Tunisie : le journaliste Mohamed Yousfi doit être libéré immédiatement

Communiqué SNJ, SNJ-CGT,CFDT-Journalistes et SGJ-FO

Les syndicats français de journalistes SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO exigent la libération immédiate de Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média indépendant tunisien Al Qatiba.
Placé en détention le 5 septembre 2026, Mohamed Yousfi fait l’objet d’une enquête portant notamment sur des publications Facebook. Il a également été interrogé sur son travail journalistique et sur la ligne éditoriale d’Al Qatiba.
Cette procédure intervient après une campagne de dénigrement visant le journaliste (accusé sur les réseaux sociaux de blanchiment d’argent ou de corruption), en réaction à ses enquêtes (notamment sur la pénurie d’eau) et à ses prises de position critiques à l’égard du pouvoir politique.
À travers Mohamed Yousfi, c’est une nouvelle fois le journalisme indépendant qui est attaqué en Tunisie. Comme Mourad Zeghidi, emprisonné depuis mai 2024, et plusieurs autres confrères et consœurs, il est aujourd’hui visé dans un contexte de répression croissante contre les journalistes.
Nos organisations s’associent à la mobilisation du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) et à celle de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), qui a rappelé qu’une telle arrestation adresse un message d’intimidation à toute la profession.
Enquêter, informer, révéler des faits d’intérêt public, ou exercer un regard critique ne constituent pas des crimes. Les campagnes de haine et de diffamation ne peuvent devenir le prélude à des poursuites judiciaires, ni la justice un instrument pour faire taire les voix indépendantes.
Les syndicats français de journalistes SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO exigent la libération immédiate de Mohamed Yousfi et affirment leur pleine solidarité avec le SNJT.
Enquêter n’est pas un crime. Informer n’est pas un crime. Critiquer n’est pas un crime.

Paris, le 7 septembre 2026

Les actualités

  • Lanceurs d’alerte : CFDT-Journalistes écrit aux Sénateurs

    Par mail, CFDT Journalistes s’est adressé aux Sénateurs afin de soutenir la proposition de loi sur les lanceurs d’alerte, que certains amendements risquent d’affaiblir considérablement. Voici ce courrier : Madame, Monsieur le Sénateur Dans le cadre de votre mission parlementaire, vous allez être amené à vous prononcer sur les propositions de loi n°4375 et 4398…

  • Les aides postales et fiscales à la presse enfin conditionnées à la présence de journalistes

    A l’issue d’un an de concertations entre le ministère de la Culture et les organisations syndicales de journalistes et d’éditeurs viennent d’être entérinées des conditions plus strictes pour l’accès aux aides postales et fiscales à la presse, qui devra pour cela justifier d’un contenu de nature journalistique et produit effectivement par des journalistes professionnels. Le…

  • 45 journalistes ont été assassinés à travers le monde en 2021, déplore la Fédération internationale des journalistes

    En 2021, 45 journalistes et professionnels des médias ont été assassinés   dans 20 pays. « Les journalistes sont ciblés de manière croissante par ceux qui veulent faire taire les messagers », rappelle la Fédération internationale des journalistes (FIJ, dont CFDT Journalistes est membre) à l’heure de dresser, comme tous les ans, sa triste liste annuelle de…

  • Rétrospective – Une année 2021 de mobilisations CFDT-Journalistes

    L’année 2021 fut dense en actualité syndicale. Les 120 articles postés sur notre site ne sont qu’un aperçu des positions que nous prenons, des combats que nous menons dans les entreprises, des avancées des négociations avec le ministère de la Culture… Des nouvelles conditions des aides à la presse à la réécriture du Schéma national de maintien de l’ordre en passant par notre grand…

  • Procès de Tarascon : la justice doit considérer les violences contre les journalistes comme des délits

    CFDT-Journalistes, le SNJ et le SNJ-CGT étaient, lundi 20 décembre 2021, parties civiles au procès de l’agriculteur ayant agressé des journalistes lors d’un reportage. Le prévenu, un gros exploitant local, répondait devant le tribunal de police de Tarascon de « violences légères » envers une équipe de reporters du magazine de France 2 Envoyé Spécial…