Est Républicain, Républicain Lorrain, Vosges Matin : motion de défiance contre le rédacteur en chef

Durant quatre jours, de lundi 24 mars à jeudi 27 mars à midi, les salariés de l’Est Républicain, le Républicain Lorrain, et Vosges Matin (pôle ERV du groupe EBRA), sont appelés par les syndicats CFDT, CGT et SNJ à se prononcer en ligne et anonymement sur la confiance qu’ils portent ou non à leur rédacteur en chef, Sébastien Georges. Les syndicats dénoncent son management brutal, depuis des années, et souhaitent sa démission. Ci-après, le communiqué intersyndical.

Les journalistes tombent comme des mouches

La dernière digue a cédé, entre lui et nous. Ce rempart de confiance entre les journalistes de la rédaction et leur rédacteur en chef, formé par les quatre rédacteurs en chef adjoints du pôle ERV, s’est effondré sous les assauts d’un management borné et brutal.

Après plusieurs départs de managers au sein du pôle ERV, une large brèche incolmatable était déjà apparue avec le départ de celle qui avait été choisie pour seconder le rédacteur en chef dans le domaine du numérique.

Aujourd’hui, ce sont deux autres rédacteurs en chef adjoints qui s’écroulent, après de longs mois à tenter de raisonner celui qui, depuis 2018, est censé représenter les rédactions. Sous son ère, la stratégie de partenariats d’Ebra s’est développée, au détriment d’une déontologie pourtant ancrée dans les fondements de la profession.

Les journalistes tombent comme des mouches, usés par des missions qui ne cessent d’augmenter proportionnellement à la perte de sens. Des sacrifices consentis, sans aucune considération ni contrepartie, quel que soit le travail fourni. Ces pratiques managériales dignes de l’industrie, aucun journaliste ne pensait les trouver dans un groupe de presse. Elles sont pourtant mises en œuvre sciemment par notre rédacteur en chef. Sciemment car malgré les alertes régulières sur son management toxique, la direction semble soutenir coûte que coûte celui qu’elle a nommé en 2018. Malgré la pression qu’il inflige à « ses managers » qui, pour les plus fragiles, la répercutent sur leur équipe, déclenchant d’autres alertes…

Une verticalité insupportable

Le rédacteur en chef démontre au quotidien que, pour lui, être un cadre proche de son équipe est un défaut, à rebours de ce qui est enseigné dans les coûteuses formations des managers développées par Ebra pour ses cadres. Nous, journalistes, pensons tout le contraire : c’est dans la motivation impulsée par une hiérarchie ouverte au dialogue et humaine qu’on travaille le mieux, qu’on est fiers de notre métier, et qu’on a envie de se dépasser. C’est dans l’échange de points de vue qu’on a les meilleures idées, pas dans les planifications de tâches souvent imposées. Et les idées, avant même la qualité d’écriture, sont les premières des exigences d’un journalisme d’excellence.

La verticalité des décisions est devenue insupportable. Surtout quand on essaie de comprendre, parfois, la raison d’un choix qui nous semble absurde, et que nos responsables nous répondent tristement : « Je suis d’accord avec toi, mais c’est comme ça. » Comprenez : le chef a décidé, circulez y a rien à voir…

Certains ont essayé d’exprimer leur désaccord. Subissant une soufflante dans le meilleur des cas, une indigne mise au placard souvent, voire un mépris intolérable. Il demande aux chefs d’équipe « de la loyauté » qu’il ne s’applique pas lui-même, envers les journalistes de terrain avec qui il a rompu depuis bien longtemps tout dialogue. C’est bel et bien de la soumission qu’il demande.

Démission attendue

Nous refusons d’être soumis. La loyauté, nous la tournons envers nos journaux, nos lecteurs et notre profession, pas envers celui qui détruit la motivation, les initiatives, la passion pour notre métier.

Avec douleur, certains ont quitté le journalisme, leur vocation, parce qu’ils avaient perdu l’espoir que cela change. Mais avons-nous vraiment, collectivement, depuis toutes ces années, tenté de résister, de changer les choses ? Ce problème, le voici face à nous, encore accentué et crûment révélé par les arrêts maladie simultanés de deux rédacteurs en chef adjoints.

Aujourd’hui, le meilleur moyen de retrouver la flamme, le métier qu’on a choisi, est de demander, clairement, la démission de Sébastien Georges en lui refusant notre confiance pour tenir les rênes de la rédaction.

Ainsi, nous appelons tous les journalistes des rédactions du Républicain Lorrain, de l’Est Républicain et de Vosges Matin à se prononcer sur une question cruciale, à travers une motion de défiance que nous vous soumettrons dès ce lundi 24 mars :

Faites-vous confiance à votre rédacteur en chef ?

Télécharger ce communiqué de presse

Les actualités

  • Pas de compromission avec l’extrême droite à Bayard !

    CFDT-Journalistes soutient l’ensemble des salariés de Bayard Presse abasourdis par les récentes orientations du groupe et en débrayage ce jour. Les annonces surprise coup sur coup de l’investissement de l’entreprise dans une école de journalisme aux côtés notamment de Vincent Bolloré, et de son recrutement à un poste stratégique d’un tenant d’idées des plus nauséabondes…

  • CFDT, le vote utile à la CCIJP : nos 4 candidats en tête de liste en vidéo

    Yoann Labroux Satabin (pigiste Télérama, La Vie, Le Monde), Frédérique Thiollier (retraitée de Bayard Presse), Laurent Lemaire (Europe 2) et Alice Heras (Solidaires, magazine CFDT) seront vos représentants CFDT à la Commission de Première instance de la CCIJP, si la CFDT confirme sa progression au deuxième tour. Votez pour eux ! Au second tour de…

  • Élections TPE : petites boites ne doit pas signifier petits droits !

    À côté des mastodontes de la presse magazine, de nombreux éditeurs indépendants contribuent au pluralisme des médias. Car petite boite ne doit pas rimer avec petits droits, la CFDT présente ses candidats à l’élection des TPE (très petites entreprises). 5 millions de salariés, tous secteurs confondus, sont invités à participer du 25 novembre au 9…

  • CCIJP, 2ème tour : le vote utile, c’est le vote CFDT !

    C’est reparti pour les élections carte de presse !  Le quorum n’ayant pas été atteint au 1er tour, un 2è tour est en effet organisé et HELAS tous les compteurs sont remis à zéro ! Les votes du 1er tour ne comptent pas du tout.  Donc, pas le choix, il faut voter à nouveau !  Au…

  • Contre les violences faites aux femmes : manifester, et mieux en parler

    271 000 femmes ont été victimes de violences par leur partenaire ou ex-partenaire en 2023 (Chiffres Ministère de l’Intérieur). 85% des victimes sont des femmes et 86% des mis en cause sont des hommes. Et les violences faites aux femmes vont bien sûr bien au-delà. Samedi 23 novembre, en amont de la journée internationale de…