Télétravail : la CFDT du groupe EBRA signe l’accord « Vivre ensemble au sein de l’entreprise »

La CFDT du groupe EBRA a signé, jeudi 2 décembre, l’accord “Vivre ensemble au sein de l’entreprise” car il comporte des avantages importants pour l’ensemble des salariés, dont :

  • Deux jours de télétravail par semaine, avec engagement de la direction de fournir le matériel nécessaire, y compris un fauteuil ergonomique ;
  • La mise en place d’une trentaine d’indicateurs de qualité de la vie au travail (QVT), comme le nombre d’arrêts-maladie ou le turn-over des effectifs, surveillés par un comité de suivi et appliqués dans chaque entité du groupe ;
  • Une aide (rétroactive sur trois ans) de 200€ pour l’achat d’un vélo utilisé dans le cadre du travail ;
  • Deux jours de congés rémunérés supplémentaires par mois pour les salariés en situation d’aidant (auprès d’un proche handicapé, par exemple) ;
  • L’allongement du congé maternité à 19 semaines pour les premier et deuxième enfants, 30 semaines pour les troisième et suivants…

La CFDT voulait ajouter à cette liste (non exhaustive) le versement d’une somme à tous les salariés du Groupe EBRA, pratiquant ou non le télétravail ; somme qui aurait permis de redistribuer une partie des gains de productivité générés par le télétravail.

Malgré les nombreuses études produites à l’appui de cette proposition (dont une récente menée par la Banque de France), la direction d’EBRA a campé sur une position dogmatique de refus.

La CFDT a cependant estimé que les avantages apportés par l’accord valaient bien une signature.

Elle poursuivra son action pour l’amélioration des conditions de travail dans le cadre du comité de suivi de la mise en oeuvre de cet accord.

Au Monde, la CFDT demande un 14e mois exceptionnel pour saluer l’investissement des salariés

Les résultats du journal « Le Monde » exceptionnels en août, toujours en avance sur le budget révisé en septembre, sont le fruit de l’investissement de tous les salariés.
Depuis bientôt deux ans, sur tous les métiers de la SEM qu’ils soient journalistes, cadres ou employés/ouvriers, les salariés ont donné leur maximum malgré les contraintes organisationnelles liées au Covid. Et les abonnements ont suivi : 18 % de hausse sur un an, avec un portefeuille de 475 000 abonnements papiers et numériques. 
Le « net redémarrage » et le « retour des annonceurs », soulignés par Jérôme Fenoglio en septembre, ont été confirmés par Louis Dreyfus au CSE d’octobre avec une « reprise des investissements publicitaires » en hausse de 22 % entre août et septembre pour la marque Le Monde« La fin d’année sera positive », a-t-il annoncé.
Après les félicitations d’usage sur le bel investissement des équipes, l’heure est venue de reconnaître les efforts collectifs et individuels par l’action : la CFDT demande le versement d’un quatorzième mois exceptionnel pour saluer l’excellence du travail et de l’implication durant toute la crise sanitaire.
La reconnaissance de la qualité du collectif de travail s’exprime par la redistribution.

Presse magazine et presse hebdomadaire régionale : des augmentations de salaire bien modestes

Alors que le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure pour les Français, les salariés de la presse écrite vont devoir rester au régime sec. Deux NAO (négociation annuelle obligatoire) ont en effet abouti à de modestes augmentations, en presse magazine et en presse hebdomadaire régionale.

+1% en presse magazine

En presse magazine, l’accord signé par la majorité des syndicats (hors Force Ouvrière) porte sur 1% de revalorisation des salaires pour les ouvriers et employés, journalistes et cadres.

Un effort insuffisant, alors que les organisations syndicales demandaient un coup de pouce de 2% pour cette branche, mais qui aboutit grâce à l’espoir d’une reprise de dialogue avec les employeurs après des années de silence.

Outre ces 1% d’augmentation, l’accord convient en effet de prochains rendez-vous pour :

  • réexaminer le projet d’accord relatif à l’intéressement aux résultats et performances des entreprises dans le secteur de la presse magazine déjà proposé par le SEPM ;
  • discuter d’autres sujets d’actualité tel que l’égalité femmes / hommes et le forfait jour ;
  • débuter la prochaine NAO au plus tard en mars 2022 ;
  • inviter les organisations syndicales au moins une fois l’an pour échanger sur les initiatives de la branche en matière de transition écologique ;
  • examiner l’opportunité d’une réorganisation des classifications.

En signant ce protocole d’accord, les organisations syndicales actent donc la reprise du dialogue et font un pari sur l’avenir

+1,6 en PHR, mais en deux temps

En ce qui concerne la FPPR (hebdomadaires régionaux), l’accord signé par l’ensemble des organisations syndicales porte sur des augmentations de +1,3% au 1er novembre 2021 et +0,3% au 1er février 2022, avec une clause de revoyure en avril 2022.

Ces augmentations portent sur les salaires réels des journalistes, cadres et employés, base plus complément personnel. Il est aussi demandé l’extension de l’accord à l’ensemble des hebdomadaires régionaux, qu’ils soient ou non adhérents au SPHR.

Pour rattraper la perte de pouvoir d’achat des salariés de cette branche, où les salaires restent modestes, les organisations syndicales demandaient une revalorisation de 3,5 à 4 %. Côté CFDT, la demande portait aussi sur la révision des classifications, alors que les métiers ont évolué et que les grilles sont très vite rattrapées (et dépassées) par le SMPG (salaire minimum professionnel garanti, de SMIC + 5%). Cette demande, une nouvelle fois, n’a pas été entendue…

Forte hausse des tarifs de pige au Figaro !

Cela faisait des années que les tarifs de pige au Figaro n’avaient pas augmenté. Victoire ! La NAO (négociation annuelle obligatoire) 2021 a permis une forte hausse. Comment ? Grâce à une belle collaboration entre le réseau des pigistes et les syndicats, dont la CFDT. Ensemble, on va plus loin !

Avant : 66,98€ brut le feuillet hors CP, 13è mois et ancienneté. C’était tout pile le barème minimum conventionnel pour la presse quotidienne nationale négocié par les partenaires sociaux au plan national. Pas un centime de plus.

A partir du 1er novembre 2022 : 75,66€ le feuillet

A partir du  1er novembre 2023 : 80€ le feuillet

Mais comment ont-ils fait ?

Depuis des années, les syndicats demandaient à la direction une hausse du tarif de piges. Depuis des années, les pigistes le demandaient aussi.

Au printemps, grâce au travail de fédération de l’un d’entre eux (élu SNJ), le réseau des journalistes pigistes collaborant au Figaro s’est structuré : une mailing liste, des échanges, une détermination à avancer. Ils seront 47 à cosigner un courrier à la direction. L’union fait la force.

Mais l’appui des représentants élus du personnel est capital. Un syndicat, deux syndicats, trois syndicats : CFDT (premier syndicat du collège journalistes), SNJ et SNJ-CGT soutiennent officiellement, conseillent des interlocuteurs, défendent bec et ongles ces propositions… La direction écoute.

Trois mesures

Quand la NAO arrive, cet automne, ce travail de plusieurs mois porte ses fruits, avec trois mesures importantes :

  • l’accès au CESU (chèque emploi service universel)  pour les pigistes dits « listés » (les plus réguliers) à hauteur de 750 euros par enfant de moins de 6 ans
  • la revalorisation du tarif du feuillet en 3 étapes
  • le paiement des heures de délégations pour les pigistes élus et mandatés. Certes, c’est normal, car un pigiste est un salarié comme un aitre, mais dans les faits, ce n’est pas toujours appliqué. Alors l’écrire noir sur blanc, c’est important.

Leurs revendications continuent ! Poursuite de la hausse du tarif de piges, meilleure communication en interne vis à vis des pigistes, baisse du seuil d’accès au système des pigistes listés….

Pigistes, syndicats, c’est ensemble qu’on avance !

 

Aide sociale Covid de l’Etat aux pigistes : enfin bientôt ouverte !

L’aide sociale Covid de l’Etat aux journalistes rémunérés à la pige est enfin sur les rails ! D’un montant de 15 millions d’euros par an (accordée en 2021 puis 2022), elle vise les plus précaires. Conditions d’éligibilité, montant de l’aide : on vous explique le dispositif, dont les derniers éléments seront arrêtés prochainement.

 

Le 27 août 2020, le Président de la République annonçait la mise en place d’un plan de soutien à la filière presse comprenant un fonds de lutte contre la précarité, doté de 18 M€ par an sur deux ans (soit 36 M€), afin d’accompagner les acteurs les plus fragiles de la profession de journaliste.

Plus d’un an après, et de nombreuses réunions de concertations entre les organisations syndicales de journalistes, l’association Profession pigiste et le ministère de la culture, l’aide financière aux journalistes rémunérés à la pige ayant pâti de la crise en 2020 et 2021 est enfin sur le point d’être lancée, sur la base d’une demande volontaire des intéressés.

Le montant total de l’aide sociale était, aux dernières nouvelles, à notre connaissance, de 14,75 M€ par an (29,5 M€ sur 2 ans) soit 82% de l’enveloppe du fonds.

Cette aide n’est pas forfaitaire mais proportionnelle à la baisse des revenus du pigiste et limitée à ceux ayant le moins de ressources (revenus du foyer inclus). Elle sera accordée une première fois cet automne 2021 (portant sur les revenus de 2020) puis à nouveau en 2022 (sur les revenus 2021). Le décret est paru le 10 septembre 2021 mais il faudra attendre les ultimes arrêtés avant de pouvoir concrètement déposer son dossier.

 

A qui sera attribuée l’aide financière ?

Les critères ci-dessous sont cumulatifs :

  • être journaliste  (au sens du deuxième alinéa de l’article 2 de la loi du 29 juillet 1881)
  • être rémunéré à la pige, c’est-à-dire salarié (présomption de salariat prévue à l’article L. 7112-1 du code du travail) sans référence horaire (en cas de revenus mixtes, seule la baisse des piges sera prise en compte)
  • justifier de cinq bulletins mensuels de pige au cours de l’année 2019
  • avoir perçu en 2019 un montant annuel des revenus bruts de pige supérieur ou égal à 3 000 euros
  • avoir subi une diminution des revenus de pige annuels entre l’année 2019 et l’année 2020 (l’aide qui sera accordée en 2022 prendra elle en compte la baisse entre 2019 et 2021)
  • avoir, au titre des revenus de l’année au titre de laquelle l’aide est versée, un revenu fiscal de référence  (prenant donc en compte les revenus du conjoint/de la conjointe le cas échéant) inférieur à celui des revenus de l’année 2019 et faible (le montant sera fixé par arrêté des ministres chargés de la Communication et des Comptes publics pour chaque année au titre de laquelle l’aide est versée)

Quelles sont les conditions d’exclusion de l’aide ?

  • avoir exercé toute activité lucrative, salariée ou indépendante, à temps complet, c’est-à-dire, pour une activité salariée, au moins  1 607 heures ou à la durée fixée par la convention collective appliquée dans l’entreprise si celle-ci est inférieure à la durée légale, et pour une activité indépendante, un revenu soumis à cotisation sociale dont le montant brut annuel est au moins égal au montant du salaire minimum de croissance en vigueur au 1er janvier de l’année considérée calculé sur la base de 1 607 heures.

OU

  • avoir fait valoir ses droits à la retraite en 2019 ou au cours de l’année au titre de laquelle l’aide est versée (2020 puis 2021 pour l’aide qui sera versée en 2022), avec prise d’effets au cours de l’une de ces années. Le journaliste pigiste dont la retraite a pris effet en 2021 demeure éligible à l’aide versée au titre de l’année 2020.

On récapitule !

Eligibilité = minimum 5 fiches de paie de piges en 2019

⊕ minimum 3000 € brut de piges en 2019

⊕ une baisse de piges entre 2019 et 2020

⊕ une baisse du revenu du foyer entre 2019 et 2020

Toute activité à temps complet et tout départ en retraite demandé préalablement annule l’aide.

En 2022 il faudra remplacer dans cette formule 2020 par 2021.

Quel sera le montant de l’aide ?

Est d’abord calculée une assiette, c’est-à-dire le montant de la baisse des revenus du pigiste en question sur laquelle va être calculée l’aide. L’assiette est la différence entre les revenus de pige annuels nets perçus par le bénéficiaire en 2019 et les revenus de pige annuels nets perçus l’année au titre de laquelle l’aide est versée, diminuée des éventuels revenus de remplacement perçus au titre d’un événement intervenu au cours de l’année concernée (allocations de chômage, indemnités d’activité partielle et d’activité partielle de longue durée, indemnités journalières et allocations versées par les organismes de sécurité sociale ou, pour leur compte, par les employeurs, à l’occasion de la maladie, de la maternité ou de la paternité et de l’accueil de l’enfant, des accidents du travail et des maladies professionnelles).

Puis est calculé un taux, c’est-à-dire le pourcentage appliqué à l’assiette, qui n’est pas unique (seront proportionnellement plus aidés les pigistes les plus précaires). Le taux mentionné est fixé, pour chaque année au titre de laquelle l’aide est versée, par arrêté des ministres chargés de la Communication et des Comptes publics (l’arrêté 2020 n’est pas encore pris). Il est modulé en fonction du revenu fiscal de référence des revenus de l’année au titre de laquelle l’aide est versée et du nombre de parts composant le foyer fiscal du demandeur cette même année.

Cela donnera un pourcentage d’assiette.

Plafonnement : Si le montant de l’aide ainsi calculé est supérieur à la différence entre le revenu fiscal de référence des revenus de l’année 2019 et celui des revenus de l’année au titre de laquelle l’aide est versée, le montant de l’aide versée au bénéficiaire est plafonné à cette différence.

On récapitule !

Aide = Piges 2020 (en net)

— Piges 2019 (en net)

— Revenus de remplacement (ARE, IAP, IJ…)

⊗ le pourcentage correspondant au pigiste en question

Plafond de l’aide = Revenu fiscal de référence 2020 (celui du foyer fiscal, pas seulement du pigiste) — Revenu fiscal de référence 2019 (celui du foyer fiscal, pas seulement du pigiste)

Concrètement, comment obtenir cette aide ?

La gestion de cette aide sera confiée à un opérateur (son nom n’est pas encore public) chargé

– de réceptionner et d’instruire les demandes d’aide ;
– d’opérer des contrôles en vue de s’assurer de la réalité des éléments déclarés ;
– en cas d’inéligibilité, d’en notifier le rejet au demandeur ;
– en cas d’éligibilité de la demande, de notifier au demandeur une décision d’attribution précisant le montant d’aide qui lui sera attribuée ;
– de verser l’aide aux bénéficiaires ;
– le cas échéant, de recouvrer les sommes indûment perçues pour le compte de l’Etat ;
– de traiter les réclamations et recours relevant de sa responsabilité.

Les pièces à fournir, les dates auxquelles envoyer ce dossier de demande à l’opérateur ne sont pas encore connues et seront fixées par arrêté.

ATTENTION : il est inutile de se tourner vers ses employeurs (hormis pour les inciter à faire connaitre cette aide à leurs pigistes bien-sûr). A la différence du chômage partiel, l’aide sociale pigistes n’est pas attribuée par l’employeur mais directement par l’Etat. Cette aide ne doit pas non plus être confondue avec celle versée par Audiens.

Quel a été le rôle des organisations syndicales représentatives des journalistes dans la mise en place de cette aide ?

La CFDT-Journalistes, le SNJ, le SNJ-CGT, le SGJ-FO, mais aussi l’association Profession:Pigiste ont été convoqués à une petite  dizaine de réunions avec le ministère de la Culture entre septembre 2020 et juin 2021. Il nous a été demandé notre avis à chaque étape de la construction de l’aide, et nous avons dans la mesure du possible essayé d’y répondre à l’unisson. Nos organisations n’étaient pas toujours d’accord mais nous sommes fiers d’avoir, vu l’enjeu, réussi à nous entendre.

Une des difficultés a été de choisir à qui devait être attribuée cette aide. La population de journalistes rémunérés à la pige n’est en effet pas très bien connue, car tous ne sont pas détenteurs de la carte de presse et tous ne sont pas pigistes la majeure partie de leur temps. Les chiffres fournis par Audiens étaient très instructifs mais s’ils permettaient de savoir la masse de pigistes ayant perdu des piges, ils ne permettaient pas de savoir qui parmi eux ne vivaient que de la pige et qui avait reçu par ailleurs du chômage partiel.

Nous aurions souhaité que tous les pigistes ayant subi une perte de revenus soient aidés, mais bien que l’enveloppe semble élevée (14,75 M€ par an), l’aide accordée par personne est d’autant plus faible que le nombre de personnes est élevé. Ne souhaitant pas saupoudrer l’aide, nous avons fait certains choix. Par exemple prendre en compte les revenus de leur conjoint. Ce dernier point a fait l’objet de vifs débats et d’un douloureux renoncement car il nous semblait incompatible avec la nécessaire indépendance financière des conjoints. Nous avons tranché par souci d’aider les plus fragiles.

Cependant nous avons aussi décidé d’appliquer un plancher (minimum 5 fiches de paie et 3000 euros brut en 2019) et donc que ne soient pas aidés les pigistes ayant gagné moins que cela en 2019. Cela en vue d’aider prioritairement les journalistes à rester dans la profession.

L’aide sociale Covid ne doit pas compenser le chômage partiel non attribué ni les licenciements déguisés  !

Nous rappelons également que cette aide, certes appréciable pour les intéressés, et que nous saluons, ne peut pas remplacer le devoir des employeurs à assurer un maintien de revenus de leurs pigistes réguliers, quelles que soient les circonstances. La crise sanitaire n’enlève rien au fait qu’un pigiste est un salarié et ne plus lui donner de travail correspondant en droit du travail à un licenciement, qui doit être traité comme tel (avec indemnités de licenciement et droit au chômage). Rappelons que le décret d’avril 2020 a déterminé l’éligibilité des pigistes au chômage partiel (il suffit de 4 fiches de paie sur l’année, sans minium de revenus) et que tout employeur ne l’appliquant pas et ne donnant pas par ailleurs de travail à son pigiste procède de fait à un licenciement. Malheureusement un pigiste non officiellement licencié ne peut prétendre au chômage « classique » à Pôle emploi (pas chômage partiel) car Pôle emploi demande que soit cochée la case « fin de contrat », or la pige est un CDI et le CDI est réputé courir tant qu’il n’est pas officiellement rompu. Les organisations syndicales ont à multiples reprises alerté le ministère de la Culture et celui du Travail sur ces manquements.

Voir aussi notre page Spécial Covid 

Le 8 du mois – Nécessaires accords égalité pro : focus sur celui négocié à Bayard Presse

Chaque 8 du mois, une info utile pour faire progresser les droits et la place des femmes dans les médias, et faire durer toute l’année la préoccupation de la journée internationale des droits des femmes (le 8 mars). En ce 8 mai, la CFDT-journalistes a choisi de parler d’un outil capital en entreprise, et qui mobilise beaucoup de militants dans les sections : la négociation et le suivi des accords égalité professionnelle (autrement dit égalité femmes-hommes). Plutôt que de grands discours, faisons un focus sur un des derniers signés (janvier 2021), celui de Bayard Presse, suite à un travail important de ses militants. 

Bayard SA est une entreprise de presse qui compte 71% de femmes… Mais ce n’est pas le nombre qui fait la force ! Comme ailleurs, du fait de multiples inerties culturelles et sociales, des inégalités persistent dans leur rémunération et leur promotion professionnelle. L’écart de salaire moyen a été évalué à 11,1%, tous métiers et secteurs confondus. Une partie de cet écart est dû à des inégalités de salaire « poste pour poste ». Une autre, au fait que les hommes sont proportionnellement plus présents au sommet de la hiérarchie que les femmes.

Pour résorber le tout et diffuser une culture de l’égalité, un accord a été négocié durant neuf mois (le temps d’une gestation!) entre organisations syndicales et direction, et signé fin janvier 2021. La section CFDT y a été particulièrement investie. Valable pour trois ans, il contient une série d’engagements sur :

Le recrutement

L’enjeu est de résorber le fort déséquilibre des sexes dans certains secteurs du groupe et filières métiers.  Par exemple, trop de femmes dans la presse petite enfance et les ressources humaines, et trop peu dans les métiers numériques et informatiques.

Comment ? Les managers seront formés au principe de non-discrimination. Des partenariats seront montés avec des écoles… Dans les short listes, il faudra toujours des représentants des deux sexes (sauf s’il n’y a pas de candidatures recevables).

Lire le billet de blog de la CFDT Bayard Presse à ce sujet

La rémunération

Chaque année,  la commission égalité pro du CSE déterminera le secteur de l’entreprise où rattraper des écarts de salaire injustifiés. Cette année, par exemple, ce sera les managers journalistes (rédaction en chef, rédaction en chef adjointe) .

La direction s’est engagée à ce que le budget « nécessaire et suffisant » soit dégagé pour ce rattrapage. Ce sera le boulot de la commission de suivi de l’accord de le vérifier…

Lire le billet de blog de la CFDT Bayard Presse à ce sujet

La promotion professionnelle

C’est le nerf de la guerre ! Les formations nécessaires aux évolutions des femmes seront encouragées : coaching,  formations au leardership et au management, bilan de compétences, points carrière, etc. Tout cela sera quantifié et suivi.

Les militants CFDT ont notamment obtenu une liste d’indicateurs qui devraient désormais permettre d’y voir beaucoup plus clair. Par exemple en distinguant ce qui relève des vraies promotions et ce qui relève de « développements dans le poste » (le plus souvent des missions en plus, sans avenant ni augmentations).

Lire le billet de blog de la CFDT-Bayard Presse à ce sujet

Les conditions de travail et la conciliation vie pro/vie perso

L’accord inscrit le droit à la déconnexion cher à la CFDT : « le droit de ne pas consulter sa messagerie électronique et de ne pas répondre aux sollicitations en dehors de sa journée de travail ». Il sera rappelé régulièrement aux managers et  mentionné dans tous les contrats de travail des nouveaux salariés.

Autre exemple : les réunions devront tenir compte de la durée du travail, et notamment des salariés à temps partiel. Elles ne peuvent débuter avant 9h ni se terminer après 18h, sauf circonstances exceptionnelles. Il est rappelé que les réunions doivent être courtes, avec un objectif clair, un ordre du jour communiqué à l’avance et ne réunir que les salariés concernés.

Mais l’encadrement des heures de travail concerne autant les hommes que les femmes, nous direz-vous ! Exact, mais – et ce n’est pas très glorieux –  la répartition des tâches ménagères et de la fameuse charge mentale est bien souvent déséquilibrée. C’est une sécurité de plus de savoir que le travail ne va pas venir s’ajouter à cette charge domestique ! C’est donc un gage de qualité de vie pour tous.

Lire le billet de blog de la CFDT Bayard Presse à ce sujet

Comme on le voit, l’égalité professionnelle, c’est la qualité de vie au travail pour tous, et pas seulement les femmes ! Et il reste encore bien des lignes à faire bouger  !

Retrouvez l’intégralité de l’accord sur Legifrance.

 

 

Presse magazine : les salariés méritent des augmentations !

Communiqué intersyndical CFDT – FO – CGT – SNJ – CFE-CGC concernant tous les salariés de la presse magazine, dont les journalistes

 

Suite à la dernière réunion NAO (négociation annuelle obligatoire) du 24 mars dernier, qui s’est terminée sur un fort désaccord entre les représentants des salarié.e.s et la partie patronale suite aux propositions dérisoires faites par celle-ci, les organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, SNJ-Solidaires et CGC) ont décidé de faire une dernière proposition au Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM).

Nos cinq organisations maintiennent leur demande initiale d’une augmentation des salaires de 2 % en 2021 pour toutes les catégories de personnel et pour tous les niveaux de la grille mais concèdent que celle-ci soit effectuée en deux paliers. La répartition des pourcentages d’augmentation de ces deux paliers ainsi que leurs dates d’application resteront à être définis lors de nos prochaines négociations, sachant que les organisations syndicales proposent une augmentation de 1 % au premier juin et de 1 % au premier octobre de cette année.

La branche de la presse magazine est laissée à l’abandon par le patronat depuis plusieurs années et cela fait maintenant plus de dix ans qu’aucune augmentation des minima de branches n’a été effectuée. Il est temps que la commission sociale du SEPM revienne à de meilleures pratiques en matière de dialogue social comme s’y était engagé son président en ce début d’année !

En cette période sanitaire, très difficile à vivre pour l’ensemble des salarié.e.s de la branche, socialement et économiquement, les éditeurs doivent faire un geste en direction de celles et ceux qui permettent la parution de leurs titres « quoiqu’il en coûte ». Leur position est d’autant plus incompréhensible que les augmentations ne s’appliquent que sur les minimas de la branche.

Les organisations syndicales de la branche prendront toute réponse négative à leurs propositions comme une volonté patronale de refuser un minimum de dialogue social dans cette branche.

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Paris, le 3 mai 2021