Avec ou sans carte de presse, quelles sorties pour les journalistes ?

« La carte de presse suffit pour les déplacements des journalistes : il n’est pas utile d’avoir en plus une attestation de l’employeur. Les autres personnels de rédaction peuvent se déplacer avec une attestation permanente de l’employeur. » C’est ce qu’a indiqué le ministère de la Culture aux syndicats de journalistes, après consultation de la cellule de crise interministérielle.

Mais quid pour les journalistes sans carte ? En nous basant sur les textes en vigueur nous pensons qu’il en va de même quand “le déplacement ne peut être différé” et que l’information doit être recueillie sur le terrain.
 
Voir l’article 4 du décret du 29 10 2020, https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042475143 et son Article 4 :
“ I. – Tout déplacement de personne hors de son lieu de résidence est interdit à l’exception des déplacements pour les motifs suivants en évitant tout regroupement de personnes :
1° Déplacements à destination ou en provenance :
a) Du lieu d’exercice ou de recherche d’une activité professionnelle et déplacements professionnels ne pouvant être différés ; …”

Bien sûr, le journaliste doit être muni de son attestation de sortie, qu’elle soit sur papier ou sur son tel portable, avec un justificatif de son(ses) employeurs ou de lui-même s’il est pigiste et sans commande explicite de reportages.

Arrêts maladie et maternité : la discrimination envers les pigistes en passe d’être levée

Communiqué du 7 octobre 2020

La CFDT-journalistes et la F3C CFDT (Fédération Communication conseil culture) se réjouissent de l’imminence de la publication d’un arrêté qui va permettre de niveler les conditions d’accès des journalistes pigistes aux indemnités journalières de congé maladie, maternité et paternité sur l’ensemble des salariés, de même que les pensions d’invalidité.

En effet, parce qu’ils/elles sont rémunéré.e.s au travail rendu, les journalistes pigistes ne pouvaient jusqu’ici justifier d’un nombre d’heures travaillées et se voyaient donc, jusqu’à présent, appliquer une autre règle de calcul. Or celle-ci leur imposait, pour avoir droit aux indemnités journalières, d’avoir cotisé sur un salaire d’au moins 20 360 € sur un an soit 3,4 fois plus que les autres salariés rémunérés au Smic.

Cet arrêté est le fruit d’une concertation intense de plus de deux ans entre la direction de la Sécurité sociale du ministère de la santé et du Comité paritaire de pilotage du régime de prévoyance et de frais de soins de santé des journalistes rémunérés à la pige géré par Audiens, dont la F3C CFDT est membre. 

Sa parution a été annoncée pour la mi-octobre par la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot lors des Assises du journalisme de Tours la semaine dernière. Le Commission de réglementation de la Caisse nationale d’assurance maladie a rendu un avis favorable ce mardi 6 octobre. La publication de l’arrêté au Journal officiel est donc désormais très proche.

La CFDT-journalistes et la F3C CFDT saluent les femmes pigistes, dont plusieurs adhérentes CFDT, qui ont porté ce combat devant la justice. A défaut d’avoir pu obtenir gain de cause pour elles-mêmes, leurs démarches courageuses ont abouti à une reconnaissance par le Défenseur des droits d’une discrimination qui a rendu inéluctable la modification des règles de calculs. Isabelle Jarjaille, privée de ses indemnités maternité en 2016, à la naissance de son deuxième enfant, témoigne : « La CPAM, devant la Cour d’appel de Rennes, le 30 septembre 2020, a encore maintenu son refus d’indemniser mon congé maternité, évoquant l’impossibilité d’équivalence entre ma rémunération, en tant que pigiste, et un nombre d’heures travaillées ». Une équivalence pourtant retenue dans l’arrêté à paraître. 

Une fois l’arrêté paru, la CFDT-journalistes l’analysera de manière complète, continuera à assister les pigistes dans leurs démarches pour faire valoir leurs droits aux indemnités journalières. Elle sera extrêmement vigilante aux conditions d’application de l’arrêté, afin que les caisses primaires n’en livrent pas une interprétation restrictive.

Contacts : 

Groupe NRJ : Mauvais coef’, mauvaise affaire ! La direction doit faire toute la lumière sur les salaires

Communiqué SNJ-CFDT du 24 septembre 2020

Quand les coefficients de rémunération indiqués sur les fiches de paie de certains journalistes et animateurs sont erronés, nous fronçons les sourcils. Quand le montant minimum de classification inscrit juste à côté est obsolète depuis quatre ans, nous devenons suspicieux. Les minima conventionnels sont-ils bien respectés ? C’est la question majeure que nous posions à la direction du groupe NRJ en ce jour de comité social et économique et à l’aube des négociations annuelles obligatoires sur les salaires.

L’intersyndicale SNJ et CFDT a constaté cet été que les coefficients de rémunération n’étaient pas correctement mis à jour sur certaines fiches de paie. Pis, le « mini classif. » semble bloqué à un accord de branche signé en 2015 et appliqué à partir du 1er juillet 2016. Or, ces minima ont été revalorisés trois fois depuis, sans compter l’accord signé en 2020 et pas encore appliqué. L’entreprise ignorerait-elle des textes cosignés par l’organisation patronale à laquelle elle adhère ?

Pour un journaliste avec plus de dix ans d’ancienneté (coef. 170), le minimum conventionnel est actuellement de 2.033,50 € et non de 1.965,30 €. Pour un animateur relais-promotion (coef. 150), le minimum en vigueur est de 1.834,50 € et non de 1.766,70 €. Une différence de taille, avec des conséquences en cascade (primes d’ancienneté, participation, 13e mois…).

Indiquer un mauvais minimum induit en erreur en donnant l’illusion d’une paie bien supérieure aux minima. Cela empêche de se situer lors de négociations individuelles et de calculer si le reste de sa fiche est correcte ou non.

Mais surtout, le groupe calcule-t-il nos salaires à partir des minima de 2016 ou de 2020 ? Combien d’entre nous sont lésés ? De combien et depuis quand ?

Aujourd’hui, la direction nous répond que 43 journalistes sont concernés par une rectification, dont quatre qui bénéficieront d’une régularisation de salaire. Toutefois, cette étude ne porte que sur 2020 et n’a pas encore commencé pour les animateurs !

Cette discussion illustre le problème plus profond des bas salaires. Nous constatons que les augmentations générales (difficilement) consenties par le groupe ne font que précéder des augmentations de branche, sachant que les salaires de la radiodiffusion privée font partie, pour les journalistes, des plus bas de toute la profession. En 2016, le salaire net médian du secteur privé était de 1.789 € par mois en 2016 (Insee), tandis que le salaire mensuel net moyen dans le secteur de l’information et de la communication était de 3.219 €. Chez les journalistes en CDI titulaires de la carte, le revenu mensuel brut moyen était de 3.919,40 € en 2018 (Observatoire des métiers de la presse). Le Smic mensuel brut est de 1.539,42 €.

En février 2019, un rapport d’expertise de la société Soxia avait identifié une stagnation des salaires au sein de l’UES Régions, de faibles écarts entre les nouveaux entrants et les anciens et aucune perspective d’évolution des salaires.
« Une situation peu banale pour un grand groupe comme le nôtre », écrivions-nous en rendant à l’unanimité un avis négatif au sujet de la politique sociale de l’entreprise. « Sur un poste de journaliste, force est de constater que la progression envisageable du salaire de base sur toute une carrière est de 200 € », déclarait avec un certain cynisme la DRH de l’époque, Carole Rémond, s’appuyant sur la crise de la PQR pour justifier un tel blocage des salaires.

Sans mobilisation, ce statu quo consistant à faire des économies sur le dos des salariés se poursuivra indéfiniment. Doit-on rappeler qui produit de la valeur ?

Le SNJ et la CFDT entendent obtenir entière réparation pour les salariés lésés, un nouveau calcul de leurs augmentations générales et individuelles et surtout des augmentations générales substantielles ! Les négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires qui s’ouvriront fin septembre en seront l’occasion.

Dans ce contexte, nous vous appelons d’une part à nous faire remonter toute irrégularité sur votre paie actuelle ou passée grâce aux tableaux que vous trouverez en annexe et d’autre part à discuter des informations contenues dans ce communiqué dans vos collectifs de travail.

Vos élu·es SNJ et CFDT

snjcfdtregion@nrj.fr

Comment calculer votre salaire minimum ?

Les journalistes et animateurs relèvent, pour les salaires, de la convention collective de la radiodiffusion. Un coefficient vous est attribué selon votre fonction et votre ancienneté au même poste dans l’entreprise. Des négociations ont lieu chaque année pour relever la valeur des points d’indice A et B qui s’appliquent dans toutes les entreprises de cette branche professionnelle, dont le groupe NRJ.

Les salaires minimums conventionnels (SC) se calculent selon la formule suivante : SC = (120 × valeur du point A) + (Z × valeur du point B).

La somme (120 + Z) est égale au nombre de points de l’indice appliqué au salarié considéré.

La variable Z se détermine comme suit :

–  si l’indice du salarié est de 120, alors Z = 0 ;

–  si l’indice du salarié est > ou = 121, alors Z = indice du salarié – 120.

Pour rappel :

Pour vous épargner ces calculs et vous permettre de vérifier si vos salaires ont toujours été supérieurs aux minima en vigueur, nous avons réalisé des tableaux qui montrent l’évolution des minima depuis 2008 (page 4).

Ainsi, vous pouvez vérifier mois par mois si votre salaire se situe bien au-dessus des minima conventionnels. Il vous faut pour cela comparer la ligne « appointements forfaitaires » de votre fiche de paie avec le minimum en vigueur, selon votre coefficient et la date d’application (et non de signature) du dernier accord de branche. Notez que l’accord de 2020 n’est pas encore entré en application.

Par exemple, à partir de dix ans d’ancienneté en tant que journaliste, vous vous situez à l’échelon 4 (coefficient 170). Selon l’accord de 2019 appliqué depuis le 1er mars 2020, vos appointements forfaitaires (à plein temps) doivent être au moins de 2.033,50 €.

Ou encore, si vous êtes animateur relais-promotion (coefficient 150), entre le 1er septembre 2017 et le 1er mars 2019, vos appointements forfaitaires (à temps plein) devaient être au minimum de 1784,10 €.

En cas d’erreur ou de doute, contactez sans tarder le service paie et tenez-nous informés de vos démarches.

Schéma national du maintien de l’ordre : des obstacles inacceptables pour l’exercice de la profession de journaliste

Le ministre de l’Intérieur dit vouloir réviser son Schéma national du maintien de l’ordre édité le 16 septembre 2020. En l’état présent, s’il a le mérite de la clarté et de la transparence, il reste inacceptable pour les professionnels de l’information. 

En 29 pages, le ministre Gerald Darmanin apporte des précisions auxquelles son prédécesseur ne nous avait pas habitués. Cependant, si ce texte présente « la liberté d’expression et de communication comme une condition première de la démocratie », il n’est pour autant  tendre avec les journalistes.

Certes,  le ministre demande « de leur reconnaître une place particulière », mais, en même temps, il rappelle que « le délit constitué par le fait de se maintenir dans l’attroupement après sommation ne souffre d’aucune exception y compris au profit des journalistes et membres d’associations ». Et c’est bien là, pour les journalistes CFDT, le principal obstacle d’un texte rédigé sans consultation de leurs organisations syndicales.

Comment les journalistes (qu’ils possèdent ou non la carte de presse) peuvent-ils rendre compte s’ils ne sont pas au cœur des évènements ? Comment, par exemple, durant le mouvement des Gilets jaunes, notre collègue David Dufresne ou Gaspard Glanz auraient-ils pu apporter la preuve des violences subies par les journalistes s’ils n’avaient pas été au plus près de leurs auteurs ?

Pour CFDT-Journalistes, les consignes nouvelles données à la police et à la gendarmerie conduisent à priver les journalistes de leur faculté d’exercer à plein leur profession. De plus, elles n’empêcheront pas des interprétations abusives de fonctionnaires zélés comme à Annecy-Meythey (Haute-Savoie) il y a quelques jours, lors de la couverture journalistique d’une action pacifique du mouvement Extinction-Rébellion. C’est une entrave inacceptable à la liberté de la presse que le ministre pourtant encense.

Pour CFDT-Journalistes, en démocratie, il n’est pas de pouvoir légal sans contre-pouvoir.

En l’occurrence, empêcher les journalistes d’être sur le terrain lors d’interventions des forces de l’ordre privera la population d’éléments factuels pour se forger un avis éclairé, alors même que des groupes policiers spécialement dédiés aux tournages audiovisuels pourront fournir officiellement des images collectées par leurs soins.

CFDT-Journalistes souligne que, dès lors qu’ils exercent leur profession, les professionnels de l’information, (qu’ils possèdent ou non la carte de presse), ne sont plus de simples citoyens mais des vecteurs de la démocratie. A ce titre, aucune limitation de l’exercice professionnel n’est acceptable.

Aussi, CFDT-Journalistes demande-t-il au ministre

–  de revoir sa copie effectivement et de revenir sur ses consignes liberticides ;

– de recevoir les organisations syndicales de journalistes ;

– de faire le point sur les enquêtes de l’IGPN suite aux plaintes déposées par une quarantaine de journalistes blessés depuis novembre 2018.

A Paris, le 23 septembre 2020

Attentat devant les anciens locaux de Charlie Hebdo : une misérable attaque contre la liberté de la presse

Communiqué intersyndical SNJ – SNJ-CGT – CFDT-JOURNALISTES – FIJ – FEJ

Deux salariés de la société de production « Premières lignes » qui œuvre par exemple pour Cash Investigation sur France 2, ont été grièvement blessés par un agresseur ce vendredi 25 septembre 2020 à Paris devant les locaux où, il y a plus de cinq ans, deux terroristes ont massacré la rédaction de Charlie Hebdo. 

Le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes apportent tout leur soutien aux deux victimes de « Premières lignes » et à leurs proches, parents et collègues. Cette attaque ignoble devant les anciens locaux de Charlie Hebdo est un nouveau traumatisme pour l’ensemble de notre profession. Après l’attentat du 7 janvier 2015, les dirigeants de « Premières lignes » avaient choisi de ne pas déménager. Pour eux, « la foudre a frappé deux fois au même endroit ».

Le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes demandent, avec le fondateur de Premières Lignes, que ce lieu soit sanctuarisé.

Cette nouvelle attaque contre la liberté de la presse a été perpétrée alors que le procès des assassins de Charlie Hebdo et de leurs complices se tient à Paris.

Le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes constatent que les responsables politiques prononcent dans ces moments douloureux des paroles fortes en faveur de la liberté de la presse, comme en 2015. Or celle-ci vient d’être, tout récemment – et une fois de plus – mise en cause par des dispositions du Schéma national de maintien de l’ordre publié par le ministre de l’Intérieur.

Le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes exigent que les autorités politiques de France mettent leurs actes en concordance avec leurs paroles pour que les journalistes puissent exercer leur profession en toute sécurité et en toute liberté.
 

Paris, le 26 Septembre 2020

49 étudiants admis au CUEJ

Le conseil d’administration du CUEJ (Centre universitaire d’enseignement du journalisme) s’est tenu le 16 juillet à Strasbourg, à la fois en distanciel avec le président Victor Rocaries au téléphone et deux représentants des étudiants en visioconférence.

Très peu de cours ont été annulés au CUEJ malgré la crise sanitaire. Sauf que la délocalisation des étudiants de M2 à l’étranger a été hélas annulée et que certains cours sur le terrain des M1 n’ont pas pu être réalisés et ne le seront qu’à la rentrée. Le directeur du CUEJ, Christophe Deleu, a rendu hommage à « l’investissement de l’équipe pédagogique ».

Le concours d’entrée 2020, évidemment sans épreuve en présentiel suite aux nouvelles modalités, a réuni 854 candidats pour l’écrit soit 150 de plus que l’an dernier. Quelque 200 candidats ont été retenus pour les épreuves orales et au final, 49 ont été sélectionnés. Parmi eux, 8 étudiants du Grand Est dont 7 Alsaciens, 14 de l’Ile de France, quatre de Bretagne, 3 de Bourgogne, etc. Leur formation d’origine ? Sciences Po prédomine puis Info-Com, lettres, sciences sociales, droit, histoire etc. La moitié des candidats ont fait des Prépa dont l’Académie ESJ Lille pour 8 sur 49 et la Chance, 4 sur 49. Enfin, douze étudiants sont boursiers soit 25%. Réponse du directeur à la question d’un délégué-étudiant : « La procédure a pris du temps, les résultats ont été plus tardifs c’est vrai ». Satisfaction par rapport au cursus de journalisme franco-allemand opéré avec l’université de Fribourg puisqu’il y a eu assez de candidats.

Renouvellement

Pour accueillir les anciens et futurs étudiants du CUEJ, plusieurs nouvelles têtes parmi le personnel administratif. Chez le personnel enseignant, plutôt des confirmations d’intervenants suite à des départs. Sont ainsi nommés Yannick Olland (RTL, Reporter, Strasbourg), Régis Massini (JRI France 2 Strasbourg), Christophe Busché (JRI indépendant, auteur de plusieurs documentaires), Aurélia Braud (réalisatrice TV) et Charlotte Dorn, rédactrice DNA. Raphaëlle Briaud qui était directrice des études à son arrivée il y a quelques mois obtient de litre de directrice adjointe, chargée des relations avec le monde professionnel, de l’alternance et de la spécialisation écrite Presse écrite et multimédia ou PEM. Elle devient aussi responsable de la spécialisation Presse écrite multimédia en M2 et des enseignements de ce domaine en M1, cette option étant ainsi renforcée. Côté budget, l’UNISTRA (Université de Strasbourg) finance entre autres deux projets (équipement de tournage, ordinateurs pour le personnel) à hauteur de 12 000 euros. Parmi les autres points évoqués, figurait aussi la notification des critères de sélection pour les étudiants aspirant à telle ou telle spécialité. Désormais ce sera fait et ces critères objectifs figureront sur le site internet du CUEJ.

Jurisprudence

Anne Beyl, représentante SNJ, avait pris la parole au nom des trois syndicats SNJ, SNJ-CGT et CFDT Journalistes, pour demander une réponse aux doléances de Jonathan T. un étudiant évincé de la filière rédacteur TV (10 places seulement…) qu’il souhaitait ardemment rejoindre en M2 et dont il a été empêché. Alors qu’il pensait avoir les qualités et sans qu’on lui en ait communiqué les raisons. Un tel cas ne devrait plus se reproduire, grâce à l’intervention de cet ancien étudiant, relayée en particulier par la représentante de CFDT Journalistes.

M.GL Publié le :  Dimanche, 9 Août, 2020

Pour la liberté d’informer sur l’agro-alimentaire en Bretagne

La CFDT-Journalistes signe la lettre des professionnels de la presse adressée à la région Bretagne, afin que cessent les pressions sur les journalistes enquêtant sur les sujets agro-alimentaires.

Elle invite tous les journalistes à en faire autant en cliquant sur ce lien, ainsi que tous les citoyens souhaitant que soit mené un travail d’investigation dans ce domaine.

Lettre de journalistes et professionnel·les de la presse adressée à la Région Bretagne, à :

> Loïg Chesnais-Girard, président

> Jean-Michel Le Boulanger, vice-président, chargé de la culture et de la démocratie régionale

> Olivier Allain, vice-président, chargé de l’agriculture et de l’agroalimentaire

> Lena Louarn, vice-présidente, chargée des langues de Bretagne

C’est la première région laitière de France. Près de la moitié de la viande y est produite. La Bretagne est au cœur du système agricole national, au cœur de tous les enjeux d’ampleur qui y sont liés : santé, environnement, social… Et pourtant, il est très difficile d’informer correctement sur un secteur omniprésent dans notre région : l’agroalimentaire.

Des journalistes sont poursuivis en diffamation ou mis au placard pour leurs enquêtes, tandis que d’autres, précaires, peinent à retrouver des emplois. Des articles sont censurés, des sujets pas abordés de peur de fâcher les annonceurs, et des subventions municipales sont coupées, comme ce fut le cas pour une radio en pleine émission sur l’élevage intensif.

Le cas d’Inès Léraud est l’exemple de trop. Journaliste et co-auteure de la bande dessinée « Algues vertes, l’histoire interdite », elle subit des pressions, dénoncées par un comité de soutien qui s’est monté pour défendre son travail. Le salon du livre de Quintin l’invite ? Sa venue est annulée après l’intervention d’un élu local, également salarié de la chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor, comme le révèle Le Canard enchaîné en mars 2020. Une édition en breton de sa BD est à l’étude ? L’éditeur Skol Vreizh y renonce, en partie « du fait de l’influence au sein du conseil régional de personnes en charge de l’agriculture », selon son président cité par France 3, le 20 mai 2020.

Il est inacceptable qu’une maison d’édition en arrive à s’auto-censurer de peur d’être sanctionnée financièrement par la collectivité. Que doit-on y voir ? Que des intérêts privés liés à l’agro-industrie pourraient influencer les attributions de budgets et les décisions des représentant·es de la région ? Il aura fallu la publication d’une tribune, le 8 mai, dans Libération pour qu’une partie du monde culturel breton s’indigne. Une réaction à la suite de laquelle vous, MM. Chesnais-Girard et Le Boulanger, avez décidé d’apporter publiquement votre soutien à la journaliste Inès Léraud. Mais les interrogations persistent quant à la liberté réelle d’informer sur ce sujet.

Les citoyens et administrés ont besoin d’enquêtes journalistiques qui lèvent le voile. La région Bretagne, collectivité que vous présidez, ne peut laisser place au doute quant à son attachement à la liberté d’informer et d’être informé·es correctement. D’autant plus que le succès de l’ouvrage « Algues vertes, l’histoire interdite », écoulé à 46.000 exemplaires, témoigne de l’intérêt croissant des citoyen·s sur les enjeux et pratiques de l’agroalimentaire.

C’est pourquoi, par la présente, nous, journalistes et professionnel.les de la presse, vous demandons de :

> Contribuer à garantir une information et une parole publique libre sur les enjeux de l’agroalimentaire en Bretagne, et veiller à ce qu’aucune subvention de média associatif ne soit supprimée, au motif que des journalistes auraient signé cette lettre. Nous y veillerons aussi.

> Certifier que nous, journalistes, pouvons interroger en toute transparence et indépendance des élu·es et membres des services régionaux sur ces sujets chaque fois que cela est nécessaire.

> Assurer qu’aucune maison d’édition ne verra ses subventions coupées, maintenant ou dans les prochaines années, pour avoir édité la BD d’Inès Léraud et Pierre Van Hove, « Algues vertes, l’histoire interdite », en breton et en gallo.

> Intervenir plus largement pour le soutien et la restauration de lieux de formations universitaires à l’information en région.

Et, puisque les ministères de l’Intérieur et de l’Agriculture ont impulsé la création des observatoires départementaux de « l’agribashing », nous vous demandons expressément de contribuer à la création d’un observatoire régional des libertés de la presse. Cet outil indépendant aura pour but de réunir les conditions d’une information transparente et intelligible par tous les Breton·nes. Il devra permettre l’écoute et la protection de journalistes qui viendraient à être inquiété·es pour leurs travaux, et soutenir les enquêtes en cours et à venir.

La lettre que vous avez sous les yeux est l’expression spontanée et déterminée de journalistes qui s’organisent pour faire la lumière sur toutes les zones d’ombre qui entourent l’agro-industrie bretonne, et contourner les murs qui barrent l’information des citoyen·nes. Cette initiative a reçu le soutien enthousiaste de confrères et consœurs, de Bretagne et d’ailleurs, qui y ont apposé leur signature. D’autres n’ont pu le faire, craignant pour leur emploi. Une autocensure qui témoigne d’une loi du silence que nous ne pouvons plus tolérer.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir nos salutations les plus distinguées,

Des journalistes et professionnel.les de la presse

Publié le lundi, 25 Mai, 2020

A circonstances exceptionnelles, mesure exceptionnelle : la carte de presse 2019 renouvelée en 2020

« Compte tenu de ces circonstances exceptionnelles, la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels) a décidé de renouveler la carte 2020 aux 35 000 titulaires de la carte 2019, indique le communiqué publié mardi midi par la CCIJP. Cette reconduction est une mesure générale et exceptionnelle pour cette année. Elle s’adresse tout particulièrement aux 7000 journalistes qui, à la date du 17 mars, n’avaient pas encore renouvelé leur carte. »

CCIJP

Cette décision a été prise à l’unanimité lors du dernier bureau de la CCIJP, où siègent trois représentant journalistes des syndicats CFDT, SNJ et SNJ-CGT et trois représentants des éditeurs et agences de presse. Une décision prise aussi en concertation avec le personnel de la Commission.
Une décision précieuse pour faciliter le retour à l’emploi des journalistes, particulièrement ceux dont les contrats ou les commandes de piges ont été interrompus; une décision qui vise aussi à tenir compte des aléas de revenus dus à la crise sanitaire et à des mesures de chômage partiel insuffisantes. Cette décision s’inscrit dans la mission de ce que la CCIJP s’efforce de faire : coller au plus près des besoins de la profession, dans toute sa diversité, dans le cadre imparti par la loi et le code du travail particulièrement.
 
Les journalistes détenteurs de la carte 2019, qui n’auraient pas encore fait leur demande de renouvellement, doivent tout de même faire leur demande de carte comme habituellement (cf le site http://ccijp.net ). En certifiant sur l’honneur qu’ils n’ont pas changé de métier et que le journalisme est bien leur activité principale.
Ceux qui ne l’auraient pas obtenu en 2019, ou entrent tout juste dans la profession, doivent faire une demande individuelle et remplir un dossier sur le site ( http://ccijp.net/upload/pdf/1D_2020_certif.pdf ).

Pour ces nouveaux journalistes 2020, la CFDT pèsera dans les discussions, comme elle le fait toujours, pour que la situation de chaque demandeur soit examinée avec la plus grande ouverture, afin de faciliter l’accès à la carte de presse de tous les journalistes, y compris ceux dont les difficultés d’obtention de la carte sont liées au revenu ou au type de rémunération.
Nous pensons en effet que la carte de presse fait partie des atouts majeurs pour favoriser l’emploi et faire respecter le statut de journaliste et les droits qui lui reviennent. 
 
Chaque personne qui s’interroge, pour elle-même ou un(e) camarade, peut prendre contact avec les deux commissaires CFDT, Hakima Bounemoura ou Isabelle Bordes : hbounemoura@20minutes.fr ; isabelle.bordes@ouest-france.fr
 
Paris, le 4 mai 2020.

Dans son rapport 2020, l’ODI pointe un nouveau défi pour l’information

L’Observatoire de la Déontologie de l’Information (ODI) vient de publier son rapport 2020, « Faire face au trouble dans l’information ».

Ce document, qui aurait dû être présenté lors des Assises internationales du Journalisme (reportées à l’automne), souligne la persistance en 2019 de graves dérives, accentuées par le ‘trouble’ provoqué dans les médias par les difficultés liées à la couverture de l’actualité des Gilets jaunes : exactitude mise à mal par l’urgence et la concurrence, respect des personnes et de la vie privée malmené sous l’influence des réseaux sociaux, pressions de toutes sortes pour tenter d’arrêter des enquêtes journalistiques qui dérangent… Sous l’effet de la polarisation et de la tension des débats publics, le ‘commentarisme’ se développe, notamment sur les chaînes d’information continue, où l’expression d’opinions prend le pas sur l’exposé des faits ou de la simple formulation de questions, tandis que la presse écrite, particulièrement la presse régionale, peine à résister aux pièges multiples du tout numérique (‘digital first’).

ODI, CDJM, la CFDT toujours au front

L’élaboration du rapport 2020 de l’ODI s’est accompagnée de la mise en place progressive du Conseil de Déontologie journalistique et de Médiation (CDJM), officiellement créé le 2 décembre 2019. Cette instance indépendante, composée à parts égales de représentants du public, des journalistes et des éditeurs, a pour mission première de répondre aux interrogations du public sur le respect de la déontologie par les professionnels de l’information.

La CFDT Journalistes, cofondatrice de l’ODI en 2012 et du CDJM en 2019, considère que le respect de l’éthique et de la déontologie constitue à l’évidence une exigence fondamentale de la pratique journalistique, renforcée d’une part par la crise de confiance croissante du public et d’autre part par la mutation technologique et capitalistique des médias. C’est pourquoi elle s’engage à faire vivre ces espaces de liberté et de médiation au service de la démocratie que sont l’ODI et le CDJM.

Bernard MAILLARD

Secrétaire général de l’ODI

Coronavirus : comment l’action syndicale a permis d’obtenir un décret favorable aux pigistes

Alors qu’un grand nombre de journalistes pigistes ont vu leurs collaborations fortement freinées voire stoppées depuis le début de la crise sanitaire, la CFDT-Journalistes se félicite des avancées apportées par le « décret pigistes », déterminant leurs conditions d’accès au chômage partiel, paru au Journal officiel ce vendredi 17 avril.

Certaines entreprises de presse avaient déjà accordé l’activité partielle à certains de leurs pigistes, d’autres à un volant très large d’entre eux, d’autres le refusaient catégoriquement. Mais la plupart étaient dans l’attente de ce décret.

Enfin paru, celui-ci doit faire cesser l’arbitraire des conditions imposées par les entreprises de presse, et assurer un filet de sécurité à une part non négligeable de la profession.

Le « décret pigistes » n’est pas né de nulle part !

S’il est très favorable – et c’était loin d’être acquis il y a encore deux semaines – c’est grâce à un intense travail syndical et intersyndical et le concours d’une trentaine d’associations professionnelles.

Côté CFDT, le pôle pigistes de la CFDT-Journalistes et  la fédération communication culture-conseil CFDT (F3C), ont depuis le début de la crise sanitaire réalisé un travail d’information sur les droits des pigistes, bâti des revendications, multiplié les contacts avec les ministères et parlementaires. Nous avons expliqué encore et encore les spécificités de la pige et les périls pour les premiers concernés, pour toute la profession, et pour l’information. Nous avons fourni notre vision d’un décret le plus juste possible. Nous avons constaté que l’accord paritaire pigistes de 2008, dit « protocole d’étape », avancée que la CFDT avait vigoureusement défendue, a largement inspiré les modes de calcul établis par le décret, preuve que les fruits du dialogue social se mesurent aussi sur le temps long.

Côté intersyndical, nous avons cosigné une position commune avec les autres organisations syndicales représentatives de la profession (SNJ-CGT, FO et SNJ) et une trentaine d’associations professionnelles.

Les représentants des patrons de presse ont eux aussi mené un lobbying intense pour des critères plus restrictifs, alors même que cette mesure est assumée financièrement par l’État ! Le ministre de la Culture a choisi de protéger les précaires.

Un important travail continue donc dans les entreprises, afin de mettre en application ce décret. Avec les journalistes pigistes, nos élus dans les CSE chercheront des solutions en cas de décalage dans le temps du versement du salaire, par exemple. Nous appelons donc les directions à faire preuve de bon sens et de la plus grande souplesse.

Nous demandons à chacune et chacun, en lien avec les syndicats dans les entreprises, de vérifier que ce décret est bien appliqué, et de nous signaler tout dysfonctionnement.

Nous continuerons alors d’intervenir auprès du ministère et du gouvernement pour que ces collègues soient pris en compte.

Décret n° 2020-435 du 16 avril 2020 portant mesures d’urgence en matière d’activité partielle

Ce texte, qui précise les ordonnances sur l’activité partielle permise pendant la crise sanitaire du coronavirus, concerne également toutes les professions non rémunérées à l’heure (personnel navigant de l’aviation civile, voyageurs représentants placiers, salariés à domicile rémunérés à la tâche, artistes, techniciens et ouvriers du spectacle vivant et enregistré, mannequins).

Les conditions d’accès retenues par le ministère de la culture pour les pigistes sont larges :

  • Pas de prérequis de carte de presse
  • Pas de montant minimum de rémunération chez chaque employeur ni au global
  • Trois bulletins sur les 12 derniers mois dont 2 dans les 4 derniers mois, ou collaboration au dernier trimestriel paru

Le calcul de l’indemnité est juste : il s’agit du différentiel entre les piges réellement effectuées (ou l’absence de piges dans le cas des collaborations suspendues) et les piges d’un mois moyen de l’année précédente.

Les conditions pratiques de déclaration sont simples :

  • Ce n’est pas au journaliste pigiste de faire les démarches
  • C’est à l’employeur de déterminer quels pigistes sont éligibles non pas de manière arbitraire mais au regard du décret, et d’établir le différentiel à indemniser, par un constat a posteriori en fin de mois.
  • Le pigiste cumule les activités partielles chez tout ou partie de ses employeurs.

Nous en sommes conscients, ce décret ne résout pas les difficultés :

  • des journalistes dont le CDD est terminé
  • des journalistes en statuts illégaux : payés en autoentrepreneurs, en droits d’auteurs, en CLP. Nous demandons que des aides financières leur soient apportées, ceci devant s’assortir d’un plan de lutte contre ces formes illégales de recours aux journalistes
  • despigistes rémunérés en salaire mais n’ayant pas le nombre de fiches paie demandées. Cela pose la question des droits réels pour tous les pigistes ayant un grand nombre de collaborations, et très irrégulières.

Autant de chantiers, qu’avec toute la profession, il nous faudra approfondir collectivement.

A Paris, le 17 avril 2020.