PSE au Courrier Picard : 20 postes à supprimer !

Communiqué du CSE et de l’Intersyndicale CFDT, SNJ, CGT, CFE-CGC, FO, du Courrier Picard, suite à l’annonce du Plan de Sauvegarde de l’emploi qui a été présenté par la direction ce lundi 13 janvier 2025 :

La direction nous informe qu’elle envisage la suppression de 20 postes (18 CDI et 2 CDD) et, en parallèle, la création de 2 postes.

Les 20 postes concernés se trouvent dans les services suivants :

– L’éditing avec 14 postes : 11 éditeurs (locales, sport et mag) en CDI, 1 de chef de service en CDI et 2 postes à pourvoir (actuellement occupés par des CDD qui ne seront pas renouvelés).

– La rédaction en chef adjointe avec 3 postes

– La finance (comptabilité et recouvrement) avec 3 postes : 1 directeur des finances, un responsable comptable et une assistante comptable ou recouvrement.

Les créations de postes sont :

– un poste de rédacteur loisirs magazine hors-série

– un poste de deskeur rattaché à la Tour (commune avec Paris Normandie)

Ces deux postes sont créés dans le cadre de la réorganisation imaginée par la direction. Nous ne connaissons pas encore les contours précis de cette réorganisation mais tout laisse à penser que l’éditing sera externalisé comme cela a été le cas à Paris Normandie l’an dernier.

Attention, il s’agit là des intentions premières de la direction. Le 17 janvier prochain, les négociations vont commencer. Plusieurs possibilités seront évoquées pour les salariés concernés, notamment des reclassements en interne et dans le groupe.

Soyez assurés que les délégués syndicaux et les représentants du CSE mettront tout en œuvre ces prochaines semaines pour sauver un maximum d’emplois et obtenir, pour les autres, les meilleures conditions de départ possible.

En attendant, nous vous proposons de nous retrouver pour une assemblée générale ce mardi 14 janvier à midi, au local syndical (7e étage du siège) ou en visio (pour participer, merci de vous inscrire par retour de mail).

Si vous en ressentez le besoin, sachez que vos représentants du personnel et syndicaux sont présents pour vous écouter. Une permanence sera mise en place ce mardi 14 janvier dans la journée au local syndical.

Le CSE tenait également à vous partager les remarques qu’il a adressées à la direction à l’issue du CSE extraordinaire de ce lundi :

Le CSE du Courrier picard découvre, ce lundi 13 janvier 2025, le contenu du Plan de sauvegarde de l’emploi qui a été imaginé par la direction du titre.

– Le CSE estime que ce projet n’a pas de légitimité économique, que sa visée est purement financière.

En 2024 en effet, le Courrier picard a, une fois encore, réalisé plusieurs centaines de milliers d’euros de bénéfice (montant définitif inconnu du CSE). Ce chiffre est rendu possible par des économies sur les charges fixes. Des départs non remplacés qui nous permettent d’être bénéficiaires en attendant de trouver le bon modèle économique pour notre produit.

Ce Plan vise uniquement à réaliser de très grosses économies pour satisfaire un actionnaire avide de bénéfices. Pour rappel, le groupe Rossel dispose de plus de 100.000.000 d’euros de fonds propres. On est loin de faire face à un groupe au bord de la faillite.

Groupe qui a pourtant cru bon de venir ponctionner 2 millions d’euros au Courrier picard, en 2024, pour recouvrir une dette contractée au moment du rachat.

– Le CSE estime aujourd’hui que des solutions alternatives doivent être envisagées. Le CSE souhaite qu’un autre projet soit travaillé et être moteur dans ce travail. D’autant plus que ce PSE va coûter cher et que ce coût pèsera sur la trésorerie de l’entreprise et donc sur ceux qui resteront.

– La baisse du chiffre d’affaires, qui s’accélère depuis deux ans, révèle l’échec de la stratégie, menée par la direction et par la rédaction en chef, pour faire évoluer notre titre sur le web au mépris de notre produit principal : le journal papier qui se retrouve, lui, dégradé.

– La volonté de supprimer le pool editing (12 CDI et 2 CDD) semble relever d’un trait schizophrénique de la direction. C’est en effet cette même direction qui a supprimé la polyvalence des journalistes pour créer ce pool d’éditeurs. Jusqu’en 2019, les journalistes assuraient, à tour de rôle, la relecture et la mise en page des articles. Cette mission leur a été supprimée « pour que les chefs d’édition ne se retrouvent plus éditeurs la moitié de l’année. Je veux que les chefs d’édition locales se retrouvent davantage aux prises avec l’actualité et deviennent de véritables référents de l’actualité locale sur leur zone et non pas des éditeurs », indiquait le rédacteur en chef de l’époque, toujours en poste actuellement, Mickaël Tassart.

Six ans plus tard, la direction fait marche arrière, supprimant au passage – et du coup plus facilement – tout un service. Ces éditeurs autrefois sur le terrain ont été placés là, pour répondre aux souhaits de la direction et sont finalement balayés pour permettre d’engranger plus d’argent pour l’actionnaire.

– Schizophrénie toujours avec le service de la rédaction en chef qui a récemment été renforcé et qui s’apprête à perdre 3 effectifs, pour la plupart des personnes proches de la retraite qui auront du mal à se recaser. Et dont le départ remet en cause la réorganisation de la rédaction voulue coûte que coûte il y a un an.

– Sur la comptabilité, le CSE estime que la suppression de ce service est travaillée depuis plusieurs mois. Ce service s’est en effet retrouvé en difficulté à plusieurs reprises ces derniers mois et ne semble pas avoir été soutenu par la direction.

– Enfin, le CSE estime que ce PSE est d’autant plus dommageable que l’entreprise veut désormais se donner une image de société œuvrant dans un esprit RSE. De la poudre aux yeux.

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