Télétravail : la CFDT du groupe EBRA signe l’accord « Vivre ensemble au sein de l’entreprise »

La CFDT du groupe EBRA a signé, jeudi 2 décembre, l’accord “Vivre ensemble au sein de l’entreprise” car il comporte des avantages importants pour l’ensemble des salariés, dont :

  • Deux jours de télétravail par semaine, avec engagement de la direction de fournir le matériel nécessaire, y compris un fauteuil ergonomique ;
  • La mise en place d’une trentaine d’indicateurs de qualité de la vie au travail (QVT), comme le nombre d’arrêts-maladie ou le turn-over des effectifs, surveillés par un comité de suivi et appliqués dans chaque entité du groupe ;
  • Une aide (rétroactive sur trois ans) de 200€ pour l’achat d’un vélo utilisé dans le cadre du travail ;
  • Deux jours de congés rémunérés supplémentaires par mois pour les salariés en situation d’aidant (auprès d’un proche handicapé, par exemple) ;
  • L’allongement du congé maternité à 19 semaines pour les premier et deuxième enfants, 30 semaines pour les troisième et suivants…

La CFDT voulait ajouter à cette liste (non exhaustive) le versement d’une somme à tous les salariés du Groupe EBRA, pratiquant ou non le télétravail ; somme qui aurait permis de redistribuer une partie des gains de productivité générés par le télétravail.

Malgré les nombreuses études produites à l’appui de cette proposition (dont une récente menée par la Banque de France), la direction d’EBRA a campé sur une position dogmatique de refus.

La CFDT a cependant estimé que les avantages apportés par l’accord valaient bien une signature.

Elle poursuivra son action pour l’amélioration des conditions de travail dans le cadre du comité de suivi de la mise en oeuvre de cet accord.

Au Monde, la CFDT demande un 14e mois exceptionnel pour saluer l’investissement des salariés

Les résultats du journal « Le Monde » exceptionnels en août, toujours en avance sur le budget révisé en septembre, sont le fruit de l’investissement de tous les salariés.
Depuis bientôt deux ans, sur tous les métiers de la SEM qu’ils soient journalistes, cadres ou employés/ouvriers, les salariés ont donné leur maximum malgré les contraintes organisationnelles liées au Covid. Et les abonnements ont suivi : 18 % de hausse sur un an, avec un portefeuille de 475 000 abonnements papiers et numériques. 
Le « net redémarrage » et le « retour des annonceurs », soulignés par Jérôme Fenoglio en septembre, ont été confirmés par Louis Dreyfus au CSE d’octobre avec une « reprise des investissements publicitaires » en hausse de 22 % entre août et septembre pour la marque Le Monde« La fin d’année sera positive », a-t-il annoncé.
Après les félicitations d’usage sur le bel investissement des équipes, l’heure est venue de reconnaître les efforts collectifs et individuels par l’action : la CFDT demande le versement d’un quatorzième mois exceptionnel pour saluer l’excellence du travail et de l’implication durant toute la crise sanitaire.
La reconnaissance de la qualité du collectif de travail s’exprime par la redistribution.

Presse magazine et presse hebdomadaire régionale : des augmentations de salaire bien modestes

Alors que le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure pour les Français, les salariés de la presse écrite vont devoir rester au régime sec. Deux NAO (négociation annuelle obligatoire) ont en effet abouti à de modestes augmentations, en presse magazine et en presse hebdomadaire régionale.

+1% en presse magazine

En presse magazine, l’accord signé par la majorité des syndicats (hors Force Ouvrière) porte sur 1% de revalorisation des salaires pour les ouvriers et employés, journalistes et cadres.

Un effort insuffisant, alors que les organisations syndicales demandaient un coup de pouce de 2% pour cette branche, mais qui aboutit grâce à l’espoir d’une reprise de dialogue avec les employeurs après des années de silence.

Outre ces 1% d’augmentation, l’accord convient en effet de prochains rendez-vous pour :

  • réexaminer le projet d’accord relatif à l’intéressement aux résultats et performances des entreprises dans le secteur de la presse magazine déjà proposé par le SEPM ;
  • discuter d’autres sujets d’actualité tel que l’égalité femmes / hommes et le forfait jour ;
  • débuter la prochaine NAO au plus tard en mars 2022 ;
  • inviter les organisations syndicales au moins une fois l’an pour échanger sur les initiatives de la branche en matière de transition écologique ;
  • examiner l’opportunité d’une réorganisation des classifications.

En signant ce protocole d’accord, les organisations syndicales actent donc la reprise du dialogue et font un pari sur l’avenir

+1,6 en PHR, mais en deux temps

En ce qui concerne la FPPR (hebdomadaires régionaux), l’accord signé par l’ensemble des organisations syndicales porte sur des augmentations de +1,3% au 1er novembre 2021 et +0,3% au 1er février 2022, avec une clause de revoyure en avril 2022.

Ces augmentations portent sur les salaires réels des journalistes, cadres et employés, base plus complément personnel. Il est aussi demandé l’extension de l’accord à l’ensemble des hebdomadaires régionaux, qu’ils soient ou non adhérents au SPHR.

Pour rattraper la perte de pouvoir d’achat des salariés de cette branche, où les salaires restent modestes, les organisations syndicales demandaient une revalorisation de 3,5 à 4 %. Côté CFDT, la demande portait aussi sur la révision des classifications, alors que les métiers ont évolué et que les grilles sont très vite rattrapées (et dépassées) par le SMPG (salaire minimum professionnel garanti, de SMIC + 5%). Cette demande, une nouvelle fois, n’a pas été entendue…

Virgin/RFM (Lagardère) : du PGE au PSE !

A six mois de l’élection présidentielle, qui peut répondre à cette question : un groupe qui a bénéficié de 465 M€ de PGE (prêt garanti par l’Etat) peut-il licencier 34 salariés appartenant à des entreprises qui lui ont fait remonter 3,6 M€ de dividendes et dont la société mère affichait, fin 2020, une trésorerie nette de plus d’un demi-milliard d’euros sur un compte à Monaco ? 

Communiqué intersyndical CFDT-CGT :

Lagardère : du PGE au PSE !

Vendredi 17 novembre, le comité de groupe du groupe Lagardère se réunira dans les locaux d’Hachette Livre, à Vanves. La situation des deux radios RFM et Virgin Radio, où un PSE est soumis à information-consultation, figurera au premier rang des sujets évoqués. 34 postes d’animateurs et de journalistes sont menacés.

En janvier 2021, le groupe d’Arnaud Lagardère a bénéficié d’un PGE à hauteur de 465 M€. En pleine crise sanitaire, il a également profité des mesures de financement de chômage partiel. A la même époque, Lagardère Active Broadcast (LAB), société mère d’Europe 1 et des deux radios musicales, domiciliée à Monaco, disposait d’une trésorerie nette de plus d’un demi-milliard d’euros !

A elles seules, en 2020, RFM et Virgin Radio ont fait remonter 3,6 M€ de dividendes à Monaco, en dépit d’une crise économique d’une ampleur inédite.

Arnaud Lagardère souhaite aujourd’hui se débarrasser de 34 salariés, payés moins de 2000 euros nets par mois. La présence à l’antenne d’animateurs et de journalistes de proximité est pourtant essentielle à l’activité des territoires comme en témoignent les nombreuses lettres de soutien d’élus que nous recevons.

Animateurs et journalistes sont les relais quotidiens des acteurs culturels, économiques, politiques, sociaux, sportifs, associati… Comme l’ont souligné nos collègues du groupe NRJ dans un chaleureux communiqué de soutien : l’information de proximité est un bien public que doit protéger le CSA au regard des engagements signés par le groupe Lagardère en échange de l’exploitation gratuite de fréquences locales.

Tant sur le plan économique, que règlementaire, rien ne justifie ces 30 fermetures de stations. Les salariés n’ont pas à payer les erreurs stratégiques répétées de ce groupe. Nous connaissons d’ailleurs la dernière en date : la direction des deux radios musicales a choisi de ne pas candidater à l’attribution des fréquences locales en DAB, cette radio numérique terrestre présentée par le CSA comme l’avenir de notre média. Dans certaines villes où le DAB est déjà accessible, le programme national d’RFM et de Virgin Radio vient donc concurrencer les antennes locales de ses deux radios diffusées seulement en FM !!!

CGT et CFDT exigent le retrait pur et simple de ce PSE de trop !

Laurent Lemaire délégué syndical CFDT 06.03.34.79.21

Jean-Charles Fontlupt délégué syndical CGT : 06.62.63.31.93

Contre les violences sexistes et sexuelles, la CFDT mobilisée avec #NousToutes

La CFDT est résolument engagée dans la prévention et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, violences qui s’exercent de façon systémique et à travers le monde, principalement contre les femmes.

Elle appelle à participer aux marches contre les violences sexistes et sexuelles organisées le 20 novembre 2021 partout en France par le mouvement #NousToutes dans le cadre de la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes.

La mobilisation des journalistes est d’autant plus importante que les mauvaises pratiques de harcèlement et de propos graveleux sont dénoncés dans de nombreuses rédactions et que les témoignages, sous le #MeTooMedia affluent, libérant une parole trop souvent retenue.

Finis les comportements sexistes au travail : tolérance zéro à Radio France

#NousToutes rassemble un très grand nombre d’associations féministes et d’organisations. Et pour les militants CFDT, la couleur de mise ce jour-là ne sera pas le orange mais le violet, synonyme de lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes, parce que ces manifestations doivent transcender largement les divergences qui traversent toutes ces organisations en se concentrant sur ce qui nous rassemble : la volonté partagée de mobiliser l’ensemble des citoyens et citoyennes ainsi que les pouvoirs publics dans le rejet et la lutte effective et continue contre les violences sexistes et sexuelles.

À l’approche de la manifestation, Béatrice Lestic, secrétaire nationale CFDT, a rappellé les chiffres concernant violences sexistes et sexuelles (au travail ou ailleurs), et le cadre légal existant :

  • En France, 210 000 femmes par an sont victimes de violences sexistes et sexuelles.
  • En France, 90 000 femmes par an sont victimes de viol ou tentatives de viol. Dans 90% des cas, la victime connaissait son agresseur.
  • En Europe, 6 femmes sur 10 déclarent avoir été victimes au cours de leur carrière, d’un acte sexiste ou de violences sexuelles.
  • En Europe, 1 femme sur 10 déclare avoir été victime d’un rapport sexuel non consenti au travail.

Voici son intervention lors de l’émission Expression directe :

 

https://video.cfdt.fr/portail/expression-directe-radio-violences-sexistes-et-sexuelles-le-point-avec-beatrice-lestic-srv2_1204984

 

Volteface sur les aides à la presse : le ministère de la Culture entend mieux les patrons que les syndicats

Communiqué intersyndical SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO au sujet du décret en préparation par le ministère de la culture sur la conditionnalité des aides à la presse (suite de la mission Franceschini).

Fin décembre 2020, Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, chargeait Laurence Franceschini, présidente de la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), d’une mission sur l’attribution des aides à la presse. Objectif déclaré : affirmer la nécessaire présence de journalistes professionnels dans les rédactions, ce que les textes réglementaires ne mentionnaient pas jusqu’alors tant cela semblait aller de soi… Certains éditeurs ont démontré ces dernières années que cette évidence n’en était désormais plus une pour eux.

Nous pensions être entendus

Pour les syndicats de journalistes, unanimes sur leur position, il s’agissait de mettre fin à des dérives des employeurs : aides à la presse attribuées à des médias sans journalistes, ou qui recourent à des auto-entrepreneurs et des auteurs en lieu et place des journalistes et en infraction avec le Code du travail, ou qui créent leur propre agence de presse interne pour contourner les acquis sociaux des journalistes de la rédaction, etc.

Au cours des mois de discussions qui s’en sont suivis, les organisations syndicales représentatives des journalistes ont eu l’impression d’être entendues. Le décret qui se préparait imposait l’existence d’une équipe rédactionnelle composée de journalistes et la réalisation du contenu éditorial par des journalistes.

Le noeud de la presse pro et spécialisée

Patatras ! Les dernières propositions du ministère sur le décret à venir ouvrent la porte sans limite aux contenus fournis par des agences de presse, y compris internes, validant ainsi un modèle social moins-disant. La formulation floue du projet de décret n’exclut pas le recours à des contributeurs non salariés. L’existence d’une équipe rédactionnelle composée de journalistes n’est plus une obligation pour la « presse technique et professionnelle » qui peut avoir recours à un « comité éditorial » sans journalistes. Or la presse professionnelle et la presse spécialisée emploient à elles seules 57 % des journalistes de presse écrite détenteurs d’une carte de presse.

Devant notre insistance à maintenir des garde-fous, le ministère de la Culture rétorque qu’il n’a pas pour mission de contrôler les éditeurs ni de s’immiscer dans leur modèle économique. Certes, mais de là à faciliter leurs pratiques illicites, il y a un pas qui pourrait être franchi par le prochain décret.

L’intersyndicale SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO demande au ministère de la Culture de revenir sur ses dernières propositions et de conforter le rôle primordial et irremplaçable des journalistes dans la presse.

Paris, le 28 juillet 2021.

Lire nos précédents articles expliquant notre contribution CFDT à la mission Franceschini sur la conditionnalité des aides à la presse et notre position sur ses premiers arbitrages, qui avaient été rendus en avril. Depuis, nous avons participé à plusieurs réunions de concertation au sujet du décret à paraître.

26 avril 2021 : Fin des aides aveugles à la presse : le ministère de la Culture fait le bon choix, avec l’obligation d’emploi de journalistes, mais attention aux dérogations !

31 mars 2021 : Conditionner les aides à la presse : les propositions de CFDT-Journalistes

VIDEO. Grand débat avec Julia Cagé et Benoît Huet. « Et si on tentait la cogestion ? »

Quand nous avons appris que Julia Cagé et Benoit Huet proposaient l’esquisse d’une « loi de démocratisation de l’information », forcément, cela nous a interpellé. Et quand les auteurs proposent de « garantir l’autonomie des rédactions et une démocratisation de l’actionnariat des médias », forcément, cela nous intéresse… Alors nous avons eu l’idée de proposer un débat avec eux, le 26 mai 2021, dont nous vous proposons des extraits en vidéo.

Les médias : un bien public

Ce travail sur le « bien public » que représentent les médias et leur place particulière dans le fonctionnement de la démocratie entre en résonance avec d’autres thèmes traités par CFDT Journalistes, qu’il s’agisse de la réflexion engagée par le ministère de la Culture sur de nouveaux critères d’attributions des aides à la presse, la mise en place de conseils de rédaction ou notre implication historique dans le CDJM, Conseil de déontologie journalistique et de médiation.

Comment protéger davantage les journalistes ? Comment leur donner plus de poids dans les rédactions face aux actionnaires ? Mais aussi, finalement, comment sauver les médias ? Avec quels capitaux ?

Voici les thèmes qui ont été abordés lors de cette rencontre alors que dans les rédactions, il nous semble que désormais, les journalistes redoutent réellement les changements d’actionnaires…

 

Lanceurs d’alerte : « Trois semaines plus tard, je perdais mon travail »

La Maison des lanceurs d’alerte, que la CFDT-Journalistes vient de rejoindre en ce printemps 2021, organisait le 2 juin une conférence en ligne de lancement de la campagne qui vise à obtenir de la France la transposition en droit français de la législation européenne de 2019 sur les lanceurs d’alerte. Nous y étions, et la relatons ici.

« Lux Leaks, Mediator, Dépakine, chambres d’agriculture, contaminations et fraudes alimentaires, pollutions environnementale… Derrière ces affaires, il y a des hommes et des femmes qui décident de prendre la parole pour dénoncer des dysfonctionnements et éviter des crises sanitaires, écologiques ou économiques.» Comme l’a rappelé Laurent Mauduit, reporter d’investigation et écrivain, un des piliers de la MLA, et modérateur de la conférence, « ces lanceurs d’alerte nous protègent, donc protégeons-les ! ».

7 mois pour gagner la bataille

Pourtant, les lanceurs d’alertes sont encore trop rarement entendus. Lorsquils sont salariés, ils sont licenciés, harcelés, mis au placard. Ils peinent à identifier à qui sadresser pour que les abus quils dénoncent cessent. Leurs soutiens – journalistes, associations, syndicats – mais aussi leurs proches en paient les frais.

Pour Anna Myers, qui dirige la fédération de lanceurs d’alerte WhistleBlowing International Network (WIN), « la directive européenne de 2019 est un jalon dans la protection des lanceurs d’alerte mais nous savons que la transposition en droit national dans les 27 pays est essentielle. Et le diable sera dans les détails ! Nous avons 7 mois, jusqu’au 17 décembre 2021 pour gagner la bataille. Celle-ci passe par la faculté de la société civile de presser le gouvernement ».

Une proposition de loi en préparation pour octobre

En 2016, la loi Sapin II a tenté de régler ce problème. Elle a interdit de licencier ou de rétrograder les lanceurs dalerte. Mais obtenir ce statut relève encore du parcours du combattant et cette loi comporte de nombreuses lacunes. Elle noffre, par exemple, aucune garantie que les alertes soient traitées. C’est là que la transcription de la directive prend toute son importance. « La directive européenne de 2019 met fin à lobligation, pour un salarié, dalerter dabord au sein de son entreprise – obligation qui lexpose bien souvent aux représailles ou qui fait courir le risque de destruction de preuves », rappelle Jean-Philippe Foegle, chargé du plaidoyer à la MLA. Mais il se souvient que l’actuel ministre de la Justice estimait, lorsqu’il était encore avocat, que les lanceurs d’alerte étaient « des balances ».

Pourtant, il reste optimiste. « Nous nous appuyons depuis deux ans sur le député Sylvain Waserman, député LREM/Modem du Bas-Rhin, qui présentera une proposition de loi en octobre 2021 et en 2e lecture en février 2022. Ce projet de loi sera ambitieux. Et puis, il faut profiter du fait que la France va prendre la présidence tournante du Conseil de l’Europe pour six mois à partir de début 2022 et sera sous pression », estime Jean-Philippe Foegle.

La priorité, un fonds de soutien

Les douze propositions que la MLA formule dans sa campagne rejoignent les objectifs élevés de la proposition de loi Waserman. Elles abordent la question dun fonds de soutien pour accorder des aides durgence aux lanceurs dalerte en difficulté ; la simplification des procédures avec la mise en place dun guichet unique auquel adresser une alerte et qui sassure quelle soit suivie deffets ; ou encore le renforcement des sanctions contre les “étouffeurs dalerte” ou le rôle dappui des syndicats sur les lieux de travail. « Empêcher les procédures baillons est une nécessité absolue ainsi qu’apporter une aide financière et psychologique aux lanceurs d’alerte », résume Laurent Mauduit.

Pour Antoine Deltour, qui a révélé les LuxLeaks, un système d’avantages fiscaux pour les grandes entreprises mondiales initié par le Luxembourg, « le fonds de soutien est une priorité. Moi, ma défense m’a couté 95 000€. Sans la solidarité, c’était impossible ».

« On devient radioactif »

Marine Martin, elle, a dénoncé les effets dramatiques d’un antiépileptique, la Dépakine, sur les grossesses. « J’ai dû laisser tomber mon boulot. Et puis, personne ne m’a donné les clés pour me défendre ou pour travailler avec les médias alors que je subissais le harcèlement de Sanofi. J’étais et je suis toujours la tête de la pieuvre qu’il fallait couper ».

Hervé Casse, ancien directeur général de la chambre d’agriculture de la Vienne a suivi les règles pour lancer l’alerte après avoir constaté les dérives de son institution publique : voie hiérarchique puis article 40 (dénonciation au procureur). « Trois semaines plus tard, j’ai perdu mon travail. Quand on est directeur général, on devient radioactif. Et toute la famille subit les répercussions de l’histoire. Je crois qu’il faut qu’il y ait une autorité auprès de qui lancer l’alerte et des emplois réservés aux lanceurs d’alerte ».

Pour une loi protégeant davantage les lanceurs d’alerte : journalistes, signons l’appel !

Ce 2 juin est lancée la campagne « Défendons les lanceurs d’alerte ». La CFDT-Journalistes, entrée récemment à la Maison des lanceurs d’alerte, y participe avec conviction. La France a adopté en 2016, avec la loi dite Sapin II, une législation pionnière qui a représenté un réel progrès pour la protection des lanceurs dalerte. Mais obtenir ce statut relève encore du parcours du combattant et cette loi comporte de nombreuses lacunes. La transposition de la directive européenne sur les lanceurs d’alerte dans la loi française doit être faite d’ici 2021. La France traîne des pieds. C’est pourquoi une coalition de 27 organisations, dont la CFDT-Journalistes et la CFDT-Cadres, en appellent à la société civile.

Journalistes, les lanceurs d’alerte font partie de vos sources ?

Vous êtes conscients qu’ils doivent être protégés pour pouvoir s’exprimer et contribuer à une information de qualité ?

Signez et relayez cet appel !

 

Le communiqué des 29 organisations :

Loi « lanceurs d’alerte » : 29 organisations lancent un appel à la société civile

Chaque semaine, de nouveaux scandales apparaissent : Panama papers, Mediator, Dépakine, contaminations et fraudes alimentaires, pollutions environnementales… Derrière ces affaires, il y a des hommes et des femmes qui décident de prendre la parole pour dénoncer des dysfonctionnements et éviter des crises sanitaires, écologiques ou économiques.

Nombre d’entre eux restent anonymes. Ils sont motivés avant tout par leur éthique et leur souci de l’intérêt général. Ils constatent des faits aux conséquences graves pour notre santé, notre environnement, pour le bon fonctionnement de notre démocratie ou pour le respect de notre privée. Et ils décident d’en référer aux autorités compétentes pour y remédier.

Malheureusement, suite à cet engagement fort, leur quotidien devient intolérable et leurs alertes sont encore trop rarement entendues. Lorsqu’ils sont salariés, ils sont licenciés, harcelés, mis au placard. Lorsqu’il s’agit de militants associatifs, de parents d’élèves, de riverains… ils sont dénigrés et font face à des agressions verbales, physiques, ou des poursuites judiciaires abusives. Ils peinent à identifier à qui s’adresser pour que les abus qu’ils dénoncent cessent. Leurs soutiens – journalistes, associations, syndicats – mais aussi leurs proches en paient les frais.

Cette situation doit cesser.

En 2016, la loi Sapin II a tenté de régler, en partie, ce problème. Elle a, par exemple, interdit de licencier ou de rétrograder les lanceurs d’alerte. Mais obtenir ce statut relève encore du parcours du combattant et cette loi comporte de nombreuses lacunes. Elle n’offre, par exemple, aucune garantie que les alertes soient traitées, ce qui est bien souvent la première demande des lanceurs d’alerte.

Nous demandons à présent au gouvernement et aux parlementaires d’aller plus loin et de saisir l’occasion inédite que représente l’impératif de transposition de la directive européenne pour la protection des lanceurs d’alerte. 

En 2019, l’Union européenne a, en effet, pris la mesure du problème et adopté une directive qui améliore significativement les droits des lanceurs d’alerte en Europe. Cette directive doit être transposée en droit français avant la fin de l’année 2021. Elle impose aux États un certain nombre d’avancées par rapport au droit actuel, notamment en France. Elle met, par exemple, fin à l’obligation, pour un salarié, d’alerter d’abord au sein de son entreprise – obligation qui l’expose bien souvent aux représailles ou qui fait courir le risque de destruction de preuves.

Mais sur d’autres points, elle laisse aux États le soin de définir eux-mêmes les modalités d’amélioration de leur législation.

Depuis 2019, la Maison des Lanceurs d’Alerte s’est mobilisée, aux côtés de plusieurs dizaines d’autres organisations, pour alimenter le débat public sur ce sujet. Douze propositions concrètes ont été formulées pour compléter les dispositions de la directive. Elles abordent la question d’un fonds de soutien pour accorder des aides d’urgence aux lanceurs d’alerte en difficulté ; la simplification des procédures avec la mise en place d’un guichet unique auquel adresser une alerte et qui s’assure qu’elle soit suivie d’effets ; ou encore le renforcement des sanctions contre les « étouffeurs d’alerte »ou du rôle d’appui des syndicats sur les lieux de travail.

Ces propositions ont été adressées au gouvernement et aux parlementaires par lettre ouverte en 2019 puis en 2020. Des institutions reconnues telles que le Défenseur des droits ou la CNCDH – la Commission nationale consultative des Droits de l’Homme – ont publié des avis rappelant au gouvernement l’urgence et l’importance du problème.

À l’heure actuelle, nous n’avons aucune certitude que des mesures ambitieuses seront adoptées prochainement pour protéger les lanceurs d’alerte et garantir que leurs alertes soient traitées.

Nous, associations et syndicats mobilisés sur cette question, invitons donc toutes les personnes qui reconnaissent l’enjeu démocratique qu’est la défense des lanceurs d’alerte et de leurs alertes à signer notre appel.

Trop de personnes aujourd’hui sont témoins d’abus et se taisent par peur ou manque de moyens. Par ce silence, ce sont nos droits, nos libertés et notre intégrité qui sont menacés. Les lanceurs d’alerte sont des sentinelles qui construisent un monde souhaitable pour tous. Nous devons leur permettre de parler et nous assurer que cette parole est entendue.

Signez notre appel pour porter la voix des lanceurs d’alerte à l’Assemblée nationale ici : https://loi.mlalerte.org/je-signe/

Pour une loi qui défend les lanceurs d’alerte

 

 


 Signataires

 

Maison des Lanceurs d’Alerte

Amis de la Terre France

Anticor

APESAC

Attac

Bloom

CFDT Cadres

CFDT Journalistes

Foodwatch

France Nature Environnement

FSU

Greenpeace France

Informer n’est pas un délit

Institut Veblen

Ligue des droits de l’Homme

Ma Zone Contrôlée

Nothing2Hide

Réseau Sortir du nucléaire

Ritimo

Sciences citoyennes

Sherpa

Solidaires Finances Publiques

Syndicat de la Magistrature

Syndicat National des Journalistes

Syndicat National des Journalistes – CGT

The Signals Network

Transparency International France

Ugict CGT

Union syndicale Solidaires

 

Il est grand temps de relancer le dialogue social dans toutes les branches de la presse et des médias !

Communiqué intersyndical SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO

 

Il aura fallu que les syndicats de journalistes représentatifs dans la branche de la convention collective (SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO) saisissent la Direction générale du travail, il y a un an, pour que les représentants des employeurs des différentes formes de presse daignent enfin participer à une réunion. Mercredi 19 mai, un premier rendez-vous a permis d’acter la nécessité de créer une commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation (CPPNI), rendue obligatoire par la loi du 8 août 2016.

Ce retard à l’allumage dû à une forme d’inertie patronale était devenu problématique, d’autant que certaines fédérations patronales et non des moindres avaient pris ce prétexte d’une absence de CPPNI sur le champ des journalistes pour refuser de convoquer les négociations obligatoires dans les branches.

L’intersyndicale SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO a rappelé lors de cette première réunion son attachement au paritarisme, et l’organisation originale sur laquelle s’est bâtie la profession, à travers différentes instances, que ce soit en matière de formation professionnelle initiale ou continue (CPNEJ, CPNEF, AFDAS), de prévoyance et de retraite (Audiens-Prévoyance), d’attribution de la carte de presse (CCIJP) ou d’arbitrage (commission arbitrale). L’ensemble des organisations syndicales représentatives des journalistes considèrent comme urgentes l’ouverture ou la réouverture de négociations dans toutes les formes de presse, intégrant les journalistes rémunérés à la pige, sur les salaires et sur les grilles de qualification révolutionnées par la généralisation du numérique.

La création de la CPPNI permettra de retrouver un espace de discussion formel pour l’ensemble des formes de presse.

Du côté de la délégation patronale, constituée autour de l’Alliance de la presse d’information générale (APIG), qui devra faire de la place à de nouveaux acteurs à l’automne – notamment ceux de l’audiovisuel après les nouvelles mesures de représentativité -, certains ne cachent pas leur impatience d’en profiter pour « interpréter sans tabous » la convention collective nationale de travail des journalistes. Les syndicats de journalistes ont rappelé qu’il était hors de question que la relance du dialogue social soit l’occasion de revoir à la baisse nos acquis sociaux. Notre action s’inscrit dans une seule logique : pérenniser les dispositions de la convention collective, faire vivre le paritarisme, pour renforcer nos droits et en acquérir de nouveaux.

L’intersyndicale SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO