Prisma Media : non au carnage orchestré par l’empire Bolloré !

Communiqué intersyndical SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes

La nouvelle est tombée comme un coup de massue le 30 mars : la direction de Prisma Media (Capital, Télé-Loisirs, GEO, Voici, Femme Actuelle…), leader de la presse magazine française, vient d’annoncer un nouveau – et très mal nommé – « plan de sauvegarde de l’emploi » (PSE) d’une brutalité sans précédent.

Au total, ce sont 261 postes qui sont menacés de suppression, soit près de 40 % des effectifs totaux de l’entreprise. Ce projet intervient après une rupture conventionnelle collective en 2024 (27 postes) et un premier PSE en juillet 2025 touchant 54 postes. Ce PSE, qui est toujours en cours, a été annulé par la cour administrative de Pontoise en décembre 2025 et l’audience en appel se tiendra le 14 avril à Versailles.

Le projet de « réorganisation » est un véritable carnage. Arrêt de plusieurs titres des éditions Prisma (GEO Histoire et Hors série, Ça m’intéresse Histoire et Questions Réponses, Docteur Good…), de services entiers comme la fabrication ou le « logistique réglage », qui permettent à nos titres d’être imprimés et distribués.

Un PSE à l’ampleur historique

La direction ose justifier ce plan par des difficultés économiques structurelles, alors que Prisma Media réalisait encore en 2025 un chiffre d’affaires de 302 millions d’euros et dégageait un résultat opérationnel (EBITA) positif de 6 millions d’euros. Des résultats bien loin de justifier le plus important PSE de la presse magazine dans l’histoire du pays. Ce bénéfice, fruit du travail acharné des salarié·es, est donc jugé insuffisant par l’actionnaire majoritaire, Vincent Bolloré, visiblement bien moins dérangé lorsque Le JDD / JDDNews perd 7 millions d’euros par an.

Ce plan frappe au cœur des métiers de l’information avec plus de 90 journalistes sacrifié·es, sans compter l’ensemble des collègues rémunéré·es à la pige, même pas considéré·es comme faisant partie de l’entreprise selon la direction. La dite direction invoque l’arrivée de l’IA générative et la chute du trafic web pour justifier cette hécatombe, alors qu’elle organise elle-même le déclin de l’entreprise, en sous-traitant la coordination éditoriale et la production de contenus à des officines extérieures.

Après avoir imposé Serge Nedjar (patron de CNews) et Gérald Brice-Viret (patron de Canal+) à la direction des rédactions, Louis Hachette Groupe (LHG) applique désormais une politique de « guerre éclair ». C’est la troisième vague de licenciements depuis le rachat du groupe par le milliardaire breton en 2021, avec des effectifs qui passeraient de près de 900 lors du rachat à un peu moins de 400 si ce projet de PSE venait à se concrétiser. L’objectif est limpide : purger les rédactions, briser les collectifs de travail, laisser le groupe exsangue et installer un climat de terreur pour imposer une ligne éditoriale réactionnaire, comme cela fut fait à i-Télé (devenue CNews) ou au JDD.

Face à cette agression frontale, l’heure est à l’unité

Le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes appellent l’ensemble de la profession mais aussi le ministère de la Culture et le Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM) à se mobiliser contre un projet qui met en péril l’écosystème de la presse magazine. Nous refusons de cautionner les pseudos « mesures d’accompagnement » d’un plan dont l’unique but est de dépecer notre outil de travail. Notre objectif est bien de sauver Prisma Media de la mort certaine que lui réserve Bolloré. Nous ne laisserons pas un milliardaire détruire nos vies et l’indépendance de nos titres pour satisfaire ses ambitions politiques et financières.

Paris, le 2 avril 2026.

Les actualités

  • Libertés ! Rassemblement place de la République jeudi 27 juin à 18h

    Médias indépendants, syndicats, dont la Confédération CFDT et la CFDT-Journalistes, associations de défense des droits et mouvements citoyens, nous vous appelons à participer à un grand événement public ce jeudi 27 juin à 18h, Place de la République, à Paris. VENEZ REMPLIR LA PLACE DE LA REPUBLIQUE ! Libertés ! au pluriel, parce que le…

  • Face au RN, une campagne vidéo des auteurs de documentaires

    Dans la continuité de la tribune et en collaboration avec la Ligue des Droits de l’Homme, la GARRD lance une campagne de mobilisation « FACE AU RN, LA LIBERTÉ D’INFORMER N’A PAS DE PRIX » composée de vidéos.  Ces vidéos sont des extraits des reportages, des films d’investigation, des films documentaires qui ont marqué l’histoire…

  • Edito de Ouest-France. Il n’y a qu’un danger : l’extrême droite !

    Communiqué des sections SNJ et CFDT d’Ouest France du 26 juin 2024. Pour nombre de collègues, le réveil a été difficile, ce dimanche 23 juin. Un nouvel édito a encore manié amalgames réducteurs et considérations choquantes. A l’heure où noustraversons la plus grande crise politique de la Ve République, nous, journalistes d’Ouest-France, considérons que ce texte…

  • France Télévisions : nous dénonçons la complaisance de la direction de l’info à l’égard de l’extrême droite

    Communiqué intersyndical des sections CGT – CFDT – Sud de France télévisions. Nous, journalistes, techniciens, administratifs, représentants syndicaux, apportons notre soutien aux confrères et collègues, membres de la SDJ de la rédaction nationale de France 3 qui ont signé la tribune intitulée « Pour un front commun des médias contre l’extrême droite », publiée le…

  • Face aux menaces, injures et agressions, les journalistes ne doivent pas rester seuls

    Dans cette période troublée, alors que la campagne électorale anticipée des législatives est aussi courte que rude, les journalistes sont trop souvent pris à partie par des militants de presque tous les bords. Du côté du Rassemblement National, on leur promet de « s’occuper de leur cas » lorsque le parti d’extrême droite sera au pouvoir. La…