerciales et politiques, alors que le public ne dispose d’autres moyens d’exprimer ses attentes que des réseaux sociaux par nature univoques et irresponsables.

C’est pourquoi les journalistes CFDT se sont impliqués dès les premières initiatives en faveur d’un conseil de presse, en compagnie d’autres structures syndicales, professionnelles, universitaires et associatives. Dès l’origine, nos camarades Jacqueline Papet, Michel Delberghe, Jean-François Cullafroz, Thierry Boussier et bien d’autres ont porté ce combat.

Prise de position contre l’article 24

Aujourd’hui, la CFDT est représentée au conseil d’administration du CDJM par Isabelle Bordes (Ouest France) et Bernard Maillard (journaliste honoraire), titulaires, et par Hakima Bounemoura (20 Minutes) et Joëlle Garrus (AFP), suppléantes. Elle a participé à la totalité des séances mensuelles, a participé à plusieurs groupes de travail internes, et a notamment suscité la prise de position du CDJM contre l’article 24 de la loi Darmanin.

Le CDJM s’affirme ainsi comme un organe de défense des principes déontologiques définis notamment par les trois chartes de référence (1919, Munich et FIJ). Ses avis tendent à simultanément éclairer le public sur ces principes déontologiques et rappeler aux médias leurs obligations en la matière. A cet égard, la CFDT a obtenu que la prochaine assemblée générale inscrive dans ses statuts qu’il a notamment pour but d’ « enrichir et de nourrir la réflexion sur la déontologie journalistique tant du point de vue du public que des professionnels de l’information ».

Citoyens, journalistes : Adhérez ! Saisissez !

Journaliste ou non, tout citoyen peut demander à adhérer au CDJM (bulletin d’adhésion). Le coût est modique : 20 € pour les personnes physiques, 50 € pour les associations, écoles, syndicats (d’autres tarifs sont appliqués aux médias). Tout adhérent peut se porter candidat, lors de chaque assemblée générale, au conseil d’administration, et donc participer aux travaux du CDJM.

La prochaine AG ayant lieu le 30 mars (en visioconférence), les demandes d’adhésion, en vue d’entrer au CA, doivent être parvenues au CDJM avant le 26 mars (aura aussi lieu le même jour une AG extraordinaire visant à réformer les statuts).

Vous ne souhaitez pas adhérer mais vous souhaitez faire remonter des situations qui vous posent question déontologiquement ? Vous pouvez saisir le conseil gratuitement, qui jugera votre saisine recevable ou non, puis l’étudiera, et publiera un avis, voire établira une médiation.

 

Vous souhaitez en savoir plus sur l’action CFDT au sein de cette instance ? Soumettre une situation à ses représentants en vue d’une éventuelle saisine ? Contactez CFDT-Journalistes (journalistes@f3c.cfdt.fr), qui transmettra.

 

Lire les derniers avis du CDJM : présentation erronée d’un spécialiste dans une tribune sur les vaccins, dans le Télégramme ; article rédigé par un élu municipal d’Annecy dans l’hebdomadaire local Le Faucigny, enquête sur l’association Coexister dans le Point…

 

 

 

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