Salaires : quelques hausses au 1er juillet 2024 pour la presse écrite et les agences

En attendant une éventuelle augmentation du SMIC à 1600 € net qui pourrait être portée par un nouveau gouvernement, le dialogue social se poursuit à petits pas au sein des différentes branches de la presse écrite, où des accords de NAO ont d’ores et déjà été signés dans la presse magazine, la presse hebdomadaire régionale, et concernant les agences de presse écrite et audiovisuelle.

Agences de presse

Pour les agences de presse, les salaires mensuels bruts minima garantis des journalistes sont revalorisés au 1er juillet 2024 de +3,34% à +1,50% comme suit : +3,34% pour les journalistes du groupe 1 ; +3% pour ceux du groupe 2 ; +2,50% pour ceux du groupe 3 ; +2% pour ceux des groupes 4 et 5 ; et enfin +1,50% pour ceux des groupes 6 et 7.

Dans le même temps, le barème de la pige papier est revalorisé de 5,45%, ce qui porte le feuillet à 58 € pour 1500 signes, tandis que les piges photo et audiovisuelles sont revalorisées de 3%.

Bien sûr, les revalorisations concédées restent très éloignées des demandes syndicales et ont pour effet de « tasser » la grille conventionnelle, mais elles permettent de donner un coup de pouce aux plus bas revenus, ce qui explique que l’accord ait été signé par l’ensemble des organisations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO et SNJ).

Ce ne sera pas le cas de l’accord pour les employés, techniciens et cadres qui, sur la même base de revalorisation, n’a pas eu l’aval des syndicats CFE-CGC, CGT et FO-SNPEP.

Presse magazine

Dans la presse magazine, au 1er juillet 2024, les minima bruts de tous les niveaux de qualification des grilles de la presse hebdomadaire et de la presse périodique sont augmentés de 2%. S’agissant des salaires mensuels bruts en dessous du SMIC, ils sont augmentés de 3%.

Malgré ces augmentations, on constate que trop d’échelons, dans la presse périodique comme dans la presse hebdomadaire, restent au salaire minimum de 1809,92 €.

Pour prendre en compte ce problème, l’accord prévoit de mettre en place un groupe de travail paritaire afin de procéder au réexamen des grilles de métiers et des barèmes dès la rentrée de septembre 2024.

Il est également à noter qu’un effort a été fait en direction des pigistes, pour lesquels le feuillet de 1500 signes atteint enfin les 60 € brut. Cependant, aucune offre n’a été faite concernant la pige numérique pure (sans version papier), qui ne comprend toujours aucun minimum.

Presse hebdomadaire régionale

Concernant la presse hebdomadaire régionale, les partenaires sociaux ont décidé de revaloriser la grille des salaires minima conventionnels au 1er juillet 2024, là encore par palier, dans les proportions suivantes : +1,80% pour le coefficient 441 ; +1,50% pour les coefficients 452 et 468 ; +1,20% pour les coefficients 485, 567 et 617.

Quant aux coefficients de la grille dont le salaire était inférieur au SMPG (salaire minimum garanti de branche), leur montant est fixé comme suit : coefficient 413 à 1812 € ; coefficient 419 à 1830 € ; coefficient 425 à 1856 €.

Ces augmentations peuvent sembler très modestes, mais dans cette branche, les augmentations ne portent pas seulement sur les grilles conventionnelles, mais sur les salaires réels des journalistes ; l’ensemble des salariés de la PHR bénéficient en outre d’un SMPG d’application automatique qui est de SMIC +5%.

Dans les autres familles de presse

Les négociations ont capoté dans la presse quotidienne régionale et départementale où les propositions patronales, au regard de ces formes de presse et de l’état de leurs grilles conventionnelles, ont été insuffisantes.

La partie patronale vient en revanche de donner son accord pour l’ouverture de négociations sur le barème de piges en PQR, ce qui est une revendication de longue date, extrêmement importante (actuellement, de nombreux barèmes de piges en PQR sont très bas faute de barème minimum), sur les classifications, et pour communiquer des données plus précises sur les impacts des propositions lors des NAO.

Les négociations avec le Spiil (presse indépendante et en ligne) pour instaurer des barèmes et des grilles de classification pour la presse indépendante en ligne, commencées début 2023, aboutiront sans doute cet automne.

Restent alors la presse spécialisée, pour laquelle les négociations n’ont pas encore débuté, et la presse quotidienne nationale, où tout dialogue est rompu depuis… 2018.

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