Jusqu’au 15 juillet, pigistes et CDD ayant subi la crise en 2021 doivent demander l’aide sociale !

Le 16 mai a ouvert la plateforme en ligne du ministère de la Culture dédiée à recueillir jusqu’au 15 juillet les dossiers de demande d’aide sociale des pigistes ET journalistes en CDD ayant subi des baisses de revenus entre 2019 (année de référence avant Covid) et 2021 (année Covid). L’année 2020, elle, a déjà été traitée.

FAITES PASSER LE MESSAGE, C’EST IMPORTANT !

Il y a 14,5M€ à distribuer. Pour l’année 2020 il y avait autant mais seuls 3,8M€ ont été attribués non seulement car il y a des critères restrictifs mais aussi car trop peu de pigistes l’ont demandé. Le problème classique de non recours aux droits. La population des pigistes/CDD s’y prête particulièrement car très éclatée, isolée, peu syndiquée, et il n’existe pas de fichier national des pigistes. Au final seuls 935 pigistes ont reçu cette aide. Pourtant, cela valait la peine : 4000 euros d’aide par personne en moyenne puis 3200 pour la séance de rattrapage.

 

Nous vous invitons donc à étudier si vous faites partie des personnes éligibles et à déposer votre dossier. En cas de doute sur votre éligibilité nous vous encourageons à déposer de toute façon votre demande.

Vous n’êtes ni pigiste ni en CDD ? Nous vous invitons à faire connaitre ce dispositif autour de vous !

Les critères sont (entre autres, voir tous les critères en ligne  https://aide-pigistes-covid.fr)

  • Au moins 5 bulletins de paie en 2019, tous employeurs confondus
  • Au moins 3 000€ brut de piges ou de CDD en 2019 (en salaire, pas de facture d’autoentrepreneur ou de droits d’auteur), tous employeurs confondus. Les CDD ne sont pris en compte que s’ils ne constituent pas au cumulé un temps complet annuel (1607 heures).
  • Revenus de piges/CDD ayant baissé entre 2019 et 2020 (avis d’impôt faisant foi), tous employeurs confondus

Le dossier de demande est à compléter ici : https://portail.aide-pigistes-covid.fr/cp/272470-inRO85f4iUJSlkQjJAW8uORvFAF8GP

 

Pour toute demande d’info vous pouvez contacter le pôle pigistes CFDT national : pigistes@f3c.cfdt.fr

 

Pour rappel, cette aide sociale a été obtenue en 2021 suite aux revendications des organisations syndicales de journalistes face aux nombreux cas de journalistes précaires ayant été les premiers à être privés d’emploi quand la crise sanitaire a réduit les paginations, actus, budgets… et que les employeurs n’ont pas suffisamment joué le jeu du chômage partiel.

Lire notre présentation de ce dispositif

 

Pour rappel aussi, la CFDT-Journalistes demande que le solde de l’enveloppe dédiée à l’aide sociale pour l’année 2020, et non consommée (un peu plus de 10M€) soit réaffecté à un plan d’éradication de la précarité dans les médias sur la durée du quinquennat.

Lire notre revendication d’un plan à 10M€

Lire toute notre action menée auprès des précaires pendant la crise sanitaire

REPLAY des Assises – Précarité, reconnaissance, sécurité… : écoutez nos positions !

Revivez les Assises du journalismes, qui ont eu lieu du 9 au 13 mai à Tours, sous les lunettes CFDT 😉 !

 

Le 12 mai la CFDT-Journalistes intervenait lors de la table-ronde « les organisations professionnelles interpellent les politiques », pile entre les présidentielles et les législatives.

Un plan de lutte contre la précarité

Entrer à la CPPAP

Alourdir les peines pour violence volontaires

Revaloriser les salaires

Un statut pour les corres à l’étranger

 

La CFDT partenaire des 48h de la pige les 16 et 17 juin à Nantes

Depuis 2011, l’association Profession : Pigiste permet aux journalistes pigistes de toute la France de se retrouver, d’échanger et de partager leurs expériences lors d’une événement de deux jours dans une ville de France : les 48h de la pige. Cette année rendez-vous  les jeudi 16 et vendredi 17 juin à Nantes pour la 11e édition ! 

Le programme, la liste des intervenants et les infos pratiques sont ici !

Programme et inscriptions 48h 2022

Soutien financier aux adhérents CFDT

La CFDT-Journalistes

  • soutient financierement Profession Pigiste pour l’organisation des 48h
  • sera présente sur un stand
  • intervient lors d’une table ronde sur les combats syndicaux le vendredi matin
  • encourage les adhérents pigistes à s’y rendre, car c’est instructif, et sympa !
Nous participons à hauteur de 100 euros par personne et dans la limite de 10 participants pour la participation aux frais de train/hotel/repas/inscription (elle est payante), sur justificatifs (remboursement après l’événement).
Il faut écrire à pigistes@cfdt.fr en indiquant son numéro d’adhérent (ou en faisant une demande d’adhésion) et joignant le justif d’inscription aux 48h.
Dead line de la demande pour les 48h : 1er juin
A bientôt !

Le programme

Ce programme est soumis à d’éventuelles modifications.

JEUDI 16 JUIN

9h : accueil, café et inscriptions aux ateliers
10h : ouverture des 48H de la Pige 2022, par les co-présidentes de
Profession : Pigiste, Julie Lallouët-Geffroy et Sylvie Fagnart
10h30 : visite guidée et découverte de l’écosystème du Médiacampus

11h-12h30 : ateliers

Atelier 1 – Bien débuter à la pige
Connaître ses droits et les faire valoir sans se griller dans les rédactions, s’organiser pour éviter le burn out (prise de notes, carnet d’adresses, tableaux de suivi de piges et de paies), rompre l’isolement, etc. L’atelier super pratique, animé par Emilie Gillet.

Atelier 3 – Eviter le burn-out
Travailler sans s’épuiser, prendre en compte son bien être mental (ambiances de travail toxiques, pressions, isolement) comme sa santé physique, avec Olivier Coldefy, psychologue clinicien chez Thalys.

Atelier 5 – Comment écrire sans discriminer ?
Par manque de temps, de signes, de connaissances, ou par amour du bon jeu de mots, nous utilisons parfois des expressions maladroites quand elles ne sont pas carrément discriminantes. Au programme de cet atelier, des réflexions et des conseils pour éviter les clichés et représenter toute la société dans nos articles, animé par Hélaine Lefrançois.

Atelier 7 – Echanges d’expériences : nos ratés et nos bons coups
Les plus belles réussites, les “super coups” mais aussi les gros fails et les fois où “c’est pas passé loin”… un moment d’échange et de détente spécial “oh moi il m’est arrivé un truc dingue”, animé par Sylvie Fagnart.

Atelier 2 – Piger depuis l’étranger
Le fond et la forme : contacter les rédactions, les fidéliser et gérer plusieurs employeurs, mais aussi maîtriser la logistique : paye, assurance, assurance maladie, remboursement des frais, etc., avec Ariane Lavrilleux, ex correspondante en Egypte pour Europe 1, RTS, Radio Canada, Le Point, Mediapart, Jeune Afrique, et Justine Fontaine de retour du Chili.

Atelier 4 – Bourses, prix, concours : comment postuler et pourquoi ?
Monter un projet qui coche les critères de sélection et faire financer son reportage ou sa série de podcasts, un chemin semé d’embûches ( et de paperasse). Intervenant à venir.

Atelier 6 – Exploiter la data pour l’enquête avec les outils avancés de Google
Au delà de la recherche de premier niveau, Google a développé des outils adaptés pour les enquêtes au long cours et l’investigation, avec Emmanuel Bouvet, formateur aux outils numériques de Ouest Médialab et la Google News Initiative.

Atelier 8 – Protéger ses données et ses sources
Pour faire gaffe aux cookies, échanger de façon la plus sécurisée possible avec les rédacs et les sources ( Signal, Télégram, etc), savoir aussi éteindre son téléphone quand il le faut, animé par Antoine Champagne.

12h30-14h : déjeuner

14h-15h30 : ateliers

Atelier 9 – Podcast : connaître et faire respecter ses droits
Il y a les idées et la réalisation. Il y a aussi tout un secteur en train de se structurer où il faut réussir à se faire une place, animé par deux podcasteuses confirmées, Sarah-Lou Lepers et Adélie Pojzman-Pontay.

Atelier 11 – Sortir son écriture de ses zones de confort
Pour réveiller sa créativité en écriture, avec Pascal Perrat, auteur du best seller “Libérer son écriture et enrichir son style”, qui forme des générations d’élèves journalistes et bien d’autres grâce à ses atelier d’écriture créative

Atelier 13 – Mieux collaborer entre photographes et rédacteurs
Jamais l’image n’a été si importante qu’aujourd’hui. Pourtant, les photographes se trouvent régulièrement face à des difficultés à faire valoir leur travail. Deux générations de photographes pour parler de leur pratique, leurs débuts, du terrain et de l’avenir. Cet atelier, animé par Valentina Camu et Teresa Suarez, sera également l’occasion de rencontres entre photographes et rédacteurs et rédactrices, désireux de construire des collaborations.

Atelier 15 – Travailler sur des sujets traumatiques : échange d’expériences
Il n’y a pas que les zones de guerre et de conflit. Certains sujets sont lourds à porter : procès d’attentats terroristes ou de criminels, enquêtes sur les exilés et sur des situations de violences, etc. Enquêter en tentant de se préserver, un échange d’expériences animé par Sylvie Fagnart.

Atelier 10 – Les bases de l’administratif
Se repérer dans le jungle des organismes sociaux, mutuelle, prévoyance, Pôle emploi, CPF, etc. avec Marianne Chollet de Audiens, animé par Grégoire Souchay.

Atelier 12 – Décliner les angles pour revendre un même sujet
Comment vendre plusieurs fois une même enquête, en diversifiant les angles et donc les titres auxquels les proposer? Comment décliner entre presse écrite, radio, télé et web, à partir du même sujet ?  Un atelier animé par Eric Delon.

Atelier 14 – Se lancer dans l’éducation aux médias et à l’information
De plus en plus de journalistes sont sollicités pour animer des ateliers d’éducation aux médias et à l’information. Quelle posture adopter, en tant que journaliste intervenant? Comment créer ses outils? Un atelier tourné vers la pratique, animé par Martin Pierre.

Atelier 16 – Une plainte pour diffamation : comment faire face ?
Même si la rédaction est de facto aux côtés du journaliste, se retrouver devant la 17e chambre -celle des délits de presse- n’est jamais aisé. Autant essayer de l’éviter au moment de l’écriture, et, éventuellement, se préparer à faire face, un atelier animé par Clément Pouré.

15h30-16h : pause

16h-17h30 – Session plénière : “Liberté, légalité, solidarité” : vive la pige choisie !
Quels que soient leur implantation géographique, leurs sujets, leur expérience, ils et elles ont en commun d’aimer la vie de pigiste et ne reviendraient pour rien au monde en rédaction. Julie Lallouët-Geffroy, Thierry Butzbach, Thibault Dumas et Pauline Verduzier partageront leurs points de vue, dans une table ronde animée par Sonia Reyne.

18h : Visite culturelle de l’île de Nantes ou visite guidé de l’écosystème du Médiacampus.
19h : apéritif dînatoire au Médiacampus.


VENDREDI 17 JUIN

9h : accueil et café

9h30-11h – Table ronde : “Des combats syndicaux, des victoires collectives”
Les syndicats de journalistes font avancer nos droits. Au sujet du chômage partiel, les aides sociales, les indemnités journalières, les aides à la presse et l’auto entreprenariat, Baptiste Cessieux (SNJ-CGT), Elise Descamps (CFDT) et Myriam Guillemaud-Silenko (SNJ) échangeront, au cours d’une table ronde animée par Clément Pouré.

11h30-13h – 8 ateliers Rencontres/Tremplins de la Pige
Avec des rédacteurs et rédactrices en chef de PQR (Ouest-France), presse jeunesse (Milan presse), presse professionnelle agricole, médias d’investigation (Mediapart), de radio (France Culture), de presse scientifique(Epsiloon), et d’autres encore…

13h-14h30 : déjeuner

14h30-16h : ateliers

Atelier 1 – Se lancer dans l’écriture d’un livre
Comment faire un premier livre, seul ou à plusieurs, à chaud ou après une longue enquête, chez quel éditeur, savoir négocier ses droits et décrypter son contrat  … avec Salomé Viaud, éditrice au Seuil.

Atelier 3 – Enseigner le journalisme
A quels étudiants, dans quelles écoles, avec quelle légitimité, quelles interactions avec les autres enseignants, avec quel projet, quels exercices ? L’atelier, animé par Stéphane Rabut, permettra d’échanger sur nos pratiques, nos interrogations, nos projets lorsqu’on enseigne le journalisme.

Atelier 5 – Se procurer des documents administratifs : dans la jungle de la CADA
Dans les enquêtes sur les marchés publics, ou sur les personnalités politiques, se procurer des documents – garantis en accès libre – relève généralement du parcours du combattant, mais on y arrive. Un atelier animé par Stéphanie Fontaine.

Atelier 7 – Continuer à se former, avec l’AFDAS
Faire un bilan de sa situation professionnelle, faire reconnaître ses compétences et développer sa carrière, avec Laurent Gomez, chef de projet Appui-conseil carrières à la direction du développement et du réseau de l’Afdas.

Atelier 2 – Demander sa carte de presse (et la conserver !)
Après le bonheur de l’avoir “décrochée”, il faut encore la conserver ! Rester dans les “51%” quand on a une autre activité, et naviguer entre les entreprises qui ne connaissent pas la loi Cressard, celles qui tentent de payer en factures ou en DA. Déjouer les pièges et rester dans les clous, avec Catherine Lozac’h (présidente de la CCIJP) et Gilles Viellard.

Atelier 4 – En zone de tensions
L’Ukraine a suscité des vocations, mais travailler en zone de conflit ou de tension ne s’improvise pas. Se préparer, s’entraîner, se former aux premiers secours, avoir un équipement, s’assurer du soutien d’une rédac, trouver un fixeur, etc … avec Jacques Duplessy.

Atelier 6 – “La cause” et les conséquences
Travailler pour un média engagé signifie-t-il se voir collée définitivement une étiquette militante dans le dos ? Où est la ligne jaune ? Et d’ailleurs y en a-t-il une ?  Animé par Elsa Sabado.

Atelier 8 – Produire son podcast
L’intérêt pour les balado-diffusions ne se dément pas. Valider son idée, la valoriser, explorer les voies de financement : l’Onde porteuse, centre de formation en productions radiophoniques, animera cet atelier tourné vers les questions pratiques.

Barèmes de pige en presse spécialisée : ça ne décolle pas !

Les négociations des barèmes minimum salariaux des journalistes de presse spécialisées ont abouti à une maigre revalorisation des tarifs de pige. La jugeant largement insuffisante, la CFDT-Journalistes (F3C-CFDT) est le seul des syndicats représentatifs à ne pas avoir signé.

Les employeurs ont en effet refusé d’accéder à notre revendication d’un tarif au feuillet à 60 € brut (hors CP, 13e mois, ancienneté). Le prix reste en dessous de l’acceptable : 47,50 € bruts (au lieu de 43,20) pour une diffusion dans un titre de presse à 5000 exemplaires et moins ; 50 € bruts (au lieu de 46,25) pour une diffusion dans un titre de presse à plus de 5000 exemplaires et plus (hors ancienneté, CP et 13emois).

Pour gagner le SMIC, un pigiste d’un « petit » titre devrait produire 2400 signes par jour, tous les jours ouvrés d’un mois. Pour gagner 2500 € brut par mois, l’objectif à atteindre monte à 3600 signes par jour. Cela sans comptabiliser tout le travail de veille journalistique et administratif qui incombe au salarié journaliste non permanent (et qui ne fait l’objet d’aucune rémunération). A ce tarif, les pigistes travaillant à temps complet en presse spécialisée et à qui on applique les minima sont en réalité souvent sous le Smic.

Pour la CFDT Journalistes, utiliser la pige – travail sans référence horaire – pour contourner le SMIC horaire, n’est pas acceptable. Les pigistes sont des contributeurs essentiels aux titres de presse spécialisée. Ils sont plus de 1500 à collaborer avec celles-ci d’après les données Audiens, et nombre de titres présentent des contenus en très grande partie réalisés par eux.

Pour les mensualisés, les hausses de salaire ne font aussi que rattraper le SMIC (lire à ce sujet notre communiqué )

Conclusion : c’est bien insuffisant au regard du retard déjà enregistré sur la grille de la presse spécialisée… et de l’inflation (l’Insee annonce une augmentation de 4,8% des prix à la consommation d’avril 2021 à avril 2022). La CFDT Journalistes ne souhaite plus marchander et chicaner avec des employeurs qui maintiennent des niveaux de salaires aussi bas.

Nous prenons date pour la revoyure de rentrée en espérant un vrai coup de pouce pour l’ensemble des personnels de la presse spécialisée.

RAPPEL – Toutes les formes de presse n’ont pas de barème de piges, mais lorsque ces barèmes existent, ils entrent dans le champ des négociations et doivent eux aussi être revalorisés. La F3C CFDT réclame de longue date la mise en place de barèmes minimum dans la presse en ligne, qui n’en a pas encore. Les barèmes de pige peuvent heureusement être plus favorables en entreprise que les barèmes conventionnels et faire partie des NAO (négociations annuelles obligatoires) menées par les représentants syndicaux. Attention, tout tarif de pige doit être annoncé par l’employeur en brut, hors congés payés (+10%) et éventuellement 13e mois (+8,3 %, dès la 3è pige pour un même employeur) et ancienneté (+5 % après 5 ans de carte de presse, etc.). Tout paiement non salarié (en facture, en droits d’auteur, en honoraires de CLP) est illégal, de même que le CDDU.

Tarifs minimum au feuillet (presse écrite) :

PQN : 66,98 €
Presse magazine : 53,99 €
Agence de presse écrite : 52 €

Retrouvez tous les barèmes de pige ici :

https://cfdt-pigistes.fr/les-baremes- conventionnels-de-piges/

Grande commande photo : CFDT Journalistes interpelle le ministère de la Culture et la BNF

Par courrier, CFDT-Journalistes a interpellé le ministère de la Culture et la BNF sur le deuxième volet de la Grande commande photo.

En pleine crise sanitaire, le 27 août 2020, alors que de nombreux médias la subissaient de plein fouet, la ministre de la Culture d’alors, Roselyne Bachelot, et le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, annonçaient un vaste un plan de soutien à la filière presse de 377 M€ sur les deux années suivantes.

Parmi les mesures figurait un fonds de lutte contre la précarité, doté de 18 M€ par année, afin d’accompagner les acteurs les plus fragiles de la profession (pigistes, photojournalistes, dessinateurs de presse…).

Notre organisation syndicale a fait partie de celles consultées sur plusieurs dispositifs, dont la grande commande photo d’État, visant à aider les photojournalistes à traverser la crise. 

A l’automne 2021 deux appels à projet ont été confiés à la BnF : 200 lauréats bénéficiant d’un financement d’un montant de 22 000 € TTC chacun afin de mener à bien leur projet et de produire des photographies inédites.

Il s’agissait de formidables opportunités pour la profession. Même si les critères étaient beaucoup plus souples que ceux que nous avions préconisés, notamment sur les justificatifs de collaborations presse existantes (nous avions à cœur de ne pas diluer cette importante somme auprès d’acteurs concernés de manière moins centrale et de cibler ceux désirant obtenir ou consolider le statut de journaliste professionnel).

Il n’en est pas moins vrai que d’après les intentions initiales de ce volet soutien aux photojournalistes précaires, on devrait pouvoir mesurer l’atteinte de son objectif à la sélection effective de photojournalistes : des photographes travaillant effectivement pour la presse, et pas juste de manière marginale : dont le cœur de l’activité est la presse.

Les deux listes de lauréats comportent de nombreux photojournalistes répondant à ces critères et nous nous réjouissons qu’ils bénéficient de ce coup de pouce, doublé d’une belle reconnaissance.

Pourtant, d’autres choix nous semblent ne pas répondre aux prérequis ni à l’esprit initial de cette commande d’État. 

–       Une partie des photographes sélectionnés ne travaille visiblement pas avec la presse, ou de manière très rare et aléatoire. Ces photographes, dont le travail ne manque certainement pas de qualité, n’ont pas fait le choix professionnel de la presse, et leur économie ne repose pas sur elle.

–       Certains photographes sont aussi depuis longtemps en retraite, alors que ce projet visait à soutenir des photojournalistes en activité.

–       Certains sujets ne sont en rien inédits, ce qui était pourtant demandé : certains lauréats ont proposé des sujets se situant dans la continuité directe de sujets qu’ils ont déjà auparavant réalisés, publiés, exposés et parfois édités en livre depuis déjà des années.

–       Certains sujets semblent très éloignés du thème central : Regards sur un pays traversé par la crise sanitaire.

Par voie de conséquence de nombreux photojournalistes répondant aux critères n’ont eux pas été retenus. C’est évidemment la règle du jeu, même si l’amertume est compréhensible : de telles occasions, dédiées à eux, rien qu’à eux, ne se présentent que très rarement dans une vie. Pour ne pas dire jamais. Il serait dommage qu’un certain entre-soi ait pu jouer dans certains arbitrages.

Il nous semble nécessaire de procéder à un bilan transparent de cette grande commande photo.

La CFDT-Journalistes demande donc au ministère de la Culture et à la BnF de la recevoir prochainement afin de nous permettre de comprendre quels furent vos arbitrages, ainsi que l’accès aux dossiers de candidatures, le financement étant public. Par ailleurs nous demandons que les organisations syndicales de journalistes et les organisations de photojournalistes qui le souhaitent puissent avoir une place au sein du groupe de suivi des projets sélectionnés et de leurs déclinaisons en exposition notamment. S’il est admis que l’objectif est bel est bien de soutenir la profession, et donc son insertion dans un modèle économique de la presse, et pas juste de collections, aussi prestigieuses soient-elles.

Pigistes, formez-vous !

Les pigistes ont trois possibilités pour se former :

  • le plan de développement des compétences de leurs employeurs (plus facile à obtenir quand la collaboration est très régulière)
  • le Compte personnel de formation (CPF) : il s’agit de formations visant une certification. Le CPF peut aussi servir à suivre un bilan de compétences. Tout commence par la création d’un compte sur moncompteformation.gouv.fr. Un salarié à temps plein acquiert 500 € par an (crédités sur le CPF au mois de mars de l’année suivante). La loi prévoit un calcul particulier pour tous les salariés (dont les pigistes) dont la rémunération ne dépend pas d’un horaire de travail. En clair, pour acquérir 500 €/an, il faut avoir gagné au moins 2 080 fois le montant horaire brut du SMIC (10,15 € en 2020) soit 21 112 €.
  • un fonds dédié aux pigistes au sein de l’AFDAS : réservé aux pigistes de la presse écrite, des agences de presse et de la presse en ligne, sous réserve d’avoir la carte de presse. Le montant maximum des formations financées s’élève à 4 000 €/an, et la demande doit concerner une des quatre filières prioritaires (journalisme, conception et réalisation numérique, image/lumière, ou tout domaine d’expertise dans le cadre du métier de journaliste (par exemple, un module de finances pour un.e journaliste économique). Les autres demandes sont étudiées au cas par cas.

Par ailleurs, depuis octobre 2021, les journalistes pigistes de presse écrite, agences de presse et presse en ligne qui souhaitent faire un bilan de leur situation profes- sionnelle peuvent bénéficier d’un « Appui-conseil carrières ». Cette prestation gratuite et personnalisée a été élaborée par les partenaires sociaux.

Pour entrer en contact avec un conseiller :Tél. 01 44 78 34 58/ e-mail : accpigistes@afdas.com

A NOTER – UNE ALLOCATION POUR COMPENSER LES JOURNÉES NON TRAVAILLÉES

Si votre formation est prise en charge par l’Afdas ou se fait
sur le plan de formation de l’entreprise, vous avez droit à une allocation de 10 €/heure pour les formations d’une durée supérieure à 14 heures (c’est-à- dire plus de 2 jours).

A partir de 3 jours, l’allocation de 10 €/heure démarre dès le 1er jour de formation.

« Notre priorité actuellement est de faire connaître aux pigistes leurs droits à la formation car la contribution conventionnelle est loin d’être utilisée en totalité. Il y a de l’argent, donc j’encourage tous les pigistes éligibles à se questionner sur leurs besoins et leurs envies », exhorte Violette Queuniet, représentante de la CFDT à la commission pigistes de l’AFDAS.

On a tous quelque chose à apprendre.

Vous savez déjà tout de l’écriture magazine ou du référencement web ? Vous montez sur votre smartphone les yeux fermés ? Vous pouvez encore ajouter des cordes à votre arc ! Et si vous avez peu de temps à consacrer à la formation, l’offre est cependant vaste entre 1 et 5 jours.

Vous pouvez consulter les sites des organismes de formation mais aussi celui de l’Afdas. Sur https://formations.afdas.com/@@training_search sélectionnez par exemple « offre de formation journalistes rémunérés à la pige ». De

« Protéger sa présence en ligne et ses sources » à apprendre à travailler les données avec « Excel et data mining pour les journalistes » en passant par l’usage des outils collaboratifs (comme Trello) qui pourront aussi vous servir dans votre vie associative ou votre collectif professionnel, il est certain que vous ne savez pas encore tout ! Vous pouvez même chercher à gagner plus ou libérer votre charge mentale avec «Mieux gérer son temps et ses priorités » ou encore simplement corriger quelques lacunes en anglais pour devenir un intervieweur hors pair par delà les frontières.

NOUVEAU ! Parmi les formations jugées prioritaires par l’AFDAS il y a celles sur la sécurité des journalistes. Ne pas hésiter, surtout pour eux qui envisagent de couvrir des conflits, des manifs, ou évoluent en terrains hostiles.

Carte de presse : conseils aux pigistes

Depuis les dernières élections à la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP), en décembre 2021, les représentants CFDT à la CCIJP sont :

Yoann Labroux-Satabin, journaliste pigiste, élu CSE à La Vie (Malesherbes Publications), membre du comité de groupe Le Monde, occupe le siège de titulaire au sein du collège journalistes de la commission de première instance. Il a aussi été élu secrétaire général de la Commission pour l’exercice 2022.

Frédérique Thiollier, journaliste secrétaire de rédaction, déléguée syndicale et secrétaire du CSE de Bayard Presse, occupe le siège de suppléante au sein de la même commission. Ils sont donc désormais vos interlocuteurs.

Yoann explique quel est leur rôle :

« En tant que commissaires, nous étudions toutes les premières demandes de carte, soumises à un double « visa » (patronal et journaliste) mais aussi les demandes de renouvellement qui nécessitent un examen approfondi. Pour ce dernier type de demande, tout avis réservé ou défavorable d’un commissaire renvoie automatiquement le dossier en commission plénière : un jeudi sur deux, l’ensemble des élus se réunissent pour débattre de ces cas « particuliers. » Interrogation sur les missions exercées, impact des revenus « hors presse », mode de rémunération… Le paritarisme et l’intersyndicale (parmi les titulaires, 5 élus SNJ, 2 élus SNJ-CGT, 1 élu CFDT) permettent de croiser les approches. La Commission nouvellement composée a l’avantage de compter sur plusieurs pigistes, au fait des situations particulières rencontrées par ces professionnels. »

LA CRISE SANITAIRE IMPACTE LES CALCULS

Certains journalistes ont perdu des revenus avec la crise. Comme la carte est attribuée en partie sur des critères de ressources, les élus CCIJP ont décidé depuis 2020 d’assouplir temporairement leurs conditions. Il faut normalement présenter plus de 50% de revenus issus de la presse (et en salaire) et que cette part dépasse 627 €. Depuis deux ans, si la moyenne est comprise entre 500 € et 627 €, le dossier est examiné avec attention. Si la moyenne est inférieure à 500€, l’activité exercée sur les derniers mois est regardée de près si elle est plus favorable au demandeur.

Pour les chômeurs indemnisés, une tolérance est également appliquée pour les titulaires de la carte demandeur d’emploi, jusqu’à la 3e année. Les élus CFDT ont également à cœur de maintenir parmi les cartés les journalistes les plus précaires qui continuent malgré tout à exercer la profession.

Par ailleurs l’aide sociale pigistes mise en place par le ministère de la Culture suite au Covid-19 est prise en compte par la CCIJP. Pour celles et ceux qui en auraient bénéficié et qui ont de faibles revenus presse, n’oubliez pas de la déclarer lors de l’envoi de votre dossier !

Pour contacter nos élus : ccijp@cfdt-journalistes.fr

Comment obtenir une carte de presse internationale ?

Pour partir en reportage à l’étranger ou car vous n’avez pas de carte de presse française, vous pouvez avoir besoin, en tant que journaliste, d’une carte de presse internationale. On vous explique les tenants et aboutissants.

Qu’est-ce que la carte de presse internationale ?

La carte de presse internationale (CPI) existe depuis 1927. C’est un document officiel de reconnaissance de l’identité professionnelle de journaliste, éditée par la Fédération internationale des journalistes (FIJ), une instance qui réunit et soutient les syndicats de journalistes du monde entier et défend les droits des journalistes.

La CPI a pour vocation de permettre aux journalistes de prouver leur identité professionnelle quand ils se déplacent à travers le monde. Elle facilite (mais ne garantit pas) l’accès aux réunions officielles et à certains terrains de reportage.

Plus d’infos : https://www.ifj.org/fr/carte-de-presse.html

Document utile en manifestation

La CPI fait partie depuis le 1er janvier 2022 des documents officiellement reconnus en France pour identifier et laisser travailler les journalistes sur les manifestations.

Lire page 16 du Schéma national de maintien de l’ordre 

Quels critères ?

La FIJ n’impose pas de critères autres qu’être journaliste, à la différence de la CCIJP qui attribue la carte de presse française sur justificatifs de revenus presse.

Elle est accordée sur demande aux adhérents des syndicats de journalistes  affiliés à la FIJ (pour la France : SNJ-Solidaires, SNJ-CGT, SGJ-FO et CFDT-Journalistes) et doit passer par eux. Chaque syndicat décide donc que le demandeur est fondé à la demander ou pas.

La CFDT est soucieuse de ne pas « brader » la CPI et demande donc à ses adhérents de justifier de leur activité effective de journaliste (même si elle est faible) et de présenter dans la mesure du possible au moins une partie de revenus en salaire tirés de la presse française, la CFDT étant un syndicat de salariés et défendant le seul mode de rémunération légal, en salaire. La CPI n’est pas demandée pour des journalistes 100% bénévoles sauf dans certains cas provisoires, visant à les aider à s’insérer professionnellement.

Par ailleurs la FIJ établit cependant que la CPI atteste que son détenteur s’engage à respecter la Charte mondiale d’éthique des journalistes de la FIJ. La CFDT demande donc au demandeur de lire cette charte et d’y adhérer (lire l’encadré plus loin).

Mises en garde

  • Les demandeurs doivent être conscients que la CPI n’a pas la même valeur que la carte de presse française (notamment pour déclencher la prime d’ancienneté où les droits à la formation pour les pigistes).
  • Les demandes de cartes internationales prennent un peu de temps : les demandes en urgence ne pourront être traitées
  • Des entreprises commerciales proposent de pseudo cartes de presse internationales sur internet. Aucune d’entre elles n’est reconnue par le réseau international des journalistes. Certaines organisations émettent des cartes pour se faire de l’argent mais elles ne représentent absolument personne, ne sont aucunement impliquées dans la représentation des journalistes et ne peuvent apporter le soutien nécessaire à la protection d’un journaliste en danger.

Tarif

La CPI coûte 50€ à quoi il peut être ajouté 10€ d’étui. Par défaut nous ne commandons pas d’étui à la FIJ. S’y ajoute le coût d’un courrier en recommandé depuis la Belgique (15€) puis d’un courrier en recommandé du siège de la CFDT au domicile du demandeur (4,55€). Il est donc demandé de faire un virement de 70€ à la F3C-CFDT, notre fédération.

Sa durée de validité est de deux ans (son coût est donc de 35€/an).

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Charte mondiale d’éthique des journalistes

 

La Charte d’éthique mondiale des journalistes de la FIJ a été adoptée lors du 30e congrès mondial de la FIJ à Tunis, le 12 juin 2019. Elle complète le Code de principes de la FIJ sur la conduite des journalistes (1954), dit «Déclaration de Bordeaux». La Charte repose sur des textes majeurs du droit international, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle contient un Préambule et 16 articles et précise les droits et les devoirs des journalistes en termes d’éthique.

 

 

Préambule. Le droit de chacun.e à avoir accès aux informations et aux idées, rappelé dans l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits Humains, fonde la mission du journaliste. La responsabilité du/de la journaliste vis-à-vis du public prime sur toute autre responsabilité, notamment à l’égard de ses employeurs et des pouvoirs publics. Le journalisme est une profession, dont l’exercice demande du temps et des moyens et suppose une sécurité morale et matérielle, indispensables à son indépendance. La présente déclaration internationale précise les lignes de conduite des journalistes dans la recherche, la mise en forme, la transmission, la diffusion et le commentaire des nouvelles et de l’information, et dans la description des événements, sur quelque support que ce soit.

1. Respecter les faits et le droit que le public a de les connaître constitue le devoir primordial d’un.e journaliste.

2. Conformément à ce devoir le/la journaliste défendra, en tout temps, les principes de liberté dans la collecte et la publication honnêtes des informations, ainsi que le droit à un commentaire et à une critique équitables. Il/elle veillera à distinguer clairement l’information du commentaire et de la critique.

3. Le/la journaliste ne rapportera que des faits dont il/elle connaît l’origine, ne supprimera pas d’informations essentielles et ne falsifiera pas de documents. Il/elle sera prudent dans l’utilisation des propos et documents publiés sur les médias sociaux.

4. Le/la journaliste n’utilisera pas de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des images, des documents et des données. Il/elle fera toujours état de sa qualité de journaliste et s’interdira de recourir à des enregistrements cachés d’images et de sons, sauf si le recueil d’informations d’intérêt général s’avère manifestement impossible pour lui/elle en pareil cas. Il/elle revendiquera le libre accès à toutes les sources d’information et le droit d’enquêter librement sur tous les faits d’intérêt public.

5. La notion d’urgence ou d’immédiateté dans la diffusion de l’information ne prévaudra pas sur la vérification des faits, des sources et/ou l’offre de réplique aux personnes mises en cause.

6. Le/la journaliste s’efforcera par tous les moyens de rectifier de manière rapide, explicite, complète et visible toute erreur ou information publiée qui s’avère inexacte.

7. Le/la journaliste gardera le secret professionnel concernant la source des informations obtenues confidentiellement.

8. Le/la journaliste respectera la vie privée des personnes. Il/elle respectera la dignité des personnes citées et/ou représentées et informera les personnes interrogées que leurs propos et documents sont destinés à être publiés. Il/elle fera preuve d’une attention particulière à l’égard des personnes interrogées vulnérables.

9. Le/la journaliste veillera à ce que la diffusion d’une information ou d’une opinion ne contribue pas à nourrir la haine ou les préjugés et fera son possible pour éviter de faciliter la propagation de discriminations fondées sur l’origine géographique, raciale, sociale ou ethnique, le genre, les mœurs sexuelles, la langue, le handicap, la religion et les opinions politiques.

10. Le/la journaliste considérera comme fautes professionnelles graves le plagiat, la distorsion des faits, la calomnie, la médisance, la diffamation, les accusations sans fondement.

11. Le/la journaliste s’interdira de se comporter en auxiliaire de police ou d’autres services de sécurité. Il/elle ne sera tenu de remettre à ces services que des éléments d’information rendus publics dans un média.

12. Le/la journaliste fera preuve de confraternité et de solidarité à l’égard de ses consoeurs et de ses confrères, sans renoncer pour la cause à sa liberté d’investigation, d’information, de critique, de commentaire, de satire et de choix éditorial.

13. Le/la journaliste n’usera pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée, et s’interdira de recevoir un quelconque avantage en raison de la diffusion ou de la non-diffusion d’une information. Il/elle évitera – ou mettra fin à – toute situation pouvant le conduire à un conflit d’intérêts dans l’exercice de son métier. Il/elle évitera toute confusion entre son activité et celle de publicitaire ou de propagandiste. Il/elle s’interdira toute forme de délit d’initié et de manipulation des marchés.

14. Le/la journaliste ne prendra à l’égard d’aucun interlocuteur un engagement susceptible de mettre son indépendance en danger. Il/elle respectera toutefois les modalités de diffusion qu’il/elle a acceptées librement, comme «l’off », l’anonymat, ou l’embargo, pourvu que ces engagements soient clairs et incontestables.

15. Tout-e journaliste digne de ce nom se fait un devoir d’observer strictement les principes énoncés ci-dessus. Il/elle ne pourra être contraint-e à accomplir un acte professionnel ou à exprimer une opinion qui serait contraire à sa conviction et/ou sa conscience professionnelle.

16. Reconnaissant le droit connu de chaque pays, le/la journaliste n’acceptera, en matière d’honneur professionnel, que la juridiction d’instances d’autorégulation indépendantes, ouvertes au public, à l’exclusion de toute intrusion gouvernementale ou autre.

Droits des journalistes de presse écrite : la SCAM modifie les règles pour les droits rétroactifs

La Scam, Société civile des auteurs multimédia qui gère les droits de reprographie et de copie privée numérique (CPN) pour les journalistes de presse écrite, indique dans un communiqué que face aux nombres de demandes des bénéficiaires, « elle se voit obligée de modifier les règles de versement rétroactif des droits. »

Petit rappel historique : ces droits sont restés bloqués durant plus de dix ans, en raison de dissensions entre les éditeurs de presse et les auteurs, au sein du CFC et de Copie France. Mais après le déblocage des montants en 2011, la Scam a perçu une somme cumulée exceptionnellement élevée dont elle a fait bénéficier pendant plusieurs années ses journalistes de presse écrite.

A l’époque de ces répartitions, la Scam comptait 1500 journalistes de presse écrite. Ils sont aujourd’hui 3 600. Ce qui, forcément, nécessite un ajustement des règles de répartition…

« Les droits mis en répartition dépendent de deux facteurs : le montant des perceptions et le nombre de journalistes qui en bénéficient », rappelle la Scam, qui doit adapter ses modalités de répartition à la réalité des chiffres qui évoluent chaque année.

Par conséquent, la rétroactivité des droits pour les nouveaux adhérents journalistes de presse écrite réduira progressivement : une période de lissage des soldes s’étalera jusqu’en 2025, pour aboutir, petit à petit, à un versement correspondant à l’année en cours (N), plus les deux années antérieures (N-2).

Surcharge de travail, journalistes déconsidérés : Grève au Républicain lorrain, Est républicain et Vosges matin aujourd’hui !

Communiqué des sections CFDT et SNJ de L’Est Républicain, Vosges Matin et Républicain Lorrain (groupe EBRA)

 

Le ras le bol, la fatigue, le stress, la perte de sens de notre métier, le manque de reconnaissance, la surcharge de travail, etc. affectent chacun d’entre nous depuis trop longtemps. Il est temps de donner un grand coup d’arrêt à cette spirale négative dans laquelle la rédaction en chef et la direction nous entraînent.

L’organisation actuelle de la rédaction ne tient qu’au surengagement, parfois au détriment de leur vie personnelle, dont toutes les équipes rédactionnelles (journalistes et secrétaires d’agence) font preuve pour compenser la perte d’effectifs, le manque d’anticipation dans la prise de décision, la verticalité de la chaîne de responsabilité plus attachée à la forme qu’au fond, l’instabilité des fonctionnements, la perte d’autonomie rédactionnelle, l’incompatibilité entre charges éditoriales print et web et nombre décroissant des journalistes…

Pour toutes ces raisons, maintes fois dénoncées lors des instances représentatives du personnel par vos délégués CFDT et SNJ, maintes fois répétées lors des réunions trop peu nombreuses organisées par la direction et la rédaction en chef dans les agences et services, plusieurs fois développées dans des lettres ouvertes adressées à la direction par des équipes épuisées, les syndicats CFDT et SNJ de L’Est Républicain et Vosges Matin appellent l’ensemble des salariés à une grève du print et du web ce mardi 29 mars.

Vos délégués du pôle ERV alertent depuis plusieurs mois mais rien ne change. La direction n’a d’autre réponse que celle de repousser les limites, jusqu’à la rupture ! En témoigne la recrudescence des arrêts maladie.

Les journalistes ont investi et investissent encore une forte dimension émotionnelle et opérationnelle dans le rapport qu’ils entretiennent avec leur entreprise et leur travail. Mais les transformations opérées depuis la mise en place du digital first, les mesures radicales et austères prises pour retrouver un équilibre budgétaire, la minimisation des risques psychosociaux pourtant bien réels et destructeurs, la confusion grandissante entre communication et information, l’absence d’empathie et de perspectives fédératrices ont sérieusement dégradé, voire rompu ce lien. Et anéanti la qualité de vie au travail qu’on nous faisait miroiter.

Ce mardi 29 mars, personnels de L’Est Républicain, de Vosges Matin et du Républicain Lorrain, dites stop en faisant grève !

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