PSE au Dauphiné libéré : très dur pour la production et les ventes, très flou pour la rédaction

Communiqué intersyndical

Ce lundi 22 juin, s’est tenu un CSE extraordinaire pour présenter le « plan stratégique » du Dauphiné libéré. Derrière ce terme, se cache un plan de suppression d’emploi (PSE), faussement renommé « plan de repositionnement » par la direction générale. Il a, pour objectif, un retour à l’équilibre pour 2030.

En préambule à la présentation, le directeur général, Pierre Fanneau, et le directeur des ressources humaines, Benoist de Montaigut, ont annoncé : « Pas de licenciement sec, mais des repositionnements volontaires en interne ou en externe […] Aucun abandon de zone, aucun regroupement d’édition, le maillage territorial est conservé […] 57 suppressions de postes, 21 créations de postes [qui n’existent pas numériquement aujourd’hui dans l’entreprise]. »

Pas facile de bien cerner ce projet, aussi touffu que complexe. La deuxième réunion, lundi 29 juin, nous permettra d’avoir davantage de précisions.

Côté production, c’est l’hécatombe. Une rotative sera supprimée pour n’en garder qu’une seule. Les éditions du Nord-Isère et du Vaucluse seront imprimées à Chassieu, sur les rotatives du Progrès. 23 postes des services techniques sont concernés par le plan, sur 60 salariés actuellement, soit près de 40 % des effectifs, avec de grosses incertitudes sur les possibilités de reclassement à Veurey-Voroize. Aucune nouvelle création de poste n’est proposée. La parution sera donc à la merci de la moindre panne ou problème. Un risque supplémentaire avec lequel les équipes devront vivre.

Dans le secteur des ventes, l’inquiétude est de mise : avec 6 postes supprimés (et seulement une création), la charge de travail va être intenable pour les équipes commerciales.

Côté rédaction, la direction mentionne 28 suppressions d’emploi pour 20 créations de poste. Aucun poste de rédacteur n’est touché. Ce sont essentiellement des postes d’éditeur qui seront supprimés. Les UG conserveront des SR, mais ils devront être « bi-médias » : print et web. Une polyvalence qui inquiète déjà alors que les contours du poste n’ont pas été définis. La rédaction centrale à Veurey deviendra un « pôle news » dédié au web.Pour justifier une telle hémorragie chez les éditeurs, la direction s’appuie sur l’arrivée de l’intelligence artificielle avec trois outils : Mepa, un outil de “mise en page automatique” (même si la validation restera humaine, assure Pierre Fanneau), un assistant rédactionnel pour les rédacteurs et éditeurs avec la proposition de nouvelle titraille ou de chapeau, et une assistance IA pour les CLP (via l’Ecritoire, proposant une correction avancée et une vérification des infos essentielles).

Parallèlement, plusieurs postes de rédacteur devraient être créés dans les agences locales. On peut imaginer que ces postes viendront remplacer des contrats pros, potentiellement non renouvelés en septembre.

Le décryptage de ce document et de ses 200 pages, remis à l’issue de la réunion, vademander du temps aux élus.

Veurey-Voroize, le 22 juin 2026

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