Charlie : hommage de la profession dans un climat d’inquiétude pour la liberté d’expression


Ce mardi 7 janvier, les syndicats SNJ-Solidaires, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes, la Fédération internationale des journalistes, la Fédération européenne des journalistes et les représentants des confédérations CFDT, CGT et de l’union syndicale Solidaires, étaient réunis rue Nicolas-Appert, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, pour rendre hommage à leurs confrères tués dans un attentat islamiste il y a 10 ans et exprimer leurs inquiétudes sur le climat actuel.

Nous sommes toutes et tous présents ici pour rendre hommage aux victimes de cet attentat odieux.
Pour ne pas oublier…
Ne pas oublier que la vie est fragile, que le monde est fragile, que nos démocraties sont fragiles, que nos libertés individuelles sont également fragiles.
Ici, nous sommes tous Charlie. Cela représente pour la CFDT l’expression de nos libertés, la liberté d’informer, la liberté d’information, la liberté de s’exprimer, d’exprimer ses opinions avec des mots, avec des dessins…

Nos libertés sont en danger. On le voit avec des actualités nationales sociales et politiques de plus en plus troubles, ambivalentes.

Alors, poursuivons cette vocation de ces femmes et hommes qui ne veulent pas laisser dicter leurs pensées, leurs libertés et leurs valeurs par des religions, des politiques, par des financiers tous avides d’imposer par tous moyens leurs intérêts.
Charlie hebdo en est un exemple.

Et nous sommes ici car nous serons toujours TOUS CHARLIE !

Dix ans après, la liberté de la presse, un combat toujours d’actualité

C’était il y a dix ans. Mais nous avons l’impression que c’était hier. La peur, l’incrédulité, la colère, l’incompréhension… toutes ces émotions face à l’inimaginable : un journal fusillé. Une rédaction visée par une barbarie aveugle. Un attentat qui s’en est pris au cœur de la démocratie : la liberté d’expression.

Il y a dix ans, douze hommes et femmes ont été tués. Pour huit d’entre eux, simplement parce qu’ils exerçaient leur métier : journalistes. Avec eux, des policiers qui faisaient le leur : protéger.

Ce 7 janvier 2015, notre profession, comme la France entière, a été bouleversée.

Il y a dix ans, malgré la douleur et la colère, une immense vague de solidarité, un élan de soutien sans précédent est né. « Je suis Charlie » est devenu universel. Affiché dans les marches républicaines du 11 janvier. Déposé près des bougies pour ne pas oublier. Revendiqué comme une nouvelle identité sur des réseaux sociaux encore fréquentables. La caricature ne faisait plus débat, ni polémique.

Dix ans plus tard, que reste-t-il de cette journée ? Les « je suis Charlie » sont trop souvent désormais prolongés par un « mais » limitant une liberté d’expression, pilier de la démocratie.

Dix ans après, nous sommes réunis en mémoire de nos collègues disparus, à quelques mètres de l’ancienne rédaction de Charlie hebdo.

Nous sommes aussi rassemblés pour rappeler notre engagement pour la liberté d’expression. Une liberté encore et toujours en danger. Les « Je suis Charlie, mais » en sont une preuve : le combat doit être mené tous les jours par nos stylos, crayons, micros, caméras et clavier car rien n’est acquis.

Depuis dix ans, on ne compte plus les menaces contre les journalistes, les insultes se banalisent, les procédures se multiplient, dont de graves tentatives d’atteinte au secret des sources, les réactions deviennent de plus en plus violentes… La liberté d’expression est à géométrie variable. D’après les chiffres de la commission de la carte, on ne compte désormais plus que 34 dessinateurs de presse en France qui, aujourd’hui, réfléchissent avant de dessiner sur certains thèmes. 

Les réseaux sociaux sont aussi devenus des terrains de jeu pour ceux qui menacent et cherchent à manipuler l’information, voire à la faire disparaître. Protéger la présence des journalistes sur ces réseaux est devenu un nouveau combat.

Dans ce contexte, le métier de journaliste est plus que jamais essentiel. Nous devons garder notre liberté d’informer, rester les défenseurs de cette liberté d’expression. Nous avons le devoir d’informer, de questionner, de décrypter, de confronter, de donner à réfléchir…

Il est important de rappeler que les dessinateurs de presse sont des journalistes et qu’il n’y a pas de liberté de la presse sans salaire digne.

Ces combats, nous ne pouvons pas les mener seuls. Il nous faut le soutien de celles et ceux qui croient en une information libre et indépendante, en une liberté d’expression totale.

C’est tous ensemble que nous devons défendre la liberté d’expression. Elle est le pilier de notre démocratie.

Frédéric Boisseau, Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski, Elsa Cayat, Bernard Maris, Mustapha Ourrad, Franck Brinsolaro, Michel Renaud, Ahmed Merabet. 

Nous ne vous oublions pas. Nous étions Charlie, nous sommes toujours Charlie.


Retrouvez les archives de CFDT-Journalistes au sujet de la mobilisation post Charlie Hebdo en 2015 : https://cfdt-journalistes.fr/archives-je-suis-charlie/

Les actualités

  • Déclaration d’impôts des journalistes : suivez le guide !

    Vous avez, selon les départements, jusqu’au 23 mai, 30 mai ou 6 juin 2024 pour déclarer vos revenus aux impôts. Rappel des règles concernant l’abattement forfaitaire de 7650€ des journalistes. Vous le savez, les journalistes bénéficient d’une exonération. Ils peuvent déduire 7 650 € de leurs revenus imposables. Exemple : vous avez gagné 35000€ en salaires issus du journalisme en…

  • Dans un mois, les 48h de la pige à Lille : profitez de notre opération adhérents !

    Comme chaque année, la CFDT-Journalistes sera aux 48h de la pige, organisées par l’associationProfession : Pigiste cette fois-ci à Lille. Nous y tiendrons un stand et interviendrons dans certaines tables rondes. Souhaitant que ce temps UTILE, SYMPA, REVIGORANT, permettant de mieux connaître ses droits et les opportunités de piges, et de sortir de son isolement, profite un maximum à tous, nous…

  • Soutien à Nassira El Moaddem : le racisme est un délit, pas une source de clicks

    Ca commence par une journaliste née à Romorantin (Loir-et-Cher) et sommée de « rentrer chez elle », un chez-elle supposément quelque part dans le Maghreb puisqu’elle s’appelle Nassira…Scène de la haine et du racisme ordinaire sur les réseaux sociaux.Mais propos insupportables quand ils sont prononcés et amplifiés par un empire médiatique et ses relais d’opinion.Ces…

  • Journée mondiale de la liberté de la presse : solidarité avec les journalistes de Gaza et les journalistes environnementaux

    Ce 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, la CFDT-Journalistes a participé comme chaque année à l’hommage à Ghislaine Dupont, Claude Verlon et Camille Lepage et toutes celles et ceux qui sont « mortes et morts pour l’Information », avec l’association des Amis de Ghislaine et Claude, et l’association Camille Lepage –…

  • Au Figaro, les élus CFDT veulent rouvrir la négociation sur les droits voisins

    Les élus CFDT du Figaro demandent à leur direction de reprendre sans plus attendre les négociations pour la mise en place d’un accord de droits voisins. Sinon, ils saisiront la CDADV. Voici leur texte : Depuis la promulgation de la loi sur les droits voisins au profit des agences de presse et des éditeurs de presse,…