Mediapart : Une attaque sans précédent contre la liberté de la presse

Suite à la censure de Médiapart, voici une tribune que CFDT-Journalistes et la F3C-CFDT cosignent ce mardi 22 novembre :

Nous, sociétés de journalistes, associations de défense du droit à l’information, organisations et collectifs de journalistes, médias, dénonçons avec force la décision du tribunal judiciaire de Paris de faire injonction à Mediapart de ne pas publier de nouvelles révélations sur les pratiques politiques du maire de Saint-Étienne, après celles du chantage à la sextape. Cette censure préalable, décidée sans débat contradictoire, est une grave et flagrante attaque contre la liberté de la presse.

Comment une telle décision a-t-elle pu être rendue, en dehors de toute contradiction, alors qu’il existe pourtant des procédures d’urgence, qui auraient permis à Mediapart de se défendre ?

Depuis la loi du 29 juillet 1881 qui a instauré en France le droit d’information et la liberté d’expression, jamais une telle procédure, à notre connaissance, n’avait été utilisée pour censurer préalablement un média.

Dans un contexte où un industriel a récemment détourné le droit de la presse pour poursuivre un média devant les tribunaux de commerce, où des hommes d’affaires multiplient les procédures bâillons et où de nombreux journalistes se voient refuser l’accès à des données d’intérêt public au nom du “secret des affaires”, cet acte liberticide nous inquiète profondément quant à la situation de la liberté de la presse en France.

Nous sommes solidaires de nos consœurs et confrères de Mediapart et nous nous tenons à leurs côtés.

Premières Sociétés de Journalistes signataires :

SDJ de Premières Lignes
SDJ d’Arrêt sur Images
SJPL de Libération
SDJ de l’Humanité
SDR de La Vie
SDJ de BFMTV
SDJ de M6
SDJ de France 2
SDJ de FranceInfo.fr
SDJ de Paris Match
SDJ de Télérama
SDJ de Public Sénat
SDJ de Marianne
SDJ de Courrier international
SDJ des Échos
SDJ de Midi Libre
SDJ de France 24
SDJ de La Tribune
SDR de l’Obs
SDJ du Figaro
SDJ de France 3 Rédaction Nationale
SDJ de L’Usine Nouvelle
SCJ de Sud Ouest
SDJ NRJ Group
SDJ de RTL
SDR du Monde
SDJ de RFI
SDJ de l’AFP
SDJ de l’Express
SDJ du Parisien / Aujourd’hui-en-France
SDJ du JDD
SDJ de Radio France
SDJ de LCI
SDJ de RMC
SDJ de M6
SDJ de Challenges
SDJ de TF1

Premières associations, collectifs et organisations signataires :

Informer N’est Pas un Délit
Reporters Sans Frontières
Fédération Internationale des Journalistes
Association de la Presse Judiciaire
Profession Pigiste
SNJ
SNJ-CGT
CFDT Journalistes
F3C CFDT
SGJ-FO
We Report
Splann !
Forbidden Stories
Collectif Extra Muros
Association des journalistes économiques et financiers
SCAM
Association des Journalistes de l’Information Sociale
Prix Albert Londres
Maison des Lanceurs d’Alerte
Fonds pour presse libre

Premiers médias signataires
Reflets.Info
La Tribune

Censure: la CFDT-journalistes solidaire de Médiapart, victime d’une procédure-bâillon

Le tribunal judiciaire de Paris interdit à Médiapart, « sous astreinte de 10 000 euros par extrait publié », de publier la suite de son enquête sur le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau.Fin août 2022, le site d’information et d’investigation en ligne avait révélé un chantage à la sextape contre le premier adjoint au maire

Ce dernier, le centriste Gilles Artigues, ancien député, avait été fil à son insu avec un homme lors d’une soirée intime, à l’hiver 2014, à Paris. À la suite des articles de nos confrères, une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Lyon et est toujours en cours et l’affaire avait provoqué des conséquences en cascade (démissions, licenciements) à Saint-Etienne. 

Alors que le journal en ligne s’apprêtait à prolonger ses révélations, le tribunal judiciaire de Paris, saisi par l’avocat du maire, a censuré les suites de l’enquête de Mediapart« sans même avertir le site d’information de la demande à son encontre ni a fortiori entendre ses arguments », comme l’explique Médiapart aujourd’hui sur son site, piétinant les règles qui protègent la presse (loi du 29 juillet 1881) et, plus largement, nos libertés démocratiques fondamentales. Parmi celles-ci, l’accès à une information libre. Selon l’association des avocats experts du droit de la presse, « de mémoire judiciaire, jamais une interdiction préventive d’une publication de presse (…) n’avait été prononcée par un magistrat ». 

Il s’agit là d’une atteinte intolérable aux droits de l’Homme et du citoyen qui sont des droits constitutionnels. Une atteinte scandaleuse au travail des journalistes qui enquêtent sur des sujets d’utilité publique et qui, en l’occurrence, n’ont même pas eu la possibilité de répliquer aux arguments développés par l’avocat du maire de Saint-Etienne.   

La CFDT-Journalistes condamne l’instrumentalisation de la justice dans cette décision qui s’assimile à une procédure-bâillon. Cette ordonnance est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans la continuité de la loi sur le secret des affaires, qui vise à museler les médias d’investigation. Début octobre, une autre procédure, devant le tribunal de commerce de Nanterre, avait interdit au média Reflets.info de publier la suite de son enquête sur le groupe Altice et son président, Patrick Drahi.

La CFDT-Journalistes exprime son soutien à ses collègues de Médiapart et s’associe à tous les défenseurs des libertés publiques. En France, la censure n’existe plus. Ne la laissons pas revenir insidieusement. La CFDT-Journalistes demande expressément au gouvernement que ce sujet, essentiel, soit évoqué lors des Etats généraux du droit à l’information qui devraient s’ouvrir en décembre.

Inadmissible : un journaliste de La Montagne essuie des propos racistes de la part d’un élu

Alors qu’il était en reportage, Malik Kebour, journaliste à La Montagne, a fait l’objet de réflexions racistes de la part d’un élu local, mercredi 16 novembre 2022, rapporte son journal.

Sur le ton de ce qu’il estime être « une plaisanterie », le maire d’une commune lui a en effet demandé s’il avait bien ses « papiers », avant d’estimer qu’il ressemblait à « un clandestin » :

CFDT-Journalistes assure toute sa sympathie et sa solidarité à ce confrère, et s’indigne de cette agression.

Outre le fait d’être un poison pour la société, le racisme est un délit puni par la loi. En proférant ces propos et en s’en prenant à ce collègue estimé de ses confrères, par ailleurs lauréat du Prix Varenne pour l’un de ses reportages, cet élu trahit le pacte Républicain et déshonore sa fonction.

CFDT-Journalistes espère que des poursuites seront engagées contre l’élu. Aucune agression de journaliste, qu’elle soit physique ou verbale, ne doit rester impunie.

Presse spécialisée : un accord trouvé pour une hausse des salaires

« Face à la crise économique exceptionnelle que subissent tant les salariés (hausse du coût énergétique, carburants, denrées alimentaires…) que les entreprises du secteur (hausse du coût énergétique, d’approvisionnement, environnemental…) les partenaires sociaux du secteur de la presse d’information spécialisée ont estimé essentiel de maintenir le dialogue social. »

C’est ainsi qu’est rédigée l’introduction de l’accord trouvé en presse spécialisée où les partenaires sociaux ont tenu à redonner du souffle au bas de la grille des minima garantis.

Après avoir prévu dans l’accord signé au printemps dernier (que CFDT-Journalistes n’a pas signé) que les journalistes stagiaires 1ere et 2eme année relèvent du même niveau de grille (95), il est désormais prévu de fixer, au 1er janvier 2023, le niveau 95 à 1715 €, afin d’éviter le rattrapage par le SMIC lors de sa prochaine revalorisation.

S’agissant des niveaux 133 et suivants qui, comme l’ensemble de la grille, ont déjà fait l’objet d’une revalorisation entrée en vigueur au 1er mai 2022, il a été décidé de les revaloriser par un montant forfaitaire de 20 € bruts.

S’agissant du barème de pige, il a été convenu de la suppression de la distinction en fonction de la diffusion du titre de presse. Ce barème a donc vocation à s’appliquer à l’ensemble des supports de la presse d’information professionnelle et spécialisée. Le barème du feuillet de 1500 signes (hors prime d’ancienneté, CP et 13e mois est-il précisé) est fixé à 52 € bruts. On se rapproche ainsi du barème en vigueur en presse magazine.

En ce qui concerne les grilles des employés, techniciens, agents de maîtrise et cadres, le niveau 1 est lui aussi réhaussé à 1715 € bruts mensuels. S’agissant des niveaux 6 et suivants, il a été décidé de les revaloriser par un montant forfaitaire de 20 € bruts.

Certes, ces progressions de grilles de minima en presse spécialisée sont loin des demandes des partenaires sociaux, qui auraient souhaité un plus gros effort de la part des employeurs et des revalorisations touchant l’ensemble des indices des grilles.

Côté CFDT, on déplore en effet la « smicardisation » de la profession et poussons une revendication forte : pas de salaire en dessous de 2000 € brut mensuels pour les emplois qualifiés, ce qui inclurait les journalistes débutants du niveau 95.

Mais c’est pour les pigistes que cet accord sera le plus important, puisqu’ils voient le barème des piges, sur 2022, accru de 12,43 % pour les tirages supérieurs à 5000 ex et de 20,37 % pour les tirages inférieurs à 5000 ex. Dans le même temps, les journalistes des indices allant de 133 à 185 auront, eux, bénéficié de hausses de salaire entre +3,81% et 4,82%.

Plurimédia : constat de désaccord autour des NAO, mais une prime de partage de la valeur

  • Les NAO 2022 se concluent ce 10 novembre, sans trop de surprise à Plurimedia sur un constat de désaccord : aucune augmentation accordée et ce, pour la 4e année consécutive. Seule l’indemnité de télétravail est validée (par mois, 10€ pour 1 journée télétravaillée par semaine, 20€ pour 2, 30€ pour 3). Elle sera versée à partir de janvier, sans rétroactivité. Toutes les modalités de versement de cette prime ne sont pas encore définies (à suivre…).Une fois n’est pas coutume, il y a cependant une bonne nouvelle ! Par décision de l’entreprise, après demande de la CFDT en NAO et après information du CSE, une prime du partage de la valeur (Prime Macron) sera versée fin décembre avec une prise en compte de la rémunération, selon les modalités suivantes :
  • Pour les salaires compris entre 1 et 2 fois la valeur annuelle du Smic brut (soit entre 20 147€ et 40 295€ de salaire brut annuel) : 1250€ net. Cela représente 44% des salariés, pour un total de 18 personnes
  • Pour les salaires compris entre 2 et 3 la valeur annuelle du Smic brut (soit 40 294€ et 60442€ de salaire brut annuel) : 750€ net. Cela représente 46% des salariés, pour un total de 19 personnes.
  • Aucune prime pour les salaires au-delà de 3 fois la valeur annuelle du Smic. Cela représente 4 personnes.

Cette prime sera proratisée selon le temps de travail.

On déplore le fait qu’une nouvelle année se termine sans augmentation des salaires et on continuera d’insister sur la nécessité d’augmenter les salaires de manière pérenne et régulière, mais on veut croire que cette prime reconnaît le travail et l’investissement de chacun pour le maintien d’un travail de qualité.

Par ailleurs, la prolongation d’un an de l’accord sur le temps de travail (37 heures) a bien été signée ce matin par la CFDT, désormais seul syndicat représentatif de l’entreprise.

> A lire aussi : Agences de presse : pas d’accord sur les salaires

Voix du Nord : un plan social qui s’annonce d’une violence inédite

Dans une communication diffusée mardi 7 novembre 2022, l’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, SNJ-CGT et Filpac-CGT de La Voix du Nord (groupe Rossel), s’inquiète de la préparation d’un « plan social d’une violence inédite ! » :

Ce lundi, après une quatrième réunion de discussions, les grandes lignes du plan social se sont précisées. Il est d’une violence inédite et sans commune mesure avec celui de 2017.

Le seul objectif de la direction est de faire massivement des économies.
C’est une véritable saignée qui se prépare dans les effectifs. Au total, il est question d’une centaine de suppressions de postes, dont 70 chez les journalistes et la moitié des assistantes.

Egalement, sont prévues les fermetures du prémédia, de la centrale de réservation et la suppression d’une grosse partie
des services généraux. Quasiment tous les services de la rédaction sont concernés.

Pour la première fois, ce plan n’exclut pas des départs contraints. A cela s’ajoute une réorganisation complète des locales, en passant de 17 à 13 éditions. Par ailleurs, la direction souhaite externaliser une partie des tâches de la rédaction réalisées en locales au profit dune « agence de presse ». Un véritable point de blocage pour nous. Tout comme la suppression du bureau de Calais dans le cadre d’une mutualisation Nord Littoral/Voix du Nord. Une insulte pour l’équipe en place et tout le travail réalisé.

Enfin, nous a été présenté un projet de remaniement complet de la Métropole, totalement illisible, comprenant la suppression de 21 postes.
Evidemment, nous ne sommes pas d’accord avec la globalité de ce plan. L’heure est venue pour la direction de présenter de nouvelles propositions.

Nous vous tiendrons informés des évolutions.

Journée internationale contre les crimes commis contre les journalistes : Mettons fin à l’impunité !

La CFDT-journalistes s’associe à la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, ce 2 novembre 2022, à l’initiative de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) dont notre syndicat est membre en demandant l’adoption d’une Convention internationale. Nous rappelons également la trop longue liste des victimes françaises depuis plus de 30 ans.

En 20 ans, le nombre de journalistes tués dans le monde est supérieur à 1600, selon l’ONG Reporters sans frontières. En 2021, 48 journalistes et collaborateurs des médias ont perdu la vie dans l’exercice de leur métier. En cette fin d’année 2022, La FIJ a déjà recensé 59 meurtres de professionnels des médias en 2022, soit 12 de plus qu’en 2021.

Neuf meurtres sur dix sans justice

La Fédération internationale pointe notamment des pays tels que l’Afghanistan, la RDC, Haïti, l’Inde, le Mexique, le Kosovo, le Pakistan, la Palestine, les Philippines, la Russie, la Turquie, l’Ukraine et le Yémen, où les niveaux de violence contre les journalistes restent les plus élevés.

Malgré les nombreux protocoles, directives et propositions pour enrayer l’impunité, neuf meurtres de journalistes sur dix restent impunis.

Une convention pour renforcer la protection des journalistes

La FIJ et plus de 60 syndicats de journalistes et de médias, associations, médias et ONG du monde entier, dont la CFDT-Journalistes, appellent les gouvernements à soutenir l’adoption d’une Convention internationale des Nations Unies sur la sécurité et l’indépendance des journalistes et autres professionnel.le.s des médias pour répondre aux faiblesses et les lacunes du droit international humanitaire et des droits humains, ainsi que l’absence de mécanismes d’application efficaces.

La campagne a été officiellement lancée lors de la 51ème session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève le 30 Septembre.

Lire le projet de Convention internationale  

Nous prenons part à la campagne vidéo de la FIJ (notre intervention à 2mn55) :

Frédéric Leclerc-Imhoff tué en Ukraine

En France, ce 2 novembre 2022 est immanquablement marqué la guerre en Ukraine  et le décès de Frédéric Leclerc-Imhoff,mortellement touché au cou par un éclat d’obus. Après l’annonce de sa mort, le parquet national antiterroriste (Pnat) français avait annoncé l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre. Pierre Zakrzewski, qui travaillait pour Fox News, a aussi payé de sa vie le fait de couvrir l’invasion russe de l’Ukraine.

Nous avons choisi de dresser la liste des journalistes français tués (ci-après) depuis trente ans, comme la photographe Camille Lepage, Ghislaine Dupont et Claude Verlon de RFI ou encore le photoreporter Rémi Ochlik.

Les journalistes CFDT-Journalistes dirigent leurs pensées vers ces collègues, dont beaucoup étaient pigistes et précaires. Ils ne doivent pas être oubliés.

Changer la loi en France

Toujours en France, depuis la loi travail de 2016, lors de la révolte des Gilets jaunes en 2018 – 2019 ainsi qu’au quotidien ou lors d’enquêtes de fond, tout récemment, de nombreux journalistes ont été blessés. La CFDT-Journalistes demande un durcissement de la loi pour mieux protéger les confrères et travaille sur une proposition de loi depuis le printemps 2021, qui sera redéposée lors des Etats généraux du droit à l’information en décembre.

Les journalistes français tués depuis 1989 :

– 14 mars 2022 – UKRAINE – Pierre Zakrzewski, 55 ans, journaliste reporter d’images franco-irlandais spécialiste des théâtres de guerre et qui travaillait pour Fox News, est mort le 14 mars 2022 à Horenka, dans l’oblast de Kiev pendant l’invasion russe de l’Ukraine.

30 mai 2022 – UKRAINE –  Frédéric Leclerc-Imhoff, 32 ans, qui travaille pour BFMTV, se trouve dans un camion humanitaire près de Lyssytchansk dans l’est de l’Ukraine lorsqu’il est mortellement touché au cou par un éclat d’obus ayant transpercé le blindage du véhicule.

– 12 mai 2014 – CENTRAFRIQUE – La photographe Camille Lepage, 26 ans, est tuée dans une embuscade dans l’ouest du pays.

– 2 nov 2013 – MALI – Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes français de RFI âgés de 57 et 55 ans, sont tués à Kidal (nord) après avoir été enlevés alors qu’ils effectuaient un reportage.

– 24 fév 2013 – SYRIE – Olivier Voisin, reporter indépendant de 38 ans, meurt des suites de blessures, alors qu’il couvrait les opérations d’une katiba (groupe armé d’opposition) dans la région d’Idlib (nord).

– 17 janv 2013 – SYRIE – Yves Debay, 59 ans, journaliste français d’origine belge fondateur de la revue spécialisée Assaut, est tué par un tireur embusqué à Alep, dans le nord de la Syrie, où il était en reportage.

– 26 mars 2012 – SYRIE – Un journaliste indépendant franco-algérien Nassim Terreri, 32 ans, est tué au cours d’une attaque des forces syriennes à Darkush, à la frontière syro-turque.

– 22 fév 2012 – SYRIE – Le reporter photographe indépendant Rémi Ochlik 29 ans, est tué lors du bombardement d’une maison servant de centre de presse à Homs en même temps que la journaliste américaine Marie Colvin.

– 11 jan 2012 – SYRIE – Gilles Jacquier, 43 ans, grand reporter à France 2, est tué par un obus de mortier, à Homs, dans le centre du pays, lors d’un voyage encadré par les autorités syriennes.

– 17 jan 2011 – TUNISIE – Le photographe franco-allemand, Lucas Dolega, 22 ans, blessé le 14 janvier à Tunis par un tir de grenade lacrymogène par un policier tunisien alors qu’il couvrait les émeutes pour l’agence EPA, décède de ses blessures.

– 21 oct 2003 – COTE D’IVOIRE – Le correspondant de RFI, Jean Hélène, 50 ans, est abattu d’une balle dans la tête par un policier à Abidjan, alors qu’il attendait à proximité du siège de la police nationale la libération de onze opposants.

– 22 déc 2002 – KOWEIT – Patrick Bourrat, 50 ans, envoyé spécial de TF1, meurt au Koweit après avoir été blessé la veille lors de manoeuvres américaines, dans le cadre des préparatifs de guerre contre l’Irak.

– 11 nov 2001 – AFGHANISTAN – Johanne Sutton, 34 ans, de RFI et Pierre Billaud, 31 ans, de RTL, sont tués dans une embuscade des talibans, au nord-est de l’Afghanistan.

– 1er fév 1994 – ALGERIE – Olivier Quémeneur, 33 ans, travaillant pour la chaîne de télévision américaine ABC News, est tué dans un attentat perpétré dans la Casbah d’Alger, considérée comme un fief du Groupe islamique armé (GIA).

– 18 juin 1993 – SOMALIE – Un ingénieur du son de TF1, Jean-Claude Jumel, est tué par balle à Mogadiscio par des francs-tireurs.

– 5 oct 1993 – RUSSIE – Un caméraman de TF1, Yvan Skopan, 34 ans, blessé de plusieurs balles dans des affrontements deux jours plus tôt devant l’immeuble de la télévision russe, meurt à Paris, où il avait été rapatrié.

– 20 sept 1991 – CROATIE – Pierre Blanchet, 46 ans, du Nouvel Observateur, est tué par une mine qui explose sous sa voiture à Petrinja, près de Zagreb. Damien Ruedin, journaliste pour une radio suisse, trouve également la mort dans l’accident.

– 22 déc 1989 – ROUMANIE – Jean-Louis Calderon, 31 ans, grand reporter à Europe 1 puis à La Cinq, est écrasé par un char à Bucarest alors qu’il couvre le soulèvement en Roumanie.

Deux Français toujours disparus

On reste enfin sans nouvelles du caméraman Fred Nérac, 62 ans, et du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, 73 ans, portés disparus depuis 2003 en Irak pour le premier, 2004 en Côte d’Ivoire pour le second.

Un Français toujours otage

Olivier Dubois, 48 ans, était correspondant au Mali pour Le Point et Libération quand il a été enlevé le 8 avril 2021par le groupe djihadiste Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin.

 

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Crédit photo : Famille Leclerc-Imhoff

Agences de presse : pas d’accord sur les salaires

C’est non à l’unanimité ! Les organisations professionnelles étaient invitées à négocier les salaires conventionnels des journalistes des agences de presse dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire, mais aucun accord n’a été trouvé avec les éditeurs, qui proposaient de revaloriser de seulement 2%, au 1er septembre 2022, le salaire mensuel brut minimum des journalistes appartenant aux groupes 1 et 2.

Ainsi, pour les agences de presse hors agences de presse audiovisuelles, il était proposé de porter le salaire des journalistes du groupe 1 à 1806,42€ et celui du groupe 2 à 2012,46€. Pour les agences de presse audiovisuelles, le salaire des journalistes du groupe 1 aurait été porté à 1806,42€ et celui des journalistes du groupe 2 à 2078,76€.

Les représentants des organisations syndicales ont estimé que ces propositions étaient largement insuffisantes au regard de l’inflation, d’autant que la proposition patronale ne concernait que les premiers échelons des grilles, alors que l’ensemble des journalistes constatent une perte de pouvoir d’achat.

Education aux médias : de nouvelles formations certifiées pour les journalistes

L’idée est partie de la CFDT : proposer des formations à l’éducation aux médias et à l’information certifiées par la Cpnef de l’audiovisuel, en collaboration avec la Cpnef de la presse et la CPNEJ (journalistes). Et après un long travail pour monter les formations et lancer les appels d’offres, huit organismes répartis sur tout le territoire sont habilités. Les premières sessions vont pouvoir débuter.

Des enjeux de démocratie

Pour les Commissions paritaires nationale emploi et formation professionnelle (CPNEF) de l’audiovisuel, de la presse et des journalistes, l’éducation aux médias et à l’information (EMI) répond à des enjeux de démocratie, d’exercice de la citoyenneté, et de défense des valeurs de la République. Elle interroge les notions de liberté d’opinion, d’expression et de responsabilité.

En créant une certification en éducation aux médias et à l’information, ces CPNEF confirment l’importance de cette mission et participent à la reconnaissance et la formalisation de l’EMI.

L’objectif du certificat de compétences professionnelles (CCP) Interbranche Eduquer aux médias et à l’information est d’apporter aux journalistes un socle commun de compétences pour concevoir une intervention EMI, animer un atelier de pratique journalistique et transmettre les fondements de l’esprit critique. En donnant de la visibilité aux compétences à acquérir pour concevoir et animer un atelier de pratique journalistique, cette certification est un vecteur de promotion et de reconnaissance des spécificités de l’éducation aux médias et à l’information. Dotant chaque professionnel certifié de compétences complémentaires à son métier d’origine, cette certification permet aux certifiés d’être mieux identifier par les structures pouvant être amenées à organiser des ateliers EMI. La certification permet également de garantir, tant au professionnel qu’à la structure commanditaire, la neutralité et l’indépendance des journalistes-intervenants.

Huit organismes de formation habilités

Huit organismes de formation sont habilités à délivrer des formations menant au CCP Interbranche Eduquer aux médias et à l’information : la Fédération de l’audiovisuel participatif, l’EMI CFD, L’Onde porteuse, l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT), la Skol Radio, l’Ina en partenariat avec Savoir*Devenir, et l’ESJ Lille.

L’ingénierie de certification a bénéficié de l’appui technique de l’Afdas et du soutien financier de l’Engagement de Développement de l’Emploi et des Compétences (EDEC) « Culture, Création, Communication, Sport et Tourisme » au titre du Plan d’investissement dans les compétences.

Pour accéder à ces formation et aux prises en charge, rapprochez-vous de l’AFDAS, opérateur de compétences des secteurs de la presse et de la culture.

Groupe Ebra : des titres et des journalistes !

Les délégués d’Ebra ont assisté, stupéfaits, à une « grand messe » de leur direction sur les « marques » et l’avenir du groupe… Et sans surprise, on s’aperçoit que l’analyse qu’ils proposent de cette réunion pourrait s’appliquer à la lettre à nombreux autres titres de la PQR-PQD et PHR…

C’est une petite musique de fond qui se répète, et se répète telle une rengaine, depuis que le groupe   EBRA s’est installé. C’est devenu un son et lumière lors du webinaire du groupe organisé le 6 octobre 2022 : l’avènement des marques du groupe EBRA !

Le plus ancien des journaux du groupe EBRA est né en 1859, certains sont parus pour la première fois avant la Première Guerre mondiale, les plus jeunes au tournant du XXIe siècle. Et durant tout ce temps, ces titres ont existé par le travail des préparateurs et des conducteurs de rotatives, des techniciens d’entretien général, des correcteurs… et des journalistes, qu’ils soient rédacteurs, reporters, secrétaires de rédaction ou photographes.

Et puis le mastodonte Crédit Mutuel est arrivé. Et le groupe EBRA est né. Exit les titres, oubliés les journalistes, décrié le papier. “Digital first” est devenu le leitmotiv d’un groupe affirmant : “Des marques propriétaires puissantes et une audience unique dans la presse quotidienne régionale” (à lire sur le site ebra.fr).

Certes, le numérique facilite, mais il n’implique pas l’oubli des fondamentaux…

Depuis EBRA, les titres sont des marques, les journalistes rédacteurs sont “producteurs de contenus (print ou web)”, les photographes “producteurs d’images”, les secrétaires de rédaction “éditeurs (print ou web)”. Même le plus radical des anciens propriétaires d’une partie des titres composant EBRA, Robert Hersant (qui caressait pourtant le rêve de faire un journal sans journalistes…) ne s’est jamais affranchi de ces notions de titres et de journalistes !

Dans le vocabulaire EBRA, il n’y a plus de journalistes, pas plus qu’il n’y a de titres.

Lors du dernier grand raout du 6 octobre, on n’a pas mentionné une seule fois ce qui fait l’essence de nos métiers : la ligne rédactionnelle, le contenu, l’angle, la recherche de l’information au bénéfice du citoyen et de la démocratie.

Chez EBRA, on n’est plus un titre mais une marque. On n’écrit plus, on produit. On ne met plus en page, on édite. On ne propose plus aux lecteurs des informations vérifiées et des articles rédigés et hiérarchisés grâce à un savoir-faire reconnu, on vend un objet de papier et un divertissement en ligne.

Aujourd’hui, une double question se pose aux délégués syndicaux CFDT EBRA quant à l’avenir des journaux du groupe, mais aussi des salariés qui les alimentent :

  • A quel moment les titres deviendront-ils des “pure players” commerciaux ?
  • Et ce faisant, à quelle date les salariés enquêtant, écrivant et illustrant pour ces “marques” sortiront-ils de la Convention collective des journalistes ?…

Paris, le 14 octobre 2022

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