Premier rapport de l’OFALP sur les entraves à la liberté de la presse

L’Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse  (Ofalp) a publié son premier rapport, portant sur l’année 2024. Après avoir analysé environ 120 cas, 91 atteintes ont été retenues. Elles sont étudiées selon plusieurs critères :

Leur nature : procédure-bâillons, entraves d’accès à des documents administratifs ou à des lieux, intimidations verbales ou menaces de recours par lettre d’avocats, campagne de harcèlement sur les réseaux sociaux, agression au cours d’une manifestation, vol ou casse de matériel… Les « atteintes à l’intégrité physique et morale », sont de loin les plus représentées dans le recensement 2024, avec 48 des 91 atteintes comptabilisées.

Leurs auteurs : représentants de l’État, affiliés à des organisations politiques, issus du secteur privé, groupes informels, citoyens… En 2024, dans 41,8% des cas recensés, soit 38 cas, l’auteur principal de l’atteinte fait partie du groupe des acteurs publics ou des représentants de l’État. Et un courant politique est surreprésenté parmi les auteurs : l’extrême-droite.

Le profil des victimes présumées : permanents ou pigistes, le genre, leur thématique de travail… En 2024 sur les 91 atteintes recensées, 20 ont visé des groupes ou organisations (dont 15 médias) et 71 des individus, dont 20% de pigistes. Dans un quart des atteintes, la thématique est politique.

Les conséquences des atteintes recensées : production de l’information perturbée ou empêchée, intégrité physique compromise, conséquences psychologiques, protection des sources mise à mal… En 2024 dans 60% des cas recensés, les journalistes indiquent que l’atteinte a eu une répercussion sur l’information produite : tronquée, modifiée, ré-anglée, voire non traitée…

CFDT-Journalistes, membre de l’OFALP, a participé à ses travaux, et encourage chacun à soutenir cet observatoire inédit qui donne le pouls de l’exercice réel de la profession, au pays des droits de l’homme et de la liberté de la presse : https://ofalp.org/

Les actualités

  • Vous avez publié une enquête grâce à un ou des lanceurs d’alerte ? Candidatez au prix L’ALERTE À LA UNE

    30 septembre : date limite de dépôt des candidatures En décembre prochain, la maison des lanceurs d’alerte décernera son deuxième prix « Alerte à la Une ».  Ce prix, doté de 2000€, récompense une enquête journalistique réalisée grâce à la collaboration entre un ou plusieurs journalistes et lanceurs d’alerte à l’origine de révélations sur un scandale quel que…

  • Management brutal à France Télévisions : le témoignage d’un rédacteur en chef

    La section CFDT de France Télévisions publie ce texte fort, que nous vous partageons. Chapeau à notre confrère qui ose témoigner et défendre une autre vision du management. Lettre ouverte à Mme La Présidente de France TélévisionsTémoignage d’un manager de terrain La CFDT France Télévisions, engagée depuis des années dans la prévention des risques psychosociaux…

  • « Laissez-nous accueillir nos confrères et consœurs palestiniens de Gaza », l’appel de plus de 400 journalistes francophones

    Dans une tribune adressée au Président de la République Emmanuel Macron, publiée lundi 8 septembre notamment par Le Monde, Libération, La Croix, L’Humanité, et soutenue par CFDT-Journalistes, plus de 400 journalistes francophones demandent à la France la levée de la suspension des évacuations des journalistes gazaouis qui le souhaitent et l’accès immédiat de la presse internationale…

  • Schéma national des violences urbaines : les journalistes doivent pouvoir exercer leur mission

    COMMUNIQUE INTERSYNDICAL SNJ / SNJ-CGT / CFDT-Journalistes / SGJ-FO Depuis quelques jours, l’ensemble de la profession dénonce le Schéma national des violences urbaines (SNVU), publié cet été en catimini par le ministère de l’Intérieur et la police nationale. Alors que la liberté de la presse est sacralisée dans la Constitution, le SNVU  enfonce un sérieux…

  • Les journalistes, persona non grata lors de violences urbaines !

    Les journalistes ne seront plus protégés ! Les journalistes ne pourront plus exercer leur métier ! Les journalistes risquent d’être évacués par la force ! Oui, sur le terrain de la contestation populaire, celle qualifiée par les autorités comme « violences urbaines », ils sont devenus indésirables. Le ministère de l’Intérieur vient en effet de dégainer en catimini un nouveau texte applicable dans le cadre des « violences urbaines ». Il s’agit d’un guide destiné aux seuls policier et nommé SNVU (schéma national des violences urbaines),…