Hier, 29 septembre après midi, lors d’une conférence de presse du Rassemblement national (RN), ses dirigeants et allié (Éric Ciotti, UDR) ont sorti le bazooka pour défendre Jordan Bardella, son vice-président. Mediapart venait en effet de révéler qu’il avait tenu dans le passé des propos antisémites.
« Maintenant, c’est à Mediapart, je crois, qu’il va falloir dire d’enfiler son costard en Kevlar, parce qu’il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent ». Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, conseillait ainsi aux journalistes d’endosser des gilets pare-balle, tandis que peu avant, Jordan Bardella jugeait que ces révélations relevaient d’une « guerre totale » contre le RN.
CFDT-Journalistes condamne avec force les menaces physiques à peine voilées de la part d’un parti qui se voulait « dédiabolisé ». Les journalistes de Mediapart font leur travail en révélant des informations d’intérêt général à l’attention du public. Cela ne mérite pas une protection rapprochée, ni un gilet pare-balle. Les journalistes ne doivent pas devenir des cibles désignées.
CFDT-Journalistes soutient la rédaction de Médiapart, et soutiendra toutes celles et ceux que le parti de Madame Le Pen ou que d’autres politiques, cherchent ou chercheront à intimider, quels que soient les moyens et la manière.
Nous rappelons que la liberté d’informer est l’un des piliers de la démocratie. En France, plus de 40% des entraves à la liberté de la presse sont le fait des représentants de l’État ou des parlementaires, notamment issus du Rassemblement National (source : Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse – Ofalp).
CFDT-Journalistes est vigilante à toute pression sur les journalistes qui font seulement leur métier, et à tout dévoiement de l’information visant à tromper les citoyens.
Paris, le 30 septembre 2026
