PHR : de nouvelles grilles de classification et de salaire pour les journalistes

Fruit d’une longue et parfois difficile négociation, de nouvelles grilles de classification et de salaire vont entrer en vigueur pour les journalistes de la presse hebdomadaire régionale (PHR) le 1er février 2026.

Pourquoi une nouvelle grille et de nouvelles classifications ? L’actuel barème des minima présentait un fort tassement de la grille, et les tâches comme les fonctions devaient évoluer, notamment au regard des développements technologiques et organisationnels de nos rédactions. Pour les partenaires sociaux, il s’agissait donc de revoir les intitulés d’emplois ne correspondant plus à la réalité des métiers d’aujourd’hui, d’adapter les qualifications aux évolutions des emplois et des techniques, et d’encourager des progressions de carrière ne passant plus nécessairement par des fonctions hiérarchiques, un point important aux yeux de la CFDT.

Sept groupes d’emploi

Les nouvelles classifications actent ainsi la création de sept groupes d’emplois, du journaliste stagiaire de première année au rédacteur en chef. Côté rémunérations, cette nouvelle grille améliore le sort des journalistes des trois premiers groupes. Un journaliste de 1er échelon passerait ainsi de 1 855 à 2 000 € brut, ce qui est mieux que ce qui est proposé dans d’autres familles de presse. C’est cependant sur l’actuel échelon 441 que l’on trouve le plus de journalistes en PHR. Ceux-ci passeront au groupe 3 et verront leur salaire de référence passer de 1 890 à 2 080 € brut.

Si, sur le papier, le groupe 4 est un peu disparate, il permet tout de même l’évolution des journalistes au cours de leur carrière. On n’arrive toutefois pas à ce qu’un journaliste expert, qui ne souhaiterait pas intégrer l’encadrement, atteigne un salaire digne de la chefferie, mais pour la CFDT, ce combat se poursuit !

L’un des gros écueils de la nouvelle grille a été la création de deux échelons de rédacteurs en chef et de rédacteurs en chef adjoints, ce qui correspond cependant à ce type de presse : certains encadrent de toutes petites rédactions de deux à trois journalistes ; d’autres encadrent plusieurs petites rédactions de deux à trois journalistes ou une rédaction plus importante (de dix à quinze journalistes), et les responsabilités ne sont pas les mêmes. La création d’échelons RCA2 et RC2 est donc logique, mais la question demeure : qui va en bénéficier ?

Cela était d’autant plus problématique que la nouvelle grille prévoit un salaire inférieur pour les RCA1 et RC1 par rapport aux RC et RCA actuels. Il a donc été prévu un dispositif de compensation pour les cadres actuellement en poste, qui ne verront pas leur rémunération baisser, y compris sur l’ancienneté conventionnelle.

Une suppression du SMPG

Autre déception : l’amplitude de la nouvelle grille, qui n’est que de 44 %, ce qui est peu. D’autant qu’en contrepartie, il a fallu accepter la suppression du SMPG, un vieux dispositif que l’on devait à la CFDT et qui inscrivait dans le marbre des salaires de SMIC + 5 % au minimum pour tous les salariés de cette branche. Depuis, ce type d’indexation sur le SMIC est interdit, mais les parties s’engagent à une revoyure automatique à chaque revalorisation du SMIC, afin d’éviter le tassement entre les différents groupes de la grille.

Nous avons également obtenu le maintien de la prime de périodicité (bi- et trihebdomadaire), mais pas celui des primes de tirage, qui ne concernaient plus qu’un ou deux hebdomadaires en France. La prime d’appareil photo est également maintenue pour ceux qui utilisent un appareil personnel.

Attention : chaque salarié sera informé de l’application de la nouvelle classification et des salaires minima par son employeur. S’il n’est pas d’accord avec son positionnement lors de la transposition, le journaliste disposera d’un délai de deux mois après réception de sa nouvelle classification pour solliciter un échange avec l’éditeur. Si le désaccord persiste, il pourra bien sûr se rapprocher de CFDT-Journalistes afin d’obtenir appui et conseil.

Pour certains, déjà payés au-dessus de la grille conventionnelle, l’entrée en vigueur de la nouvelle grille n’aura d’ailleurs qu’un impact très limité sur le calcul des primes d’ancienneté (ancienneté professionnelle et ancienneté entreprise).

Enfin, au niveau de la branche, l’accord prévoit également la création d’un comité de suivi, qui permettra de partager les avancées, de mesurer les premiers résultats et de réfléchir aux perspectives pour la suite.

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