Hommage à Arman Soldin, tué il y a deux ans en Ukraine

Le 7 mai 2025, les syndicats de journalistes français (SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes) ont participé à l’inauguration de l’esplanade du Pôle Universitaire de Vichy, nommée Arman Soldin par la ville de Vichy, en hommage au journaliste franco-bosnien tué il y a deux ans en Ukraine.

Journaliste vidéo de 32 ans, Arman Soldin a été l’un des premiers correspondants de l’AFP à entrer en Ukraine après l’invasion russe du 25 février 2022, se rendant régulièrement sur les lignes de front à l’est et au sud. Il a été tué le 9 mai 2023 lors d’un bombardement près de Chasiv Yar, dans l’est de l’Ukraine.

Depuis la Croatie, la présidente de la Fédération européenne des journalistes (FEJ) Maja Sever a tenu à adresser un message de solidarité en l’honneur d’Arman et de tous les journalistes tués sur les terrains de guerre : « J’ai commencé ma carrière comme reporter de guerre, en Croatie. Je sais quels sont les risques et les devoirs des journalistes. Il est absolument nécessaire que des journalistes puissent toujours aller sur des terrains de conflits et témoigner sur ce qu’il se passe. L’information est un bien public. C’est un droit pour nos sociétés. » 

“La jeunesse doit être consciente de la nécessité du journalisme pour nos démocraties. Il y a ici dans ce pôle universitaire, des étudiants en journalisme depuis plus d’une dizaine d’années. Honorer la mémoire de ce jeune confrère est aussi un symbole pour cette jeunesse, dont nous avons tant besoin », a déclaré Pablo Aiquel, secrétaire général du SNJ-CGT et membre du comité directeur de la FEJ.

Le prix de la vérité

Le président du syndicat de journalistes ukrainien (NUJU), Sergiy Tomilenko, a également tenu à exprimer sa gratitude envers la ville de Vichy pour ce symbole : “L’inauguration d’une place portant le nom d’Arman Soldin à Vichy, en France, est une étape importante dans la préservation de l’héritage des journalistes tombés dans l’exercice de leur métier en Ukraine. Cette reconnaissance reflète le profond respect que nous portons à ceux qui risquent tout pour faire connaître la vérité.”

Présents, la mère, la sœur et le frère du journaliste franco-bosnien, ont reçu les condoléances présentées au nom de la profession, en France et en Europe, et ont dévoilé la plaque avec le nouveau nom de l’esplanade.

Double symbole pour la ville thermale, l’esplanade se trouve devant le pôle universitaire qui accueille un Bachelors universitaire de technologie (BUT), diplôme en trois ans d’information-communication parcours journalisme, et à quelques centaines de mètres de la maison natale d’Albert Londres, grand reporter du XXe siècle, dont l’héritière a légué son héritage pour le prix qui récompense chaque année les meilleurs reportages francophones, réalisés par des jeunes de moins de 30 ans

Vichy « mesure le prix de la vérité: c’est la ville d’Albert Londres » qui souhaitait « porter la plume dans la plaie » et « c’est aussi tragiquement la ville où la République fut enterrée le 10 juillet 1940, nous n’oublions pas » et « nous savons que les régimes autoritaires commencent par museler la presse », a souligné le maire de la ville thermale, Frédéric Aguiléra.

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