Presse magazine : pas d’accord sur les salaires

La F3C CFDT et CFDT-Journalistes ne seront pas signataires de l’accord relatif aux barèmes de salaires minima garantis applicables aux journalistes, ouvriers, employés et cadre proposé par les éditeurs de la presse magazine le 22 novembre dernier, à l’issue de la NAO.

En ce qui concerne la catégorie des employés et ouvriers, il était prévu que les salaires mensuels bruts minima des groupes 1 à 3 devaient être augmentés de 2% au 1er décembre 2022. Rien n’était en revanche prévu pour les salariés des groupes 4 et 5, ou pour les cadres des groupes 6 à 9.

Concernant les journalistes, il était prévu que les salaires mensuels bruts minima pour les coefficients 97 à 138 de la presse hebdomadaire devaient également être augmentés de 2%, de même que le barème des piges.

S’agissant des salaires qui se situent en-dessous du SMIC, ils devaient être actualisés au niveau du SMIC et augmentés de 2%.

Pour la F3C CFDT et CFDT-Journalistes, ces revalorisations sont insuffisantes au regard de l’inflation, qui est établie à 6%, avec un smic au 1er novembre 2022, à 1678,95 €.

Un tassement des grille et une « smicardisation » des métiers

Concernant les journalistes, côté presse périodique, on constate un important tassement de la grille pour les catégories B et C, pour lesquelles cette proposition de grille établissait un salaire brut unique  à 1732,53 € de l’indice 97 (stagiaire du 1er au 24e mois) jusqu’à l’indice 112 (secrétaire de rédaction), incluant les niveaux rédacteur, rédacteur spécialisé, reporter ou encore rédacteur graphiste.

C’était à peine mieux concernant les journalistes de la presse hebdomadaire dans la catégorie 2, avec un salaire brut unique de à 1732,53 € pour les indices de 97 à 110, c’est-à-dire de stagiaire à secrétaire de rédaction adjoint, englobant les rédacteurs et les rédacteurs traducteurs.

Concernant les pigistes, on ne peut que déplorer que les éditeurs refusent de mettre en place un barème unique, que la pige soit « numérique » ou « papier », le travail du journaliste étant pourtant le même.

Tout au long de cette négociation, la CFDT n’a cessé de réclamer un salaire minimum de branche de 2 000 € pour les emplois qualifiés, qu’il s’agisse des journalistes ou des ouvriers et employés, dénonçant au passage une « smicardisation » des minimas de branche que l’on espère déconnectés de la réalité des salaires versés dans les entreprises.

Un accord formation signé

Le dialogue social n’est cependant pas fermé en presse magazine, où à l’unanimité, les organisations syndicales ont décidé de reconduire l’accord formation de branche.

Les discussions restent aussi ouverte concernant la mise en place d’un accord de branche sur le droit voisin, même si cette négociation s’annonce très délicate. Ce mercredi 30 novembre, les éditeurs ont ainsi fait parvenir une proposition d’accord aux syndicats en vue d’une réunion devant se dérouler le lundi 5 décembre prochain…

 

Presse spécialisée : un accord trouvé pour une hausse des salaires

« Face à la crise économique exceptionnelle que subissent tant les salariés (hausse du coût énergétique, carburants, denrées alimentaires…) que les entreprises du secteur (hausse du coût énergétique, d’approvisionnement, environnemental…) les partenaires sociaux du secteur de la presse d’information spécialisée ont estimé essentiel de maintenir le dialogue social. »

C’est ainsi qu’est rédigée l’introduction de l’accord trouvé en presse spécialisée où les partenaires sociaux ont tenu à redonner du souffle au bas de la grille des minima garantis.

Après avoir prévu dans l’accord signé au printemps dernier (que CFDT-Journalistes n’a pas signé) que les journalistes stagiaires 1ere et 2eme année relèvent du même niveau de grille (95), il est désormais prévu de fixer, au 1er janvier 2023, le niveau 95 à 1715 €, afin d’éviter le rattrapage par le SMIC lors de sa prochaine revalorisation.

S’agissant des niveaux 133 et suivants qui, comme l’ensemble de la grille, ont déjà fait l’objet d’une revalorisation entrée en vigueur au 1er mai 2022, il a été décidé de les revaloriser par un montant forfaitaire de 20 € bruts.

S’agissant du barème de pige, il a été convenu de la suppression de la distinction en fonction de la diffusion du titre de presse. Ce barème a donc vocation à s’appliquer à l’ensemble des supports de la presse d’information professionnelle et spécialisée. Le barème du feuillet de 1500 signes (hors prime d’ancienneté, CP et 13e mois est-il précisé) est fixé à 52 € bruts. On se rapproche ainsi du barème en vigueur en presse magazine.

En ce qui concerne les grilles des employés, techniciens, agents de maîtrise et cadres, le niveau 1 est lui aussi réhaussé à 1715 € bruts mensuels. S’agissant des niveaux 6 et suivants, il a été décidé de les revaloriser par un montant forfaitaire de 20 € bruts.

Certes, ces progressions de grilles de minima en presse spécialisée sont loin des demandes des partenaires sociaux, qui auraient souhaité un plus gros effort de la part des employeurs et des revalorisations touchant l’ensemble des indices des grilles.

Côté CFDT, on déplore en effet la « smicardisation » de la profession et poussons une revendication forte : pas de salaire en dessous de 2000 € brut mensuels pour les emplois qualifiés, ce qui inclurait les journalistes débutants du niveau 95.

Mais c’est pour les pigistes que cet accord sera le plus important, puisqu’ils voient le barème des piges, sur 2022, accru de 12,43 % pour les tirages supérieurs à 5000 ex et de 20,37 % pour les tirages inférieurs à 5000 ex. Dans le même temps, les journalistes des indices allant de 133 à 185 auront, eux, bénéficié de hausses de salaire entre +3,81% et 4,82%.

Plurimédia : constat de désaccord autour des NAO, mais une prime de partage de la valeur

  • Les NAO 2022 se concluent ce 10 novembre, sans trop de surprise à Plurimedia sur un constat de désaccord : aucune augmentation accordée et ce, pour la 4e année consécutive. Seule l’indemnité de télétravail est validée (par mois, 10€ pour 1 journée télétravaillée par semaine, 20€ pour 2, 30€ pour 3). Elle sera versée à partir de janvier, sans rétroactivité. Toutes les modalités de versement de cette prime ne sont pas encore définies (à suivre…).Une fois n’est pas coutume, il y a cependant une bonne nouvelle ! Par décision de l’entreprise, après demande de la CFDT en NAO et après information du CSE, une prime du partage de la valeur (Prime Macron) sera versée fin décembre avec une prise en compte de la rémunération, selon les modalités suivantes :
  • Pour les salaires compris entre 1 et 2 fois la valeur annuelle du Smic brut (soit entre 20 147€ et 40 295€ de salaire brut annuel) : 1250€ net. Cela représente 44% des salariés, pour un total de 18 personnes
  • Pour les salaires compris entre 2 et 3 la valeur annuelle du Smic brut (soit 40 294€ et 60442€ de salaire brut annuel) : 750€ net. Cela représente 46% des salariés, pour un total de 19 personnes.
  • Aucune prime pour les salaires au-delà de 3 fois la valeur annuelle du Smic. Cela représente 4 personnes.

Cette prime sera proratisée selon le temps de travail.

On déplore le fait qu’une nouvelle année se termine sans augmentation des salaires et on continuera d’insister sur la nécessité d’augmenter les salaires de manière pérenne et régulière, mais on veut croire que cette prime reconnaît le travail et l’investissement de chacun pour le maintien d’un travail de qualité.

Par ailleurs, la prolongation d’un an de l’accord sur le temps de travail (37 heures) a bien été signée ce matin par la CFDT, désormais seul syndicat représentatif de l’entreprise.

> A lire aussi : Agences de presse : pas d’accord sur les salaires

Agences de presse : pas d’accord sur les salaires

C’est non à l’unanimité ! Les organisations professionnelles étaient invitées à négocier les salaires conventionnels des journalistes des agences de presse dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire, mais aucun accord n’a été trouvé avec les éditeurs, qui proposaient de revaloriser de seulement 2%, au 1er septembre 2022, le salaire mensuel brut minimum des journalistes appartenant aux groupes 1 et 2.

Ainsi, pour les agences de presse hors agences de presse audiovisuelles, il était proposé de porter le salaire des journalistes du groupe 1 à 1806,42€ et celui du groupe 2 à 2012,46€. Pour les agences de presse audiovisuelles, le salaire des journalistes du groupe 1 aurait été porté à 1806,42€ et celui des journalistes du groupe 2 à 2078,76€.

Les représentants des organisations syndicales ont estimé que ces propositions étaient largement insuffisantes au regard de l’inflation, d’autant que la proposition patronale ne concernait que les premiers échelons des grilles, alors que l’ensemble des journalistes constatent une perte de pouvoir d’achat.

Salaires et conditions de travail en presse régionale : la crise de la presse ne justifie pas les reculs

Dans toutes les réunions de branche de la presse écrite revient la même antienne : c’est la crise ! Hausses des prix du papier, augmentation conséquente des prix de l’énergie, ventes en baisse et marché publicitaire en berne pour les supports imprimés justifient, pour la partie patronale, de mettre les salariés au régime sec et laisser les grilles, dans toutes les catégories, se faire rattraper (voire dépasser) par le SMIC.

Ainsi en presse quotidienne régionale, la recommandation patronale 2022 a été de mettre simplement les grilles en conformité avec la loi, c’est-à-dire de ramener l’ensemble des indices sous le SMIC au SMIC. En presse quotidienne départementale, alors que l’ensemble de la grille des employés ainsi que plusieurs indices des grilles des cadres et journalistes sont sous le SMIC, la proposition est, là encore, de remettre tout ce monde au SMIC + 1%… C’est un comble : avec son Salaire minimum professionnel garanti (SMPG) à hauteur de SMIC + 5%, ce serait presque la Presse hebdomadaire régionale qui deviendrait le nouveau référentiel de la presse locale !

Si la crise qui frappe les journaux de presse écrite est réelle et sérieuse, doit-on pour autant admettre que les salaires soient la seule variable d’ajustement, alors que l’ensemble des salariés subissent eux aussi les effets d’une inflation importante et, depuis des années, une forte dégradation de leurs conditions de travail ?

Pour la CFDT, c’est clairement non. Et à chaque négociation de branche, nous portons une revendication visant à faire reconnaitre les qualifications à leur juste valeur : pas de salaire inférieur à 2000 € pour les emplois qualifiés d’ouvriers, d’employés et de journalistes, pour lesquels les premiers indices sont souvent très proches du SMIC.

Cette reconnaissance des qualifications devra nécessairement s’accompagner d’une refonte des grilles de qualification et d’une remise à plat des conditions de travail, qui se dégradent depuis des années tant dans les rédactions (avec la multiplication des tâches) que dans les autres services, où les effectifs décroissent d’année en année.

A l’heure de la publications de ces lignes, des négociations sont aussi en cours concernant la presse magazine, la presse spécialisée et les agences de presse.

Salaires en Presse quotidienne départementale : on reste au ras des pâquerettes

S’il est bien une branche laissée en déshérence par les patrons depuis des années, c’est celle de la presse quotidienne départementale pour laquelle, les barèmes de salaires ne sont absolument plus d’actualité, rattrapés par les hausses successives du SMIC et du coût de la vie.

C’est ainsi que l’ensemble de la grille des employés, de l’indice 100 (Garçon de bureau, manutentionnaire ou magasinier) à l’indice 160 (secrétaire de direction) sont largement sous le SMIC, qui est de 1 678,95 € brut. C’est la même chose pour les ouvriers travaillant de jour, tandis que ceux travaillant la nuit passent le smic de quelques euros seulement (1 681,72 €). Deux des trois niveaux des cadres sont également sous le SMIC, seuls les bénéficiaires de l’indice 138 devant être gratifiés de 1 839,76 € brut.

Face à ce désastre, la grille des journalistes fait encore figure à peu près convenable, avec cependant deux échelons, pour les journalistes stagiaires, sous le SMIC. Mais tout cela reste assez peu flamboyant si on considère que depuis février 2018, date de la dernière hausse (modeste) des salaires conventionnels de 0,4%, un journaliste polyvalent (indice 120) émarge à 1 960,78 € brut quand un secrétaire de rédaction (indice 140) est à 2 287,57 € brut…

Il est donc plus que temps de revoir les grilles comme les définitions de fonction, souvent obsolètes. Un chantier que le syndicat de la PQD semble vouloir ouvrir, mais va-t-il y mettre réellement les moyens ? Au terme de la NAO 2022, mercredi 21 septembre 2022, la seule proposition qui est faite par la partie patronale, qui invoque une situation délicate pour les quotidiens départementaux, surtout en Outre-Mer, est de ramener l’ensemble des salaires sous le SMIC au montant du SMIC + 1%, sans aucune augmentation pour les échelons situés au-dessus de ces montants.

Autant dire que cette proposition a été accueillie plutôt fraichement par la partie syndicale. Lors du tour de table, la CFDT a ainsi posé des jalons pour la future refonte des grilles : pas de salaire en dessous de 2000 € brut pour les journalistes et employés qualifiés et la construction d’une grille progressive, qui permette à chaque salarié de la PQD de pouvoir évoluer tout au long de sa carrière.

Retrouvez les barèmes des salaires par branche

 

Droits voisins : pour les syndicats de journalistes, sans accord de branche pas de répartition équitable possible 

C’est par l’envoi de trois courriers qui se ressemblent beaucoup que les éditeurs de l’Alliance de la presse d’information générale (APIG) ferment la porte aux négociations de branche pour ce qui concerne le droit voisin en presse quotidienne nationale, presse quotidienne régionale et presse quotidienne départementale.

Contrairement à ce qu’ils affirment, la loi n’impose pas un accord d’entreprise. La loi autorise parfaitement l’accord de branche. La preuve, au sein de cette alliance, la presse hebdomadaire régionale a accepté d’ouvrir les négociations sur le sujet.

Dans un courrier commun adressé aux éditeurs de toutes les formes de presse, le 17 mai dernier, les syndicats représentatifs des journalistes, SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO ont demandé aux organisations patronales de pouvoir discuter de la mise en place du droit voisin au niveau des branches, afin, notamment, de fixer un cadre devant permettre à l’ensemble des journalistes de percevoir la part « appropriée » et « équitable » qui leur revient, et de ne pas léser les auteurs les plus précaires.

Des remontées des premières négociations commencées en entreprise, il ressort en effet que les éditeurs n’entendent céder aux auteurs des contenus que des miettes des fonds perçus par les GAFAM, sous forme d’un « forfait » annuel fixe.

Pour les syndicats SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO, cela n’est pas acceptable. S’il sera certainement nécessaire d’ajuster les modalités de partage du droit voisin au niveau des entreprises, c’est bien au niveau des branches qu’il faut définir le cadre de ces négociations en posant pour principe que la seule façon de concevoir l’équité de la rémunération est de définir un pourcentage de ce droit à attribuer aux auteurs, surtout dans les petites publications dépourvues de représentation syndicale, voire d’IRP.

Les syndicats signataires demandent aussi au nouveau parlement de reprendre et corriger la loi de juillet 2019 :

  • Afin de préciser la notion de part « appropriée » et « équitable » et valider le fait qu’elle doit faire l’objet d’un pourcentage intégrant l’ensemble des opérateurs redevables du droit voisin ; d’autant que les montants ne sont pas fixes mais évolutifs.
  • Afin de permettre aux auteurs, à l’instar des éditeurs, de se constituer en OGC (organisme de gestion collective) pour les représenter.
  • Afin d’instaurer une gestion collective obligatoire pour l’ensemble des éditeurs, qui permette une mutualisation de la répartition des sommes entre petits et gros.

Nous indiquerons à tous nos délégués syndicaux, dans toutes les entreprises concernées, de présenter ces exigences, seul moyen d’atteindre une part appropriée et équitable.

A Paris, le 23 juin 2022

EBRA – Droits voisins, droits d’auteur : la CFDT ne laissera pas les journalistes se faire dépouiller !

En diffusant une communication à l’ensemble des journalistes sur une discussion en cours, la DRH du groupe EBRA tente de torpiller la négociation…

Ce mercredi, les journalistes du groupe EBRA ont reçu par mail un texte émanant de la direction EBRA, vantant l’avancée de la négociation sur les droits d’auteur et droits voisins, alors que nous
arrivons à peine à la moitié du temps de la discussion.

750 € de droits d’auteurs, 200 € de droits voisins (en brut) chaque année pour chaque journaliste. De quoi être satisfait, vu comme ça. Las, en connaissance des vrais chiffres, le rendu n’est plus le même…

En prenant la distance nécessaire que ne dévoile pas la directrice des ressources humaines du groupe EBRA, on s’aperçoit que la somme allouée pour les droits voisins est (très) loin de la notion de “redistribution équitable” entre le groupe et ses journalistes de la manne versée annuellement à EBRA par Facebook et Google.

Sans dévoiler les sommes (confidentielles), quand la CFDT préconise une redistribution de l’ordre des 40% pour les journalistes, EBRA dépasse à peine les 15%…

Et puis, si l’on prend encore un peu plus de recul, et puisque la direction générale s’arroge le droit de divulguer les chiffres en cours de négociations sans en informer les partenaires sociaux, soyons transparents.

Lors de la dernière journée de négociation parisienne, alors que les organisations syndicales étaient vent debout contre les sommes dérisoires proposées par EBRA, Valérie Noël a été claire : « Si nous rompons les négociations, moi ça me va, mais qui ira d’entre vous ira dire aux journalistes qu’ils n’auront pas ces 900 € ? »

En dévoilant à tous cette somme, elle tente de torpiller la négociation car maintenant, ce sera la faute à qui si les journalistes ne voient pas arriver ces 900 € sur leur compte en banque ?…

La CFDT ne cèdera pas face à cette tentative d’intimidation.

Non, le compte n’y est pas en ce qui concerne les droits voisins !
Non, le compte n’y est pas non plus au niveau des droits d’auteur, depuis qu’on demande aux journalistes du groupe EBRA de multiplier leurs productions audiovisuelles et numériques !
Et non, la négociation sur le volet financier n’est pas terminée !

Paris, le 2 juin 2022

Journalistes : quand arrive le courrier de l’Urssaf du Limousin… pas d’inquiétude !

 C’est LE truc qui suscite bien des questions des collègues, qui n’y comprennent rien, quand arrive dans la boîte aux lettre le fameux courrier de l’URSSAF du Limousin adressé aux auteurs… Vous l’avez aussi ? Pas de panique… tout est normal !

L’Urssaf assure désormais la collecte de l’ensemble des cotisations et contributions sociales dues par les artistes-auteurs, en lieu et place de la Maison des artistes (MDA) et de l’Agessa. En effet les journalistes sont des auteurs qui peuvent percevoir des droits d’auteurs par leur employeur conformément à un accord d’entreprise (accord Hadopi), ou par la Scam, dans le cadre de la copie privée numérique et de reprographie (en presse écrite) ou pour la réexploitation de leurs œuvres (dans l’audiovisuel). Or toute rémunération obtenue dans le cadre d’un travail fait l’objet de cotisations et de contributions de Sécurité sociale auprès de l’Urssaf Limousin (Urssaf dédiée au régime social des artistes-auteurs).

L’employeur (considéré comme diffuseur) et les divers Organismes de gestion collective (OGC) des droits des auteurs (Scam, Saif) ont l’obligation, par le précompte des cotisations et contributions sociales prélevées sur la rémunération de l’auteur, de déclarer le journaliste en tant qu’auteur à l’Urssaf Limousin. C’est à partir de ces déclarations que l’Urssaf Limousin envoie une demande d’immatriculation, puis, tous les ans, une déclaration sociale de revenus à remplir. C’est une obligation depuis 2019.

Normalement, tant votre employeur que la Scam règlent directement les cotisations (le précompte) à l’URSSAF, vous ne devriez donc n’avoir rien à payer.

La déclaration est cependant impérative. Elle sert à :

  • vérifier que tous vos débiteurs ont bien réglé les cotisations sociales sur vos rémunérations lorsque vous êtes exclusivement précompté (et donc leur demander de régulariser si ce n’est pas le cas)
  • calculer vos appels de cotisations sociales si vous êtes déclaré fiscalement en BNC et que vous avez renoncé au précompte de vos cotisations sociales (dispense de précompte)
  • vous ouvrir des droits à la retraite et aux indemnités journalière de la sécurité sociale en cas de maladie, maternité, invalidité, si toutefois vous atteignez les seuils et que vous ne les atteignez pas au régime des salariés
  • demander un remboursement de certaines cotisations si vous dépassez le plafond de la sécurité sociale (il y a donc de l’argent à la clé !)

Si vous ne vérifiez pas votre déclaration préremplie et si vous ne déclarez aucune activité artistique en tant que bénéfice non commercial (BNC), votre déclaration sera validée automatiquement, sans savoir si elle est correcte ou pas.

Alors n’attendez plus, vous avez jusqu’au 19 juin pour vous connecter à https://www.artistes-auteurs.urssaf.fr !

Consultez notre Mode d’emploi !

Pour en savoir plus sur les droits d’auteur :

Lisez notre page Mode d’emploi avec :

  • un tuto pour vous aider à vérifier votre déclaration préremplie
  • une foire aux questions sur les droits d’auteur des journalistes
  • un tableau récapitulatif des droits d’auteur des journalistes

 

Et consultez le site de l’Urssaf du Limousin !

https://www.urssaf.fr/portail/home/espaces-dedies/artistes-auteurs-diffuseurs-comm/vous-etes-artiste-auteur.html

 

 

Salaires des journalistes en presse spécialisée : la CFDT ne signe pas

Les négociations des barèmes minimum salariaux des journalistes de presse spécialisées ont abouti fin avril à une dernière proposition de la partie patronale (FNPS). Cependant, jugeant que cette très faible réévaluation ne relevait pas substantiellement les conditions d’existence de ceux dont les entreprises ne vont pas au-dessus de ces barèmes, la CFDT-Journalistes (F3C-CFDT) n’est pas en mesure de la valider.

 

Pour les journalistes permanents, dans cette proposition, le premier échelon a été remonté à 1652€ (contre 1518€ actuellement), avec maintien de l’écart actuel de la grille pour les autres échelons. Cette hausse de 8% peut sembler importante. En réalité, elle ne fait que cacher un rattrapage de début de grille qui était auparavant sous le minimum légal (le SMIC est passé de 1603 à 1645€ brut au 1ermai 2022). Concrètement, les salaires ne pouvant être inférieurs au Smic, la hausse n’est donc que de 0,4% pour le nouveau salaire d’entrée minimum garanti des journalistes de presse spécialisée. Une pirouette permet de passer pile au-dessus du Smic : les deux premiers échelons (90 et 95) de « stagiaires » (au sens des deux premières années de carte de presse) ont été fusionnés à 1652€.

C’est l’ensemble du début de grille qu’il aurait fallu revoir de manière raisonnable et pérenne. Car jusqu’à l’indice 110, ça ne décolle pas !

 

Pour les pigistes, dans leur dernière proposition, les employeurs ont refusé d’accéder à notre revendication d’un tarif au feuillet à 60 € brut (hors CP, 13e mois, ancienneté). Le prix reste en dessous de l’acceptable : 47,50 € bruts pour une diffusion dans un titre de presse à 5000 exemplaires et moins ; 50 € bruts pour une diffusion dans un titre de presse à plus de 5000 exemplaires et plus (hors ancienneté, CP et 13e mois). Pour gagner le SMIC, un pigiste d’un « petit » titre devrait produire 2400 signes par jour, tous les jours ouvrés d’un mois. Pour gagner 2500 € brut par mois, l’objectif à atteindre monte à 3600 signes par jour. Cela sans comptabiliser tout le travail de veille journalistique et administratif qui incombe au salarié journaliste non permanent (et qui ne fait l’objet d’aucune rémunération). A ce tarif, les pigistes travaillant à temps complet en presse spécialisée et à qui on applique les minima sont en réalité souvent sous le Smic.

Pour la CFDT Journalistes, utiliser la pige – travail sans référence horaire – pour contourner le SMIC horaire, n’est pas acceptable. Les pigistes sont des contributeurs essentiels aux titres de presse spécialisée. Ils sont plus de 1500 à collaborer avec celles-ci d’après les données Audiens, et nombre de titres présentent des contenus en très grande partie réalisés par eux.

 

Conclusion : pour les permanents et les pigistes, c’est bien insuffisant au regard du retard déjà enregistré sur la grille de la presse spécialisée… et de l’inflation (l’Insee annonce une augmentation de 4,8% des prix à la consommation d’avril 2021 à avril 2022).

 

La mise en place de cette nouvelle grille ne serait selon la FNPS qu’un « premier pas », avec une clause de revoyure à la fin de l’année. Mais la CFDT Journalistes ne souhaite plus marchander et chicaner avec des employeurs qui maintiennent des niveaux de salaires aussi bas.

 

La CFDT-Journalistes rappelle sa revendication adressée aux candidats à l’élection présidentielle : un Smic journalistes à 2000 € brut. C’est une base minimum pour des professionnels ayant la plupart du temps fait trois à cinq années d’études après le bac, soumis à des exigences et des rythmes de travail de plus en plus ardus, et responsables de la qualité de l’information diffusée auprès du public, à une époque où leur rôle est plus que jamais nécessaire. Il est également de la responsabilité des employeurs que la presse spécialisée puisse conserver ses équipes, souvent des experts de leur domaine thématique bien spécifique. Cela passe évidemment par des salaires décents.

 

Nous prenons date pour la revoyure de rentrée en espérant un vrai coup de pouce pour l’ensemble des personnels de la presse spécialisée.

 

Télécharger le communiqué en PDF

 

Salaires minimaux conventionnels journalistes de presse spécialisée

Tableau comparatif réalisé par la CFDT-Journalistes, en date du 3 mai 2022

Qualification Niveau Depuis le 1er/01/2019 en € brut Smic au 1er mai 2022 Au 1er/05/2022 en € brut
Directeur des rédactions 185 2 603 1645 2715
Rédacteur en chef 185 2 603 1645 2715
Rédacteur en chef adjoint 160 2 268 1645 2380
Chef de service rédactionnel 140 1 993 1645 2105
Secrétaire général de la rédaction 140 1 993 1645 2105
Premier secrétaire de rédaction 133 1 904 1645 2016
Premier rédacteur graphiste 133 1 904 1645 2016
Chef de rubrique 133 1 904 1645 2016
Secrétaire de rédaction unique 133 1 904 1645 2016
Reporter-photographe 110 1 594 1645 1706
Reporter-dessinateur 110 1 594 1645 1706
Reporter 110 1 594 1645 1706
Secrétaire de rédaction 110 1 594 1645 1706
Rédacteur-rewriter 110 1 594 1645 1706
Rédacteur réviseur 110 1 594 1645 1706
Rédacteur graphiste 110 1 594 1645 1706
Rédacteur unique 105 1 567 1645 1679
Rédacteur spécialisé 105 1 567 1645 1679
Rédacteur 100 1 549 1645 1661
Stagiaire 2e année 95 1 540 1645 1652
Stagiaire 1re année 90 1 518
Piges, au feuillet, en brut hors CP, 13è mois, ancienneté
titre de presse diffusé à 5 000 exemplaires et moins 43,20 €  

47,5

 titre de presse diffusé à plus de 5 000 exemplaires. 46,25 €  

50

 

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