France 3 Limousin : une censure qui ne passe pas !

Communiqué intersyndical

Les organisations syndicales expriment leur vive colère et leur profonde stupéfaction face aux graves dérives éditoriales survenues le vendredi 19 juin au sein de la rédaction de France 3 Limousin.

Alors que le Club de la presse du Limousin organisait un pique-nique de soutien aux médias régionaux, dans la continuité de l’appel national pour la défense de la presse en France, une équipe de reportage s’est vu confier la couverture de cet événement lors de la conférence de rédaction matinale.

Pour contextualiser le sujet, les journalistes ont choisi d’évoquer la situation locale : le plan social de Centre France, les licenciements dans les radios locales, ainsi que la crise de l’audiovisuel public en interviewant un salarié de l’antenne, par ailleurs secrétaire général adjoint du conseil national de la CFDT-Journalistes.

Une coupe autoritaire à 20 minutes de l’antenne

À seulement vingt minutes de la diffusion, la rédactrice en chef a exigé le retrait pur et simple du passage concernant l’audiovisuel public et de l’interview s’y rapportant, disant «ne pas avoir été mise au courant ». Dans la même dynamique, une image de la présentatrice de l’émission Dimanche en Politique a été caviardée de crainte qu’elle «puisse être reconnue », alors même que de nombreuses personnalités politiques participaient publiquement à ce rassemblement.

Un signal d’alarme pour l’indépendance de nos rédactions

Nous dénonçons avec la plus grande fermeté cette décision qui envoie un signal désastreux aux journalistes de France Télévisions et à leurs représentants.

Nous condamnons l’invisibilisation délibérée des difficultés traversées par notre entreprise (attaques de l’extrême droite, tensions budgétaires), livrant in fine aux téléspectateurs un sujet incomplet voire biaisé. Cette coupe dans le reportage est une entrave directe au métier de journaliste, empêché de rendre compte des faits de manière honnête, factuelle et conforme à ce qu’il a observé sur le terrain.

C’est aussi censurer une parole syndicale, pourtant mesurée et légitime au regard de l’angle choisi.

La liberté de la presse ne se négocie pas, elle s’applique. Nous exigeons des explications immédiates de la part de la direction face à cet acte de censure caractérisé qui entache la crédibilité de notre antenne.

Limoges, le 22 juin 2026.

Les syndicats de France Télévisions CFDT / CGT / SNJ / SUD

Les actualités

  • CCIJP : le bilan CFDT en faveur des correspondants à l’étranger

    Comment les élus CFDT à la CCIJP ont travaillé pour améliorer l’accès à la carte de presse pour les pigistes correspondants à l’étranger ? On vous raconte ! En reportage à l’étranger, la carte de presse est capitale. Pouvoir justifier que l’on est journaliste est important, surtout quand les conditions de sécurité sont fragiles.  Or,…

  • L’existence des radios associatives menacée par le projet de loi de finances 2025 !

    18 OCTOBRE 2024 :  La CFDT-Journalistes, le Syndicat national des médias et de l’écrit CFDT (SNME) et la Fédération Communication, conseil, culture CFDT (F3C-CFDT) dénoncent la partie du projet loi de finances 2025 (PLF), qui sera discuté le 22 octobre et qui prévoit une réduction de 30 % des fonds alloués au Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER),…

  • IA : comment notre métier est-il impacté en radio et en télé ? APPEL À TÉMOIGNAGES

    L’introduction de l’IA dans les rédactions, encore loin d’être généralisée, engendre cependant de profonds bouleversements là où elle est mise en oeuvre, à la fois dans le travail journalistique mais aussi dans la vie des rédactions, l’organisation du travail, la définition des postes, les parcours de formation…. C’est pourquoi la Commission paritaire nationale de l’emploi…

  • Élection CCIJP : c’est parti ! Votez et invitez à voter dès maintenant pour la CFDT !

    Ce 14 octobre à 17h s’ouvre le site de vote aux élections des représentants des salariés à la CCIJP. A chaque scrutin, tous les 3 ans, le taux de participation est très faible : 36% en moyenne, et encore bien moins dans certaines entreprises, pourtant ayant une place majeure dans le paysage médiatique. Déjouons ce…

  • Un représentant du RN au Conseil supérieur de l’AFP : une provocation !

    La nomination de Bruno Bilde, député Rassemblement National du Pas de Calais, au Conseil supérieur de l’AFP est un mauvais signal envoyé à l’ensemble des journalistes.  L’ancien directeur du cabinet de Marine Le Pen lors de la récente campagne électorale des élections législatives, représentera l’Assemblée Nationale au sein d’une des plus importantes entreprises française d’information…